Église de Nabeul

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Église de Nabeul
Image illustrative de l’article Église de Nabeul
Vue de l’église dans les années 1910
Présentation
Culte Catholicisme
Fin des travaux 1900
Style dominant Néo-roman
Date de désacralisation 1964
Géographie
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Gouvernorat Nabeul
Ville Nabeul
Coordonnées 36° 27′ 23″ nord, 10° 44′ 20″ est

L’église de Nabeul, située dans la ville de Nabeul en Tunisie, est une église catholique construite en 1899 pendant le protectorat français. Cédée au gouvernement tunisien en 1964, elle abrite désormais un local pour des manifestations politiques.

Historique de l’église[modifier | modifier le code]

Si la ville de Nabeul est érigée en paroisse dès 1884[1], la construction de son église attend encore une quinzaine d’années faute d’un budget suffisant. Dans l’intervalle, les offices se tiennent dans une maison arabe louée « qui, l’été, est un vrai purgatoire »[2].

En 1886, l’évêque Mgr Tournier intervient auprès du résident général de France pour obtenir un terrain beylical mais l’emplacement qu’on lui propose est inadéquat[2]. En 1890, le curé de Nabeul demande au contrôleur civil de la ville la « concession perpétuelle d’un morceau de terrain de 20 m2 sur l’emplacement appelé Guelta ou Mahfar pour y bâtir une chapelle et un presbytère »[3] mais il se heurte au refus du gouvernement qui lui rappelle que seul le diocèse est habilité à faire ce genre de demande[4]. Nouvelle offensive en 1897 lorsque le choix des fidèles se porte sur une parcelle longeant la route de Kélibia dont ils demandent la cession à titre gratuit. L’archevêque de Carthage, Mgr Clément Combes, informe le résident général que ce terrain est tout à fait convenable pour l’édification d’une église et d’un presbytère mais les ressources financières de l’archevêché sont insuffisantes pour entreprendre les travaux.

Ce n’est qu’en 1899 que les plans de l’église sont enfin dessinés[3]. La première pierre est posée le 22 juillet 1900[5] et l’édifice inauguré quelques mois plus tard[6]. Un devis ultérieur permet d’apprendre que les travaux de construction de l’église auront coûté 27 644,14 francs alors que ceux du presbytère de montent à 5 980,23 francs[2].

De style néo-roman[7], elle est constituée d’une nef unique sans transept comme la plupart des églises catholiques tunisiennes[8]. Elle est surmontée d’un clocher-tour coiffé d’une flèche pyramidale en pierre[9].

Indépendance de la Tunisie[modifier | modifier le code]

L’indépendance du pays et la nationalisation des terres européennes le 12 mai 1964 provoquent le départ de la plupart des Européens vers la France et l’Italie. Le modus vivendi signé entre le gouvernement tunisien et le Vatican le 10 juillet 1964 prend acte de cette disparition de la communauté chrétienne de Nabeul. Son église est cédée au gouvernement tunisien avec l’assurance qu’elle ne sera utilisée qu’à des fins d’intérêt public compatibles avec son ancienne destination[10].

Elle abrite actuellement des réunions politiques[11].

Vie de la paroisse de Nabeul à l’époque du protectorat[12]
Baptêmes Mariages Sépultures
1900 17 1 6
1910 12 4 4
1920 13 4 0
1930 12 3 12
1940 10 1 7
1950 24 2 6
1960 4 0 2

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Dornier, Les catholiques en Tunisie au fil des jours, éd. Imprimerie Finzi, Tunis, 2000, p. 637
  2. a b et c François Dornier, op. cit., p. 312
  3. a et b Saloua Ouerghemmi, Les églises catholiques de Tunisie à l’époque coloniale. Étude historique et architecturale, éd. Université de Tunis-Université François Rabelais de Tours, Tours, 2011, p. 59
  4. Saloua Ouerghemmi, op. cit., p. 40
  5. « Nabeul », La Dépêche tunisienne, no 3666,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le 5 novembre 2017)
  6. « Nabeul », La Dépêche tunisienne, no 3734,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le 5 novembre 2017)
  7. Saloua Ouerghemmi, op. cit., p. 316
  8. Saloua Ouerghemmi, op. cit., p. 261
  9. Saloua Ouerghemmi, op. cit., p. 269
  10. « Modus vivendi entre le Saint Siège et la République tunisienne » [PDF], sur iuscangreg.it (consulté le 3 mai 2017)
  11. Saloua Ouerghemmi, op. cit., p. 393
  12. François Dornier, op. cit., p. 634

Liens externes[modifier | modifier le code]