Marc Petit (écrivain)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'écrivain. Pour le sculpteur, voir Marc Petit (sculpteur).
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marc Petit et Petit.
Marc Petit
Description de cette image, également commentée ci-après
Marc Petit à Épinal en avril 2017
Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement Nouvelle fiction

Marc Petit est un écrivain, poète, essayiste et traducteur né le à Paris. Il est l'un des membres fondateurs de la Nouvelle fiction.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marc Petit est né le à Paris. Par son père, Jacques Petit (1920-1947), mort avant sa naissance, il descend d'une lignée d'artisans d'art parisiens. Sa mère Jeannine Libers (1926-2013) est issue d'une famille juive ashkénaze originaire de Lomza en Pologne et de Vladimir Volinski, aujourd'hui en Ukraine occidentale.

Après des études classiques au lycée Louis-le-Grand, Marc Petit est reçu au concours d'entrée à l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm en 1965. Passionné par le romantisme allemand, il s'oriente vers les études germaniques. Après deux années d'études et de lectorat à Heidelberg et Berlin, il est reçu à l'agrégation et enseigne, de 1973 à 2007, l'histoire de la littérature et de la culture allemandes et autrichiennes à l'université de Tours. Il a traduit, entre autres, l'œuvre poétique de Georg Trakl (en collaboration avec Jean-Claude Schneider), les poètes baroques allemands, dont Catharina Regina von Greiffenberg, les derniers poèmes de Rainer Maria Rilke (dans la Bibliothèque de la Pléiade) et ceux de Erich Arendt. Le volume de Manies et Germanies (1997) regroupe un certain nombre d'articles consacrés par l'auteur aux littératures germaniques ainsi que des réflexions sur la poétique de la fiction.

Dès 1972, Marc Petit parcourt les pays latino-américains : Bolivie, Pérou, Mexique, Guatemala, avant de se tourner vers l'Asie. Il s'attache particulièrement au Népal puis à la Birmanie, s'intéressant à la vie et à l'art souvent méconnus des peuples et des tribus de culture traditionnelle, notamment celles de l'Himalaya, dont il révèle la richesse du patrimoine artistique dans son ouvrage À Masque découvert, regards sur l'art primitif de l'Himalaya (1995), grand prix du livre des Arts de la Société des Gens de Lettres en 1996. Il a fait don, en 2003, au Musée du Quai Branly d'une partie de sa collection de masques tribaux népalais, qui a fait l'objet de l'exposition "Dans le blanc des yeux" en décembre 2010.

D'abord poète, mais aussi, à ses heures, peintre (deux formes d'expression qu'il continue d'exercer jusqu'à aujourd'hui), Marc Petit publie ses premiers textes, Phrases longeant le temps, en mai 1972, dans la Nouvelle Revue Française. En 1978 paraît son premier récit, La Grande Cabale des Juifs de Plotzk, chez Christian Bourgois, suivi de La Morenada (Le Seuil) et d'une douzaine de romans, récits et recueils de nouvelles publiés principalement, par les soins de Claude Durand, chez Fayard et Stock, parmi lesquels Ouroboros (1989), Architecte des glaces (1991), Le Nain Géant (1993), Le Troisième Faust (1994), La Compagnie des Indes (1998), Histoires à n'en plus finir (1998), L'équation de Kolmogoroff (Ramsay, 2003) et Séraphin ou l'amour des ombres (Pierre-Guillaume de Roux, 2014).

Membre du comité de rédaction de la revue Action poétique (1976-1978), puis de celui d'Europe (depuis 1994), il entre en 1991 au conseil d'administration de l'Association de la Maison des Écrivains, puis y exerce jusqu'en 1996 les fonctions de secrétaire général. Conseiller de Claude Durand et lecteur chez Fayard, il contribue à mettre sur pied son nouveau programme littéraire (1999-2000).

Marc Petit fait partie, en 1990, des membres fondateurs du groupe d'écrivains de la “Nouvelle Fiction”, réunis à l'initiative du critique et historien littéraire Jean-Luc Moreau et du romancier Frédérick Tristan, aux côtés de Patrick Carré, Georges-Olivier Châteaureynaud, François Coupry, Hubert Haddad et Jean Levi. Dans le même esprit, il publie en 1999 Éloge de la Fiction, couronné par le grand prix de la Critique littéraire l'année suivante.

