Didier Ratsiraka

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Didier Ratsiraka
Fonctions
6e président de la République de Madagascar

(&&&&&&&&&&&019725 ans, 4 mois et 26 jours)
Premier ministre Pascal Rakotomavo
Tantely Andrianarivo
Prédécesseur Albert Zafy
Norbert Ratsirahonana (intérim)
Successeur Marc Ravalomanana
4e président de la République démocratique de Madagascar

(&&&&&&&&&&&0649517 ans, 9 mois et 12 jours)
Élection
Réélection
Premier ministre Joël Rakotomalala
Justin Rakotoniaina
Désiré Rakotoarijaona
Victor Ramahatra
Guy Razanamasy
Prédécesseur Richard Ratsimandrava
Successeur Albert Zafy
Président du Conseil suprême de la Révolution de la République malgache
Prédécesseur Gilles Andriamahazo
Successeur Lui-même
(président de la République)
Ministre des Affaires étrangères
19721975
Biographie
Date de naissance (77 ans)
Lieu de naissance Vatomandry
(Colonie française de Madagascar)
Nationalité malgache
Parti politique AREMA
Conjoint Céline Velonjara
Diplômé de Lycée Henri-IV
École navale
Profession Officier supérieur
Résidence Palais d'État d'Ambohitsorohitra et de Iavoloha

Didier Ratsiraka
Présidents de la République de Madagascar

Didier Ratsiraka (né le à Vatomandry, dans la province de Tamatave) est un militaire et homme d'État malgache, qui fut par deux fois président de la République (1975-1993 et 1997-2002) ; officier supérieur de métier et fondateur de l'AREMA, il est surnommé l'Amiral rouge.

Fils d'un fonctionnaire de l'administration coloniale française, il entame un parcours scolaire brillant qui le mène à l'École des élèves officiers de la Marine (EOM), dont la scolarité est confondue avec celle de l'Ecole navale à Brest. Jeune officier, il est ministre des Affaires étrangères durant la Transition militaire malgache (1972-1975), à l'issue de laquelle il fait approuver par le peuple une nouvelle Constitution à orientation socialiste, et il est élu président de la République démocratique de Madagascar. Le choix de la planification et de la malgachisation se révèle finalement un échec économique et social qui le pousse à accepter en 1991 la transition libérale réclamée par les forces vives d'Albert Zafy, qui lui succède à la tête de l'État (1993).

Candidat aux élections présidentielles suivantes (1996) et ayant pris note de l'échec du socialisme, il se veut désormais le promoteur d'un humanisme écologique. Il parvient de justesse à battre Zafy et redevient président de la République. Il procède alors à un rééquilibrage de la Constitution en faveur du chef de l'État et le pays renoue avec une croissance économique modérée durant ce dernier mandat.

L'élection présidentielle suivante l'oppose à Marc Ravalomanana, qui s'affirme vainqueur au premier tour et se proclame président de la République à Tananarive - ce que dénie Ratsiraka, qui se replie à Tamatave - ; les tensions politiques menant le pays au bord de la guerre civile, il s'exile en France en 2002.

En 2009, le putsch d'Andry Rajoelina l'amène à participer aux négociations sous l'égide l'Union africaine en vue de mettre en place un Gouvernement malgache consensuel et transitoire, projet qui n'a pas abouti à cette heure.

Il annonce sa volonté de se présenter à l'élection présidentielle de 2013, mais sa candidature n'est pas retenue.

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Didier Ignace Ratsiraka est né à Vatomandry, sur la côte Est, région d'origine de sa mère qui appartenait à l'ethnie Betsimisaraka. Tamatave et sa province resteront d'ailleurs son "fief" dans la suite de sa carrière politique.

Par son père, Albert Ratsiraka, qui était un des dirigeants locaux du PADESM dans la région de Moramanga, Didier Ratsiraka était un héritier politique de ce mouvement. Ainsi, dès ses débuts en politique, il passait pour représenter l'aile gauche de ce mouvement, plus radicale et socialisante, face à une aile modérée social-démocrate représentée par le Président Philibert Tsiranana.

