Carticasi

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Carticasi
Pughjale de Carticasi, vu de San Cervone
Pughjale de Carticasi, vu de San Cervone
Blason de Carticasi
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité territoriale unique Corse
Circonscription départementale Haute-Corse
Arrondissement Corte
Canton Golo-Morosaglia
Intercommunalité Communauté de communes de la Vallée du Golo
Maire
Mandat
Jean Renucci
2014-2020
Code postal 20244
Code commune 2B068
Démographie
Gentilé carticasinchi
Population
municipale
32 hab. (2015 en diminution de 3,03 % par rapport à 2010)
Densité 2,5 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 21′ 28″ nord, 9° 17′ 28″ est
Altitude 886 m
Min. 652 m
Max. 1 697 m
Superficie 12,8 km2
Localisation

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Carticasi est une commune française située dans le circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Le village appartient à la piève de Vallerustie, en Castagniccia.

Carticasi et San Cervone. La pointe visible correspond exactement à l'emplacement du vieux sanctuaire.
Vue de l'église paroissiale du village

Géographie[modifier | modifier le code]

3. San Petrone vu de Carticasi

Carticasi, du haut de son oppidum préhistorique de A Cima, est un superbe belvédère qui domine toutes les vallées de la pieve des Vallerustie. Ce nid d’aigle (voir photo 4) était autrefois le terminus d’une interminable route qui remonte la profonde vallée de la rivière Casaluna. Malgré l’écrin de montagnes, la vue, par temps clair, peut porter jusqu’à la mer (vers la Balagna). Et c'est de Carticasi que San Petrone (appelé autrefois Monte Nicegnu[1]) présente son bel aspect tabulaire qu’on ne peut contempler, aussi pur, qu’en haute mer (voir photo 3 ci-contre).

Toponymie[modifier | modifier le code]

En corse, la commune se nomme Carticasi, prononcé [kærtiˈgaːzi]. Ses habitants sont les Carticasinchi.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cf. vestiges préhistoriques.

Lieux, monuments, patrimoine[modifier | modifier le code]

4. Oppidum de Carticasi, nid d'aigle dans les nuages
  • Oppidum A Cima (prononciation /dʒi: ma/ , comme "adjiii-ma"))
le village depuis l'oppidum di a cima.

Malgré l’occupation continue, durant des millénaires, de ce palimpseste (pour emprunter une expression de François de Lanfranchi)[style à revoir], la plate-forme sommitale aménagée, et quelques restes cyclopéens ont été épargnés. Ses pentes étaient parsemées de mobilier lithique et céramique.

  • Capella San Stefanu

Lieu-dit Aghja Curtinca. Geneviève Moracchini-Mazel a déterminé que les pierres les plus anciennes sont de même type que celles de la cathédrale de San Petruculu d’Accia (Quercitellu) qui date de l’an 596[2].

  • A Casaccia

Ce terrain ‘sacré’ (campu riservatu, & campu santu, en langue corse), est situé à proximité de l’ancienne église Santa Maria détruite. Ce toponyme qui évoque un ancien monastère ou prieuré bénédictin (casaccia / abbadia), renforce l’hypothèse de la même haute époque grégorienne (Saint Grégoire 1er), avancée par G. Moracchini-Mazel, pour San Stefanu.

Outre le mobilier céramique de toutes époques, A Casaccia (jardin cultivé) a livré en grand nombre du mobilier lithique (haches, fusaïoles, molettes, percutoirs, pointe de flèche), confirmant l’ancienneté et la pérennité de l’occupation du site.

pointe de flèche Casaccia
5. Site des Schippiate dans la haute vallée de la Ghjuvannina
  • E Schippiate (prononciation /eskipiadε/ )

Rocher gravé en limite avec la commune de Bustanicu (Bustanico). Situé dans la haute vallée de A Ghjuvannina (cf. photo 5), il se trouve en bordure de la route D15 qui, par le col de Chjatru, relie Carticasi à Bustanicu. Le lieu est certes mal transcrit sur les diverses cartes qui mentionnent :scribbiate = rayées). Alors que le nom du site (E Schippiate = Les Ecritures ou Les Ecrites) est une exceptionnelle survivance locale du corse médiéval et du toscan médiéval[3]. Au pied du rocher, il y avait un abri sous roche (aujourd’hui presque entièrement détruit par le tracé de la route). Dans les années soixante-dix, éventré par le bulldozer qui avait pratiqué une véritable coupe stratigraphique, le sol, en profondeur, laissait voir un foyer appareillé. Les schippiate (les écritures) ont été, elles aussi, fortement dégradées au cours des deux dernières décennies. Sur ce site exceptionnel d'art rupestre, très aisé d’accès (bordure de la route), il est recommandé de ne pas marcher sur le rocher.

Loin de là, d’autres rochers gravés existent sur la commune, mais nichés au cœur du maquis.

Venardina di E Schippiate, sculptée au dos d'une molette de grandes dimensions. On remarque les énigmatiques cornes (lunaires ?)

