Madâin Sâlih

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Site archéologique de Al-Hijr (Madain Salih) *
Image illustrative de l’article Madâin Sâlih
Madâin Sâlih
Coordonnées 26° 47′ 01″ nord, 37° 57′ 18″ est
Pays Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Type Culturel
Critères (ii)(iii)
Superficie 1 621 ha
Zone tampon 1 659 ha
Numéro
d’identification
1293
Zone géographique États arabes **
Année d’inscription 2008 (32e session)
Géolocalisation sur la carte : Arabie saoudite
(Voir situation sur carte : Arabie saoudite)
Site archéologique de Al-Hijr (Madain Salih)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Madâin Sâlih ou Madain Saleh (Madā'in Ṣāleḥ, en arabe : مدائن صالح) est un lieu situé au nord-ouest de l'Arabie saoudite. On y trouve les vestiges de la cité nabatéenne d'Hégra (ou al-Hijr) sur environ 500 hectares (13 km2) de désert[1].

Le site est occupé depuis le néolithique mais ce n'est que pendant l'antiquité que l'oasis étant située sur la piste caravanière reliant Pétra au Hedjaz connait son heure de gloire. Cela se traduit par le contrôle du site par les Nabatéens qui, s'inspirant de leur ville de Pétra y construisent 138 tombeaux rupestres cérémoniels monumentaux[1] ; les méthodes de construction étaient identiques, les bâtisseurs commençant par le haut des façades, détruisant après chaque étape de la construction la plateforme taillée à même le grès qu'ils utilisaient pour atteindre ces hauteurs[1]. Après l'arrivée des armées romaines au début du IIe siècle, ces derniers ne resteront que peu de temps pour affirmer leur contrôle sur la route caravanière, puis les populations arabe prendront le relais. Ces derniers emprunteront l'écriture nabatéenne, puis en dériveront la leur, d'où naitra l'écriture arabe. La population locale ayant besoin de protection migrera vers Al-'Ula mieux protégé, et le site perdra en importance. Pendant la période musulmane, il devient une simple étape du pèlerinage à la Mecque . La ville ne sera redécouverte par les européens qu'à la fin du XIXe siècle.

Surnommé la seconde Pétra au vu de sa richesse de tombeau taillé dans la roche, le site antique n'est reconnu par l'Unesco qu'en sous le nom de site archéologique de Al-Hijr, il devient le premier site du pays à être inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Depuis le tourisme se développe et le gouvernement cherche à améliorer l'attractivité du site mais aussi des oasis alentour pour en faire un site touristique de premier ordre dans la région.

Géographie[modifier | modifier le code]

Madâin Sâlih est situé à une vingtaine de kilomètres de l'oasis d'al-‘Ulā, à 400 km de Médine et au carrefour entre la péninsule Arabique, la Syrie, la Jordanie et la Mésopotamie[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Situé au cœur du Hijâz, le site s'entend au pied du Jabal al-'Uwayrid qui culmine à 1 840 mètres d'hauteur. Le lieu s’inscrit dans une plaine intérieur qui mesure 23 km du nord au sud et de 15 km d'est en ouest. Bordé à l'ouest par le 'Uwayrid et par des massif moins élevés au nord, à l'est et au sud. La plaine est traversée par un wâdi. Des buttes de grès plus ou moins distants les unes des autres constituent le site et vont servir pour la taille des monuments rupestres du site[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Madâ'in Sâlih est de type aride à hyperaride et les conditions climatiques sont à peu près les mêmes à l'époque antique.

La moyenne des précipitations annuelles varient de 2 mm à 100 mm suivante les périodes. Les épisodes pluvieux sont rares environ trois à quatre par an. Néanmoins, ils peuvent être d'une très forte intensité entraînant des inondations voire des crues du wâdî.

La température moyenne annuelle est de 22 °C avec une moyenne hivernale de 12 °C et une moyenne estivale de 30 °C. Mais l'écart de température peut de 0 °C en hiver voire plus bas à 45 °C en été. Les premières grosses chaleurs s'accompagnant d'une prolifération de mouches se situent en mars. Des épisodes de vents violents y compris des vents de sables chauds, le khamsin, peuvent survenir au printemps ou au début de l'été[3].

