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Chat d'Iriomote

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Prionailurus bengalensis iriomotensis, Prionailurus iriomotensis

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Le Chat d'Iriomote (Prionailurus bengalensis iriomotensis, anciennement Prionailurus iriomotensis) est une sous-espèce de Chat-léopard, endémique de l'île d'Iriomote au Japon. Découvert en 1965 par Yukio Togawa après des recherches sur la présence d'un mystérieux félin sur l'île, le Chat d'Iriomote est d'abord considéré comme une nouvelle espèce de félin avant que les études génétiques le classent comme une sous-espèce du Chat-léopard.

Un peu plus grand qu'un chat domestique, le Chat d'Iriomote a une fourrure courte brun foncé, marquée de taches rondes indistinctes. Sur la face, des lignes blanches débutent au coin interne de l’œil jusqu'au front et cinq à sept rayures noires marquent le front jusqu'au cou. Le comportement du Chat d'Iriomote est similaire à celui du Chat-léopard : actif essentiellement au crépuscule et à l'aube, c'est un félin solitaire et territorial. La saison de reproduction s'étale de février à mai. La femelle élève seule les chatons qui atteignent l'indépendance en automne ou en hiver de la même année. L'alimentation, très variée, est composée en majeure partie de rongeurs, complétée par des oiseaux et des scinques selon la disponibilité des proies.

Le Chat d'Iriomote se trouve dans les forêts côtières humides de l'île. Il est très sensible à l'urbanisation, ses populations étant en déclin dans les zones de développement humain. La population sauvage est estimée à une centaine d'individus. L'espèce est considérée comme en danger critique d'extinction depuis 2008 par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et est protégée par la loi japonaise dès 1972.

Mascotte locale, le Chat d'Iriomote est associé à la légende du Yamapikaryaa sur l'île. Il s'agit du seul félin sauvage du Japon avec le Chat de Tsushima.

Description[modifier | modifier le code]

Corps[modifier | modifier le code]

Le mâle mesure entre 55 et 60 cm de long[1] et pèse entre 3,7 et 4,7 kg[2]. La femelle, plus petite, mesure entre 50 et 55 cm de long et pèse entre 2,9 et 3,5 kg. La queue mesure de 25 à 30 cm[2]. La hauteur au garrot est de 25 à 30 cm[3]. Les empreintes sont espacées de 29 et 37 mm, contre 24 à 30 mm pour le Chat domestique[4].

Légèrement plus lourd et plus grand que le chat domestique, le Chat d'Iriomote a proportionnellement un corps d'aspect plus allongé avec des pattes et une queue courtes et épaisses[5],[6]. Le cou est large, la musculature des épaules est assez développée bien que la capacité de saut soit relativement réduite. La colonne vertébrale est moins souple que celles des autres félins[4]. Chez le Chat d'Iriomote, les glandes anales entourent l'anus, à la différence des autres espèces de félins chez qui les glandes sont situées à l'intérieur de l'anus[7].

Le pelage du Chat d'Iriomote est brun foncé marqué de très petites taches peu visibles organisées en bandes horizontales de couleur noire ou brun foncé[3] qui ont tendance à fusionner en rayures indistinctes[6]. La fourrure est plus longue que pour les autres Chats-léopards[8]. Des rayures irrégulières sont présentes sur la poitrine. La partie supérieure de la queue est marron foncé parsemée de taches sombres et la partie inférieure est blanc uni, l'extrémité est de couleur sombre et annelée. Les poils sur le ventre et à l'arrière des pattes sont légèrement plus clairs[4].

Tête[modifier | modifier le code]

Portrait d'un Chat d'Iriomote naturalisé.
Un spécimen naturalisé au Centre de protection de la nature d'Iriomote. Les marques faciales sont bien visibles.
 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
1 2 1 3 3 1 2 1
1 2 1 3 3 1 2 1
mâchoire inférieure
Total : 28
Dentition du Chat d'Iriomote.

Les poils autour de la mâchoire sont blancs et deux lignes blanches remontent le long du nez et soulignent les yeux[5]. De même que le Chat-léopard, cinq à sept rayures s'étendent du front vers l'arrière de la tête[6], mais dans le cas du Chat d'Iriomote elles s'arrêtent avant d'atteindre les épaules[9],[10]. L'extrémité des oreilles est arrondie et bordée de poils noirs qui ne forment cependant pas de pinceaux auriculaires. Les adultes ont une tache blanche à l'arrière de chaque oreille[5]. Les chatons n'ont pas ces taches, et même sur les adultes, les taches ne sont pas aussi blanches que celles du Chat-léopard[4].

Les yeux du Chat d'Iriomote sont de couleur ambre clair. Le nez est large et plat, et la pointe, de couleur rouge-brun, est dépourvue de poils[11],[10]. Le crâne, plus long et étroit que celui d'un chat domestique, est de la même taille que celui d'un Chat-léopard, quoique plus épais. Pour cette raison, son cerveau est plus petit : environ 30 g pour un Chat d'Iriomote mâle, contre environ 42 g pour un Chat-léopard[4]. La symphyse mandibulaire est courte[10],[9].

Le Chat d'Iriomote ne possède que vingt-huit dents : par rapport aux autres espèces de félins, il manque une paire de prémolaires derrière les canines de la mâchoire supérieure[4]. Toutefois, cette absence se retrouve chez le Chat-léopard, puisque 40 % des sujets vivant au Nord de l'Himalaya et 11 % au Sud ont une prémolaire manquante[12]. Ces dents permettent d'aider à déterminer l'âge d'un spécimen et à cerner le comportement alimentaire des Chats d'Iriomote[13].

Comportement[modifier | modifier le code]

Activité[modifier | modifier le code]

Le Chat d'Iriomote vit au sol, mais grimpe aux arbres et peut également nager[14],[3] pour traverser des rivières[15]. Cet animal crépusculaire et nocturne est tout spécialement actif autour du coucher du soleil[11]. Durant le jour, il dort dans des arbres creux, dans des grottes[15] ou dans les branches[6]. Il peut être spécialement actif en journée, notamment pour chasser le scinque Plestiodon kishinouyei[6]. Les femelles élevant des petits sont plus actives tard dans la nuit et durant la matinée[16].

