Rue Notre-Dame-des-Champs

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
arrt
Rue Notre-Dame-des-Champs
Paris rue nd des champs1.jpg
Situation
Arrondissement 6e
Quartier Notre-Dame-des-Champs
Début 125, rue de Rennes
Fin 18, avenue de l'Observatoire
Morphologie
Longueur 1 010 m
Largeur 11,70 m
Historique
Création XIVe siècle
Ancien nom Chemin Herbu, rue du Barc, chemin de Coupe Gorge (1670), rue Neuve Notre-Dame des Champs et, sous la Révolution, rue de la Montagne des Champs.
Géocodification
Ville de Paris 6779
DGI 6838

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Notre-Dame-des-Champs
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Notre-Dame-des-Champs.

La rue Notre-Dame-des-Champs est une rue du 6e arrondissement de Paris, qui commençait à l'origine rue de Vaugirard (face à la rue du Regard) et se termine par l'Avenue de l'Observatoire.

Origine du nom et histoire[modifier | modifier le code]

La rue Notre-Dame-des-Champs vers le carrefour avec la rue Vavin au début du XXe siècle.

Cette rue tire son nom de l'ancienne chapelle de Notre-Dame-des-Champs, devenue en 1604 celle du premier carmel français. La rue qui y menait depuis la rue de Vaugirard était appelée le « chemin herbu », et longeait quasi les jardins dits du petit Luxembourg et du couvent des Chartreux de Paris (aujourd'hui jardin du Luxembourg). On y accédait par la rue du Faubourg Saint-Jacques.

Cette chapelle « Notre-Dame-des-Champs » (Beata Maria a Campis) se trouvait presque en face du Val-de-Grâce, à l'emplacement actuel des 13-15 rue Pierre-Nicole, dans le 5e arrondissement. Cet édifice religieux, appelé alors « Notre-Dame des Vignes » remontant probablement à l'époque mérovingienne, fut confié au Xe siècle à des moines de l'abbaye de Noirmoutier pour le desservir. Robert le Pieux fit reconstruire l'église et les moines s'y établirent définitivement en 1084, où ils fondèrent un prieuré, à la suite du don qui leur fut fait par Adam Paganus et Guy Lombard[1]. Le monastère fut reconstruit au XIIe siècle et subsista jusqu'au début du XVIIe siècle[2]. Le cartulaire de ce prieuré a disparu[3].

En 1604, il fut confié à la première communauté de carmélites fondée en France, sous le nom de Carmel de l'Incarnation. Cette communauté y demeura jusqu'à la Révolution française, époque où les bâtiments furent démolis[4].

Quand Mademoiselle de La Vallière entra chez ces religieuses pour s'y appeler « sœur Louise », la rue prit ou reprit le nom de l'ancien prieuré, après n'avoir été pendant deux siècles qu'un chemin dit herbu, puis rue du Barc [5]. Jaillot, historien et géographe du XVIIIe siècle, émet l'hypothèse que la voie porta ce nom parce qu'elle était reliée par un tronçon dès alors disparu à la rue du Bac, qui porta également un temps le nom de rue du Barc[6].

Cette rue passant au milieu des champs et des vignes situées au nord du Montparnasse figure sur un plan de Paris de Sur le plan de Nicolas de Fer (1705), seuls sont lotis et construits les premiers numéros de la rue, c'est-à-dire du côté de la rue de Vaugirard (actuellement entre la rue de Rennes et la rue de Fleurus).

À l'entrée de la rue en effet, les « Filles de la Mort » s'établirent les premières, avec une chapelle sous l'invocation de sainte Thècle. À cette congrégation succéda la Communauté de mademoiselle Cossard, dite des « Filles du Saint-Esprit ». La fondatrice de cette institution avait prévu qu'en, cas de suppression, l'Hôpital-Général devint propriétaire de ses bâtiments, ce qui advint en 1707. Les Frères des Écoles chrétiennes y installèrent leur noviciat, « maison de l'Enfant-Jésus », qui subsista jusqu'à la Révolution. Des bâtiments, plus rien ne reste depuis le percement de la rue de Rennes[réf. nécessaire].

Sous la Révolution, la rue portait le nom de rue de la Montagne des Champs.

Au cours du XVIIe siècle furent édifiés plusieurs hôtels particuliers, proches à la fois de la ville et situés en bordure de campagne. Plusieurs d'entre eux ont disparu : Hôtel Traversaire (n°42-46) détruit en 1850, Hôtel Fleury (n°48 à 58) détruit en 1847. Quelques-uns ont été conservés : Hôtel Pons (n° 16-20)[7], Hôtel de Montmorency-Laval (n° 17)[7], Hôtel de Mailly (n°20 bis)[8], Hôtel Dulau (n°22)[9]

Lors de la création d'une nouvelle paroisse, du fait de l'extension démographique du quartier, une chapelle située rue de Rennes prit le nom de Notre-Dame-des-Champs. Elle fut démolie après la construction d'une église du même nom, rue du Montparnasse, en 1867.

