Charles Malfray

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Charles Malfray (Eugène-Charles-Alexandre), est un sculpteur français né le à Orléans et mort le (à 52 ans) à Dijon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de tailleurs de pierres et d'architectes, son père lui-même tailleur de pierre, Charles Malfray fait son apprentissage chez le maître orléanais Alfred Lanson. Élève de l'École des Beaux-Arts d'Orléans, il en sort premier. À dix-sept ans il suit les cours de l'École des Arts décoratifs de Paris et de l'École des Beaux-arts, fréquentant les milieux artistiques de Montmartre.

Attiré par l'art de Rodin et de Bourdelle, Charles Alexandre Malfray survit en 1916 à l'enfer de la bataille de Verdun où il est gazé.

En 1920, il obtient le deuxième second grand prix de Rome, le premier prix revenant à Charles Georges Cassou.

Cette même année 1920, il crée les Monuments aux morts de Pithiviers et d'Orléans, dont le modernisme est extrêmement discuté.

"Celui d'Orléans par M. Malfray a paraît-il, excité l'indignation plus que l'admiration. Cela honore le bon goût des Orléanais. Les deux caryatides à tête de dieu hindou, viandes et soufflées comme des veaux à l'étal, sont un attentat à toutes les formes de décence"[2].

Ruiné par ces travaux, malade des suites de la guerre, il abandonne presque la sculpture. Mais en 1931 son ami Maillol le désigne comme son successeur à l'Académie Ranson. Tandis que Bissière y enseigne la peinture et la fresque, Malfray a durant les années suivantes pour élèves dans son atelier Étienne Martin, François Stahly, et Jean Le Moal vient y travailler[3].

Charles Malfray retrouve alors le chemin de la création. Soutenu par le ministre de l'Éducation Jean Zay, il reçoit plusieurs grandes commandes, notamment Le Printemps pour le Palais de Chaillot[4]. Venu y soigner une vieille tante, il meurt subitement en 1940 lors d'un passage à Dijon, dans la boutique d'un pharmacien.

Le nom de Charles Malfray a été donné à une rue d'Orléans.

Notes de l'artiste[5][modifier | modifier le code]

"La sculpture, pas plus que la peinture, n'a pour but de "représenter" la nature. Au contraire, la nature n'est qu'un "prétexte" et un moyen pour manifester son "moi". L'art est et doit être "création" pur du cerveau et du cœur."

"L'art est d'évoquer ces grandes vérités il est plus grand ainsi que s'il a la prétention de vouloir définir: car rien dans la vie n'est et ne peut être défini: tout n'est que sensations, désirs, intentions; pas plus que le ciel et comme lui l'art qui est son fils unique ne peut être défini."

Jugement[modifier | modifier le code]

« Les figures de Malfray font corps avec la masse de la pierre. Il ne fait pas de charme : sa sculpture est solidement construite, elle est terrienne, comme la Beauce dont Malfray est issu. Ses femmes ont des membres lourds, des figures en largeur, une chevelure opulente avec des recherches décoratives évoquant celles de la statuaire grecque. »

Olga Fradisse, conservateur des musées d'Orléans, préface à Hommage à Charles Malfray, Orléans, Musée des Beaux-Arts, 1967.

Musées[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Bénézit, 1999, t.IX.
  • Alexandrian, Dictionnaire universel de l'art et des Artistes, Paris, Hazan, 1967.
  • Denys Chevalier, Nouveau dictionnaire de la sculpture moderne, Paris, Hazan, 1970.
  • Jacques de Laprade, Charles Malfray, dessins et sculptures, Mourlot, Paris, 1945.
  • Charles Malfray, préface d'André Chamson, Paris, Petit Palais, 1947.
  • Vente Atelier Charles Malfray, Paris, (Maîtres Bellier & Ader, experts Schoeller & Pacitti) 20 avril 1951, 154 numéros.
  • Vente Atelier Charles Malfray (deuxième vente), Paris, (Maîtres Bellier & Ader, experts Schoeller & Pacitti) 13 juin 1951, du no 155 au no 312.
  • Charles Malfray, texte de Waldemar George, Paris, Musée Rodin, 1966.
  • Hommage à Charles Malfray, Orléans, Musée des Beaux-Arts, 1967. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Catalogue raisonné des sculptures de Charles Malfray - mémoire de Maîtrise par Françoise Galle - Paris 1971 - (sous la direction de René Jullian) [1]
  • Sculptures et dessins de Charles Malfray - Première partie d'un Doctorat par Françoise Galle - Paris 1973 (sous la direction d'André Laude)
  • Montparnasse années 1930 - Bissière, Le Moal, Manessier, Étienne-Martin, Stahly & les autres… Éclosions à l’Académie Ranson, Rambouillet, Palais du roi de Rome, Éditions Snoeck, 2010 (ISBN 978-90-5349-796-8)
  • Charles Malfray (1887-1940), sculpteur, Paris, Galerie Malaquais, 5 avril-30 juin 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notes issues de textes conservés au centre de documentation-bibliothèque du musée des Beaux-Arts d'Orléans.
  2. René Bercy, La Revue française, 28 juin 1925. Louis Vauxcelles défend l'artiste contre ses détracteurs: "Dès qu'une statue affecte une sévérité qui remémore l'archaïsme, les benêts crient à l'art boche. Malfray est en bonne compagnie: Bourdelle, Bernard et Auguste Perret ont connu cette injure." In Carnet de la Semaine, 14 décembre 1924.
  3. Montparnasse années 1930 : éclosions de l'académie Ranson: Bissière, Le Moal, Manessier, Étienne-Martin, Stahly, Rambouillet, Palais du roi de Rome, 6 octobre 2010-16 janvier 2011.
  4. Patrick Elliot, "L'énigme Charles Malfray", in Charles Malfray (1887-1940), Paris, Galerie Malaquais, 2007.
  5. Notes issues de textes conservés au centre de documentation-bibliothèque du musée des Beaux-Arts d'Orléans.
  6. H: 47 cm, N° d'inv AM802S
  7. Plâtre, H: 87 cm, n° d'inv: 64 F 446

Liens externes[modifier | modifier le code]

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