Territorialité[modifier | modifier le code]

Le Chat d'Iriomote est généralement solitaire et territorial. La superficie du territoire varie selon les saisons et les individus. La superficie du territoire du mâle et de la femelle est estimée à respectivement 4,47 ± 2,24 km2 et 2,80 ± 1,08 km2[17]. Une autre étude réalisée au nord de l'île a montré une taille de territoire similaire pour la femelle, mais deux fois plus élevée pour le mâle[18]. En moyenne, la superficie du territoire est estimée à 1,4 à 5,8 km2[8]. La densité de population est de 0,34 individu par km2[3].

Les territoires des mâles et des femelles se recoupent : une à deux femelles vivent sur le territoire d'un mâle[19],[20]. Les individus de même sexe ont généralement des territoires distincts, même si des recoupements partiels sont possibles : ce sont alors généralement des lieux de chasse[21],[20].

Les félins patrouillent sur leur territoire durant trois ou quatre jours, tout en chassant et en marquant leur territoire[19]. Selon une étude publiée en 2003, les mâles parcourent une plus grande distance journalière que les femelles[22]. Les mâles, qui ont un territoire de plus grande taille, le parcourent sans discontinuer[22]. La distance journalière parcourue et la vitesse de parcours s'accroissent durant la saison de reproduction. Pour les femelles matures, les distances parcourues varient au cours de l'année[22]. Elle est la plus basse lors de l'allaitement — lorsque la mère retourne fréquemment dans sa tanière pour nourrir ses petits — et s'accroît après la période de reproduction. Les variations saisonnières observées sont probablement dues à des variations dans l'abondance de la nourriture[22]. Les jeunes mâles parcourent l'île dans l'attente d'un territoire à occuper[21],[20]. Les femelles permettent à leurs petits de rester sur leur territoire et marquent un nouveau territoire à l'approche d'une nouvelle saison de reproduction[9],[10].

Vocalisations[modifier | modifier le code]

Un cri du Chat d'Iriomote a été noté une seule fois dans la nature par un chercheur : un cri rauque dont la tonalité est montée puis descendue rapidement, rappelant le cri nocturne du Chat pêcheur (Prionailurus viverrinus)[15].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Photographie couleur d'un oiseau à tête brune et aux ailes grises.
Le Râle de forêt fait partie de l'alimentation du Chat d'Iriomote.

Le Chat d'Iriomote est un carnivore strict dont on a répertorié 95 proies différentes[3]. Ce félin n'étant pas concurrencé par d'autres prédateurs, l'alimentation est variée[21]. Il ingère typiquement entre 400 et 600 g de nourriture par jour[14]. À la différence des autres félins, le Chat d'Iriomote ne tue pas ses proies immédiatement en leur brisant la moelle épinière, mais maintient l'animal entre ses mâchoires jusqu'à ce qu'il arrête de bouger[9].

Le Chat d'Iriomote chasse de petits mammifères comme le Rat noir (Rattus rattus) et la Roussette de Formose (Pteropus dasymallus), mais également de nombreux oiseaux comme le Canard à bec tacheté (Anas poecilorhyncha), le Râle de forêt (Rallina eurizonoides), le Merle pâle (Turdus pallidus) et le Râle à poitrine blanche (Amaurornis phoenicurus). Parmi les reptiles, on trouve de nombreux types de serpents et des scinques[3] tels que Plestiodon kishinouyei[23],[6]. Les grenouilles telle Fejervarya sakishimensis sont occasionnellement prises comme proies[9],[11],[24], ainsi que des insectes, des gerris et des crabes[15]. Leur habitat étant souvent situé dans des marais ou sur la côte, ils nagent et plongent parfois pour attraper des oiseaux aquatiques, des poissons et des crevettes d'eau douce[14],[21].

D'après l'examen des selles, les oiseaux sont présents à 60 % dans l'alimentation, les rats noirs à 30 %, les insectes à 30 %, les lézards et grenouilles à 15 à 20 %, les chauves-souris à 17 % et les sangliers[Note 1] à moins de 1 %. Poissons et crustacés sont présents environ 3 ou 4 % du temps[19]. Des variations saisonnières ont été observées. Le Chat d'Iriomote mange des rats et des grenouilles tout au long de l'année[21] — les rats formant la majeure partie du régime alimentaire[8] —, des lézards au printemps et en été, des sauterelles et des chauves-souris plus souvent en automne et en hiver[21]. La prédation sur les scinques de grande taille se concentre pendant la saison chaude, ce qui coïncide avec la période de plus grande abondance de ces lézards et pourrait être considéré comme un exemple de stratégie optimale de recherche de la nourriture[25].

Lorsqu'ils mangent des oiseaux plus gros qu'une grive, la plupart des félins les plument avant de les manger, mais le Chat d'Iriomote mange de gros oiseaux sans se soucier des plumes[14].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Pendant la saison de reproduction, le Chat d'Iriomote devient actif dans la journée[7]. La saison de reproduction s'étend de février à mai[17], les femelles étant en chaleur plusieurs fois durant cette période, avec un pic d'activité en janvier et février[19],[16]. À la fin de février, ils jeûnent pour deux semaines. C'est à cette période que l'excitation sexuelle des femelles est la plus forte. Mâles et femelles restent alors ensemble, et c'est probablement durant ces deux semaines qu'a lieu la fécondation[7].

Entre avril et juillet, après 60 à 70 jours de gestation, les femelles donnent naissance, dans une grotte ou un arbre creux, à un à quatre chatons[3],[15]. Les lieux choisis pour mettre bas et élever les chatons sont secs et bien ventilés. Les chatons restent avec leur mère pour environ onze mois[7]. Ils commencent à devenir plus indépendants durant l'automne et l'hiver. Ils peuvent vivre dans les mêmes lieux que leur mère pour plusieurs années[21]. Le Chat d'Iriomote atteint la maturité sexuelle à l'âge de 20 mois[10].