Ses œuvres, archives et manuscrits ainsi que sa correspondance seront rassemblés à l'IMEC, qui a reçu en 2012 un premier dépôt d'ouvrages publiés et de manuscrits.

Œuvre[modifier | modifier le code]

S'inscrivant dans l'esprit et l'esthétique de la Nouvelle fiction, l'œuvre narrative de Marc Petit oppose à la tradition du réalisme social et psychologique une pratique de la narration formée à l'école du romantisme allemand, de Kafka, de Borges, de Karen Blixen et de Bruno Schulz, mettant en valeur le plaisir, la poésie et le pouvoir critique de l'imaginaire, sur fond de détournement des codes du récit, du roman historique et des savoirs érudits.

Romans et récits[modifier | modifier le code]

La Grande Cabale des Juifs de Plotzk (Christian Bourgois, 1978, Stock, 1995) déconstruit à la manière d'un récit talmudique une anecdote curieuse et tragique de la révolution russe, mêlée à d'énigmatiques souvenirs de famille.

La Morenada (Le Seuil, 1979), sorte de "polar" métaphysique, met en scène l'enquête et les tribulations du narrateur, un certain Franz Lutzel, sur les traces d'un dignitaire nazi réfugié en Bolivie.

Le Dernier des Conquistadores (Fayard, 1982) raconte l'histoire d'amour d'un descendant du conquérant du Guatemala, Pedro de Alvarado, et d'une jeune Indienne, Zuyua, appelée à délivrer son peuple.

Ouroboros (Fayard, 1989) illustre ce que l'auteur appelle le "romanesque de la pensée"[1]. Les personnages de cette vaste fresque située au XVIIe siècle entre Rhin et Danube sont inspirés par les figures de plusieurs poètes baroques allemands, Andreas Gryphius, Quirinus Kuhlmann et Catharina Regina von Greiffenberg ou bien encore, par celle du Père Athanasius Kircher.

Architecte des glaces (L'Aube, 1991, Stock, 1995, Folio, 2000), "autobiographie fictive", oppose aux mythes mortifères du XXe siècle l'image emblématique d'un artiste – Juif russe – hanté par le rêve de la transparence.

Le Nain Géant (Stock, 1993, L'Arbre vengeur, 2011), quelque part entre Conan Doyle, le feuilleton populaire du XIXe siècle, la science-fiction et la théologie, se présente comme une enquête imaginée à partir de la figure du trisaïeul paternel de l'auteur ; occasion pour celui-ci d'explorer en le renouvelant le thème du Golem, entre les égouts de Paris et la "ruelle d'Or" de Prague.

Le Troisième Faust (Stock, 1994, Folio, 2001) fait resurgir la figure du vieux Goethe, le 1er octobre 1831, sous le regard ironique et complice de Méphisto se faisant passer pour un journaliste américain.

La Compagnie des Indes (Stock, 1998), roman construit comme une série de poupées russes inversée, de la plus petite à la plus grande, réinvente l'histoire de Schéhérazade à l'époque des Lumières, des guerres coloniales franco-anglaises et de la Révolution française.

L'Utopie du docteur Kakerlak (Fayard, 2000), conçu comme une sorte de conte pour la fête juive de Pourim, met en valeur la vertu de dissimulation et le pouvoir de la contre-manipulation dans une société totalitaire, en l'occurrence, une république post-soviétique imaginaire.

L'équation de Kolmogoroff (Ramsay, 2003, Folio, 2005), enquête biographique et récit-commentaire, ressuscite la figure du génial mathématicien probabiliste Wolfgang Döblin, fils du romancier de Berlin Alexanderplatz, suicidé à vingt-cinq ans en juin 1940 pour échapper aux griffes de la Wehrmacht.

Séraphin ou l'amour des ombres (Pierre-Guillaume de Roux, 2014), récit initiatique aux accents nervaliens, évoque les épisodes plus imaginaires qu'historiques de la vie d'un montreur d'ombres chinoises, entre Versailles sous l'Ancien Régime et le Palais-Royal à l'époque de la Révolution française, puis du romantisme.

