Antsiranana

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Antsiranana
Diego-Suarez, Antseranana, Antserana, Antsirane
Antsiranana
Antsiranana (Diego-Suarez)
Administration
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Région Diana
Province Antsiranana
District Antsiranana I
Démographie
Population 105 000 hab. (est. 2008)
Géographie
Coordonnées 12° 28′ 01″ sud, 49° 28′ 01″ est
Localisation

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Antsiranana

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Antsiranana
Représentant la ville, elle symbolise la piraterie qui a occupé une grande partie de l'histoire de la ville.
Vue de la baie de Diego-Suarez, prise du sommet de la Montagne des Français.
Carte extraite de Franz Schrader & Louis Gallouédec, Géographie élémentaire de la France et de ses colonies rédigée conformément aux programmes des classes de 5e classique et 6e moderne, 1894 ; y figure le toponyme d'Antsirane et la baie Diego-Suarez.
Le port d'Antsiranana.

Antsiranana, aussi appelée Diego-Suarez ou Antsirane, est la plus grande ville du nord de Madagascar et le troisième port de la Grande île. Elle est la capitale de la province de Diego-Suarez. Il s'agit, avec Nosy Be et l'île Sainte-Marie, d'un des trois anciens établissements français qui furent associés à l'ancien territoire du royaume mérina pour former l'ancien protectorat français de Madagascar dont l'actuelle république de Madagascar reprend les frontières. Avec la récente mise en place des vingt-deux régions en 2004, elle est devenue la capitale de la région de Diana. Ses habitants s'appellent les Antsiranais. Son aire urbaine est estimée à 257 163 habitants en 2014.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville se situe au niveau du cap d'Ambre (Tanjon'i Bobaomby) dans le Nord de Madagascar avec à l'ouest le canal du Mozambique et à l'est l'océan Indien. Elle s'étend sur une superficie de 47 km².

Elle est abritée par la baie de Diego-Suarez (156 km de côtes) qui abrite le second port du pays[1]. La baie d'Antsiranana est en fait composée de quatre baies de plus petite taille :

  • la baie du Tonnerre
  • la baie des Cailloux Blancs
  • le Cul de Sac Gallois
  • la baie des Français (où se situe la ville promontoire de Diégo-Suarez)

Cette spécificité couplée à une position idéale (proximité avec les côtes africaines, Mayotte, l'archipel des Comores et l'archipel des Seychelles) en font un lieu stratégique expliquant le vif intérêt des forces françaises pour le site qui en fait une base navale durant la colonisation.

La ville se trouve à une altitude de 105 mètres au desus de la mer.

Climatologie : la ville a un climat  tropical à saison sèche avec deux saisons : (i) la saison des pluies entre Décembre et Mars, avec la présence de mousson, (ii) la  saison sèche s’étale  de 8 mois, d’Avril  à Novembre, avec le "varatraza" (vent fort de vitesse  jusqu’à 22 km/s de l'Est au Nord Ouest). La  pluviométrie moyenne est de 125 mm à 390 mm. La température moyenne varie de 26°C à 26,7°C en période de pluie et de entre 23°C et 26,4°C en période sèche.

Toponymie[modifier | modifier le code]


Nosy lonjo Antsiranana (pain de sucre).

Il existe deux thèses pouvant expliquer le nom de la ville :

Le tout premier nom de Diego-Suarez ou Antsiranana est Antomboko, qui signifie « troué, perforé », nom dû à cette baie naturelle qui s’étend sur 156 km. C’est la deuxième plus grande baie au monde après celle de Rio de Janeiro. Elle possède aussi son « pain de sucre », appelé Nosy Lonjo.

La ville retrouve son nom malgache d'Antsiranana (en malgache : le port) dans les années 1970 dans le cadre de la politique de malgachisation prônée sous la Deuxième République. Néanmoins, l'ancien nom demeure courant.