Durée de vie[modifier | modifier le code]

On estime que le Chat d'Iriomote vit entre sept et huit ans dans la nature et entre huit et neuf ans en captivité[10],[7]. Un Chat d'Iriomote a vécu en captivité jusqu'à un âge estimé à quinze ans et un mois, ce qui représente la plus longue durée de vie observée[26].

Ses ennemis principaux, qui lui font concurrence pour les proies, sont les serpents et les chats harets[15]. Des parasites pouvant entraîner des maladies, comme Hepatozoon felis[27] — qui est également connu pour infecter le Chat-léopard en Corée[27] —, ou Mycoplasma haemofelis[28] ont été signalés chez le Chat d'Iriomote, sans que cela semble présenter un risque majeur pour la pérennité de la population[28]. L'influence des humains, notamment les accidents liés à la circulation et les piégeages, pourrait réduire leur espérance de vie de deux à cinq années[7].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Habitat[modifier | modifier le code]

Carte avec l'emplacement de l'île d'Iriomote, près de Taïwan.
Emplacement de l'île d'Iriomote.

Le Chat d'Iriomote est endémique d'Iriomote, une île japonaise d'environ 290 km2[29],[30] située à l'extrémité méridionale de l'archipel de Ryukyu. L'île est en majeure partie occupée par des montagnes de faible altitude (entre 300 et 460 m), des forêts tropicales sempervirentes et des mangroves bordant les rivières[31],[3]. C'est la plus petite aire de répartition d'un félin dans le monde[32],[6].

Le Chat d'Iriomote se trouve dans les forêts côtières[3] subtropicales humides[6] en dessous de 200 m au-dessus du niveau de la mer[9],[14]. Il préfère les zones près des rivières, les lisières des forêts et les zones présentant une faible humidité[9],[10].

Population sauvage[modifier | modifier le code]

Panneau de signalisation avec un Chat d'Iriomote stylisé
Panneau représentant un Chat d'Iriomote, signalant la présence d'animaux aux automobilistes.

Lors d'une étude réalisée entre 1982 et 1984, on a estimé qu'il y avait entre 83 et 108 Chats d'Iriomote sur l'île. Une autre étude, réalisée entre 1993 et 1994, estime le nombre de Chats d'Iriomote compris entre 99 et 110. Entre 2005 et 2007, une autre analyse a ramené ce nombre à entre 100 et 109[33],[24]. Cependant, les méthodes de mesures ayant été utilisées en 1993-1994 et 2005-2007 sont différentes. Une correction des résultats de 1993-1994 donnerait entre 108 et 118 individus à cette époque, ce qui indique un déclin de la population[33].

En 2008, il a été montré que la situation des populations sauvages est différente selon les zones de l'île. La forêt en zone montagneuse est bien préservée et la population est stable. Au contraire, dans les zones costières, où la progression de l'urbanisation est la plus forte, le déclin du Chat d'Iriomote est estimé à 9 % de pertes de population en dix ans[17].

Statut de conservation[modifier | modifier le code]

Le , avec la restitution d'Okinawa au Japon, le Chat d'Iriomote est reconnu comme patrimoine naturel[34]. Le , il obtient un statut spécial parmi les éléments du patrimoine naturel et est désigné comme « espèce menacée de la faune et flore sauvage du pays » (国内希少野生動植物種, Kokunai kishō yasei dōshokubutsu-shu?)[29],[24],[35]. En 2002, le Chat d'Iriomote est inscrit dans la liste rouge des espèces menacées du Japon[8],[36].

Le chat-léopard (Prionailurus bengalensis) est classé par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme en « préoccupation mineure »[37], mais la sous-espèce du Chat d'Iriomote (P. b. iriomotensis) est initialement classée comme « en danger » (EN). Une réévaluation en 2008 le classe comme « en danger critique d'extinction » (CR), parce que son habitat est limité à la seule île d'Iriomote et que la population, limitée à moins de 250 individus est en déclin[17].

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) classe le Chat d'Iriomote en annexe II depuis le qui autorise le commerce international de ce félin à condition d'obtenir un permis d'exportation[38].

Menaces pesant sur la population[modifier | modifier le code]

La destruction de leur habitat et les accidents dus à la circulation sont les principales menaces qui pèsent sur l'espèce. La prédation par des chiens, les pièges destinés aux sangliers et aux crabes et la compétition par les Chats domestiques (et le risque de transmission de maladies par ces derniers) sont d'autres risques pesant sur les Chats d'Iriomote[9],[10].

Dégradation de l'habitat[modifier | modifier le code]

Le facteur majeur du déclin du Chat d'Iriomote est la perte de l'habitat côtier en raison de l'expansion de l'agriculture et de la reconstruction de routes[17]. Les accidents routiers constituent le second facteur de mortalité du Chat d'Iriomote. En 1977, la construction d'une route départementale entourant la moitié de l'île entraîne la mort de plusieurs félins[7]. Lors de recherches réalisées en 2009, il a été montré que la présence du félin à proximité de la route est fortement corrélée à la densité de lézards diurnes dans ces zones, et notamment de Fejervarya sakishimensis[39].

Problèmes avec les autres animaux[modifier | modifier le code]

Photographie couleur d'un bâtiment en forme de maison à un étage.
Le centre de protection de la vie sauvage d'Iriomote.

La crainte principale provient des chats domestiques et harets qui peuvent entrer en compétition avec les Chats d'Iriomote pour la capture de proies. D'autres risques incluent la transmission de maladies comme le virus de l'immunodéficience féline (VIF)[1] ou l'hybridation, pouvant mener à l'extinction des populations sauvages[24],[1].

