Genre, thème ou discipline photographique

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La Photographie en général et les photos en particulier [1] présentent un large éventail de genres, thèmes ou disciplines.

Un photographe comme Irving Penn peut exceller dans plusieurs disciplines (photographie de mode, nature morte, photographie de nu, macrophotographie, etc.) alors que ce n'est pas le cas en peinture.

Les différents genres de pratiques photographiques[modifier | modifier le code]

On peut distinguer environ deux douzaines de genres différents de pratiques photographiques qui correspondent à des spécialités ou à des métiers :

La classification Plécy de la photographie (1960)[modifier | modifier le code]

Dans sa Grammaire élémentaire de l'image, Albert Plécy propose — sous l'appellation de Tentative de classification de l'image — une classification de la photographie conçue pour montrer les différentes voies qui s'offrent à un jeune qui veut faire de la photo.

Il propose trois grandes divisions des images, en considérant plutôt le but final :

1. Les photos témoins qui sont l'enregistrement, en un sens mécanique, des choses et des événements ;

2. Les photos art qui sont la création d'artistes ;

3. Les photos langage qui sont le domaine des « écrivains de l'images ».

et donne le tableau ci-dessous :

1
PHOTO TÉMOIN
2
PHOTO ART
3
PHOTO LANGAGE
Enregistrement mécanique
de la réalité
Photo
journalisme
Photo
littérature
Photographisme
• Photo géographique • Photo tableau • Photo reportage • Photo roman • Photo symbole
• Photo industrielle • Photo décor • Photo actualité • Photo conte • Photo mot
• Photo scientifique • Photo portrait • Photo chronique
(sport, mode, etc.)
• Photo poésie • Photo syntaxe
• Photo reproduction • Photo illustration • Photo pamphlet
• Photo humour
• Photo choc

Il reprendra une partie de cette classification en 1968 dans l'édition bilingue de la Grammaire comme plan du sommaire.

La dichotomie de Philippe Halsman (1964)[modifier | modifier le code]

Les photographies que l'on prend et les photographies que l'on fait.

La gamme de surprises photographiques de Barthes (1980)[modifier | modifier le code]

Dans La Chambre claire.

L'horloge esthétique de Lemagny (1997, 1990)[modifier | modifier le code]

En 1977, puis en 1990, Jean-Claude Lemagny propose une classifications des photographies prises ou faites par des photographes en quatre catégories qu'il réparti autour d'un cercle. Les contraintes graphiques de Wikipédia (pas de possibilités de dessiner un cercle ) nous obligent à les représenter sur un tableau 2 x 2.

L'horloge (la matrice) esthétique de Lemagny

Photo comme matière
(à 6 heures)
Photo comme idée
(à midi)
Réalité
intérieure
(à 9 heures)
Objet
(à 7 heures et demie)
Sujet
(à 10 heures et demie)
Réalité
extérieure
(à 3 heures)
Forme
(à 4 heures et demie)
Fond
(à 1 heure et demie)

En 1977, cela donnait, en oubliant le langage des heures issues de l'aéronautique, le tableau suivant :

La matrice esthétique de Lemagny en 1977

La photo
comme réalité matérielle objective
La photo conceptuelle
comme pure idée d'elle-même
La photo comme relation
au monde intérieur,
le surréalisme
Objet
Sujet
La photo comme relation
au monde extérieur,
le reportage
Forme
Fond

La Bourse du talent[modifier | modifier le code]

La Bourse du talent distingue quatre grandes catégories de lauréats :

  • Paysage
  • Mode
  • Portrait
  • Reportage.

Les grandes catégories d'images picturales d'Alberto Manguel (2009)[modifier | modifier le code]

Dans son Livre d'Images, Alberto Manguel distingue 12 types d'images pour lesquels il prend des exemples tirés de la peinture, de la photographie, de la mosaïque, de l'architecture :

  • L’image récit, Barques de pêches aux Saintes-Maries (1886) de Vincent Van Gogh.
  • L’image absence, Deux Pianos (1980) de Joan Mitchell.
  • L ‘image énigme, La Vierge à l’Enfant de Robert Campin.
  • L’image témoin, Pieds (1927) de Tina Modotti.
  • L’image connivence, Portrait de Tognina de Lavinia Fontana.
  • L’image cauchemar, Four Men Standing de Marianna Gartner.
  • L’image reflet, La Bataille d’Issos de Philoxène d’Érétrie.
  • L’image violence, Femme qui pleure (1937) de Picasso.
  • L’image subversion, Saint-Pierre de L’Aleijadinho.
  • L’image philosophie, Arc-et-Senans (1779) de Claude Nicolas Ledoux.
  • L’image mémoire, Mémorial de l’Holocauste à Berlin (1999) de Peter Eisenman.
  • L’image théâtre, Les Sept Œuvres de miséricorde (1600) de Le Caravage.