Le site[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Les grès qui sont utilisés pour la réalisation des tombes sont d'âge paléozoïque ancien. Depuis leur formation, la tectonique des plaques a modifié l'environnement géologique du site avec l'ouverture de la mer Rouge, il y a 30 millions d'années. Ainsi, un réseau de diaclases se crée au sein des grès. À la fin du Miocène, l'érosion joue son rôle et le plateau de grès se dissèque en plusieurs morceaux, seuls les plus résistants restent ce qui aboutit à la formation actuelle des butes et colline du site. Enfin, le Jabal al-'Uwayrid protégé par la couche de lave résultant de l’activité volcanique dans la région au cours du Cénozoïque ne s'est pas trop érodé vis-à-vis du reste de la région[4].

L'alimentation en eau et agriculture[modifier | modifier le code]

Situé dans un désert, les précipitations annuelles sont faibles. La ressource en eau ne provient pas des pluies qui ne font qu’humidifier la surface mais d'une nappe phréatique fossile provenant des écoulements souterrains depuis le Jabal al'Uwayrid. Le massif truffé d'incisions orientées ouest-est fait converger les eaux vers la plaine de Madâ'in Sâlih. Ainsi cette nappe permet le développement d'un site urbain dans une région hostile. Par la nature du sol, un prélèvement abondant et régulier de l'eau a permis de faire vivre les hommes de l'antiquité à nos jours. Or depuis l'introduction des pompes mécaniques, le niveau de la nappe baisse depuis les années 1970. Or seul 10 à 20 mm d'eau provenant du Jabla al'Uwayrid arrive dans la nappe ce qui permettait à l'époque de l'utilisation des dromadaire de garantir un niveau constant de la nappe qui s'est formée entre -10000 et -7000 ans avant Jésus-Christ[5].

À l'époque des Nabatéens, 130 puits sont réalisés sur les parties nord et nord-ouest du site. Cette zone non-rocheuse et non-sableuses permet la réalisation de puits de 7 mètres de diamètre pour une profondeur allant à 17 mètres. Ces puits servent à l'irrigation du site permettant le développement d'une agriculture sur environ 400 hectares d'après les dernières recherches scientifiques. De plus, avec une concentration de 6 à 10 pour mille de chlorure de sodium dans le sol, seul des palmiers dattier, orge et légumineuses peuvent se développer afin de nourrir la population locale[6].

La végétation et la faune[modifier | modifier le code]

La région de Madâ'in Sâlih se situe dans le domaine phytogrégraphique saharo-arabique ou saharo-indien car il couvre les régions désertiques comprises entre le Sahara et le sud du Pakistan. La flore la plus représentative de la région sont des arbustes de la famille des amaranthacées comme Haloxylon salicornicum, un buisson ramifié presque sans feuilles d'environ 60 cm de hauteur appelé rimth en arabe. D'autres arbustes et buissons sont présents comme le pommier de Sodome, l'épine du désert etc. mais aussi un grand nombre d'herbacées comme le pourpier, la luzerne sauvage, la mauve, l'anthémis se développent annuellement à la faveur des pluies rares. Concernant les arbres, les acacias sont les plus présents. Le tamaris a été introduit afin de réaliser des haies autour des zones cultivées pour créer un écran efficace contre le vent[7].

