Paralittérature

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La paralittérature regroupe toutes les formes d'écrits qui se situent en marge de l'institution littéraire, autrement dit le corpus des textes dont le statut littéraire est rendu incertain par l'absence de reconnaissance sans être pour autant pleinement identifiable à un autre régime d'écriture (comme l'histoire, le journalisme, etc.). On emploie cette notion surtout pour désigner les différentes formes de littérature populaire, comme la littérature de colportage, le roman d'aventure, le roman policier, le roman de gare, la science-fiction, le roman à l'eau de rose, etc., genres où l'ambition littéraire semble céder le pas au plaisir immédiat du lecteur ou à l'appât du gain que ce plaisir laisse envisager.

Différentes formes[modifier | modifier le code]

Les paralittératures sont relativement nombreuses. On peut les classer en grands groupes comme :

Toutes ces littératures sont encore souvent méprisées par l'institution universitaire, sauf en ce qui concerne le fantastique, le roman historique et maintenant le roman policier, mais certaines universités proposent des cours pour permettre de découvrir la littérature populaire.

Une typologie générale des genres paralittéraires a été établie dès 1975, puis corrigée et enrichie en 1979, dans un ouvrage solidement documenté sous la supervision d'Yvon Allard pour le compte des bibliothèques du Québec. Par ailleurs, la somme des ouvrages consacrés à la paralittérature connaît aussi un essor depuis la publication des travaux de Norbert Spehner (voir biblio).

Le concept de littérarité[modifier | modifier le code]

Concept complexe, la littérarité peut dépendre de critères internes à l’œuvre (l'inscription dans un genre, le style, le niveau de langue…) et/ou de critères externes à l’œuvre : ceux-ci vont de la richesse d'une thématique ou la liberté d'un imaginaire jusqu'aux processus par lesquels une œuvre accède à la reconnaissance, voire à la consécration.

Pour la première conception de la littérarité, on peut se référer à l'essai de Gilles Philippe intitulé Sujet, verbe, complément.[1] dans lequel l'universitaire montre l'évolution de l'épistémè littéraire au cours de cette période : la littérarité tient alors moins à des faits extérieurs au texte qu'à la grammaire, désormais considérée comme le lieu où peuvent se réaliser des choix d'auteurs et s'effectuer un travail artistique.

La définition de la littérarité par le recours à des critères extérieurs au texte amène au contraire à s'aventurer dans le domaine de la sociologie de la littérature, en analysant par exemple les procédés parfois arbitraires utilisés par « l'institution littéraire » pour juger de la valeur d'une œuvre (voir sur ce point l'essai de Jacques Dubois, L'Institution de la littérature[2]).

Bibliographie sommaire[modifier | modifier le code]

  • Noël Arnaud, Francis Lacassin et Jean Tortel, Entretiens sur la paralittérature (Décade de Cérisy, « Littérature et paralittérature », 1967), Plon, 1970
  • Marc Angenot, Le Roman populaire. Recherches en paralittérature, Presses de l'Université du Québec, 1975, 145 p.
  • Jacques Dubois, L'Institution de la littérature, Bruxelles, Labor, 1978, 188 p.
  • Yvon Allard, Paralittératures, Montréal, Centrale des bibliothèques, 1979, 728 p.
  • Norbert Spehner, Écrits sur le fantastique, Le Préambule, coll. « Paralittératures », Longueuil, 1986 (ISBN 2-89133-077-3)
  • Norbert Spehner, Écrits sur la science-fiction, Le Préambule, coll. « Paralittératures », Longueuil, 1988 (ISBN 2-89133-092-7)
  • Yvon Allard et Norbert Spehner, Écrits sur le roman policier, Longueuil, Le Préambule, coll. « Paralittératures », 1990 (ISBN 2-89133-121-4)
  • Alain-Michel Boyer, La Paralittérature, Paris, PUF, 1992, 127 p. (Que sais-je ?, no 2673)
  • Daniel Couégnas, Introduction à la paralittérature, Paris, Le Seuil, 1992, 200 p.
  • Umberto Eco, De Superman au surhomme, Paris, Grasset, 1993
  • Norbert Spehner, Écrits sur le roman d’espionnage, Nuit blanche, coll. « Études paralittéraires », Québec, 1994 (ISBN 2-921053-23-3)
  • Georges Thovéron, Deux siècles de paralittératures, Liège, CEFAL, 1996, 576 p.
  • Daniel Fondanèche (préf. Pierre Brunel), Paralittératures, Paris, Vuibert,‎ , 734 p. (ISBN 2711772144, OCLC 300495050)
  • Mircea Marghescou, Le Concept de littérarité. Critique de la métalittérature, Paris, Kimé, 2009, 180 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Philippe, Sujet, verbe, complément. Le moment grammatical de la littérature française (1890-1940), Paris, Gallimard, « Bibliothèque des idées », 2002, 258 p.
  2. Jacques Dubois, L'Institution de la littérature, Bruxelles, Labor, 1978, 188 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]