Histoire[modifier | modifier le code]

Monument dédié au Maréchal Joseph Joffre sur la Place Joffre, Antsiranana, Madagascar
  • Antsiranana ou Diégo-Suarez, partie nord de la Grande île, était un véritable objet de convoitise et de conquête de l'extérieur
  • VIIe siècle: premiers vestiges de présence humaine dans la Montagne des Français.
  • XVIe siècle : découverte de la baie par des explorateurs portugais (cf. les deux théories).
  • XVIIe siècle : A la fin du XVIIe siècle, la baie de Diégo-Suarez abritait une colonie de pirates français appelait «Libertalia». Il s'agit de la république imaginaire de « Libertalia ».
  •  : signature d'un traité accordant à la France le droit d'occuper le territoire de Diego-Suarez et d'y faire « des installations à sa convenance ». Les troupes françaises s'installent d'abord à Cap Diego, puis, pour des raisons de commodité et d'ouverture sur l'arrière-pays à Antsiranana.
  • 1886 : La ville de Diego-Suarez a été créée
  •  : prise par les Français du fort d'Ambohimarina (dans la Montagne des Français) occupé par les troupes de la reine Ranavalona III
  •  : décret rattachant la colonie au gouvernement général de Madagascar.
  • En 1900, Diego-Suarez est déclaré « point d'appui de la flotte ». Sous la direction du général Joffre, la ville va rapidement se développer (construction du bassin de radoub, de l'hôpital, du quartier militaire, de l'arsenal)
  • 5 mai au  : opération Iron Clad, les Britanniques s'emparent de Diego-Suarez aux mains des troupes vichystes craignant que ces dernières n'appuient les forces japonaises, alliées de l'Allemagne, depuis la Birmanie.
  • 1946 : les troupes britanniques rétrocèdent la ville à la France.
  •  : l'île devient indépendante, ce jour deviendra la fête nationale.
  •  : départ de la Légion étrangère, puis de la Marine nationale le .

Population[modifier | modifier le code]

La ville compte environ 105 000 habitants (2008)[2].

Bien qu'elle soit censée être la capitale de l'ethnie Antakarana, « ceux des falaises », Antsiranana est une ville cosmopolite où la diversité de la population est frappante :

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Comme on peut le voir à la toponymie des rues et des lieux, l'urbanisme de la ville est fortement marqué par la présence française.

L'urbanisation s'est faite en phases :

La vieille ville 
Le village d’Antomboko ou Antsiranana peut être considéré comme le noyau de la ville ou hypercentre. Il était composé d’une vingtaine de paillotes malgaches et a été découvert par François de Mahy en 1885. Ce village fait désormais place à une ville qui s’étend désormais de plus en plus vers le sud.
La nouvelle ville 
Avec la colonisation, le village est devenu ville. Celle-ci est orientée vers le Nord-Nord-Est et se divise en deux parties :
  • L’ancienne ville coloniale : d'abord installée dans la « Ville basse » serrée sur quatre hectares autour du port, elle s'est ensuite étendue sur le plateau (rue Colbert, quartier militaire, Place Kabary) puis, plus tard, quartier de l'Octroi (rue Lafayette)
  • Les nouveaux quartiers d'extension au Sud (Tanambao I à V, Lazaret, Grand Pavois, SCAMA, Ambalavola, Mahatsara, Morafeno, etc.) sont autant de quartiers qui gagnent de plus en plus jusque vers Anamakia et Arrachart.

Découpage administratif

Le recensement de la CENI en 2018 a montré que la Commune de Diego-Suarez présente 25 fokontany, à savoir Ambalakazaha, Ambalavola, Ambohimitsinjo, Anamakia, Avenir, Bazar kely, Cap-Diego, Cité ouvrière, Grand Pavois, Lazaret nord, Lazaret sud, Mahatsara, Mangarivotra, Manongalaza, Morafeno, Place Kabary, Scama, Soafeno, Tanambao III, Tanambao IV, Tanambao nord, Tanambao sud, Tanambao tsena, Tanambao V et Tsaramandroso. Le nombre de bureaux de vote est de 106 avec 59.801 électeurs[3]. Par extrapoliation, on peut estimer le nombre de la population de la ville à 119.600 en 2008.

