Émoji

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Ne doit pas être confondu avec émoticône.
Émoji d'un visage avec des larmes de joie.

Émoji[1],[2],[3] (dérivé du mot japonais japonais : 絵文字 ou えもじ ; prononcé [emodʑi], et transcriptible en emoji) est un terme issu du japonais pour désigner les pictogrammes utilisés dans les messages électroniques et les pages web japonaises, qui se sont répandus dans le monde entier.

Le mot émoji signifie littéralement « image » (e) + « lettre » (moji) ; la ressemblance avec « émotion » est un jeu de mot interculturel. Ces caractères sont utilisés de la même façon que les émoticônes ASCII, mais un plus grand nombre sont définis, et les icônes sont standardisées et intégrées aux appareils. Certains émojis sont très spécifiques à la culture japonaise, comme un homme se prosternant pour s'excuser, un visage portant un masque chirurgical, une fleur blanche signifiant un « travail scolaire brillant » ou encore un groupe d’émojis représentant de la nourriture typique : nouilles ramen, dango, onigiri, curry japonais, sushi.

Les trois principaux opérateurs japonais, NTT DoCoMo, au, et SoftBank Mobile (anciennement Vodafone), ont chacun défini leur propre variante des émojis[4].

Bien qu'originaires du Japon, certains jeux de caractères émojis ont été intégrés à Unicode, permettant leur utilisation partout dans le monde. En conséquence, certains smartphones équipés d'Android, de Windows et d'iOS permettent d'utiliser ces caractères même sans connexion à un réseau japonais. Les émojis ont également commencé à apparaître dans des services de courrier électronique comme Gmail en avril 2009[5], ou Microsoft Outlook à partir de 2017 pour sa version Office 365[4], des sites web comme Flipnote Hatena, et les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter ou Tumblr.

Certaines applications SMS pour Android[6] fournissent également des plugins pour utiliser les emoji. Chez Apple, Mac OS X les supporte depuis la version 10.7 Lion avec la police en couleurs Apple Color Emoji (en)[7].

Ils sont également disponibles pour Windows, intégré nativement dans à partir de Windows 8 (accessible dans le clavier visuel), ils peuvent toutefois être utilisables sous Windows 7 avec une mise à jour d’une fonte, la Segoe[8].

Les émoticônes, différentes des emoji, sont supportées par la table des caractères Unicode/U1F600, les symboles divers étant eux sur la table des caractères Unicode/U2600.

Historique[modifier | modifier le code]

Les premiers émojis ont été créés en 1997 pour SoftBank[4]. Entre 1998 et 1999, Shigetaka Kurita, de l'équipe i-mode de NTT DoCoMo, en a créé d'autres, qui consistaient en un jeu de 172 émojis de 12x12 pixels. Il a été conçu comme une caractéristique spécifique de la messagerie i-mode, pour faciliter la communication électronique et pour la démarquer de services concurrents[9]. L'utilisation des émojis est en constante augmentation. Il semblerait que 4,6 % des messages que nous échangeons sur internet contiennent au moins un émoji[10].

D’après une enquête de l'Agence des affaires culturelles du Japon en 2015, 56,1 % des Japonais ont déjà utilisé des émojis, 29 % en ont déjà vus sans en avoir utilisés et 12,7 % n'en ont jamais vus[11].

En 2017, le terme « émoji » fait officiellement son entrée dans le dictionnaire Le Petit Robert[12].

Selon le site emojipedia.org, il existe 2 823 emoji codifiés en standard Unicode en juin 2018[13].

Encodage historique des émojis[modifier | modifier le code]

À l'origine, les émojis pour l'i-mode de NTT DoCoMo étaient dessinées en bitmap sur une grille de 12×12 pixels. Pour la transmission, ils étaient encodés sur une séquence de deux octets, dans l'intervalle d'usage privé E63E-E757 de l'espace Unicode. La spécification de base comportait 176 symboles, et 76 supplémentaires disponibles pour les mobiles supportant la norme C-HTML 4.0.

