Alphabet de tchat arabe

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L’alphabet de tchat arabe, aussi appelé arabi (arabe : عربي (ʿArabī)), arabizi (arabe : عربيزي (ʿArabīzī)), mu’arrab (arabe : معرب (Muʿarrab)), franco-arabe ou franco, est un alphabet utilisé pour communiquer en arabe sur Internet et plus précisément dans le cadre de la messagerie instantanée. Cet alphabet est le résultat du procédé de romanisation de l'arabe. Chaque caractère se prononce toujours de la même façon, quel que soit le caractère qui le précède ou qui le suit. La prononciation de certains graphèmes peut toutefois différer selon le dialecte employé. L'alphabet de tchat arabe est une constituante de l'argot internet propre à la communauté qui communique en langue arabe via la messagerie instantanée.

Adaptation de l'arabe au tchat[modifier | modifier le code]

La langue tchat ou la communication à travers la messagerie instantanée nécessite la présence d'une certaine oralité au niveau de la discussion échangée de même qu'une rapidité d'écriture. La langue arabe, étant une langue cursive, doit être modifiée par rapport à son inscription classique (littéraire et traditionnelle) pour pouvoir répondre aux exigences de l'écriture tchat. Ainsi, certaines caractéristiques de la langue arabe classique constituent de véritables problèmes pouvant par exemple ralentir la vitesse d'écriture des messages instantanés de même qu'ils peuvent instaurer un très grand écart avec la communication orale dont en désire se rapprocher le plus possible. Ces caractéristiques sont entre autres : la multitude de graphèmes, la présence de ligatures, la vocalisation, la direction d'écriture (de droite à gauche), etc.[1]

Graphèmes[modifier | modifier le code]

Exemple de quelques formules de dialogue en langue arabe (arabe standard, dans cet exemple) avec leurs différentes correspondances en écriture tchat.

La correspondance des graphèmes avec les différentes lettres arabes qui ne retrouvent aucun substitut en lettres latines se fait généralement selon une convention adoptée par la plupart des membres de la communautés d'internautes communiquant en langue arabe. Il est intéressant de constater toutefois que certains graphèmes sont la reproduction symétrique (au niveau de la forme) de la lettre à laquelle ils correspondent. Par exemple, le « 2 » utilisé pour représenter la lettre « ء » de même que le « 3 » illustrant la lettre « ع » présentent une certaine similarité au niveau de la forme. Un autre phénomène récurrent, la présence de la lettre « h » jumelée la plupart du temps avec une autre lettre. Ce « h » représente dans la plupart des cas le substitut des points se trouvant sur la lettre arabe correspondant au graphème précédant le « h ». Par exemple, du point de vue de la sonorité, c'est le graphème « d » qui représente la lettre arabe « د » alors que le graphème « dh » équivaut à la lettre « ذ ». Ainsi, l'adoption de ces différents graphèmes par une grande partie des internautes dialoguant en arabe via la messagerie instantanée comme convention langagière relève à la fois d'une correspondance au niveau de l'oralité et d'une correspondance au niveau de la forme.

Consonnes[modifier | modifier le code]

Consonnes qui ont une prononciation différente de celles en français.

Graphème Phonème (API) Lettre arabe Nom de la lettre Exemple
‹ 2 ›, ‹ a › /ʔ/ ء hamza 2ana (« je »)
‹ th ›, ‹ s › /θ/ ث thāʼ thawb (« vêtement »)
‹ 3 › /ʕ/, /ʢ/ ع ʿayn 3id (« fête »)
‹ 7 ›, ‹ h › /ħ/, /ʜ/ ح ḥā la7em (« la viande »)
‹ ch ›, ‹ sh › /ʃ/ šīn ch7al (« combien »)
‹ 8 ›, ‹ gh › /ɣ/, /ʁ/ ġayn r8ayfa (« galette »)
‹ h › /h/ ه hàni (« tranquille »)
‹ 5 ›, ‹ kh › /x/, /χ/ خ khā shei5 (« chef »)
‹ dh ›, ‹ z › /ð/ ذ dhāl dhoubéba (« mouche »)
‹ 9 ›, ‹ q › /q/, /ɢ/, /g/ ق qāf 9ala (« dire »)
‹ r › /r/, /ɾ/ ر ra7a (« repos »)
‹ w ›, ‹ ou › /w/ و wāw waqt (« temps »)
‹ y › /j/ ي al'tiyara (« l’avion »)

Voyelles[modifier | modifier le code]

Graphème Phonème (API) Lettre arabe Exemple en judéo-marocain
‹ à › 3chà (« dîner ») , berràd (« théière »)
‹ â › râht (« sorte »), wâqt (« temps »)
‹ e › gherbàl (« tamis »), 7ebs (« prison »)
‹ i › twil (« long »), siniya (« plateau à thé »)
‹ u › 7ut (« poisson »), 7ànut (« boutique »)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rachid Zghibi, « Le codage informatique de l’écriture arabe : d’ASMO 449 à Unicode et ISO/CEI 10646 », Document numérique, vol. 6 « Unicode, écriture du monde ? », nos 3-4,‎ , p. 155-182 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]