Guillaume Ancel

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Guillaume Ancel est un militaire et écrivain français né en 1965 qui a publié plusieurs livres à partir de 2014 concernant des opérations militaires extérieures au Rwanda et en Bosnie. Saint-cyrien, après une carrière dans l'armée qu'il a quittée avec le grade de lieutenant-colonel, il a occupé des postes d'organisation dans de grandes entreprises et organismes.

Ses livres remettent en cause des options stratégiques importantes de l’Etat français et sont donc l'objet de vives polémiques.

Formation[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille d'entrepreneurs lyonnais, Guillaume Ancel intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1985 (promotion Cadets de la France Libre, commandée par Jean-Louis Georgelin). Maîtrise de finances et gestion (1988). Diplôme d’Études Approfondies[1](DEA) en management socio-économique à l'Université Lyon II et l’école de management de Lyon sous la direction d'Henri Savall (2000). Diplôme de l’École de Guerre, du Collège Royal de Défense de Bruxelles et de la Fondation européenne de management (EFQM, 2001).

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Armée[modifier | modifier le code]

Après l'école d'application de l'artillerie à Draguignan, Guillaume Ancel rejoint en 1989 le 51e régiment d'artillerie à Wittlich (RFA) commandé par Christian Delanghe où il participe à l'expérimentation du Mistral, premier missile anti-aérien portable de l'armée française. Il est de plus officier de liaison auprès de l'escadron Wild Weasel de l'US Air Force à Spanghdalem (RFA).

En 1992, il part comme volontaire au Cambodge pour l'application des accords de paix de Paris (UNTAC). Il opère à la frontière du Laos et de la Thaïlande à Tbeng Mean Chey comme chef de patrouille en jungle et négociateur chez les Khmers rouges.

Il est ensuite affecté au 68e régiment d'artillerie d'Afrique (68°RAA) au camp de La Valbonne. Il est formé au guidage des frappes aériennes comme Forward Air Controller (FAC) (en) et chef de Tactical Air Control Party (TACP) (en).

Il part au Rwanda en juin 1994 pendant l'opération Turquoise, détaché auprès d'une compagnie du 2e régiment étranger d'infanterie d'abord comme TACP, pour faire du guidage rapproché de frappes aériennes. Après l'interruption inattendue de ses missions de TACP le 1 juillet 1994, il est réaffecté au sein du groupement Sud de l'opération Turquoise, dirigé par le colonel Hogard, pour monter des opérations de sauvetage de personnes en danger[2],[3], expérience qu'il retrace partiellement en 2014 dans un roman, Vents sombres sur le lac Kivu[4]. Il publie en 2018 un témoignage complet basé sur son carnet d'opération, intitulé Rwanda, la fin du silence[5] qui montre le soutien apporté de fait au régime génocidaire et la préparation de missions de guerre contre le FPR.

Sa mission suivante est à Sarajevo pendant le siège de la ville en 1995. Il dirige l'équipe de guidage des frappes aériennes (chef de TACP) affectée au bataillon armé par le 1er régiment étranger de cavalerie pour le dernier mandat de l'ONU (FORPRONU). Il raconte cette opération dans un récit publié aux Belles Lettres, Vent glacial sur Sarajevo[6].

En 1997, à la tête de la Batterie Mistral du 68° RAA, il part pour Mostar en 1997 au sein de l'IFOR (Implémentation Force de l'OTAN) en application des accords de paix de Dayton qui mettent fin au conflit armé en Ex-Yougoslavie.

Il quitte les unités opérationnelles en 1998, devient chef de cabinet du gouverneur militaire de Lyon en 1999 avant de participer au déploiement du Situation Center de l'Union européenne à Bruxelles en 2000. En 2001, Guillaume Ancel rejoint l'état-major de l'armée de terre à Paris où il est chargé du programme de restructuration jusqu'en 2005, dans l'équipe de Philippe Renard et Thierry de Bouteiller. Il décide de quitter l'armée de terre en 2005 avec le grade de lieutenant-colonel et rejoint le monde de l'entreprise.

SNCF[modifier | modifier le code]

Recruté en 2005 par Guillaume Pepy, Guillaume Ancel est nommé directeur de cabinet de la région SNCF de Lyon auprès d'Alain Sermet. Il s'occupe en particulier d'améliorer la coordination des équipes opérationnelles pour diminuer les temps d'attente des voyageurs[7]. En 2008, il dirige l'organisation de la convention « ambitions 2012 » du président de la SNCF (Anne-Marie Idrac, puis Guillaume Pepy). Il devient, toujours en 2008, directeur des lignes Transilien de Paris Saint-Lazare[8],[9](10 % des trains qui circulent quotidiennement en France) et participe au déploiement de démarches apprenantes avec notamment Pierre Giorgini et Catherine Redelsperger. De 2010 à 2012, il est directeur de la région Champagne-Ardenne à Reims où il participe à des transformations, spécialement dans le domaine du management et du développement de nouvelles activités[10].