Les chats harets et le Chat d'Iriomote occupent deux niches écologiques différentes : le chat haret est très présent aux alentours des bennes à ordures, tandis que le Chat d'Iriomote préfère les milieux naturels. Toutefois, des analyses réalisées sur les fèces montrent que le chat s'attaque à treize espèces autochtones dont dix sont également présentes dans le régime alimentaire du Chat d'Iriomote. L'urbanisation risque d'accroître la compétition interspécifique entre le chat domestique et le Chat d'Iriomote[40].

En , le Centre de protection de la vie sauvage d'Iriomote a réalisé une étude sur 50 chats domestiques et harets, et sur 23 Chats d'Iriomote pour voir si le virus de l'immunodéficience féline se transmettait entre les populations. Aucun cas n'a été observé parmi les Chats d'Iriomote[41].

Le Centre de protection de la vie sauvage craint également que les chiens ne chassent les Chats d'Iriomote[24].

Par ailleurs, le crapaud buffle (Rhinella marina), dont les glandes produisent un poison, a fait son apparition sur l'île. Pour prévenir une contamination plus avancée, les résidents d'Ishigaki-jima ont pris des mesures pour exterminer le crapaud en 2008[42],[43].

Efforts de conservation[modifier | modifier le code]

Zebras sur une route.
Une zone à zébras sur une route d'Iriomote.

En 1977, le prince Philip, duc d’Édimbourg écrit une lettre au prince héritier Akihito au sujet de la protection du Chat d'Iriomote. Le rapport du professeur Leyhausen, joint à la lettre, suggère d'interdire toute émigration future, ainsi que d'interdire les cultures sur l'île. Le prince Akihito répond qu'il souhaite une solution qui assure la protection du chat tout en permettant la présence d'habitants sur l'île. Il explique également que le Premier ministre, Takeo Fukuda, étudie la mise en place d'un sanctuaire de la vie sauvage[7].

Une partie de l'habitat du Chat d'Iriomote est désignée « parc administré par les autorités d'Iriomote » le . Avec la restitution au Japon des îles Ryūkyū par les États-Unis le , le parc national d'Iriomote-Ishigaki est créé. En , une zone de 11 584,67 ha de l'île est désignée « forêt et réserve écologique d'Iriomote » (西表島森林生態系保護地域, Iriomote-jima shinrin seitaikei hogo chiiki?) afin d'assurer la protection de l'environnement[44],[45]. En 1995, le Centre de protection de la vie sauvage d'Iriomote (西表野生生物保護センター, Iriomote yaseiseibutsu hogo sentā?) est créé pour améliorer la protection de l'environnement, conduire des recherches et développer les connaissances sur les Chats d'Iriomote[24].

Le ministère de l'Environnement et les autorités d'Okinawa et de la ville de Taketomi ont installé des panneaux pour avertir les gens de la présence du Chat d'Iriomote, des écoducs, des zones à zébras qui créent un bruit important quand les voitures passent, de larges fossés au bord des routes pour améliorer la protection du Chat d'Iriomote[24],[46]. Toutefois, de nombreux habitants de l'île ont protesté contre les mesures mises en place dans les zones cultivées pour protéger les Chats d'Iriomote et les autres espèces animales de l'île[7].

Par peur de la transmission de maladies, la ville de Taketomi a requis à partir de 2001 que ses résidents fassent enregistrer leurs animaux. En , il est devenu obligatoire de faire un test pour détecter le VIF, de vacciner les animaux domestiques contre certaines maladies, de les stériliser et d'implanter une puce électronique. Une nouvelle limite sur le nombre d'animaux autorisés par personne a également été mise en place[47].

Efforts de recherche[modifier | modifier le code]

Panneau de signalisation avec un Chat d'Iromote et une inscription en japonais.
Panneau de signalisation de la présence du félin. Le numéro est utilisé pour signaler la présence du Chat d'Iriomote aux autorités.

Les efforts de recherche sont considérés comme plutôt bons par le Cat Specialist Group[8].

En 1972, le Musée national de la nature et des sciences de Tokyo prépare des recherches sur la vie du félin dans son milieu. En , le Fonds mondial pour la nature (WWF) et le ministère de l'Environnement réalisent une étude conjointe[4],[33], et à partir de 1974, le ministère de l'Environnement conduit une étude étendue sur trois ans. Trois autres études sont initiées en 1982, 1992 et 2005[33].

En 1979, l'agence de protection de l'environnement lance un programme visant à nourrir les chatons, afin d'augmenter le taux de survie des jeunes[7]. Toutefois, cette action est assez critiquée[10].

En 2006, des caméras automatiques et des dispositifs radio sont utilisés pour mieux comprendre le mode de vie du félin. Des tests sur la propagation des maladies, sur les fèces et les restes de nourritures sont également réalisés. Un bilan des signalements par les habitants de l'île et les touristes est dressé[21].

Présence en captivité[modifier | modifier le code]

Gros plan sur la face de Yon.
Le corps naturalisé de Yon.

Une poignée de Chats d'Iriomote a été gardée en captivité. Un chaton de cinq semaines ayant été séparé de sa mère est trouvé le . Baptisé Keita, il vécut au zoo d'Okinawa jusqu'à sa mort, à l'âge approximatif de treize ans et deux mois[7]. Une femelle a également été gardée au musée national de la nature et des sciences de Tokyo. On pense qu'elle est morte à l'âge approximatif de neuf ans et sept mois[7].

Le , un jeune Chat d'Iriomote est blessé dans un accident de la circulation près du pont Nadara dans la partie nord de l'île. Il pèse 1,6 kg et son âge est estimé à cinq mois. Il est possible qu'il ait été séparé de sa mère peu de temps auparavant. Il reprend conscience le lendemain matin, mais son corps n'est alors pas capable de réguler sa température, à cause des graves blessures qu'il a subies. Il est transféré dans la clinique vétérinaire d'Ishigaki sur l'île du même nom, où il reste vingt-quatre jours[48]. Incapable de se déplacer après l'accident, il retrouve ses capacités de déplacement durant son séjour à Ishigaki. Il est ramené au Centre de protection de la vie sauvage d'Iriomote pour la rééducation le . Initialement baptisé W-48 car étant le quarante-huitième Chat d'Iriomote aperçu sur la partie ouest de l'île, il reçoit finalement le nom Yon[48].