Les recherches archéologiques permettent de connaitre la faune présente durant l'Antiquité, l'alimentation principale des gens est constituée de moutons et de chèvres. La présence de dromadaire (nourriture des soldats romains) et des équidés sont attestés. Le reste de l'alimentation animale est composé de poissons (poisson perroquet et mérou), d'oiseaux (autruche et peu de poulet). Les coquillages servent à fabriquer des pendentifs enfin la chasse d'animaux locaux (gazelle) est peu utilisée. Ainsi, l'alimentation des habitants de l'époque provient essentiellement de l'élevage que de la chasse. Aujourd'hui, les animaux sauvages qu'on trouve dans la région sont des renards roux, des lièvres du cap et des hérisson du désert. Concernant les rongeurs, la présence de gerbilles, de mériones, de souris épineuses et de rats des sables sont attestés. Bien sur, les souris grises et les rats liés à la présence humaine sont aussi présents. Le soir, on peut apercevoir des chauves-souris. Ce qui nous amène la présence des oiseaux suivants vautour fauve, aigle impérial, faucon crécelle, hirondelle du désert, guêpier d'Orient, le bulbul d'Arabie ainsi que des corvidés, tourterelles, pigeon, pies-grièches et d'autres espèces présente dans le site historique. Pour terminer, serpents, lézards et agames sont observables dans la cité [8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Néolithique[modifier | modifier le code]

La présence humaine dans le site de Madâin Sâlih remonte à l'âge du bronze ancien, il n'existe pas de trace d'occupation sédentaire mais des tombes à cairn sont présents. Il existe quatre types. Ces dernières sont très répondues au Proche-Orient mais elles sont difficile à dater car pillées au fil du temps et peu de matériels archéologiques sont arrivés jusqu'à nos jours. Néanmoins, elles permettent de dater la présence de l'homme entre le IVe millénaire et le IIIe millénaire av. J.-C.. Une tombe typique du lieu est composée de deux éléments : une ou plusieurs structures formées de deux parements parallèles maçonnés, au centre desquels sont aménagés deux ou trois compartiments pouvant atteindre 2 m de long et une tombe en forme de tour[9].

Des restes humains datés de la fin du IIIe millénaire av. J.-C. ont été trouvés dans un des compartiments d'une tombe située au sud-ouest du site de fouille ainsi que quatre-vingt-deux perles en coquillage composant un ou plusieurs bracelets. Près de Tayma soit à 115 km au nord-est de Madâin Sâlih se trouve d'autres tombes. Il se peut qu'un tradition funéraire soit propre à l’Arabie du Nord-Ouest[10].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Période lihyanite[modifier | modifier le code]

Le site commence à être occupé de manière permanente à partir de la période lihyanite entre VIème et le IVème siècle avant J.-C., cela est confirmé par la présence d'inscriptions en caractères dadanites et en araméen d'Empire mais aussi de la présence de graines, charbon de bois, céramiques dans la zone de fouille de la zone résidentielle[11].

Période prè-nabatéenne[modifier | modifier le code]

Avant l'arrivée des nabatéens, la recherche scientifique ne permet pas de savoir si la population locale reste sous influence lihyanite ou bien d'une autre civilisation (une tribu d'Arabie du Nord ou des Minéens). Cela est dû que le site se trouve sur la route terrestre de la route de l'encens. Ainsi, des échanges commerciaux entre IIIème av. J-C. et le Ième siècle av. J-C. se renforcent dans ce secteur. Et il faut pouvoir contrôler ce commerce d'où la difficulté de déterminer la civilisation se trouvant sur place. Même si la découverte de trois cents pièces d'or d'influence grecque, monnaies à la chouette, indique que le secteur a des liens avec la période hellénistique du Moyen-Orient. Il est difficile de savoir quel roi est responsable du secteur. En effet, les monnaies tétradrachmes athéniens d'époque classique qui présentent au droit une tête casquée de la déesse Athéna et au revers une chouette avec les lettres grecques A-th-e (alpha-théta-epsilon) sont facilement imitable et ne donnent aucun indice sur le souverain en place sur la région. De plus, il est fort probable que ces pièces sont frappées sur le site et non liée à un échange avec d'autres royaumes[12].

Période nabatéenne[modifier | modifier le code]

L'arrivée des nabatéens dans la région date du milieu du Ier siècle av. J.-C., en pleine expansion, le royaume cherche à sécuriser sa frontière sud et avoir accès aux ports de la mer rouge dans le cadre des routes commerciales développées à cette époque. Ainsi, le royaume souhaite aussi contrôler la voie terrestre de commerce. Hégra devient donc la plaque tournante de ce commerce. Avec la puissance militaire et administrative, les nabatéens contrôlent facilement cette région. [13].

