Archidiocèse de Tunis

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Archidiocèse de Tunis
(la) Archidioecesis Tunetanus
Portrait de Mgr Ilario Antoniazzi
Portrait de Mgr Ilario Antoniazzi
Informations générales
Pays Tunisie
Archevêque Ilario Antoniazzi
Superficie 164 000 km2
Création du diocèse 1843 : Vicariat apostolique de Tunis
1884 : Archidiocèse de Carthage
1964 : Prélature territoriale de Tunis
1995 : Diocèse de Tunis
Élévation au rang d'archidiocèse 2010 : Archidiocèse de Tunis
Diocèses suffragants
Site web www.evechetunisie.orgVoir et modifier les données sur Wikidata
Statistiques
Nombre de paroisses 11
Nombre de religieux 33
Nombre de religieuses 168
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

L'archidiocèse de Tunis (archidioecesis tunetanus en latin) est une circonscription ecclésiastique de l'Église catholique couvrant tout le territoire de la Tunisie. Il regroupe une douzaine de lieux de culte[1] disséminés à travers le pays et une vingtaine de congrégations regroupant 131 religieuses et 46 prêtres (généralement originaires d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient). Les messes sont célébrées en arabe, en français, en espagnol, en anglais et en italien. L'archidiocèse gère également dix écoles primaires et secondaires ainsi que la clinique Saint-Augustin. La petite bibliothèque diocésaine compte 8 000 livres. Caritas offre des services de charité à la population locale.

L'archidiocèse couvre un territoire de 164 000 km2 et regroupe 20 000 catholiques (soit 0,2 % de la population tunisienne)[2]. La communauté chrétienne était beaucoup plus nombreuse en 1949 avec 280 000 personnes. La majorité des fidèles sont des expatriés et des diplomates pour la plupart européens. Mais elle compte aussi plusieurs milliers de Subsahariens, parmi lesquels des migrants et beaucoup d'étudiants (trois prêtres africains leur sont affectés), des fonctionnaires de la Banque africaine de développement, quelques Tunisiens convertis et les touristes de passage.

Le siège de l'archidiocèse se trouve en la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul de Tunis. Il est occupé par Mgr Ilario Antoniazzi (de nationalité italienne) depuis le 21 février 2013[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Évêché et archevêché de Carthage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Archidiocèse de Carthage.

Le christianisme a une longue histoire en Tunisie, notamment avec le siège épiscopal de Carthage. Saint Cyprien de Carthage y est mort en martyr au IIIe siècle. Tertullien est également un personnage important de cette même époque. Saint Augustin admire même la beauté des lieux lorsqu'il visite Carthage.

Le premier concile de Carthage est tenu en 251[4]. Plusieurs siècles plus tard, les Vandales ariens envahissent le pays après la chute de l'Empire romain, ce qui facilite ensuite la conquête arabo-musulmane.

Lord Exmouth met fin à l'esclavage des chrétiens en 1818. L'évangélisation y est difficile dans le contexte de la colonisation et de la décolonisation. Toutefois, 70 000 mariages catholiques sont célébrés entre 1841 et 1949[5].

Statue de Mgr Charles Lavigerie devant la médina de Tunis

Le 10 novembre 1884, l'antique siège épiscopal de Carthage est restauré par la bulle Materna Ecclesiae caritas de Léon XIII. Le 4 décembre, il est confié au cardinal Lavigerie qui se voit attribuer le titre de primat d'Afrique.

La bulle Prudens Ecclesiae de Paul VI du 9 juillet 1964 supprime l'archidiocèse de Carthage et ne le met plus qu'au rang titulaire ; il laisse la place à la prélature apostolique de Tunis.

Siège de Tunis[modifier | modifier le code]

Le siège épiscopal de Tunis passe du statut de vicariat apostolique en 1843 à celui de prélature territoriale le 9 juillet 1964[6].

Érigé canoniquement au rang de diocèse de Tunis le 31 mai 1995 par Jean-Paul II, puis élevé au rang d'archidiocèse par Benoît XVI le 22 mai 2010, il est immédiatement assujetti au Saint-Siège.

Dès sa refondation en 1884, le siège épiscopal de Tunisie est dirigé par des évêques français. En 1992, pour la première fois, Jean-Paul II nomme à sa tête un Arabe : Fouad Twal est Jordanien et son successeur, Maroun Lahham, Palestinien.

Ordinaires[modifier | modifier le code]

Vicaires apostoliques de Tunis[modifier | modifier le code]

Archevêques de Carthage et primats d'Afrique[modifier | modifier le code]

Prélats de Tunis[modifier | modifier le code]

Évêques de Tunis[modifier | modifier le code]

Fouad Twal et Maroun Lahham

Archevêque de Tunis[modifier | modifier le code]

Biens et paroisses[modifier | modifier le code]

Le 27 juin 1964, un modus vivendi est conclu entre le Saint-Siège et la République tunisienne au terme duquel sont cédés à l'État tunisien une grande partie des biens de l'Église catholique en Tunisie[7]. En effet, depuis l'indépendance en 1956, la communauté catholique de Tunisie s'était considérablement réduite par des vagues successives de départs. Au terme de cet accord, seuls demeurent propriétés de l'Église la prélature (4, rue d'Alger) et les lieux de culte suivants[8] :

Emplacement Nature des biens
Tunis Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul et siège de la prélature
Tunis Église Sainte-Jeanne-d'Arc et presbytère
La Goulette Église Saint-Augustin-et-Saint-Fidèle et presbytère
Hammam Lif Presbytère de l'église Sainte-Marie
Grombalia Église de Grombalia, presbytère et salle paroissiale
Sousse Église Saint-Félix et presbytère
Djerba Presbytère de l'église Saint-Joseph

De nos jours, les paroisses de l'archidiocèse sont :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Tunisia », sur state.gov (consulté le 5 octobre 2019).
  2. Samir Gharbi et Sonia Mabrouk, « Vingt ans, vingt dates », sur jeuneafrique.com, (consulté le 5 octobre 2019).
  3. « Benoît XVI nomme Mgr Ilario Antoniazzi, nouvel archevêque de Tunis », sur leaders.com.tn, (consulté le 5 octobre 2019).
  4. Engelbert Mveng, L'Afrique dans l'Église : paroles d'un croyant, Paris, L'Harmattan, , 228 p..
  5. « Mariages civils et catholiques en Tunisie », sur geneanum.com (consulté le 5 octobre 2019).
  6. (en) « Archdiocese of Tunis », sur gcatholic.org (consulté le 5 octobre 2019).
  7. Jean-Pacifique Balaamo Mokelwa, Les traités internationaux du Saint-Siège avec les États en Afrique (1885-2005), Paris, L'Harmattan, , 204 p. (ISBN 978-2-296-44858-2), p. 78-80.
  8. Philippe Delisle et Marc Spindler, Les relations Églises-État en situation post-coloniale, Paris, Karthala, , 419 p. (ISBN 978-2-845-86416-0, lire en ligne), p. 200

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]