Cardinal-évêque

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Tarcisio Bertone, l'un des six cardinaux-évêques actuels.

Un cardinal-évêque est un cardinal titulaire d'un diocèse suburbicaire. Même si, à l'époque moderne, la plupart des cardinaux sont aussi évêques, le titre réfère uniquement à ceux qui se voient attribuer l'un des sept diocèses suburbicaires situés autour de celui de Rome. À l'époque contemporaine, les cardinaux-évêques sont choisis par le pape parmi les cardinaux des deux autres ordres (cardinaux-prêtres et cardinaux-diacres), mais jadis un évêque pouvait être créé directement cardinal-évêque.

Diocèses suburbicaires[modifier | modifier le code]

Il existe sept diocèses suburbicaires :

Il y avait à l'origine huit cardinaux-évêques ; cependant, les sièges de Porto et Santa Rufina sont unis en un seul depuis 1119. Les sièges de Velletri et Ostie étaient unis depuis 1150 mais, lorsque le pape Pie X les a séparés en 1914, il a décrété que le siège d'Ostie serait attribué au doyen du Collège des cardinaux et cumulé avec le siège que le cardinal possédait au moment de sa nomination[1]. Ainsi, les cardinaux-évêques sont seulement au nombre de six, auxquels viennent s'ajouter les cardinaux-patriarches[2],[3].

Depuis 1962, les cardinaux-évêques n'ont qu'une relation titulaire avec leur siège suburbicaire, sans aucun pouvoir de gouvernance sur lui. Chacun de ces sièges a son propre évêque diocésain, à l'exception de celui d'Ostie, pour lequel le cardinal-vicaire du diocèse de Rome désigne un administrateur apostolique[4].

Jusqu'au milieu du XXe siècle, les cardinaux-prêtres les plus anciens pouvaient occuper les postes devenus vacants parmi les cardinaux-évêques, de la même manière que les cardinaux-diacres peuvent encore aujourd'hui opter pour le titre de cardinal-prêtre après dix années. Depuis lors, l'élévation au titre de cardinal-évêque relève de la seule décision du pape.

Depuis le 2 décembre 2014, date du 80e anniversaire du cardinal italien Tarcisio Bertone, il n'y a plus, pour la première fois de l'histoire, de cardinaux-évêques en âge de participer à un conclave. Dans cette configuration, si l'on devait en convoquer un, c'est un cardinal-patriarche, le maronite Bechara Boutros Rahi, qui assumerait, selon l'ordre de préséance, les fonctions de doyen et la présidence.

Doyen des cardinaux-évêques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Doyen du Collège des cardinaux.

Autrefois, le privilège d'élection papale n'était pas réservé aux cardinaux et, pendant des siècles, l'élu était habituellement un prêtre romain et jamais un évêque. Pour préserver le rite de la succession apostolique, sa consécration comme évêque devait être effectuée par un prélat qui était déjà un évêque. Si le pape élu n'est pas encore évêque, il est consacré par le doyen du Collège des cardinaux, le cardinal-évêque d'Ostie.

Le doyen du Collège des cardinaux, le primus inter pares du Collège des cardinaux, est élu par les cardinaux-évêques titulaires de sièges suburbicaires et parmi eux ; cette élection doit cependant être approuvée par le pape. Autrefois, le poste de doyen revenait au cardinal-évêque le plus ancien à ce titre.

Cardinaux-évêques actuels[modifier | modifier le code]

Les cardinaux-évêques actuels des diocèses suburbicaires sont :

Cardinaux-patriarches[modifier | modifier le code]

Les patriarches des Églises catholiques orientales qui sont nommés cardinaux ont, depuis 1965, un statut spécial. Le pape Paul VI a décrété dans son motu proprio Ad Purpuratorum Patrum du 11 février 1965 qu'ils feraient également partie de l'ordre épiscopal. Ils sont intégrés à l'ordre des cardinaux-évêques, quoiqu'au-dessous d'eux hiérarchiquement. Ils ne font cependant pas partie du clergé de Rome et ne reçoivent donc aucun évêché, titre ou diaconie, mais ils conservent leur titre patriarcal. Ils ne peuvent élire le doyen ou être élus eux-mêmes à ce titre.

Il existe actuellement trois patriarches du rite oriental qui sont cardinaux-évêques :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Pie X, motu proprio De Dioecesibus Suburbicariis, 5 mai 1914 [lire en ligne].
  2. (en) John P. Beal, New Commentary on the Code of Canon Law, Paulist Press, 2000, (ISBN 978-0-80910502-1), p. 468, [lire en ligne].
  3. (en) Umberto Benigni, « Ostia and Velletri » in Catholic Encyclopedia, New York, 1911, [lire en ligne].
  4. Jean XXIII, motu proprio Suburbicariis sedibus, 11 avril 1962, [lire en ligne].