Claude Lorius

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Claude Lorius
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Claude Lorius en 2009

Naissance (83 ans)
Besançon (France)
Nationalité Drapeau : France française
Champs Climatologie, glaciologie
Institutions CNRS
Renommé pour Travaux sur les paléoclimats
Distinctions Prix Humboldt (1988)
Prix Balzan (2001)
Médaille d'or du CNRS (2002)
Prix Blue Planet (en) (2008)

Claude Lorius, né le à Besançon[1], est un glaciologue français, reconnu pour ses études de la composition des inclusions gazeuses des glaces polaires indiquant les climats anciens de la Terre. Il est le premier, avec Jean Jouzel, à avoir mis en évidence le lien entre la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre et l'évolution du climat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Lorius est actuellement directeur de recherche émérite au CNRS après avoir été directeur du laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement de Grenoble entre 1983 et 1988. Depuis son premier hivernage en Terre Adélie à la base Charcot en 1957, il a pris part à plus de vingt expéditions polaires dans les années 1960 et 1980, principalement en Antarctique dans le cadre des missions polaires françaises et internationales, notamment à la base Vostok. Il a fait toute sa carrière au CNRS, dont il reçoit la Médaille d'or, en 2002, avec Jean Jouzel. En 1994, il est élu membre titulaire à l'Académie des sciences et devient, en 2000, membre fondateur de l'Académie des technologies.

En juin 2008, il est le premier Français à recevoir le Prix Blue Planet (en) pour l'environnement[2]. Le 12 avril 2009, il est promu au titre de Commandeur de la Légion d'honneur[3].

À partir de 2011[4], il travaille avec Luc Jacquet et l'association Wild-Touch sur un métaprojet concernant l'évolution du climat et du taux de gaz à effets de serre[5],[6]. Ce projet donne lieu notamment à la réalisation du documentaire La Glace et le Ciel, dont Lorius est le sujet central. Ce film est projeté pour la première fois en clôture du Festival de Cannes 2015[7].

Apports scientifiques[modifier | modifier le code]

C'est en observant les bulles s'échappant des glaçons de son verre de whisky que Claude Lorius (ici en 2008) eut l'intuition initiale de ses futurs travaux.

Les apports scientifiques de Claude Lorius ont été essentiels pour la compréhension de l'évolution des climats de la terre, grâce à ses études sur la composition des bulles d'air incluses dans les carottes de glace obtenus par des forages à grandes profondeurs fait lors de deux campagnes en Antarctique à Vostok de 1984 à 1991 puis à la base Concordia, lors du forage européen EPICA dont il fut l'initiateur. Il a ainsi montré le lien direct entre les taux de gaz à effet de serre (comme le dioxyde de carbone et méthane) et l'évolution climatique sur des périodes allant de 150 000 à 800 000 ans. De plus, ces échantillons ont permis de retracer la composition climatique de la planète sur ces mêmes périodes.

En 1963, six ans après son hivernage dans la base Charcot, Claude Lorius soutient sa thèse qui porte sur les carottes de glace qu'il a recueillies en Antarctique. Il montre qu'il existe « une relation entre la température à laquelle la glace se forme et la proportion des isotopes de l'oxygène et de l'hydrogène dans les molécules d'eau formant la glace ». La composition isotopique de l'eau d'un échantillon permet ainsi de déterminer quelle était la température ambiante au moment où la glace s'est formée. La calotte de glace Antarctique fait plus de 2 km d'épaisseur; comme elle résulte de couches de neige successives, une carotte de glace de plusieurs centaines de mètres, obtenue lors d'un forage, contient un enregistrement indirect, sur des dizaines de milliers d'années, de la température : la variation de sa composition isotopique sert alors d'indicateur, (de proxy, selon le terme anglais), des paléo-températures.

En 1965, lors d'un hivernage en Terre Adélie, il observe les bulles de gaz que le glaçon qu'il a mis dans son verre libère dans le whisky : « J’ai eu l'intuition qu’elles conservaient des indications sur l’altitude de la formation de la glace et, surtout, qu’elles représentaient des témoins fiables et uniques de la composition de l’air »[1]. Quelque 20 ans plus tard, l'analyse des traces de dioxyde de carbone et de méthane contenues dans les bulles d'air emprisonnées dans les glaces de Vostok pendant des milliers de siècles sera en couverture de la revue Nature[8].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Biographie Claude Lorius sur le site du CNRS.
  2. Environnement : Claude Lorius, premier français à recevoir le Prix Blue Planet Communiqué de presse du CNRS du 19 juin 2008.
  3. Promotion de la légion d'honneur dans Le Monde du 12 avril 2009
  4. Stéphanie Belpêche, « Luc Jacquet, le retour en Antarctique », sur Le Journal du dimanche,‎ (consulté le 15 mai 2015).
  5. « entre la glace et le ciel » une biographie de Claude Lorius, sur wild-touch.org (consulté le 14 janvier 2012)
  6. « Lancement du métaprojet « La Glace et le Ciel » », sur wild-touch.org,‎ (consulté le 15 mai 2015).
  7. « “La Glace et le ciel”, de Luc Jacquet, en clôture du Festival de Cannes », sur telerama.fr,‎ (consulté le 15 mai 2015).
  8. Vostok ice core : climatic response to CO2 and orbital forcing changes over the last climatic cycle par Genthon, C., J.M. Barnola, D. Raynaud, C. Lorius, J. Jouzel, N.I. Barkov, Y.N. Korotkevich and V.M. Kotlyakov dans Nature 329, (6138) 414-418, 1987.
  9. CNRS, « Liste des médaillés d'or du CNRS », sur http://www.cnrs.fr (consulté le 11 février 2014)
  10. Sur le site l'European Geosciences Union

Liens externes[modifier | modifier le code]

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