Scincidae

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Les Scincidae sont une famille de lézards que l'on appelle scinques.

C'est la plus vaste famille au sein des Sauria, et la seconde plus vaste au sein des Squamata, après celle des Colubridae. Ces lézards constituent à eux seuls plus de 25 % de la diversité mondiale de lézards. Son ampleur et le dynamisme des recherches sur ce groupe sont telles que les approximations concernant sa richesse en espèces ont considérablement augmenté au cours des dernières décénnies, allant de 747 espèces réparties en 73 genres selon Greer (1970), 1 250 espèces réparties en 125 genres selon Savage (2002), 1 300 espèces réparties en 85 genres selon Bauer, 1992, et plus de 1 700 espèces décrites reconnues en 2021[1]. La monophylie des scinques est aujourd’hui reconnue tant sur un plan morphologique[2] que moléculaire[3],[4].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

En 1952, Mittleman[5] classe les différentes espèces de Scincidae en quatre sous-familles :

  • Acontinae
  • Mabuyinae
  • Lygosominae
  • Scincinae

Il s’appuie sur quelques caractères ostéologiques, mais ses regroupements sont avant tout basés sur la ressemblance. En 1970, Greer propose une classification des Scincidae qui fera presque unanimement office de référence jusqu'à très récemment en reconnaissant l’existence de quatre sous-familles[6].

  • Acontinae, lignée fouisseuse apode d’Afrique, reconnue monophylétique par Whiting et al. (2003).
  • Feylininae, lignée fouisseuse et apode comme la précédente, mais par convergence évolutive. Les récents travaux de Whiting et al. (2003) semblent suggérer que cette lignée, par ailleurs limitée à l’Afrique tropicale, serait incluse dans le sous-clade des Scincinae à répartition sub-saharienne.
  • Lygosominae Mittleman, 1952 (incluant la sous-famille des Mabuyinae de Mittleman 1952). La monophylie de cette sous-famille a été successivement récemment confirmée par les analyses phylogénétiques moléculaires de Honda et al. (2000), puis réfutée par celles de Whiting et al. (2003), ces dernières étant bien plus complètes du point de vue de l’échantillonnage. Les Lygosominae représentent la plus large sous-famille de Scincidae, avec près de 900 espèces réparties en 82 genres (Hutchins et al. 2003), avec une très grande diversification dans la zone indo-pacifique.
  • Scincinae Gray, 1825, considérée comme la sous-famille la plus primitive et sans doute ancestrale selon Greer, dont il sous-entend la paraphylie. Les travaux de Whiting et al. viennent de confirmer récemment cette hypothèse, les Scincinae tout comme les Lygosominae étant en fait composés de différentes lignées intercalées les unes avec les autres. Les Scincinae sont présents en Amérique, en Asie mais leur centre de diversité est localisé sur le continent africain.

Notons toutefois que de récents travaux en systématique phylogénétique basés sur des données moléculaires ne reconnaissent pas la monophylie de trois de ces quatre sous familles (Whiting et al., 2003). Mais Whiting et al. n’ont pas proposé de classification alternative tant la structuration phylogénétique de cette famille semble complexe.

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Selon Reptarium Reptile Database (30 décembre 2015)[7] :








Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de cette famille, Scincidae, vient du grec σκιγκος, une sorte de lézard, transposé par les Romains en scincus (qui a donné le genre Scincus et le nom vernaculaire « Scinque »)[8].

Publications originales[modifier | modifier le code]

  • Gray, 1825 : A synopsis of the genera of reptiles and Amphibia, with a description of some new species. Annals of Philosophy, London, ser. 2, vol. 10, p. 193–217 (texte intégral).
  • Griffith, Ngo & Murphy, 2000 : A cladistic evaluation of the cosmopolitan genus Eumeces Wiegmann (Reptilia, Squamata, Scincidae). Russian Journal of Herpetology, vol. 7, no 1, p. 1-16 (texte intégral).
  • Mittleman, 1952 : A generic synopsis of the lizards of the subfamily Lygosominae. Smithsonian Miscellaneous Collections, vol. 117, no 17, p. 1–35 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) David G. Chapple, Uri Roll, Monika Böhm et Rocío Aguilar, « Conservation status of the world's skinks (Scincidae): Taxonomic and geographic patterns in extinction risk », Biological Conservation, vol. 257,‎ , p. 109101 (DOI 10.1016/j.biocon.2021.109101, lire en ligne, consulté le )
  2. Estes et al. 1988
  3. Whiting, Bauer & Sites, 2003 : Phylogenetic relationships and limb loss in southern African scincine lizards (Squamata: Scincidae). Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 29, p. 582-598 (texte intégral).
  4. Townsend et al. 2004
  5. Mittleman, 1952 : A generic synopsis of the lizards of the subfamily Lygosominae. Smithsonian miscellaneous collections, vol. 117, no 17, p. 1-35 (texte intégral)
  6. Greer, 1970 : A subfamilial classification of scincid lizards. Bulletin of the Museum of Comparative Zoology at Harvard College, vol. 139, p. 151-183 (texte intégral).
  7. Reptarium Reptile Database, consulté le 30 décembre 2015
  8. Jean Lescure et Bernard Le Garff, L'étymologie des noms d'amphibiens et de reptiles d'Europe, Paris, Belin, coll. « Éveil nature », , 207 p. (ISBN 2-7011-4142-7)