Contes et nouvelles[modifier | modifier le code]

À la nouvelle et au conte Marc Petit a consacré plusieurs textes de réflexion dans son recueil critique Manies et Germanies[2].

À mi-chemin du conte et de la nouvelle, le court roman "chinois" de La Fenêtre aux ombres (Dumerchez, 1994) met en scène, face à face, l'empereur Han Wou-ti et l'inventeur mythique du théâtre d'ombres.

Le volume rassemblant les Histoires à n'en plus finir (Stock, 1998), précédé par La Chasse à l'hermine (Fayard, 1983), Le Montreur et ses masques (Mazarine, 1986), Rue de la Mort et autres histoires et Lettre de l'antiméridien (Critérion, 1992), que suivront Le premier violon de Guarnerius (L'Arbre vengeur, 2004), La Nuit du sorcier (L'Arbre vengeur, 2006) et Le Funambule (Éditions Infimes, 2011), déploient comme autant de mises en scène de l'imprévisible les aventures de personnages souvent surprenants, masques révélateurs de la difficulté d'être, à la recherche d'un sens qui se dérobe et d'une sagesse possible.

Poésie[modifier | modifier le code]

Le premier recueil de poèmes de Marc Petit, Le temps des traces, paraît en 1976 dans une coédition Pierre-Jean Oswald / Action poétique. Suivront, après un long silence, une anthologie groupant, sous le titre Pierres d'attente (Dumerchez, 1996), un choix de poèmes des années 1967 à 1981, puis, chez le même éditeur, Furtifs (1997), en collaboration avec la plasticienne et photographe québécoise Christiane Gauthier, et Rien n'est dit (2001).

S'étant résolu à ne traduire, dans le domaine allemand, que les poètes, des Baroques à Erich Arendt en passant par Rilke, Georg Trakl et Paul Celan, Marc Petit s'est particulièrement attaché à recréer, en les transposant en vers mesurés mais non rimés, les sonnets et autres poèmes des Baroques allemands et autrichiens, principalement Andreas Gryphius (1616-1664) et Catharina Regina von Greiffenberg (1633-1694).

Au cœur de l'exercice de poésie, tel que l'auteur le définit et le met en pratique, s'affirme un paradoxe illustré par ces vers[3] :

« saisir
ce qui s'enfuit
pour donner l'impression
du temps qui passe. »

Essais[modifier | modifier le code]

Dans Manies et Germanies (Stock, 1997), combinant empathie et analyse, l'auteur s'attache à mettre en valeur l'articulation de l'expérience vécue, de la pensée et de l'écriture chez des poètes, romanciers et philosophes de langue allemande depuis le Baroque (Greiffenberg, Kuhlmann) jusqu'au XXe siècle (Musil, Buber, Trakl, Erich Arendt), en passant par Goethe, les frères Grimm et Nietzsche.

L'essai Éloge de la Fiction (Fayard, 1999) oppose à la "sainte alliance du minimalisme, du misérabilisme et du nombrilisme" des "gestionnaires du nihilisme esthétique"[4] le pouvoir critique et les vertus curatives de la littérature d'imagination.

L'art de l'Himalaya[modifier | modifier le code]

Marc Petit s'est penché sur les arts tribaux de l'Himalaya, en particulier sur les masques du Népal et des régions avoisinantes. Méconnu parce que mal identifié jusque dans les années 1980, l'art des tribus des hautes et moyennes montagnes du Népal, de l'Arunachal Pradesh et de l'Himachal Pradesh en territoire indien n'avait jamais suscité une étude approfondie avant À masque découvert, regards sur l'art primitif de l'Himalaya (Stock/Aldines, 1995).

D'autres publications ont suivi, dont La Statuaire archaïque de l'ouest du Népal (Galerie Renaud Vanuxem, 2006), Népal, chamanisme et sculpture tribale, en collaboration avec Christian Lequindre (InFolio, 2009), Dans le blanc des yeux (Beaux-Arts magazine/Musée du quai Branly, 2010).