Formation et études[modifier | modifier le code]

Didier Ratsiraka fut un élève brillant : après avoir suivi ses études à Tamatave puis à Tananarive, il passa son baccalauréat au Lycée de Montgeron, puis fut admis en classe préparatoire scientifique au Lycée Henri-IV. Il choisit la voie militaire, et fut admis à l'École navale (2e de sa promotion).

En 1960, Didier Ratsiraka intègre l'école navale, puis embarque sur la Jeanne d'Arc en 1962. À l'occasion de cette croisière d'application, il visite plusieurs pays et ports importants comme Hong-Kong, Panama et Pearl Harbor. Avec le grade d'enseigne de vaisseau de 1ère classe, il retourne dans son pays et obtient le commandement du patrouilleur Tanamasoandro, un bâtiment récemment cédé à Madagascar par la France et basé à Diégo-Suarez. À la suite de fausses manœuvres, le patrouilleur s'échoue au fond de l'anse de la Nièvre et Didier Ratsiraka écope d'une sanction particulière. Il est envoyé en « exil » à Paris en tant qu'attaché d'Ambassade.

Le plus jeune membre du gouvernement Ramanantsoa[modifier | modifier le code]

Sa véritable entrée en politique se fit en tant que militaire. À la suite des événements estudiantins de mai 1972, le capitaine de corvette Didier Ratsiraka devient ministre des Affaires étrangères du gouvernement Ramanantsoa, régime de transition en place de 1972 à 1975. À ce poste, il obtient en 1973 de francs succès lors de la révision des Accords de coopération avec la France : départ des militaires français présents à Madagascar (et l'évacuation de la base de Diégo-Suarez), sortie de la zone Franc, etc. Volontairement "insolent"[1] vis-à-vis de l'ancienne puissance coloniale, il s'attire la méfiance de Jacques Foccart qui le surnomme "le Rusé" ou encore "le Caméléon". Il est alors considéré, avec le colonel Richard Ratsimandrava, comme un jeune Ministre à forte personnalité et enclin à une révolution politique et sociale afin d'accélérer le développement de Madagascar.

L'instauration de la Deuxième République : le socialisme à la malgache[modifier | modifier le code]

Ratsiraka, plus tard connu sous le surnom de l'Amiral rouge, reçoit le pouvoir du Directoire militaire en 1975 qu'il transforme en Conseil suprême de la Révolution après l'agitation qui suit le mystérieux assassinat de Ratsimandrava. Il publie alors une Charte malgache de la Révolution socialiste (le Boky Mena[2]) dans laquelle il énonce les principes politiques qui doivent inspirer la nouvelle Constitution soumise à référendum. À l'issue de celui-ci, il est élu Président de la République démocratique de Madagascar et commence à instituer un régime se réclamant du socialisme, fondant le parti politique Avant-garde pour la Révolution malgache - Andrin' ny revolisiôna Malagasy (AREMA). Contrairement à bien des pays africains de l'époque, Madagascar n'applique pas officiellement un système de parti unique, mais de coalition unique, seuls les partis politiques adhérant au Front de défense de la Révolution (organe gardien des valeurs constitutionnelles) étant autorisés. Dans les faits, l'AREMA a largement dominé la IIe République malgache.

Le rêve du « paradis socialiste » se heurte cependant vite au manque de moyens financiers propres par rapport aux investissements de masse à mener sur le court terme, et la dette publique explose. Si Madagascar s'affirme comme membre du Mouvement des Non-Alignés, il est cependant rapidement contraint de demander le soutien du Fonds monétaire international et en subit les conséquences : les politiques d'ajustements structurels exigés par l'organisation internationale en échange de son aide déclenchent la colère sociale dans le pays.

Ratsiraka, bien que réélu à deux reprises (1982) et (1989) doit faire face à une double opposition, celle de son aile gauche « révolutionnariste » (cas de l'insurrection étudiante à Tananarive en 1978) et celle de l'opposition libérale, qui se trouve renforcée à la fin des années 1980 par le marasme économique que connaît le pays, par le phénomène général de transition démocratique en Afrique et enfin par l'effondrement du bloc de l'Est, qui ôte toute crédibilité à une démarche de « révolution socialiste ».