Humanis[modifier | modifier le code]

Il est recruté en 2013 par le groupe Humanis[11] en tant que directeur de la gouvernance institutionnelle et secrétaire du comité exécutif.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Ses témoignages heurtent frontalement la version officielle des responsables français de l'époque, qui ont toujours présenté l'opération Turquoise comme strictement humanitaire. Cette polémique, qui rebondit fréquemment en France, est contestée par les décideurs de l'époque qui maintiennent leur présentation de l'intervention de la France[12], ainsi que par le colonel Hogard[13],[14] dans une critique violente. Un autre militaire, l'adjudant-chef Thierry Prungnaud, avait dénoncé également le rôle de l'armée française et notamment de ses chefs militaires à l'égard des rescapés du Génocide contre les Tutsi du Rwanda[15]. Dans un exercice de reprise des déclarations des dirigeants militaires de l'opération Turquoise, le chercheur François Graner, relève l'ambiguïté[16] des actions de l'armée française au Rwanda[17]. Seule une ouverture totale des archives[18] militaires[19] et diplomatiques concernant le sujet permettrait de sortir de cette polémique.

Publications[modifier | modifier le code]

Décorations et prix[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. mémoire de recherche sur l'efficience des marches publics, sous la direction d'Henri Savall et Tugrul Atamer, publié par l'Université Lyon II, juin 2000
  2. Guillaume Ancel, la mémoire d'un capitaine, La Croix, 29 avril 2014.
  3. « Hanté par Turquoise », portrait dans Libération, 02 juillet 2014
    http://www.liberation.fr/monde/2014/07/02/guillaume-ancel-hante-par-turquoise_1055863
  4. Vents sombres sur le lac Kivu, TheBookEdition, (ISBN 9782954777719, lire en ligne)
  5. Rwanda, la fin du silence (préf. Stéphane Audoin-Rouzeau), Les Belles Lettres, (ISBN 978-2-251-44804-6, lire en ligne)
  6. Vent glacial sur sarajevo (préf. Stéphane Audoin-Rouzeau), Les Belles Lettres, (ISBN 978-2-251-44676-9, lire en ligne)
  7. déploiement d'un PC sécurité pour la SNCF à Lyon, https://www.20minutes.fr/lyon/134890-Lyon-Un-PC-securite-pour-la-SNCF.php
  8. biographie dans Marianne, 27 juin 2009, https://www.marianne.net/LE-RAS-LE-BOL-DES-USAGERS_a181351.html
  9. rôle du directeur des lignes Guillaume Ancel dans SNCF :la gare Saint-Lazare, haut lieu de colères, de conflits et de miracles par Benoît Hopquin, Le Monde, édition du 08.02.09 [1].
  10. aide aux projets locaux, http://www.fondation-sncf.org/index.php?option=com_content&view=article&id=168:prix-fondation-champagne-ardenne-la-region-tres-engagee-au-cote-de-la-fondation-sncf&catid=16:coups-de-coeur-solidaires&Itemid=57
  11. Un colonel expert de la transformation, portrait, newsassurances pro par Vincent Bussière. http://www.newsassurancespro.com/artdossiers/dossier-un-colonel-expert-de-la-transformation-chez-humanis/0169280382
  12. « Association France Turquoise »
  13. « le Rwanda vu par Ancel »
  14. Cette critique où le colonel Hogard s'en prend à la personnalité de Guillaume Ancel et l'accuse de mentir est jugée comme une attaque ad hominem par l'intéressé en page de discussion de cet article
  15. « Génocide rwandais : Thierry Prungnaud, un « héros » censuré – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne)
  16. Gabet, Alain, « François Graner, Le sabre et la machette. Officiers français et génocide tutsi . Mons, Éditions Tribord, 2014, 252 p. », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, no 131,‎ (ISSN 1271-6669, lire en ligne)
  17. Graner, François, (1966- ...).,, Le sabre et la machette officiers français et génocide tutsi, Ed. Tribord, dl 2014, cop. 2014 (ISBN 9782930390383 et 2930390387, OCLC 881570285, lire en ligne)
  18. « Génocide rwandais : le difficile temps des archives », sur Le Monde.fr (consulté le 21 mai 2018)
  19. « Sur le Rwanda, « les militaires français attendent du président qu’il prenne leur défense » », sur Le Monde.fr (consulté le 22 mai 2018)
  20. Décret no 153 du 4 juillet 2003 portant promotion et nomination.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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