Lavinia Fontana

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Lavinia Fontana
Image dans Infobox.
Autoportrait, huile sur cuivre, 1579, Musée des Offices[1].
Naissance
Décès
Activité
Lieux de travail
Mouvement
Minerve s'habillant, 1613, Galerie Borghèse, Rome.
Portrait du pape Grégoire XIII.

Lavinia Fontana, connue aussi sous le nom de Lavinia Zappi (Bologne, - Rome, ), est une peintre italienne maniériste de l'école romaine[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Lavinia Fontana est l'unique enfant de Prospero Fontana et d'Antonia de' Bonardis. Son père est peintre de la contre-réforme très en vogue auprès des papes. Lavinia Fontana se forme dans l'atelier de son père, où elle rencontre les artistes et les mécènes de la ville[3].

Mariage et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

À 25 ans, en 1577, Lavinia Fontana épouse un peintre mineur, Gian Paolo Zappi d'Imola, qui arrête sa carrière pour devenir son assistant. Après son père, son mari lui trouve ses commanditaires, diffuse et vend ses œuvres.

Décès[modifier | modifier le code]

Elle meurt à Rome à 61 ans en 1614, entourée de trois enfants survivants sur les onze qu'elle a mis au monde.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Son catalogue comporte à peu près 131 tableaux et dessins[2].

Elle se consacre, dans un premier temps, à des tableaux de petite dimension répondant à des commandes et à des actes de dévotion privés, tel que Cristo con i simboli della Passione (1576), conservé au Musée d'Art d'El Paso.

Portraitiste célèbre dès la fin des années 1580, elle reçoit d'importantes commandes, non seulement de nobles dames mais également d'hommes importants et de lettrés. Les portraits d'humanistes qu'elle réalise entre 1575 et 1585 font preuve d'un rendu psychologique des émotions[2]. Les grandes familles de Bologne lui commandent de grandes compositions (La Famille Gozzadini (en), 1584).

Fontana peint aussi des sujets religieux, petits tableaux de dévotion, grands tableaux d'autels, et son « splendide et atmosphérique »[4] Noli me tangere. Très appréciée du pape Grégoire XIII et sensible à l'idéologie de la Contre-Réforme, elle exécute, en 1584, son premier retable La Madone avec saint Pierre Chrysologue et saint Cassien.

Elle réalise également de nombreux autoportraits. Elle se représente en femme raffinée et noblement vêtue.

Vers 1590, elle réalise La Naissance de la vierge. Elle peint essentiellement des saintes. Les études d'après modèle nu sont interdits aux femmes car il est inconvenant, pour une femme, de peindre des hommes.

En 1594 elle fait le portrait d'Antonietta (dite Tognina) Gonsalvus, une jeune fille atteinte d'hypertrichose (maladie ultra-rare provoquant une pilosité extreme sur le visage).

En 1600, on lui commande un grand tableau d'autel la Vision de saint Hyacinthe pour l'église Sainte-Sabine de Rome. La commande à une femme d'une œuvre de cette importance déclenche une polémique. Le tableau est cependant un succès à tel point qu'en 1603, elle s'installe à Rome.

Fait encore plus remarquable, elle peint, entre 1585 et 1613, des tableaux mythologiques. Fontana est une des premières femmes peintres à représenter des femmes nues (Minerve s'habillant), acheté à l'artiste ou à ses héritiers par le cardinal Scipione Borghese[5].

En 1604, à 52 ans, le pape Clément VIII la nomme peintre de la cour pour son talent de portraitiste. Elle est élue membre de l'Académie des Beaux-Arts de Rome.

En 1604, dans le palais du cardinal d'Este, elle réalise le retable (détruit) pour la Basilique de Saint-Paul-hors-les-murs, qui n'a aucun succès auprès du public romain. La décoration de la chapelle Rivaldi à Santa Maria della Pace de Rome est l'une de ses dernières œuvres.

Liste partielle des œuvres[modifier | modifier le code]

Portrait de Tognina Gonsalvus par Lavinia Fontana, vers 1594-1595.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • V. Fortunatti sous la dir., Lavinia Fontana of Bologna (1552-1614), Milan, Electra, 1998
  • C.P. Murphy, Lavinia Fontana: A Painter and Her Patrons in Sixteenth-century Bologna, 2003
  • Elisabetta Morici, Une femme à l’Académie de San Luca: Lavinia Fontana, Arte e arti. 14 novembre 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collection d'autoportraits du Musée des Offices, (it) Wolfram Prinz (et aut.), « La collezione di autoritratti : Catalogo generale », dans Gallerie degli Uffizi, Gli Uffizi, Florence, Centro Di, (1re éd. 1979), 1211 p. (ISBN 88-7038-021-1), p. 871.
  2. a b et c Béatrice Didier, Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber, sous la dir., Le Dictionnaire universel des créatrices, Paris, DesFemmes, , 4 982 p., p. 1594-1595
  3. Vera Fortunati, Fontana, Lavinia,(it) Dizionario Biografico degli Italiani, t. 48, (lire en ligne).
  4. (it) « Le nuove sale degli Uffizi dedicate alla pittura del Cinquecento », sur Galerie des Offices, (consulté le 31 mai 2019).
  5. (it) « I DEPOSITI DELLA GALLERIA BORGHESE », sur Galerie Borghèse (consulté le 31 mai 2019).
  6. Déposition de Croix
  7. Portrait de Gerolamo Mercuriale
  8. Portrait d'une dame et son chien
  9. L'Annonciation
  10. Portrait d'homme assis feuilletant un livre, dit Portrait du sénateur Orsini

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]