Carotte de glace

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (février 2010).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Carotte (homonymie).
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Calotte glaciaire.
image illustrant la science
Cet article est une ébauche concernant la science.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Une carotte de glace est un échantillon de glace, retiré de calottes glaciaires, formé par compression de couches de neiges successives, année après année : une découpe verticale de glace contient donc des couches de plus en plus anciennes à mesure qu'on s'enfonce vers le centre de la Terre. Les propriétés de formations de la glace, les composés et éléments chimiques qui s'y trouvent peuvent être étudiés en vue d'une reconstruction plus ou moins précise du climat des années passées. Des informations sur la pollution de l'air depuis l'aire pré-industrielle ou depuis l'antiquité (pollution par les fonderies de plomb de l'époque romaine par ex.[1]) peuvent aussi en être tirées[2].
L'action d'extraire l'échantillon de glace s'appelle le carottage, qui est un type de forage.

Carotte de glace

Une mémoire du passé[modifier | modifier le code]

Les carottes de glace sont en fait d'excellents « enregistrements » des variations climatiques.

Cela tient à la façon dont la neige se transforme en glace à travers différents processus de déposition et redéposition. La neige fraîche, qui tombe en surface, contient des gaz, des impuretés (particules terrigènes, notamment), des substances radioactives… qui seront assimilés de différentes façons dans les futures couches de glace. Une carotte de glace permet ainsi de retrouver des tendances climatiques en fournissant des renseignements sur la température, le volume des océans, le niveau de précipitations, la chimie et la composition des gaz de la troposphère ; sur les éruptions volcaniques, les variations de l'activité solaire, les interactions neige-air locales, l'extension des déserts, les feux de forêt notables, etc. Plus la carotte de glace est longue, c'est-à-dire profonde, plus il est possible de remonter loin dans le passé. Les scientifiques ont d'abord étudié des carottes de glace permettant de remonter quelques années en arrière seulement ; les plus récents forages ont mis à leur disposition des carottes où des centaines de milliers d'années sont enregistrées (jusqu'à 800 000 ans pour la carotte de l'EPICA).

Taux d'accumulation[modifier | modifier le code]

Comparaison entre le flux de carbone vers l'atmosphère dû à la consommation des énergies fossiles et la concentration atmosphérique en CO2 mesurée soit directement soit dans des carottes de glace.

Un point très important est la résolution d'une carotte de glace. Cette résolution temporelle est définie comme la plus courte période de temps qui peut être distinguée avec certitude d'après les caractéristiques de la glace. Elle est tributaire du taux d'accumulation, c'est-à-dire de l'importance des précipitations neigeuses. Une longue carotte de glace est de moins en moins « précise » en profondeur, car les couches se tassent sous le poids des couches supérieures. Ainsi, les couches superficielles correspondent à une saison ou à une année, tandis que les couches plus profondes ne permettent plus de distinguer une année précise. La précision passe au millier d'année, voire à plusieurs milliers d'années en profondeur. Une carotte de glace extraite et conservée dans de bonnes conditions sur un site bien choisi — grande profondeur de la couche de glace, peu de contractions déformant la glace — permet de reconstituer le climat sur des centaines de milliers d'années et d'après un grand nombre de paramètres. C'est cette variété de paramètres qui fait de la carotte de glace un si puissant et riche outil en paléoclimatologie, comparativement à ce qu'il est possible de faire en dendrochronologie, par exemple. De nouvelles analyses et des forages positionnés dans des dômes glaciaires (partie la moins déformée) devraient améliorer la précision chronologique des sondages, grâce notamment aux mesures fines de méthane, de dioxyde de carbone (gaz à effet de serre), de béryllium 10, etc.

Portion de carotte du forage GISP2 à la profondeur de 1837 m : les couches annuelles sont visibles.

Déductions, intérêts et limites[modifier | modifier le code]

L'identification des isotopes de l'oxygène (16O et 18O) présent dans les bulles d'air prises dans les carottes de glace ainsi que les isotopes de l'hydrogène (1H et 2H) permet de déduire quelle température ambiante la Terre avait au moment de la glaciation par le calcul des rapports isotopiques (plus une strate d'une carotte contient d'isotopes lourds par rapport aux isotopes légers plus l'atmosphère dans laquelle elle s'est formée était chaude)[3]. Des modèles d'interprétation doivent cependant être constitués, car dans chaque strate de glace, l'âge du gaz piégé dans les bulles n'est pas exactement celui de la glace[4], et l'écoulement des glaciers, comme la profondeur ont modifié certains paramètres qu'il faut rétrospectivement intégrer. Cette méthode de datation, qui utilise aussi des "carottages dans les sédiments des fonds océaniques" (Ocean Drilling Program), se nomme chronologie isotopique.

Une ressource scientifique menacée[modifier | modifier le code]

Une très grande partie des connaissances précises sur les paléoclimats provient des microbulles d'air piégées dans les glaces anciennes. Or, le réchauffement global se traduit par un recul des glaciers presque partout dans le monde, et donc par une « destruction d'une ressource scientifique et historique précieuse ».

Des chercheurs travaillent maintenant à des mesures conservatoires visant à sauvegarder au moins quelques échantillons de glaciers (en les forant puis en conservant les carottes de glace dans un dépôt-conservatoire, long de 130 m et situé près du pôle Sud dans la base de recherche franco-italienne Concordia ; assez froid pour être insensible à d'éventuelles longues pannes de courant). Le premier carottage devant y être déposé sera un tube de glace long de 130 mètres provenant d'une section d'un galcier du Mont Blanc (glacier du Col du Dôme)[5]. De 1994 à 2005 la température interne de ce glacier a augmenté de 1.5°C, tendance qui suffirait à ferait fondre le glacier totalement en quelques décennies [6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Boutron, C., Rosman, K., Barbante, C., Bolshov, M., Adams, F., Hong, S., & Ferrari, C. (2004). L'archivage des activités humaines par les neiges et glaces polaires: le cas du plomb. Comptes Rendus Geoscience, 336(10), 847-867 (résumé).
  2. Preunkert S (2006) L'histoire de la pollution atmosphérique européenne reconstituée à partir des carottes de glace alpine ; Thèse de Doctorat) (résumé).
  3. http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dospoles/alternative6.html
  4. Thèse « Datation glaciologique des forages profonds en Antarctique et modélisation conceptuelle du climat : implications pour la théorie astronomique des paléoclimats », 2002, par Frédéric Parrenin du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement de Grenoble, France, Université Joseph Fourier (Voir sa conclusion)
  5. Science Mag (2016) Why scientists are shipping ice to Antarctica ; Revue Science, 29 Mars 2016
  6. Robin McKie Observer science editor Scientists fly glacial ice to south pole to unlock secrets of global warming High on Mont Blanc, huge ice cores are being extracted to help researchers study the alarming rate of glacial melt , The Guardian ; 27 mars 2016