Les émojis créés par au étaient déclarés par la balise HTML img, alors que ceux de SoftBank Mobile étaient encadrés par les séquences d'échappement ASCII Shift-In et Shift-Out, et permettaient la couleur et les animations. L'encodage de DoCoMo est le plus compact à transmettre, alors que celui de au est le plus flexible, basé sur des standards ouverts.

Dans le standard Unicode[modifier | modifier le code]

Des centaines de caractères émojis ont été importés dans la version 6.0 de l'espace Unicode en octobre 2010 (et la norme internationale ISO/CEI 10646).

Les ajouts ont été initialement demandés par Google (Kat Momoi, Mark Davis, et Markus Scherer ont écrit le premier draft pour l'intégration par le Comité Technique Unicode en août 2007) et Apple Inc. (dont Yasuo Kida et Peter Edberg ont rejoint la première proposition officielle proposal portant sur 607 caractères, en janvier 2009 comme coauteurs).

Le processus est passé par une longue série de commentaires par les membres du Consortium Unicode et les organismes internationaux de standardisation participant aux ISO/IEC JTC1/SC2/WG2, particulièrement les États-Unis, l'Allemagne, l'Irlande (menée par Michael Everson) et le Japon. Pendant le processus d'élaboration du consensus, plusieurs nouveaux caractères ont été ajoutés, particulièrement des symboles cartographiques et des signes européens. Ce consortium se réunit 4 fois par an pour organiser leur régulation[14].

Le jeu de base émojis d'Unicode 6.0 consiste en 722 caractères, dont 114 correspondent à des séquences d'un ou plusieurs caractères dans le standard antérieur, et les 608 restant à des séquences d'un ou plusieurs caractères introduits en Unicode 6.0[15].

Il n'y a pas de bloc réservé spécifiquement pour les émojis : les symboles ont été encodés dans sept blocs différents, certains créés à l'occasion. Il existe un fichier de référence[16] fournissant les correspondances avec les encodages historiques des opérateurs japonais.

Émoji et construction de l'identité en ligne[modifier | modifier le code]

L'usage d'émojis renseigne sur l'identité des usagers et joue un rôle dans la construction de l'identité en ligne à travers leur design.

Les communautés et les groupes n'utilisent pas les mêmes émojis. Le rapport SwiftKey sur les émojis qui date de 2015[17] traite plus d'un milliard d'émojis pour comprendre comment ils sont utilisés par des utilisateurs de 16 régions et langues différentes. L'analyse montre que l'on pourrait presque reconnaître la nationalité à partir des émojis utilisés. Si la plupart des émojis ont une portée universelle, leurs fréquences d'utilisation varie sensiblement d'un pays à l'autre. Par exemple, dans le contexte français, d'après l'étude, l'utilisation des émojis de type « cœur » et de type « mariage » dominent alors qu'aux États-Unis, les émojis de type « Female-oriented », « Royalty », « Tech », « LGBT » et « meat » sont les plus utilisés.

La Corse envisage de payer 52 800 euros pour promouvoir la création d'un émoji corsica (projet émoji corsica) auprès du consortium Unicode et des gafas. Il s'agit pour la corse de copier la Guadeloupe, la Bretagne ou encore la Martinique[18].

Émoji dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans le film de science-fiction Moon sorti en 2009, le robot semi-anthropomorphe GERTY communique à travers un écran montrant des émojis qui traduisent des émotions[19].

En 2013, l'ingénieur informaticien Fred Benenson traduit entièrement avec des émojis le livre Moby Dick, rebaptisé Emoji Dick pour l'occasion[20].

Tables des caractères[modifier | modifier le code]

Modificateurs[modifier | modifier le code]

Courant 2015, la version 8 du standard Unicode a introduit des modificateurs d’émojis afin de mieux représenter la diversité humaine, en particulier en ce qui concerne les couleurs de peau. Unicode réutilise avec certains émojis la méthode des caractères diacritiques combinant (comme les accents), en se basant sur la classification de Fitzpatrick pour les couleurs de peau.