Esthétique[modifier | modifier le code]

La Nouvelle Fiction[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nouvelle fiction.

Mise en avant, aux alentours de 1990, puis en 1992, dans un essai éponyme augmenté d'une anthologie et d'une série d'entretiens[5] par Jean-Luc Moreau, animateur de l'émission "Bibliomanie" à Radio libertaire, l'idée d'apparenter un certain nombre d'écrivains français (Frédéric Tristan, Hubert Haddad, Georges-Olivier Châteaureynaud, Jean Levi, François Coupry, Patrick Carré, Marc Petit, que rejoindront Sylvain Jouty, Jean-Claude Bologne et Francis Berthelot) ayant en commun une pratique de l'écriture de fiction, "œuvre du travail de l'imagination en rapport soutenu avec l'imaginaire" est à l'origine de la constitution d'un groupe amical informel, actif surtout durant la dernière décennie du XXe siècle et les premières années du XXIe ; rapprochement rendu possible par une commune pratique de la fiction, que l'on pourrait aussi, à l'instar de la New Fiction américaine, qualifier de "surfiction" en ce que, loin d'ajouter au chaos des fabulations inconscientes en œuvre dans les discours religieux, politiques, moraux, etc., elle démasque, par le libre jeu de l'invention revendiqué comme tel, "la fiction inavouée de notre représentation du réel et relance du même coup la quête infinie du sens"[6].

"Écrire, affirme de son côté Marc Petit, c'est redresser les dénominations, mettre un peu d'ordre dans le chaos des représentations communes. Utopie, uchronie, non-lieu et non-temps, tel est l'espace où l'imagination se déploie, créant un autre monde à la fois mystérieux et plein de signification parce qu'elle organise les figures de l'imaginaire en récit, en constellation, à la manière du mythe, en résonance avec les profondeurs du psychisme humain à la fois relié au réel et autonome."[7]

Si les auteurs de la Nouvelle fiction partagent le goût de l'insolite avec les romanciers et nouvellistes du "réalisme magique", les "fantastiqueurs" héritiers de Hoffmann, voire les Surréalistes, ils se distinguent (singulièrement Marc Petit, mais aussi Frédérick Tristan et Jean Levi) par le rôle éminent que joue, dans leur stratégie narrative, illustrant les vues prémonitoires de Jacques Rivière dans son essai sur Le Roman d'aventure (1913), l'aventure du récit lui-même, cette aventure s'inscrivant dans “la forme de l'œuvre plutôt que (dans) sa matière"[8]. "Aussi, dit encore Jacques Rivière cité par Jean-Luc Moreau, le sens de l'œuvre n'est-il pas tout de suite bien déterminé ; il change à mesure qu'elle croît (...) ; ce qui arrive modifie sans cesse l'intention et la portée de ce qui est arrivé ; ce qu'on croyait fixe et définitif bouge en arrière, à mesure qu'il s'y ajoute du nouveau."[9]

"Retour au récit ? Réinvention de sa possibilité, plutôt, redécouverte des pouvoirs perdus de la fable et de la fiction."[10] "Une forme est à trouver, une pour chaque livre, qui ne fasse qu'un avec le mouvement de la narration, chaque fois singulier."[11] Se réserver le droit d'être surpris, telle est la prérogative, tel serait le principe directeur de l'écrivain de fictions. "Ainsi, explique Marc Petit à propos de son œuvre de nouvelliste, je prends une nouvelle et je la fausse pour l'orienter vers le conte, je prends un conte et je le fausse en direction de la nouvelle. Il y a comme une volonté de subvertir les genres, les codes, pour peut-être justement créer les failles qui permettent de révéler ce qui était totalement inattendu."[12]

Mascarades et théâtre d'ombres[modifier | modifier le code]

Personnages d'un théâtre d'ombres chinoises

"Deux yeux, une bouche, une circulation s'instaure – le masque est un poumon, une machine à redistribuer l'espace, le contraire d'une effigie. Il ne représente pas le vivant, il le figure en action"[13], déclare l'écrivain, collectionneur de masques. Il faut le concevoir, à l'instar du personnage de fiction, comme une sorte de répondant, de figure d'emprunt palliant le sentiment de n'être personne qu'éprouve au fond de lui-même tout sujet. Par là, il rejoint la marionnette et la figure du théâtre d'ombres, thème récurrent chez l'auteur[14].