Rééducation et captivité[modifier | modifier le code]

Le , Yon pèse 1,9 kg. Malgré ses progrès, les vétérinaires notent une tendance à tourner vers la droite due à ses blessures et, malgré les soins, une patte est paralysée. Dès le début, les personnes responsables de Yon ont pris des mesures pour éviter qu'il ne s'habitue aux humains, dans l'optique de le réintroduire dans la nature. Seules trois personnes sont autorisées à le nourrir directement. Les autres personnes, y compris les membres du personnel du centre, ne sont autorisées à le voir qu'au moyen de caméras. Les médias n'ont pas l'autorisation de prendre des photographies directement[48].

Yon est gardé à l'intérieur jusqu'au . Une fausse jungle est aménagée pour qu'il puisse s'entraîner à marcher, sauter et grimper aux arbres. Des plants de riz servent de substitut à l'herbe, qui fait régurgiter les chats. Une fois sa santé jugée suffisamment bonne, Yon est déplacé dans une cage à l'extérieur, où il a vécu jusqu'à détérioration de sa santé[48].

Le , Yon est retrouvé roulé en boule et immobile près d'un ruisseau asséché. Il est ramené dans la salle de rééducation du centre, où l'on découvre qu'il souffre d'un œdème pulmonaire. Il est cependant capable de manger dès le lendemain et son état s'améliore progressivement, bien qu'incapable de marcher. Il retrouve ses capacités motrices à la fin de janvier où son état continue à s'améliorer. En mars, Yon peut monter et descendre des escaliers. Son état se détériore alors et il meurt dans la nuit du , à un âge estimé à quinze ans et un mois. Il pèse alors 3,5 kg et mesure 78,5 cm de long. Il détient le record de longévité connu pour un Chat d'Iriomote[48].

Apports à la science[modifier | modifier le code]

Yon est le premier Chat d'Iriomote gardé en captivité durant une longue période, à être sauvé après un accident et à subir une rééducation. Les autres Chats d'Iriomote ayant été trouvés à la suite d'un accident sont morts immédiatement ou peu après avoir été pris en charge. Bien qu'il n'ait jamais été relâché dans la nature, les données enregistrées au sujet de Yon sont très importantes pour la préservation de l'espèce. Les données recueillies incluent notamment son activité journalière et les informations sur sa santé. De par la difficulté à étudier les Chats d'Iriomote en pleine nature, les données concernant Yon sont actuellement les plus instructives sur les soins à apporter aux Chat d'Iriomote blessés ou malades[48].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Découverte[modifier | modifier le code]

Rumeurs[modifier | modifier le code]

Avant sa découverte par des scientifiques, le Chat d'Iriomote était connu par les habitants de l'île. Les chats d'Iriomote étaient parfois capturés dans des collets destinés au sanglier. Sa chair était considérée comme raffinée[5]. Les habitants d'Iriomote le connaissaient sous divers noms : « le chat de la montagne » (ヤママヤ, yamamaya?), « celui qui brille sur la montagne » (ヤママヤ, yamapikaryā?). Pour ne pas le confondre avec les autres chats de l'île, les habitants d'Iriomote ont donné des surnoms aux autres chats, comme ピンギマヤ (pingimaya?) pour les chats errants et マヤグヮー (mayagwaa?) pour les chats de maison[49],[50]. Pour certains, les chats d'Iriomote n'étaient que des chats harets[9],[11].

En se basant sur les informations fournies par les habitants de l'île, Tetsuo Koura (高良鉄夫?) de l'Université des Ryūkyū réussit à capturer un chaton en 1962, mais ne parvient pas à capturer un spécimen adulte[9]. En 1964, Tokio Takano (高野凱夫?) de l'Université Waseda informe Yoshinori Imaizumi des rumeurs sur un chat vivant dans les montagnes d'Iriomote[4].

En , Yukio Togawa (戸川幸夫?), écrivain dont les animaux sont la spécialité, visite les îles Yaeyama en étant informé des rumeurs sur des félins sauvages vivants à Iriomote par un chroniqueur à Naha[50]. Il pense au début que, de même que pour les signalements de loups japonais (une espèce éteinte), les gens ont pris des animaux domestiques marrons pour des animaux sauvages. Son collègue Tetsuo Koura pense au contraire que les rumeurs sont basées sur des faits. Koura lui confie la tâche de confirmer ces rumeurs[4],[50].

Avant la capture d'un spécimen[modifier | modifier le code]

Togawa voyage à Iriomote afin de collecter des informations sur le Chat d'Iriomote et trouver un spécimen[50]. En arrivant sur l'île, Togawa apprend que par manque de nourriture sur Iriomiote, les habitants mangent les chats capturés, leur viande étant utilisée en soupe. L'habitude de se débarrasser des chats pris dans les pièges rend l'acquisition d'un spécimen difficile[50].

Il se rend au petit village d'Amitori (網取部落, Amitori Buraku?) dans la partie ouest de l'île. Un enseignant au collège qui a travaillé avec Koura lui dit qu'il a capturé un des chats avec un piège destiné aux sangliers. Il a envoyé la peau à Koura et a enterré le reste du corps. Togawa déterre les restes et obtient le crâne du chat. Il trouve également deux fèces près du village, et réussit à obtenir une peau auprès d'un pêcheur vivant à Inaba (イナバ部落, Inaba Buraku?), un hameau près de la rivière Urauchi[50].