Les grandes catégories de photos[modifier | modifier le code]

Distinguons en premier chef les photos abstraites des photos figuratives.

Pour organiser les diverses variétés de photos figuratives, il faut distinguer :

  • d'une part, les photos réalisées en extérieur, avec un éclairage naturel ou un éclairage public donné, de celles réalisées en intérieur avec un éclairage artificiel modulable ;
  • d'autre part, les photos ne comportant pas de présence humaine, de celles en comportant une.

Distinctions qui génèrent quatre grandes catégories grossières de photos figuratives (dont les chiffres arabes vont correspondent aux chiffres romains des neuf catégories plus fines :

  • 1. Les photos faites en intérieur (studio , etc.) et sans présence humaine : nature morte, photographie culinaire, etc.
  • 3. Les photos faites en intérieur avec un éclairage artificiel principal et centrées sur une ou des personnes humaines : portrait, mode, etc.
  • 7. Les photos faites en extérieur et ne comportant pas de présence humaine : photographie de paysage, d'architecture, etc.
  • 9. Les photos faites en extérieur et comportant des êtres humains : photographie de rue, photographie documentaire, photographie de guerre, etc.

Ce qui donne le tableau suivant :

Les quatre grandes catégories de photos figuratives

          —                Pas de présence humaine         Une présence humaine     
     Extérieur      7
Paysage,
architecture
9
Photographie de rue
Photojournalisme
Photographie de guerre
Intérieur 1
Nature morte,
photographie culinaire
3
Portrait,
mode

Mais il est également possible de concevoir une catégorisation plus fine, distinguant, quant à la présence humaine, ce qui est formes humaines et ce qui est personnes humaines conscientes regardant le photographe ; et, quant à la distinction extérieur/intérieur, une classification intermédiaire : studio en extérieur ou extérieur pris comme fond.

Ce qui donne alors le tableau suivant à neuf cases :

Les neuf principales catégories de photos figuratives

          —                Pas de présence humaine       Une ou
des formes humaines
(ou animales)
     
 Une présence humaine
(comme sujet principal)
    
     Extérieur      VII
Paysage, rural ou urbain
architecture
Ansel Adams, Andreas Gursky
VIII
Henri Cartier-Bresson,
Mario Giacomelli,
IX
Portrait de rue
Photographie de rue
Photojournalisme
Photographie de guerre,
Photographie de mode en extérieur
Studio
installé à l'extérieur
ou bien extérieur
utilisé comme fond
IV
Bert Stern
Pub pour la vodka Smirnoff
V
Annie Leibovitz
Pub Gulliver pour Montcler
VI
Olivier Culmann
Intérieur I
Nature morte,
photographie culinaire
II
—,
 —
III
Portrait posé,
mode en studio

Une sous-classification complémentaire[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une sous-classification au sein de chacune des catégories précédentes :

  • La Photographie (et les photos correspondantes) comprises comme fin (conception de Kant) ou comme moyen (conception d'Hegel).
  • La Photographie (et les photos correspondantes! comprises comme images du monde extérieur ou comme images du monde intérieur de l'artiste.

Soit le tableau suivant :

Les quatre postures

La photo
comme réalité matérielle objective
La photo conceptuelle
comme pure idée d'elle-même
La photo comme relation
au monde intérieur,
le surréalisme
Objet
Sujet
La photo comme relation
au monde extérieur,
le reportage
Forme
Fond

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Plécy, Grammaire élémentaire de l'image, Éditions Estienne, 1962.
  • Albert Plécy, Grammaire élémentaire de l'image. Elementary grammaire of the image, Éditions Estienne, 1968.
  • Jean-Claude Lemagny, « 9. Le cercle d’images. Essai sur les tendances photographiques contemporaines », 1977, dans : L’ombre et le temps. Essais sur la photographie comme art, Nathan, 1992, p. 81-89.
  • Jean-Claude Lemagny, « L’horloge esthétique de Lemagny » 1990, dans : L’ombre et le temps. Essais sur la photographie comme art, Nathan, 1992 , p. 90-92.
  • Alberto Manguel, Le Livre d'images, Babel, 2009.

Références[modifier | modifier le code]

  1. En reprenant et en améliorant avec l'emploi d'une majuscule (ou capitale) la graphie de François Soulages dans son Esthétique de la Photographie, 2017, p. 7

Article connexe[modifier | modifier le code]