La ville profite de cette arrivée en s'agrandissant, de nouveaux quartiers à l'est du wâdî se créent. Un grand sanctuaire urbain se développe sur une butte rocheuse, des maisons en briques crues sont remplacées par des maisons en pierre. Un plan de développement de la ville se forme mais au vu des prospections, il se peut que ce dernier n'est pas été respecter sur l'ensemble du territoire. Ce projet est soutenu par Arétas IV au vu du nombres de monnaies retrouvées sur le site et portant l'inscription hijrâ . Vers la fin du Ier siècle après J.-C., un rempart en briques crues est construit. C'est pendant cette période que la cité des morts se réalise ainsi les confréries religieuses se multiplient au sein de la cité. Hégra devient une ville de province ressemblant à sa capitale Pétra. Afin de gérer cette ville, un stratège assure l'administration de la région jusqu'à l'annexion romaine en 106 après J.-C.[14].

Période romaine[modifier | modifier le code]

En apr. J.-C., le commandant romain Cornelius Palma pénètre avec ses troupes dans le royaume nabatéen à la suite du décès de son dernier roi, Rabbel II. Ainsi le royaume devient une province de Rome. Néanmoins, Hégra reste a priori un dernier bastion nabatéen à la suite de la découverte d'une inscription dans le Jabal Ithlib car elle mentionne le nom d'un roi postérieur au dernier roi. Ce ne fût que cinq ans plus tard que les romains annoncent l'annexion du royaume. En conséquence, Hégra passe bien sous protection romaine[15].

La ville sera peu modifiée pendant la période romaine. En effet, elle est complètement excentrée vis à vis de la nouvelle capitale de la province Bosra en Syrie actuel et accessible uniquement par piste caravanière. Seul un fort où stationne la IIIème Légion cyrénaïque est créé. La ville subit quelques réparations et le rempart côté sud-est est réaménager pour les besoins des romains. La ville est plus une vocation militaire pour les romains ainsi la culture reste nabatéenne pendant cette période. La ville reste sous domination romaine jusqu'aux années ap. J.-C., puis des chefs arabes prennent le relais pour le compte des romains. Comme le site est éloigné, il n'y aura pas de présence chrétienne avéré alors que Pétra aura des églises[16].

Période transitoire[modifier | modifier le code]

Le site ne sera pas occupé pendant la période islamique, les habitants sont à priori réfugier à Al-'Ula car plus facile à défendre. Seuls quelques traces écrites sur les tombes montrent que la région passe sous domination islamique. La ville disparaît au fil du temps et le site devient une simple étape du pèlerinage à La Mecque[17].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Un fort ottoman est construit pour contrôler la région entre et [18]. Puis la région connait un nouveau regain au début du XXe siècle avec la construction du chemin de fer du Hedjaz par les Ottomans et les Allemands en [18]. Elle est alors une escale obligée pour les pèlerins musulmans faisant le hajj, qui partaient depuis Damas ou d'autres lieux au nord.

Puis à la suite des dernières fouilles, le site devient un lieu touristique.

Architecture[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Comme Pétra, il s'agit d'une grande ville pour l'époque, possédant des places, des rues et un important réseau d'irrigation pour les terres agricoles des alentours, ainsi que des aqueducs et des puits amenant de l'eau en ville. Elle servait peut-être aussi de poste militaire, étant à 20 km au nord du royaume de Dédân[1].

Principaux monuments[modifier | modifier le code]

Recherches Archéologique[modifier | modifier le code]

Traces historiques[modifier | modifier le code]

Cette ville est mentionnée dans plusieurs endroits du Coran, treize siècles avant la redécouverte de ses vestiges par les Européens. Notamment, la sourate 15 porte son nom : Al-Hijr. Sont mentionnés aussi le peuple qui l'habitait (Thamoud), Sâlih le messager que Dieu leur a envoyé et qui a donné son nom à la ville, ainsi que l'histoire centrale de la chamelle[19].