Il revient auprès de Koura puis envoie ses prélèvements à Yoshinori Imaizumi au Musée national de la nature et des sciences de Tokyo, où ils sont analysés par la Société scientifique des mammifères du Japon (日本哺乳動物学会, Nihon Honyū Dōbutsu Gakkai?)[50], le [4]. L'analyse révèle que les chats constituent une nouvelle espèce ou sous-espèce, mais que de nouveaux échantillons sont nécessaires pour le confirmer. Ils demandent une dépouille entière ou un spécimen vivant[4]. À la suite de l'annonce des résultats, la Société scientifique des mammifères du Japon est divisée sur l'origine du félin : il s'agit selon eux soit d'une mutation d'une autre espèce, soit de descendants de chats amenés et abandonnés sur l'île par des bateaux étrangers[50].

Capture des premiers spécimens vivants[modifier | modifier le code]

Photographie couleur du lit d'un ruisseau en cascade peu pentu.
La cascade Maaree, où un groupe d'enfants trouva un Chat d'Iriomote le .

En , Togawa retourne à Iriomote avec Koura pour obtenir une dépouille complète ou un spécimen vivant, et des informations sur la vie du chat dans son milieu. Ils apportent des pièges et de l'Actinidia polygama[Note 2] dans le but de capturer un Chat d'Iriomote. Cependant, selon les chasseurs, seulement un ou deux félins sont capturés chaque année, et le nombre de chats restants est probablement assez bas. Togawa ne s'attend donc pas à en capturer un individu vivant[51].

Le , avant le retour de Togawa sur l'île, un groupe d'enfants de l'école élémentaire d'Ōhara (大原小学校?) en sortie scolaire dans la partie sud de l'île, trouve un chat mâle, blessé et affaibli, près de la petite cascade Maaree (マーレー滝, Maaree Taki?) sur la plage Haemita (南風見田の浜, Haemita no Hama?). L'enseignant responsable des enfants garde le chat qui meurt peu après. Un autre enseignant conserve la peau dans du formol et enterre le squelette dans une boîte en bois derrière l'école, que Togawa déterre : ce sujet devient l'holotype pour la description de l'espèce[4]. Le Chat d'Iriomote est considéré découvert en 1965[6]. Les scientifiques réussissent également à obtenir le crâne brisé d'un chaton dans le voisinage de l'île Yubu, ensuite reconstruit par Imaizumi[51].

En plus de rechercher le Chat d'Iriomote, Togawa étudie les rumeurs concernant le Yamapikaryaa, un plus grand félin présent sur l'île[51]. Avant de retourner à Tokyo, il propose une récompense en argent pour tout félin sauvage qui lui serait apporté. Avec l'aide du maire de Taketomi et du quotidien Yaeyama (八重山毎日新聞, Yaeyama Mainichi Shinbun?), il publie son offre sur des bulletins d'annonces[34].

Grâce à ces annonces, il obtient deux squelettes complets, deux crânes, et trois peaux qu'il ramène avec lui à Tokyo. Une de ces peaux est celle du félin trouvé par les élèves de l'école élémentaire d'Ōhara et il est confirmé qu'elle provient d'un Chat d'Iriomote. L'échantillon de l'île Yubu est petit et aucune conclusion n'est donnée. Un échantillon de l'île Ishigaki se révèle provenir d'un chat domestique[34].

En , le corps d'un Chat d'Iriomote pris dans un piège à sanglier près de la rivière Nakama (仲間川, Nakama-gawa?) est envoyé à Koura à l'Université des Ryūkyū[34]. En , Hiroshi Kurida (黒田宏?), un chasseur capture un chat mâle, mais celui-ci parvient à s'enfuir. Il en capture un second peu après[4].

Le , des chasseurs capturent une jeune femelle près de la montagne Nakama (仲間山, Nakama-yama?). Le musée national de la nature et des sciences de Tokyo a prévu d'utiliser les fonds destinés aux réparations des jardins pour acquérir ce spécimen, mais les chasseurs demandent une somme trop importante. Le problème est résolu par le directeur de l'Office des forêts qui négocie un prix moins élevé sous la forme d'une « indemnité journalière »[34].

Pendant ce temps, le maire de Taketomi est en négociation avec le Bureau de contact du sud du Japon (南方連絡事務所, Nanpō Renraku Jimusho?) et les autorités des Ryūkyū. Il voyage à Naha pour étudier la possibilité d'offrir les deux spécimens à l'empereur dans le but d'accroître le savoir national au sujet d'Iriomote et de promouvoir le développement industriel de l'île[34].

Les spécimens arrivent à l'aéroport international de Tokyo-Haneda le . Yoshinori Imaizumi les garde jusqu'à ce que Togawa, à qui le musée a confié la tâche de les étudier, les prenne en charge pour environ deux ans[52]. Les chats d'Iriomote sont ensuite transférés au musée pour surveillance. Le mâle meurt le et la femelle le . Le mâle est temporairement empaillé, le sang est utilisé pour des études génétiques, et le reste du corps est conservé dans du formol. La femelle est empaillée et exhibée dans le musée[4].

Annonce de la découverte[modifier | modifier le code]

La découverte des chats d'Iriomote est officiellement attribuée à Yukio Togawa (戸川幸夫?), auteur dont les animaux sont la spécialité, en 1965. Le Chat d'Iriomote est décrit en 1967 par Yoshinori Imaizumi, directeur du département de zoologie du musée national de la nature et des sciences de Tokyo[53].

En , la société scientifique des mammifères du Japon annonce la découverte d'un nouveau genre de chat, étroitement apparenté à Metailurus. Le nom du genre Mayailurus est formé avec le terme maya qui signifie « chat » sur l'île d'Iriomote et d'ailurus signifiant également « chat » mais en grec ancien. Iriomotensis signifie simplement « d'Iriomote »[4]. Le nom japonais « chat de montagne Togawa » (トガワヤマネコ, Togawa-yamaneko?) est proposé par Yoshinori Imaizumi, en l'honneur de Togawa qui a découvert l'espèce, mais Togawa refuse et défend le nom « chat de montagne d'Iriomote » (イリオモテヤマネコ, Iriomote-yamaneko?). Koura accepte le choix de Togawa, fixant ainsi le nom officiel[50].

