Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul de Tunis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul de Tunis
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul de Tunis
Vue générale de la façade de la cathédrale
Présentation
Culte Catholicisme
Type Cathédrale
Début de la construction 1893
Fin des travaux 1897
Style dominant Romano-byzantin
Géographie
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Gouvernorat Tunis
Ville Tunis
Coordonnées 36° 48′ 00″ nord, 10° 10′ 44″ est

Géolocalisation sur la carte : Tunisie

(Voir situation sur carte : Tunisie)
Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul de Tunis

Géolocalisation sur la carte : Tunis

(Voir situation sur carte : Tunis)
Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul de Tunis

La cathédrale Saint-Vincent-de-Paul (arabe : كاتدرائية تونس) est la cathédrale de rite catholique de la ville de Tunis (Tunisie).

Construite entre 1893 et 1897, elle porte le nom de saint Vincent de Paul, le fameux fondateur des lazaristes et des filles de la Charité et qui fut — alors qu'il était jeune prêtre — capturé puis vendu comme esclave à Tunis au tout début du XVIIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

La cathédrale remplace le plus ancien monument chrétien de la ville, la chapelle qu'avait construite le père Jean Le Vacher en 1650 et dont l'autel était surmonté d'une statue du bienheureux Antoine Neyrot[1]. Autour de la chapelle s'étendait un cimetière chrétien, l'un des plus anciens de Tunis.

Elle succède à une pro-cathédrale — la cathédrale du diocèse étant à Carthage — située un peu plus bas sur l'avenue de la Marine et dont le cardinal Lavigerie pose la première pierre le 7 novembre 1881. Construite en quelques mois sans tenir compte de la nature du terrain, cette première cathédrale s'était dégradée rapidement.

Le cardinal Lavigerie pose la première pierre de la nouvelle cathédrale le 19 mai 1890, au lendemain de la consécration de la cathédrale de Carthage. Les travaux ne commencent toutefois que le 1er septembre 1892. La construction emploie continuellement, pendant cinq ans, 60 à 70 carriers à Djebel Oust et 140 à 150 ouvriers.

Faute de moyens financiers pour achever les tours, la nouvelle cathédrale est inaugurée à Noël 1897 avec des clochers provisoires en bois. Les deux tours sont achevées en 1910 par l'architecte Louis Queyrel[2].

En 1997, la cathédrale fait l'objet de nombreux travaux de réhabilitation qui incluent la restauration de la façade, la réparation des toitures et des murs ainsi que la remise en état de l'orgue considéré comme l'un des plus anciens d'Afrique.

En 1998, le pape Jean-Paul II, en visite en Tunisie, est accueilli dans la cathédrale.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Architecture[modifier | modifier le code]

La cathédrale actuelle se situe sur la place de l'Indépendance, carrefour entre l'avenue Habib-Bourguiba et l'avenue de France, face à l'ambassade de France. Elle est bâtie dans un style romano-byzantin.

Les plans sont élaborés par l'architecte Bonnet-Labranche : une croix latine pourvue d'un transept peu débordant[2].

La façade est divisée en trois parties : une travée centrale, dont la décoration évoque l'église Saint-Augustin à Paris, et deux tours[2]. Les tours sont de plan carré et couronnées par des dômes en forme de tiare qui rappellent ceux de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre[2].

La fresque située au-dessus du chœur est l'œuvre du peintre français George Lemare. Elle est exécutée de 1928 à 1930 et représente trois idées au sein d'une même surface : à gauche, l'arrivée du père Jean Le Vacher en Tunisie pour plaidoyer en faveur des esclaves auprès du bey de Tunis au cours du XVIIe siècle ; à droite, la Tunisie du début du XXe siècle ; au centre, l'apothéose de saint-Vincent-de-Paul[3].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Sous la cathédrale est préservée une crypte qui s'étend sous toute l'étendue de l'abside. Les murailles sont couvertes de plaques funéraires et des tombeaux anciens se dressent encore à l'intérieur.

Cœur de l'archidiocèse[modifier | modifier le code]

Un modus vivendi conclu entre la République tunisienne et le Saint-Siège en 1964, au lendemain de l'indépendance de la Tunisie, fait d'elle une propriété de l'Église catholique, avec quelques autres lieux de culte et un immeuble, alors que tous les autres biens de l'Église sont confisqués et nationalisés. Cet accord est toujours en vigueur.

Elle abrite par ailleurs le siège de l'archidiocèse de Tunis. Après Mgr Maroun Lahham, d'origine jordanienne, l'archevêque actuel est Mgr Ilario Antoniazzi, de nationalité italienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Un saint pour aujourd'hui (1425-1460) » [PDF], sur dieu-parmi-nous.com (consulté le 23 juillet 2017)
  2. a, b, c et d Claudine Piaton et Juliette Hueber, Tunis : architectures 1860-1960, Tunis, Elyzad, , 256 p. (ISBN 978-2-918371-08-3), p. 200-203
  3. Jean-Claude Grebert et Benoit Decque, George Lemare : peintre de la Tunisie (1866-1942), , 99 p., p. 20-23