Economie[modifier | modifier le code]

L'économie est basée essentiellement sur les grandes entreprises locales comme la STAR, la SECREN, le PFOI. Des initiatives économiques privées à travers les PME/MPE existent également. Au niveau du tourisme, la ville est une destination touristique.

Les activités agricoles sont pratiquées dans les "fokontany" rurales à Anamakia et Cap Diégo. Elles ravitaillent la ville. Etendues sur 1500 hectares, elles produisent du riz, des mangues (les plus délicieux de Madagascar) et les cultures de contre-saision.

En matière de transport, la ville est desservie par voie aérienne, par son aérodrome d'Arrachart.

En plus des mouvements journaliers d'avion reliant la ville à la capitale d'Antananarivo, on constate également des visites intempestives de "Paquebots" venant de l'Europe à Diego-Suarez pour amener des touristes qui viennent pour découvrir la ville et les environs.

La ville de Diego-Suarez est également reliée par route terrestre avec les autres villes au sud dans la Région de la DIANA et d'autres régions (Anivorano, Ambanka, Ambilobe). En période sèche, elle est reliée quotidiennement par des taxi-brousses venant de la capitale à 1200 km au sud (elles le font entre 26 et 36 heures en général). Avant 2010, les moyens de transports usuels de la ville sont les pousse-pousses et taxi. L'arrivée de "bajaj" (tricycle) provoque la disparution progressive de ces moyens de transport.

Un port maritime est érigé dans la ville de Diégo-Suarez. Il assure une grande partie du trafic des marchandises sur le plan régional, national et international. Les marchadises y trasitant sont le sucre et le sel (pour l'arrière-pays) et les produits d'exportation comme le cacao. En outre, il est le principal site d’éclatement des produits importés de la province d’Antsiranana.


Finances[modifier | modifier le code]

Depuis 2016, les institutions financières de type banques primaires et institutinos de microfinance (IMF) s'installent dans la ville. Il s'agit de la BOA, BNI, BFV-SG, BMOI, SIPEM, Microcred, Accès Banque, ACEP, OTIV-DIANA, ODRD. Elles financent les PME/MPE et les activités génératrices de revenus des ménages et des individus. En tant que Chef-lieu de région, elle abrite également une agence de la Banque Centrale de Madagascar[4].

Social[modifier | modifier le code]

La ville de Diego-Suarez est le chef-lieu de la région DIANA. Malgré cela, la ville a connu des phénomènes sociaux ces dix dernières années chez certains jeunes : les "foroches" (groupes d'adolescents délinquants souvent très agressifs) attaquant les individus. Depuis 2015, la Commune avec les différents démembrements ministériels ainsi que les acteurs de développement (ONG, Organismes de développement, ...) ont cherché des solutions pour éradiquer ce fléau.

Culture[modifier | modifier le code]

Sur le plan confessionnel, en 2006, la répartition de la population de Diego-Suarez par type de religion est comme suit : 42,3% de catholiques ; 30,2% d'islam ; 19,3% de protestants, 4,4 % d'adventistes et anglicans et 5,1 % d'autres religions.

En 1999, la Commune a déclaré le "Nosy Lonjo" (île Pain de sucre, au nord de la ville, sous forme de pyramide naturelle, d’origine volcanique avec un pic de 122m de haut, s'étendant sur 2,14 hectares) comme patrimoine des Cultures traditionnelles et écologiques.

Plusieurs sites touristiques sont également accessibles aux environs de la ville de Diego-Suarez, notamment le parc National de la Montagne d'Ambre abritant une forêt humide tropicale ainsi que la réserve marine protégée de Nosy Hara et le site de la Mer d'émeraude.

Écoles[modifier | modifier le code]

Archevêché[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Diego Suarez Bay », sur world-bays.com (consulté le 1er mai 2013)
  2. Commune Urbaine de Diego-Suarez, Fiche technique communale
  3. Note de recherche du Groupe FIDEV Madagascar. Plan Communal de Développement d'Antsiranana, Site CENI
  4. Groupe FIDEV Madagascar
  5. "Accueil." Lycée Français Diego Suarez. Consulté le .
  6. "Lycée français Sadi-Carnot." AEFE. Consulté le .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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