Phylogenèse[modifier | modifier le code]

La lignée des chats-léopards[modifier | modifier le code]

Arbre phylogénétique de la lignée des chats-léopards[54]

Des travaux effectués sur l'ADN en 2006 et 2007, portant sur les chromosomes sexuels et l'ADN mitochondrial de toutes les espèces de félins, conjugués à des recherches paléontologiques, ont révélé que l'ancêtre commun des espèces de félins actuelles est un félidé du genre Pseudaelurus, qui vivait sur le continent asiatique il y a 9 à 20 millions d'années. De cet ancêtre commun, les félins ont divergé au cours des millénaires en huit lignées distinctes. La lignée des Chats-léopards, regroupant les genres Otocolobus et Prionailurus, est l'avant-dernière lignée à diverger, il y a environ 5,9 millions d'années durant le Miocène[54]. Parmi cette lignée, le Chat-léopard, le Chat pêcheur et le Chat à tête plate sont les dernières espèces à se différentier dans le courant du Pliocène, il y a 3,95 millions d'années[55].

Le Chat d'Iriomote : espèce ou sous-espèce ?[modifier | modifier le code]

Photographie couleur d'un chat moucheté et tigré.
Un Chat-léopard du Bengale.

En 1967, Yoshinori Imaizumi (今泉吉典?) décrit le Chat d'Iriomote à la communauté scientifique comme une nouvelle espèce de félin[56] formant un nouveau genre, sous le nom de Mayailurus iriomotensis[30],[5]. Il souligne qu'à la différence des autres chats-léopards, le Chat d'Iriomote partage certaines caractéristiques primitives avec les fossiles du genre Metailurus. Il estime ainsi l'apparition de l'espèce à une époque comprise entre il y a dix millions d'années (Miocène) et trois millions d'années (Pliocène). Il insiste sur ces points, et affirme que le Chat d'Iriomote et Metailurus partagent un ancêtre commun vivant à une époque comprise entre il y dix millions d'années et cinq millions d'années, et en déduit que la répartition des ancêtres du Chat d'Iriomote a dû commencer à s'étendre de l'Asie continentale à Iriomote et d'autres zones il y a trois millions d'années[30].

D'autres chercheurs réfutent l'idée que le Chat d'Iriomote constitue une espèce propre. Des études des crânes, des dents, et des études au niveau génétique sont réalisées pour déterminer s'il constitue une espèce distincte ou est une sous-espèce du chat-léopard[9],[30]. Par exemple, des fossiles datés d'il y a deux millions d'années et trouvés sur une île voisine ressemblent au Chat d'Iriomote, ce qui pourrait attester l'existence d'une forme distincte[5].

Le caryotype du Chat d'Iriomote, la longueur des fragments de restriction de l'acide ribonucléique ribosomique (ARNr) et des analyses de phylogénie moléculaire des mitochondries 12S RNA et du cytochrome b se sont révélés être identiques ou presque à ceux du Chat-léopard[30],[57],[58]. Les deux populations de félins sont supposées très proches, leurs différences étant considérées comme des variations à l'intérieur d'une même espèce ou comme des mutations isolées[59] : ces comparaisons génétiques réalisées à partir de la fin des années 1990 ont montré que le Chat d'Iriomote est une sous-espèce de Chat-léopard Prionailurus bengalensis iriomotensis[56],[59],[58]. Toutefois, de nombreuses références taxonomiques classent toujours le Chat d'Iriomote comme une espèce, sous le nom Prionailurus iriomotensis[60].

Étant données la fréquence et la diversité des mutations par substitution du cytochrome b, on estime que le point de divergence entre le Chat d'Iriomote et le Chat-léopard date de 180 000 à 200 000 ans[59]. Selon les géologues, les îles Ryūkyū étaient reliées à l'Asie continentale par un pont de terre il y a environ 20 000 à 240 000 ans. Les scientifiques pensent que l'habitat du Chat d'Iriomote s'est fixé sur les îles à cette période[30]. Pour cette raison, on estime que la diversité génétique à l'intérieur de l'espèce est faible[24].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Dénominations[modifier | modifier le code]

En japonais, le chat est appelé « chat de montagne d'Iriomote » (西表山猫, Iriomote-yamaneko?)[8] ; il était autrefois désigné par les habitants de l'île comme « le chat de la montagne » (ヤママヤ, yamamaya?), « celui qui brille sur la montagne » (ヤマピカリャー, yamapikaryā?), ou encore « celui qui a des yeux brillants » (メーピスカリャー, mēpisukaryā?)[49],[50].

Yamapikaryaa[modifier | modifier le code]

En général, le terme yamapikaryaa est utilisé pour désigner le Chat d'Iriomote. Toutefois, une partie de la population locale déclare que cela désigne un autre félin qui vit dans l'île. Il est décrit comme deux fois plus gros qu’un chat domestique, avec une queue de soixante centimètres de long et un pelage différent de celui du Chat d'Iriomote. Plusieurs observations ont été rapportées[49]. De nombreux surnoms régionaux désignent le yamapikaryaa : クンズマヤー (kunzumayaa?) autour de Sonai et Komi, ヤマピカリャー (yamapikaryaa?) dans l'île d'Aragusu. Ce mystérieux félin ne serait ni un chat domestique, ni un chat haret, ni même un Chat d'Iriomote[49],[61].

En 1965, Togawa relève le témoignage d'un chasseur local qui aurait tué un félin de grande taille avec une fourrure ressemblant à celle du tigre. Le squelette du félin a malheureusement été emporté par de fortes pluies seulement dix jours avant l'interview. Toujours selon ce témoignage, le yamapikaryaa aurait une hauteur au garrot proche de la hauteur du genou d'un homme adulte, une queue de soixante centimètres, un corps deux fois plus gros qu'un chat domestique et une fourrure rayée verdâtre[51].