La quête du sens[modifier | modifier le code]

Marc Petit défend l'idée selon laquelle la littérature, dans sa double mission de distraire et d'instruire, ne vise pas seulement à "démystifier les illusions communes, mais aussi à imaginer un monde meilleur, plus habilement conçu que le nôtre, plus harmonieux."[15] "Pour moi, dit-il, l'art et la littérature s'adressent au meilleur de l'être humain : à son intelligence, à son sens critique, à son goût, à ce qui en lui aspire à plus de lumière." Mais "le chemin vers la lumière est paradoxal, plein de détours."[16] "Chaque degré de l'initiation est à la fois une marche nécessaire et un leurre. La vérité acquise se révèle illusoire, ce n'est que l'enveloppe d'une vérité plus haute... pelures d'oignons, zigzags paradoxaux... tout le contraire de la linéarité du roman réaliste qui va de la naissance à la mort."[17]

Histoire et histoires : détournement et contre-discours[modifier | modifier le code]

Dès son premier récit, La Grande Cabale des Juifs de Plotzk, Marc Petit oppose à l'Histoire officielle, écrite par les vainqueurs, les multiples histoires vécues et racontées par ceux qui n'ont pas voix au chapitre, vaincus, illettrés ou simples individus[18].

Le détournement de l'Histoire, stratagème fréquent chez les auteurs de la Nouvelle fiction[19], n'a rien de commun avec les propos des négationnistes et révisionnistes. Il vise à subvertir par l'ironie l'assurance mensongère des historiographes, à déjouer l'arrogance des “maîtres de la langue”, à battre en brèche l'insipidité des discours “politiquement corrects”.

La tradition juive[modifier | modifier le code]

Ami du philosophe et théologien André Neher, lecteur de Gershom Scholem et de Walter Benjamin, Marc Petit – et le double qu'il s'est inventé, Mardochée Klein – se rattachent à plusieurs aspects de la tradition juive. De la Loi orale, de la tradition de l’aggada, d'où procèdent les récits, découle la légitimité des commentaires, dans leur croisement infini. "Revenir sur ses pas, reconstruire son existence, recommencer sa vie est possible. Il suffit d'écrire", dit Mardochée Klein à son ami Yaakov Lévinsky, le héros d' Architecte des glaces. "C'est à cela que servent les livres : à raconter des folies qui dans ce miroir, deviennent des instruments de sagesse (...) N'est-ce pas une bien curieuse façon d'observer la Loi (...)? N'est-ce pas notre manière à nous de l'honorer – nous les artistes, pour qui les livres ont pris la relève du Livre, les fils celle du Père[20] ?

L'artiste et le poète comme figures exemplaires[modifier | modifier le code]

Des personnages d'Ouroboros, dont les modèles sont des poètes baroques allemands, à Séraphin, le montreur d'ombres, ou bien encore au peintre Efferhorn[21], en passant par le Funambule de la nouvelle éponyme, le violoniste Guarnerius del Gesu et toute une galerie de peintres, de musiciens et de poètes mythiques ou de pure invention, l'art et les artistes occupent une place centrale dans les œuvres de fiction de Marc Petit. Comment, par artifice, donner à voir la vie, "construire en moins"[22] pour accéder à l'impossible transparence ? La démesure qui habite ces personnages ne les met pas à l'écart des autres mortels, elle est comme le miroir grossissant, oxymorique[23], des paradoxes de l'esprit humain.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Marc Petit[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

Romans et récits[modifier | modifier le code]

Nouvelles[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Livres d'artiste[modifier | modifier le code]

Traductions et présentations[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]

  • "Si l'on pouvait raconter une histoire !", entretien avec Jean-Luc Moreau, in Jean-Luc Moreau, La Nouvelle Fiction, Critérion, 1992.
  • "L'Enchanteur nourrissant", entretien avec Éric Dussert, Le Matricule des Anges, no 24, septembre 1998, p. 24-27.
  • "Histoires de masques", entretien avec Linaigrette de Scheuchzer, Bleecker Street n° 1&2, Dumerchez, 2005, p. 145-149
  • Friedrich Gottlob Schnepfendreck, préface à La Nuit du sorcier, L'Arbre vengeur, 2006.

