Armand Thomas Hue de Miromesnil

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Armand Thomas Hue de Miromesnil
Armand Thomas Hue de Miromesnil , Van Loo, 1763.jpg
Portrait par Louis-Michel van Loo.
Fonction
Garde des sceaux de France
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Biographie
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Armand Thomas Hue, marquis de Miromesnil, né le au château de Latingy et mort le au château de Miromesnil, est un magistrat et homme politique français, ministre de Louis XVI dans les dernières années de l'Ancien Régime.

Biographie[modifier | modifier le code]

Magistrat, il devient Premier président du Parlement de Normandie à Rouen en 1757, fonction qu’il occupa jusqu’au 14 août 1774, date à laquelle il fut choisi par Louis XVI pour devenir garde des sceaux de France. En 1771, au moment de la suppression des parlements, il fut au nombre des parlementaires exilés par le chancelier Maupeou. Parent éloigné du comte de Maurepas, il devient un familier de son ménage, « complaisant de Madame » (Baron de Besenval), et un peu pique-assiette, car fort désargenté.[réf. nécessaire] Il dut son ministère à l’estime qu’avait conçue pour lui Maurepas, pendant l’exil du parlement car, dans cette circonstance critique et délicate, il avait montré une grande sagesse et une grande énergie. Les lettres qu’il écrivit à Louis XV firent plus d’impression sur l’esprit du monarque que les remontrances du parlement tout entier. Devenu tout puissant à l’avènement de Louis XVI et ayant inspiré le rappel des parlements à Louis XVI, il fait nommer Miromesnil à la place de Maupeou.

Il avait montré, dans ses fonctions, un esprit de sagesse et de modération. Ce fut lui qui rédigea la ordonnance royale du , par laquelle Louis XVI abolissait la question préparatoire, la torture qu’on infligeait à un accusé pendant la procédure pour lui arracher les aveux de son crime, appliquée qu’au cas où sa culpabilité était déjà établie mais insuffisante pour pouvoir le condamner à mort par ordonnance royale[1].

Le , lorsque son ami Calonne est renversé par Loménie de Brienne, il est remercié par le roi[2] et quitte le ministère aussi pauvre qu’il y était entré. Retiré dans sa terre de Normandie, pour y passer le reste de ses jours dans la retraite, savant dans le droit et l’histoire de sa province adoptive, il la défendit, en 1766, avec beaucoup d’habileté, dans deux mémoires, lorsque le ministre Bertin essaya d’abolir ses privilèges. Aimant les sciences et protégeant les hommes de lettres, il portait une estime particulière à l’Académie de Rouen, dont il avait été membre dès la création. Il assistait parfois aux séances et prenait aussi sa part de travaux. En 1772, il lut un rapport sur une traduction en vers latins des Fables de La Fontaine, par le P. Giraud[3], montrait qu’il savait allier la pratique de la poésie à celle du droit. Par reconnaissance pour l’intérêt qu’il portait à l’Académie, l’un de ses membres, l’abbé Vregeon, lui dédia le Catalogue de sa Bibliothèque, imprimé en 1781[4]. Louis Cousin-Despréaux lui fit l’hommage de son Histoire de la Grèce[1].

C’était, d’après le Grand Larousse universel du XIXe siècle, un très médiocre homme d’État, mais un homme aimable, intègre, modéré, et qui se retire de la vie publique, sans s’y être enrichi. Edgar Faure, plus critique, affirme que : « Miromesnil est le type du réactionnaire borné, attaché à tous les préjugés et privilèges, de surcroît capable de toutes les fourberies, et, une fois nommé, il sera prêt aux pires bassesses pour garder son poste. » Ami des Philosophes, il ordonne, en 1776, la suppression, pour défaut de paiement des pensions dont il était grevé, du privilège de l'Année littéraire de Fréron, leur ennemi juré, portant à ce dernier un coup dont il meurt, peu après. Il a dirigé les travaux de la commission chargée d’établir un projet, dit « projet Miromesnil », de révision de l’ordonnance du commerce de mars 1673, mais il n'aboutit pas[5]. Il est prévôt et maître des cérémonies de l’Ordre du Saint-Esprit, le 10 février 1781, mais il démissionne dès le 19 février.

Brièvement emprisonné sous la Révolution, à sa mort, il fut inhumé sans pompe, le 7 juillet. Aucun prêtre ne put assister à son convoi, aucune prière publique ne put être faite sur sa tombe, le culte catholique étant alors proscrit en France. Alors, parce que, pendant sa vie, il avait été membre de la Charité de Saint-Martin et en avait toujours acquitté fidèlement les obligations, l’ancienne confrérie de Saint-Martin-de-Tourville se réunit à sa porte, enleva le corps et le conduisit à l’église avec la croix de la Charité, et le déposa dans le chœur, malgré la sévère défense des lois de l’époque. On voulut leur faire un procès, qui aurait pu avoir des conséquences sérieuses, mais les choses s’arrangèrent[1].

Sur sa terre de Miromesnil, il avait engagé un boulanger, un boucher et un médecin pour s'occuper de ses paysans afin d'éviter toute famine ou épidémie. Il avait demandé qu’à sa mort, sa superbe bibliothèque soit vendue et que le produit en soit distribué aux pauvres[1].

La station de métro Miromesnil à Paris porte aujourd'hui son nom.

Sources[modifier | modifier le code]

Les papiers personnels d'Armand Thomas Hue de Miromesnil sont conservés aux Archives nationales sous la cote 512AP[6].

Portraits[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Jean Benoît Désiré Cochet, Les églises de l’arrondissement de Dieppe : églises rurales, Paris ; Rouen, Derache ; Lebrument, , 548 p. (lire en ligne), p. 100-2.
  2. Bernard Vincent, Louis XVI, Gallimard Folio Biographies, 2006, p. 196.
  3. Fabulæ selectæ Fontanii è gallico in latinum sermonem conversæ in usum studiosæ juventutis, authore J.B. Giraud, presbitero congregat. Oratorii Domini Jesu, Rothom. academiæ socio.
  4. Catalogue des livres de la bibliothèque de l’Académie de Rouen, in-4°, 40 p.
  5. Stéphane Piedelièvre, Droit commercial : Actes de commerce - Commerçants - Fonds de commerce - Concurrence - Consommation, Paris, Dalloz, , 426 p. (ISBN 978-2-24717-346-4, lire en ligne).
  6. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales

Liens externes[modifier | modifier le code]