Redécouverte par les Européens au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Voyageurs : Jean-Louis Burkhardt (1784-1817) qui découvrit Pétra en 1811, Richard Francis Burton (1853), von Malzan (1860), Snouck (1885), Palgrave.

Charles Montagu Doughty publie en 1888 ses Travels in Arabia Deserta[20], récits de ses voyages de 1876 à Teima/Tayma, Medain/Madain Saleh, Kheibar/Khaybar, Hail, Bereida, Aneiza, Taif...

Les fouilles du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les premiers voyageurs européens à avoir vu et documenté Hégra sont Antonin Jaussen et Raphaël Savignac, frères dominicains et archéologues basés à Jérusalem, qui défrichent et explorent la ville de 1907 à 1910[1]. Ils écrivent un livre sur leurs découvertes, appelé Mission archéologique en Arabie. Ils datent les inscriptions sur les tombes du Ier siècle, les plus raffinées étant celles du règne du roi nabatéen Arétas IV (de l'an -9 à l'an 40)[21].

Les fouilles archéologiques franco-saoudiennes du XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Depuis 2001, ces fouilles ont permis de trouver de petits monuments inédits isolés ou groupés et dispersés. Les chercheurs ont essayé de comprendre les pratiques cultuelles des anciens Nabatéens.

Le site est étudié depuis le début des années 2000 par une mission archéologique franco-saoudienne co-dirigée par Dhaifallah al-Talhi et Laïla Nehmé, chercheuse au CNRS[22],[23]. Tous les tombeaux rupestres, pillés dans l'Antiquité, ont été fouillés, et un tombeau inviolé a été découvert, permettant d'étudier plus précisément les rites funéraires des Nabatéens. Dans la ville d'al-‘Ulā elle-même, au sud du site, les fouilles ont porté sur des secteurs d'habitat, un sanctuaire au centre de la ville, une porte fortifiée d'époque romaine et un fort d'époque romaine dans le sud de la ville.

Parmi les nouveaux monuments, on signale un sanctuaire rupestre, le Qasr al-Ajuz au sud-ouest de Jabal Ithlib (al-Hijr). Il se compose d'une salle creusée dans une colline garnie de niches à bétyles. Au sommet, des vestiges inédits ont été découverts et, creusées sur la surface rocheuse, 11 niches horizontales, qui devaient être des bétyles/autels. À cet endroit, se trouvent également des fosses peu profondes : cupules et petits canaux, certainement des places de sacrifices.

L'ensemble forme une voie processionnelle miniature où des groupes d'adorateurs se réunissaient d'après les chercheurs. Ces derniers concluent que l'intérieur est un haram, à accès restreint, et à la différence de Pétra, ce sanctuaire est un centre cultuel des thiases, espace limité et partagé pour des divinités différentes[24]. Quelques rares exemples de sanctuaires pré-islamiques à ciel ouvert ont été découverts récemment au Sinaï et au Néguev, confirmant la permanence des cultes païens dans des régions enclavées jusqu'au début de l'Islam. Le mihrab se serait ainsi substitué au bétyle[25].

De nombreuses inscriptions antiques ont été retrouvées : inscriptions lihyanites (les plus anciennes, datant des derniers siècles avant J.-C.), nabatéennes (du Ier s. ap. J.-C., à l'époque où la cité faisait partie du royaume nabatéen), grecques et latines (du IIe et IIIe s. ap. J.-C., époque où la cité faisait partie de l'empire romain).