Son régime présidentiel qui fit de Madagascar l'un des pays les plus pauvres du monde prit fin en 1993 lorsqu'il perdit les élections face à Albert Zafy, après une transition libérale initiée dès 1991 où le pouvoir avait été partagé entre les institutions constitutionnelles et une Haute Autorité de l'État apparue par convention entre le pouvoir en place et l'opposition.

Humanisme écologique et retour au pouvoir[modifier | modifier le code]

Zafy est destitué par l'Assemblée nationale en 1996, suite à des manœuvres politiques au sein de sa majorité (très hétérogène), et Ratsiraka fit son grand retour politique début 1997 en gagnant au second tour les élections sous la bannière de l'AREMA, rebaptisée Avant-garde pour la rénovation de Madagascar, contre Zafy et Norbert Ratsirahonana.

Didier Ratsiraka, promoteur d'un humanisme écologique qui permettrait selon lui un développement durable et harmonieux de la Grande Île, fait alors amender la Constitution de 1992 qui, par le statut mal défini des relations entre le Président et le Premier Ministre, avait provoqué l'empêchement d'Albert Zafy par le Parlement. Le rééquilibrage des pouvoirs est opéré en 1998, tandis que la croissance économique du pays oscille entre 4,3 et 5,1 % par an entre 1997 et 2001. Son mandat est celui du retour d'une autorité étatique forte et hiérarchisée, qui procède à une décentralisation poussée en mettant en place les six Provinces autonomes et ramène la stabilité au pays après la présidence chaotique d'Albert Zafy, dont la réputation avait souffert de sa mauvaise gestion des affaires.

Didier Ratsiraka au centre (1996-2001)

2001-2002, le dernier round ?[modifier | modifier le code]

Cependant, aux élections présidentielles de décembre 2001, Ratsiraka est devancé au premier tour par Marc Ravalomanana, un industriel tananarivien, par 46,44 % contre 40,61 % (selon les chiffres du Ministère de l'Intérieur).

Ravalomanana, un autodidacte protestant, n'accepte pas ce résultat officiel, s'appuyant sur un score de 53 % estimé par son association politique Tiako'i Madagasikara ("J'aime Madagascar") et son comité de soutien. Ratsiraka et les autres candidats démentent formellement une victoire au premier tour de l'entrepreneur merina : le président sortant refuse la confrontation des procès-verbaux, dénonçant les estimations de Ravalomanana comme falsifiables à merci[3],[4].

Un second tour aurait du ainsi avoir lieu mais une grave crise politico-économique éclate. Ravalomanana prête serment de force et s'auto-proclame Président de la République le 22 février 2002 avec le soutien de de la population des Hautes-Terres malgaches, et les deux gouvernements cherchent à prendre le contrôle du pays. Dès la fin du mois de février, Ravalomanana contrôle entièrement la capitale Tananarive - acquise à sa cause -, tandis que Ratsiraka transfère le siège de son gouvernement à Tamatave, sur la côte, et reste aux commandes dans cinq provinces sur six. Après cette crise - très dure - de plusieurs mois et malgré plusieurs tentatives d'accords menés à Dakar sous l'égide de l'Union africaine, le camp de Ravalomanana prend finalement le dessus militairement et Didier Ratsiraka quitte le pays le 5 juillet 2002 depuis l'aéroport de Tamatave.

En exil à Paris pendant 9 ans et 4 mois, il rentre à Madagascar le 24 novembre 2011. Il fut condamné par contumace à 10 ans de travaux forcés et 10 millions de francs FMG. Sanction amnistiée par la classe politique vers 2012-2013.

Il décide de rentrer définitivement à Madagascar en avril 2013 et participe au sommet de la réconciliation nationale initié par le Conseil des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM). Le 27 avril 2013, il se porte candidat à la prochaine élection présidentielle. Sa candidature est finalement rejetée par la Cour électorale spéciale (CES) de Madagascar dans sa décision du 17 août 2013[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]