Direction de revues[modifier | modifier le code]

  • Bleecker Street, Abordages 1 & 2 : Masques et Figures, Dumerchez, 2005.
  • Dans le blanc des yeux : masques primitifs du Népal, avec Stéphane Martin, Paris, Éditions Beaux-Arts, 2010, 41 p. + 1 CD-rom (ISBN 978-2-84278-744-8)

Études sur Marc Petit[modifier | modifier le code]

  • Bernard Fauconnier, "Les architectures de glace de Marc Petit", in Effets de neige, CRLMC, Clermont-Ferrand, 1998, p. 127-136.
  • Brèves, no 59, 2000, dossier consacré à Marc Petit : entretien avec Éric Dussert, études et témoignages d'Antoine Volodine, Jean-Pierre Le Goff, Marie-Louise Audiberti, Gilbert Pons ("M.P., ou L'art de déplacer les masques"), Jean-Luc Moreau ("La malle des Indes"), Henri Zerdoun, Hubert Haddad, Pierre Péju.
  • Isabelle Thomas-Fogiel, "Le Nain Géant, ou l'oxymore comme figure radicale de l'identité", in Le Concept et le Lieu, Éditions du Cerf, 2008, p. 139-162.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nain Géant, Stock, 1993, 4e de couverture.
  2. Les désenchanteurs, p. 116-117, et Mythe, Fait-divers, Conte, Nouvelle, p. 187-192. Préface, signée F. G. Schnepfendreck, à La Nuit du sorcier, L'Arbre vengeur, 2006.
  3. Marc Petit, Paysages noirs, 2014, p. 28.
  4. Marc Petit, Éloge de la Fiction, Fayard, 1999.
  5. Jean-Luc Moreau, La Nouvelle Fiction, Critérion, 1992.
  6. Brèves, no 59, 2000, p. 14-15.
  7. Marc Petit, Brèves, no 50, 2000, p. 14-15.
  8. Jean-Luc Moreau, "La malle des Indes", in Brèves, no 59, p. 46.
  9. Jean-Luc Moreau, "La malle des Indes", in Brèves, no 59, p. 46-47.
  10. Marc Petit, Éloge de la Fiction', p. 127.
  11. Marc Petit, Éloge de la Fiction', p. 128.
  12. Marc Petit, "Si l'on pouvait raconter une histoire !", entretien avec Jean-Luc Moreau, in La Nouvelle Fiction, p. 337.
  13. Histoires de masques, Bleecker Street n°1&2, Dumerchez, 2005, p. 145.
  14. Voir "Le Montreur et ses masques", "Trois épisodes de la vie de Tu Fu", in Histoires à n'en plus finir, Stock, 1998 ; La Fenêtre aux ombres, Dumerchez, 1994, et Séraphin, ou L'amour des ombres, Pierre-Guillaume de Roux, 2014.
  15. Brèves, no 59, p. 15.
  16. Brèves, no 59, p. 17.
  17. Brèves, no 59, p. 16.
  18. "Histoire et histoires", in Figures, no 10, CRISM, Dijon, 1993, repris dans Manies et Germanies, Stock, 1997, p. 193-202.
  19. Frédérick Tristan, Naissance d'un Spectre, 1969 ; François Coupry, Les souterrains de l'Histoire, 2008 ; Jean Levi, Le Coup du hibou, 2001.
  20. Marc Petit, Architecte des glaces, rééd. Folio, 2000, p. 105.
  21. Brèves, no 102, "Le Rêve sans fin", 2013, p. 6-11.
  22. Architecte des glaces, p. 78.
  23. Isabelle Thomas-Fogiel, "Le Nain Géant ou l'oxymore comme figure radicale de l'identité", in Le Concept et le lieu, Éditions du Cerf, 2008, p. 139-162.