Exemple
U+ nom unicode (main) (visage)
- (sans modificateur) 🤚 👦
U+1F3FB EMOJI MODIFIER FITZPATRICK TYPE-1-2 🤚🏻 👦🏻
U+1F3FC EMOJI MODIFIER FITZPATRICK TYPE-3 🤚🏼 👦🏼
U+1F3FD EMOJI MODIFIER FITZPATRICK TYPE-4 🤚🏽 👦🏽
U+1F3FE EMOJI MODIFIER FITZPATRICK TYPE-5 🤚🏾 👦🏾
U+1F3FF EMOJI MODIFIER FITZPATRICK TYPE-6 🤚🏿 👦🏿

Le , 104 émojis ont été ajoutés à la base version 9.0. Ils représentent majoritairement des femmes dans différents corps de métier. En plus de ces derniers ont été ajoutés de nouveaux émoticônes, animaux, signes, personnages expressifs, sports et objets.

Émoji 11 compte 2 823 émojis Recommended for General Interchange (« recommandé pour l'échange général ») – RGI[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Service du Dictionnaire », sur Académie française,  : « On écrit émoji pour que l'orthographe et la prononciation concordent. »
  2. « émoji », Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le 2 mars 2019).
  3. (inscription nécessaire) « Le Grand Robert », Dictionnaires Le Robert (consulté le 2 mars 2019).
  4. a b et c Burge 2019.
  5. (en) Darren Lewis, « New in Labs: Extra emoticons », sur Official Gmail Blog, .
  6. « emoji », sur Google Play (consulté le 9 novembre 2012).
  7. (en) « Inside Mac OS X 10.7 Lion: Font Book 3, Emoji support », sur AppleInsider, .
  8. (en) Long Zheng, « Microsoft backports Windows 8 emoji for Segoe UI Symbol to Windows 7 », sur istartedsomething, .
  9. (en) Jeff Blagdon, « How emoji conquered the world », The Verge, Vox Media, .
  10. Morgane Tual, « L’emoji, un caractère envahissant », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  11. (en) « Language poll shows over 50% of respondents use 'emojis' », sur Mainichi Shinbun, .
  12. « Petit Robert 2017 : un dico sachant “geeker” », sur Le Point, .
  13. (en) « Emoji Statistics », sur emojipedia.org (consulté le 29 novembre 2018).
  14. Elsa Trujillo, « Dans le secret de la très discrète Académie des emojis », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  15. (en) « Q: How are emoji encoded in Unicode? ».
  16. (en) « EmojiSources.txt », sur Consortium Unicode.
  17. (en) « SwiftKey Emoji Report ».
  18. Radio Brunet, « Pour avoir son drapeau en émoji, la Corse devra débourser 52 800 euros », sur RMC, .
  19. (en) Dave Addey, « Moon », sur Typeset In The Future, .
  20. (en) Nadja Popovich, « Fred Benenson: the man who translated Moby Dick into Emoji », sur The Guardian, .
  21. (en) Jeremy Burge, « 157 New Emojis in the 2018 Emoji List », sur Emojipedia, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jeremy Burge, « Correcting the Record on the First Emoji Set », sur Emojipedia,
  • Marion Dautry, « 250 nouvelles émoticônes arrivent en juillet », RTL,‎ (lire en ligne)
  • Antoine Lannuzel, « À l'académie des Emoji », We demain, no 24,‎
  • Claire Levenson, « Quels sont les emoji préférés selon les pays ? », Slate,‎ (lire en ligne)
  • Michaël Szadkowski, « Apple s'engage à davantage de diversité dans les smiley de ses iPhone et iPad », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Morgane Tual, « « LOL » et « omg » menacés par les « emoji », selon Instagram », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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