Ces fouilles permettent déjà de se faire une idée de l'histoire de cette ville. Sa période la plus ancienne, du IVe au Ier s. av. J.-C., est encore mal connue : Hégra était très certainement une cité du royaume lihyanite. Elle fut annexée par les Nabatéens de Pétra au début du règne d'Arétas IV, et c'est de cette époque nabatéenne que datent presque toutes les tombes rupestres. En 106 ap. J.-C., le royaume nabatéen fut annexé par l'empire romain et devint la Province d'Arabie. Hégra conserva ses institutions locales traditionnelles, mais hébergea une petite garnison romaine de légionnaires, de cavaliers et de méharistes. La cité semble avoir été abandonnée vers le milieu du IVe s. et est depuis restée déserte. Du Ve au XIXe s., elle ne fut plus qu'une ville-fantôme le long de laquelle passaient les caravanes de Médine vers la Syrie, plus tard les pèlerins de la Mecque. Au début du XXe s., l'empire ottoman construisit le chemin de fer du Hijaz pour relier Damas à Médine : une gare fut construite au nord du site et la voie ferrée le traversait. Ce chemin de fer fut détruit et abandonné au cours de la Première Guerre mondiale.

Tourisme[modifier | modifier le code]

  • Accès : 23 km depuis Al-'Ula, route 70, direction Antiquities.
  • Aéroport : Al-'Ula depuis fin 2010, (auparavant Hail et Al Wajh (240 km)).
  • Permis nécessaire, à faire établir par une agence ou un hôtel, à présenter sur le site avec le passeport et visa, ou iqama.
  • Remarquables photographies, dont certaines panoramiques, sur Google Earth en mai 2012.

Attentat du 26 février 2007[modifier | modifier le code]

Le 26 février, un groupe d'expatriés français revenant du site archéologique, est attaqué par des hommes affiliés à Al-Quaïda. Les terroristes, en ouvrant le feu, abattent trois personnes. Une quatrième, un adolescent, décède le lendemain de ses blessures. Pour ce crime, deux Saoudiens ont été exécutés en 2014[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Site du CNRS
  2. nehmé 2019, p. 29.
  3. nehmé 2019, p. 31.
  4. nehmé 2019, p. 29-31.
  5. nehmé 2019, p. 38.
  6. nehmé 2019, p. 38-39.
  7. nehmé 2019, p. 35.
  8. nehmé 2019, p. 36-37.
  9. nehmé 2019, p. 55-57.
  10. nehmé 2019, p. 57.
  11. nehmé 2019, p. 57-59.
  12. nehmé 2019, p. 59-60.
  13. nehmé 2019, p. 60-61.
  14. nehmé 2019, p. 61-64.
  15. nehmé 2019, p. 64.
  16. nehmé 2019, p. 65-66.
  17. nehmé 2019, p. 66.
  18. a et b nehmé 2019, p. 131.
  19. Coran - chap. chapitre VII - El Araf - versets 71 à 76
  20. L'ouvrage est disponible en français, aux éditions Payot & Rivages, Paris, 2001, (ISBN 2 228 89423 0).
  21. Antonin Jaussen et Raphaël Savignac ; Mission archéologique en Arabie
  22. Conférence de Leila Nehme (Consulat de France à Djeddah), CNRS
  23. L. Nehmé et al. (2006), « Missions archéologiques de Madâ’in Sâlih (Arabie Saoudite) : Recherches menées de 2001 à 2003 dans l’ancienne Ḥijrā des Nabatéens », Arabian Archaeology and Epigraphy 17, 2006, p. 41‑124 (en particulier p. 99‑102).
  24. Marie-Jeanne Roche , « Introduction aux religions préislamiques d’Arabie du Nord (suite). Un exemple de sanctuaire préislamique : le Jabal Ithlib à Madā’in Ṣāliḥ »,Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses, 119 | 2012, [En ligne], mis en ligne le 05 octobre 2012. URL : http://asr.revues.org/1051. Consulté le 26 juin 2013.
  25. Ibidem
  26. lepoint.fr, Madain Saleh : 10 ans après l'attentat, le silence de Riyad et de Paris, 20 février 2007

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sources[modifier | modifier le code]

(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Mada'in Salih » (voir la liste des auteurs).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Laïla Nehmé, Archéologie aux pays des Nabatéens d'Arabie - Guide de Hégra, Paris, Hémisphères éditions, (ISBN 978-2377010479) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Hegra : sur les traces des Nabatéens. Dans la série "Enquêtes archéologiques", France, 2016, 28 min, Réalisation: Agnès Molia, Camille Robert. Coproduction : ARTE France[1].