Description[modifier | modifier le code]

Longue d'un peu plus d'un kilomètre cette voie traverse le 6e arrondissement de Paris, d'ouest en l'est, de la rue de Rennes à l'avenue de l'Observatoire. Son tracé conserve la sinuosité du chemin agricole qu'elle était.

Sites remarquables[modifier | modifier le code]

Habitants célèbres[modifier | modifier le code]

N°27 en 1905 : maison de Victor Hugo.
N°70 et 70bis
Hemingway devant le 113 rue Notre-Dame-des-Champs en 1924.
Camille Claudel et Jessie Lipscomb dans leur atelier au no 117 rue Notre-Dame-des-Champs, en 1887.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Dans le deuxième épisode du roman l'Envers de l'histoire contemporaine par Honoré de Balzac, Godefroid est envoyé vers l'an 1839 par la société des frères de la consolation dans une maison rue Notre-Dame-des-Champs, dans une maison qui donne sur le boulevard du Montparnasse, où loge la famille du Monsieur Bernard :

« Arrivé rue Notre-Dame-des-Champs, dans la partie aboutissant à la rue de l’Ouest[24], qui, ni l’une ni l’autre, n’étaient encore pavées à cette époque, il fut surpris de trouver de tels bourbiers dans un endroit si magnifique. On ne marchait alors que le long des enceintes en planches qui bordaient des jardins marécageux, ou le long des maisons, par d’étroits sentiers bientôt gagnés par des eaux stagnantes, qui les convertissaient en ruisseaux[25]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Volume 1, p. 233.
  2. Rochegude, promenade dans les rues de Paris, Ve arr., 1910, p. 151.
  3. "Cartulaire du prieuré Notre-Dame des Champs, dépendant de l'abbaye de Marmoutier (Sine loc. (), non coté, original)", in cartulR - Répertoire des cartulaires médiévaux et modernes. Paul Bertrand, dir. Orléans : Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, 2006. (Ædilis, Publications scientifiques, 3).
  4. Cette communauté, réinstallée à Paris au XIXe siècle, existe toujours et vit dans un couvent nommé également Carmel de l'Incarnation, à Clamart source
  5. Charles Lefeuve, Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, 1875 notice écrite en 1862.
  6. Jean-Baptiste-Michel Renou de Chauvigné dit Jaillot, Recherches critiques, historiques et topographiques sur la ville de Paris, volume 5, 1775, p.72 du chapitre « Quartier du Luxembourg ». Lire en ligne.
  7. a et b Cet hôtel est déjà sur le plan de Turgot de 1739, et appartient aujourd'hui à une communauté religieuse.
  8. Plan de Paris par Maire (1808).
  9. Cet hôtel a probablement été édifié en partie vers 1750, et appartient aujourd'hui au Collège Stanislas.
  10. Allart Hortence, Nouvelles Lettres à Sainte-Beuve, 1832-1864, Librairie Droz, 1965, (ISBN 9782600034739).
  11. Jacques Hillairet - Dictionnaire historique des rues de Paris - t.2, p.188.
  12. Lucien Lambeau, « La maison de Victor Hugo rue Notre-Dame-des-Champs » in Procès verbal de la Commission municipale du Vieux Paris disponible sur Gallica, 15 décembre 1904, p.310-318.
  13. [1]. L'immeuble a été remplacé par l'ISEP depuis.
  14. Isabelle Enaud-Lechien, James Whistler : Le peintre et le polémiste (1834-1903), ACR Éditions, coll. Poche Couleur, 1995, p.162.
  15. « Fernand Léger dans son atelier, 86 rue Notre-Dame-des-Champs », photo de Brassaï, collection particulière, 1937.
  16. a et b Marie-Ange Namy, « Marcel-Lenoir et la fresque », InSitu : Revue des patrimoines, n°22, 2013.
  17. Biographie de Charles Champigneulle sur le site du musée de la Marine.
  18. Catalogue de l'exposition française des Arts décoratifs ouverte le 8 février 1938 au Grand Palais du Caire (Egypte), p.44. Lire en ligne.
  19. Janet Souter, Camille Claudel, traduction de Marion Olivier, Parkstone International, (ISBN 9781859951071), p.19. Lire en ligne.
  20. « Hemingway's Paris », nytimes.com, 2006.
  21. Page du site du Musée Rodin.
  22. « Annuaire des châteaux et des départements »
  23. Jean-Louis Robert, Plaisance près Montparnasse. Quartier parisien 1840-1985, Paris, 2012, Publications de la Sorbonne, (ISBN 978-2-85944-716-8)
  24. la rue d'Assas actuelle
  25. Honoré de Balzac, L'Envers de l'histoire contemporaine, La Comédie humaine, tome VIII, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », (ISBN 2-07-010866-X), p. 319