Le , un article sur le yamapikaryaa est publié dans Yomiuri shinbun. Un chasseur de sanglier expérimenté assure en avoir vu une dizaine de fois dans les montagnes aux alentours du mont Dedou et affirme qu'il en aurait capturé puis mangé un. Il rapporte également l'observation d'une femelle et son petit[49].

En 1994, Tadaaki Imaizumi (今泉忠明, Imaizumi Tadaaki?) a pu observer un crâne de yamapikaryaa tué par un chasseur local : il s'agissait d'un chat domestique[49]. D'autres articles ont été publiés au Japon. Le , le professeur Eiyuu Akiyoshi (秋吉英雄, Akiyoshi Eiyuu?) de l'université de Shimane déclare avoir vu un félin plus grand qu'un Chat d'Iriomote, avec une longue queue et une fourrure tachetée dans la péninsule Sakiyama (崎山半島, Sakiyama Hantō?), région peu fréquentée de l'île d'Iriomote[62].

Représentations[modifier | modifier le code]

Mascotte[modifier | modifier le code]

Un avion avec la mascotte Pikaryaa sur la queue.
La mascotte Pikaryaa sur un avion Japan Airlines.

Le , l'association de tourisme de Taketomi a invité les résidents de la ville à créer une mascotte locale. La réalisation d'un élève en sixième année à l'école élémentaire Komi, basée sur le Chat d'Iriomote, est choisie. L'île d'Iriomote est représentée sur la poitrine de la mascotte. Les résidents ont également été invités à choisir un nom. Le , le nom Pikaryaa (ピカリャー?) est proposé par un résident d'Ishigaki. Il s'est basé sur le surnom local du chat yamapikaryā (ヤマピカリャー?)[63].

Sculptures du pont sur la rivière Nakagawa[modifier | modifier le code]

Sculpture d'un Chat d'Iriomote assis.
Une des statues sur le pont de la rivière Nakagawa.

Quatre statues de pierre représentant le Chat d'Iriomote sont présentes sur le pont sur la rivière Nakagawa. Elles sont flanquées de garde-corps représentant des animaux et plantes vivant sur l'île[64].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Philatélie thématique.

Le Chat d'Iriomote est rarement représenté en philatélie[65]. La poste du Japon a édité un timbre et une enveloppe premier jour représentant le Chat d'Iriomote dans une série sur la conservation de la nature en 1974 et un timbre dans une série sur l'harmonie avec la nature en 2011[66],[65].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour cette proie de grande taille pour un petit félin, il s'agit probablement d'un comportement charognard.
  2. L'actinidia polygama est une plante de Chine et du Japon qui a un effet de drogue pour les félins.

Références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles[modifier | modifier le code]

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  • (en) Ryuichi Masuda et Michihiro C. Yoshida, « Two Japanese wildcats, the Tsushima cat and the Iriomote cat, show the same mitochondrial DNA lineage as the leopard cat Felis bengalensis. », Zoological Science, vol. 12,‎ , p. 656–9 (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (ja) Yoshinori Imaizumi, « 琉球, 西表島産の山猫 (新属新種) について », 哺乳動物学雑誌, 日本哺乳動物学界, vol. 3,‎ 1966-1967, p. 75–105 (ISSN 1884-393X, lire en ligne [PDF]).
  • (en) Hitoshi Suzuki, Tetsuji Hosoda, Susumu Sakurai, Kimiyuki Tsuchiya, Isao Munechika et Vladimir P. Korablev, « Phylogenetic relationship between the Iriomote cat and the leopard cat, Felis bengalensis, based on the ribosomal DNA », The Japanese Journal of Genetics, The Genetics Society of Japan, vol. 69, no 4,‎ , p. 397–406 (ISSN 0021-504X).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (ja) Yoshinori Imaizumi, 動物大百科1 肉食類 [« Encyclopédie des animaux 1 : Carnivores »], 平凡社,‎ (ISBN 4582545017). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (ja) Tadaaki Imaizumi, イリオモテヤマネコの百科 [« Encyclopédie du Chat d'Iriomote »], Data House,‎ (ISBN 4887182856), p. 7–48. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (ja) Yukio Togawa, イリオモテヤマネコ:原始の西表で発見された〝生きた化石動物〟の謎 [« Le Chat d'Iriomote : le mystère du « fossile vivant » découvert sur l'île d'Iriomote »], 自由国民社 ,‎ , p. 139–176. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (ja) 秀雄 小原, 動物世界遺産 レッド・データ・アニマルズ4 インド、インドシナ [« Patrimoine mondial vivant : Red Data Animals 4 Inde et Indochine »], Kodansha (講談社?),‎ (ISBN 4062687542). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (ja) 陸奥雄 加藤, 日本の天然記念物 [« Monuments naturels du Japon »], 講談社,‎ (ISBN 4061805894), p. 622–623. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (ja) Tadaaki Imaizumi, 野生ネコの百科 [« Encyclopédie des félins sauvages »], Data House,‎ (ISBN 978-4887187726). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (ja) 財団法人 自然環境研究センター, イリオモテヤマネコBOOK [« Le livre du Chat d'Iriomote »], 株式会社高陽堂印刷,‎ . Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Mel Sunquist et Fiona Sunquist (photogr. Terry Whittaker et autres), Wild Cats of the World, Chicago, The University of Chicago Press, , 416 p., Relié (ISBN 978-0226779997 et 0-226-77999-8, présentation en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Peter Jackson et Adrienne Farrel Jackson (trad. Danièle Devitre, préf. Dr Claude Martin, ill. Robert Dallet et Johan de Crem), Les Félins : Toutes les espèces du monde, Turin, Delachaux et Niestlé, coll. « La bibliothèque du naturaliste », , 272 p., relié (ISBN 978-2603010198 et 2-603-01019-0). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Rémy Marion (dir.), Cécile Callou, Julie Delfour, Andy Jennings, Catherine Marion et Géraldine Véron, Larousse des félins, Paris, Larousse, , 224 p. (ISBN 2-03-560453-2 et 978-2035604538, OCLC 179897108). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]