Une conservatrice exemplaire du patrimoine :

Les Schippiate étaient encore intactes, il y a quelques décennies, parce que, sur ce rocher, veillait sa propriétaire, Paghjuva Bariani (famille de Didier Bariani).

Précision utile pour les touristes désireux d’admirer les gravures rupestres : la maison de Paghjuva (a Casa di e Schippiate, prononciation comme «a gaza dié skipiadai») figure, sur les cartes, avec l’appellation déformée «casa scribbiata» (les «gens de la ville» sont peu attentifs au conservatoire langagier que constitue la toponymie). Cette appellation exonyme de la maison permet, toutefois, de situer le rocher.

Zia Paghjuva (prononciation /tziaba: juwa/ ) demanda à être enterrée, là, près des Schippiate, et sur la limite des communes, avec, "un pede in Bustanicu, è un pede in Carticasi" (un pied sur Bustanicu et un pied sur Carticasi). Son vœu n’a pu être exaucé ! Puisse donc, la double présentation des Schippiate (dans la page wiki de Bustanicu, et dans celle de Carticasi), contribuer à respecter les volontés de cette grande dame qui les protégea. Exemplaire conservatrice, grâce à laquelle, dans les années soixante, le trésor rupestre (situé en bordure du chemin muletier, et bien connu des voyageurs qui faisaient halte à la source (Funtana di Paghjuva) était encore photographié en parfait état.

Venardina di E Schippiate (prononciation /bénærdi: na dieskipia: dε/ )

Sapie schippià, un sapemu leghje.
I to ochji un sò spenti, corci cechi chi noi simu !
Petite vénus des Schippiate, tu savais écrire … nous ne savons pas lire.
Tes yeux ne sont pas éteints …c’est nous qui sommes aveugles !
  • Oppidum A Marza (/amærtza/), en limite des communes de Carticasi et de Bustanicu. cf. Bustanicu
  • Capella San Cervone, chapelle en ruine, non datée, à 1444 m d'altitude.

Elle se situe non pas sur le point culminant de la montagne (A punta, 1451 m, sommet réel qui n'est pas visible de Carticasi), mais plus bas (1434 m), en limite des communes de Carticasi et de Rusiu. Ce site (qui est le vrai lieu-dit San Cervone, c'est-à-dire les ruines de la chapelle) est le point le plus élevé de la commune de Carticasi vers l'Ouest, et constitue le sommet apparent de la montagne, telle que celle-ci est visible précisément de Carticasi (cf. photo San Cervone). Il est manifeste que le lieu (San Cervone, succédant à un sanctuaire païen), a été choisi en référence à l'oppidum de Carticasi. Pour les randonneurs, le site de la Capella San Cervone est le plus joli point de vue sur Carticasi, les Vallerustie et le San Petrone. Cf. photo de Carticasi vu de San Cervone.

Solstice 2008 au cœur de l'Arcu di l'Ursini
  • Arcu di l’Ursini[4].

Tel que le mégalithe[5] est situé et aménagé, on constate que le soleil ne peut pénétrer sous l’Arcu qu’à la période du solstice d’été (hémisphère nord) (photos ci-dessous 4 et 5). Mais ceci n’est pas le plus étonnant…

Pendant trois jours (de la veille au lendemain du solstice), le soleil levant y produit un spectacle saisissant.

Le premier rayon, dûment ciselé par les lieux et l’aménagement des pierres, frappe la dalle horizontale (située sous l’Arcu) sous forme d’une fine ligne lumineuse qui épouse l’alignement des entailles. Il en résulte, pendant quelques minutes, une impressionnante flèche lumineuse qui pointe, sur la crête montagneuse (A Serra d'Accia), le lieu où le soleil est en train de se lever. Les relevés en cours, sur cette direction précise, rapportés aux variations de l'inclinaison de l'écliptique, pourraient permettre de dater le site ou les entailles.

Photos 6, 7, 8 :

Tout aussi étonnant est le coucher du soleil au solstice d’été. Un montant du mégalithe, entaillé et piqueté, présente une face oblique qui rasée par les derniers rayons, nous permet de viser la position du soleil couchant (il disparaît derrière le mont Capizzolu, point le plus septentrional qu’atteigne le soleil sur la Serra, arête montagneuse. Cf. photos 7, 8). Sur la photo 6, le 20 juin à 20 h 47 (heure française d’été), une minute avant la disparition du soleil, la principale aspérité (qu’on appellera gnomon, par commodité et sans froisser les "archéoastronomo-sceptiques"[style à revoir]) projette son ombre dans une zone évidée. On constate que ce phénomène, lui aussi, ne peut se produire que lorsque, dans sa progression sur la Serra de Lanu, le soleil a atteint le mont Capizzolu. (cf. photos 7, 8),

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1983 Bono RENUCCI    
1983 en cours Jean RENUCCI PRG Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[7].

En 2015, la commune comptait 32 habitants[Note 1], en diminution de 3,03 % par rapport à 2010 (France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
182 225 226 285 297 316 306 331 361
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
380 382 389 379 355 351 381 404 403
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
409 417 407 418 381 356 205 234 92
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012 2015
68 55 21 18 26 30 30 35 32
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Monte Nicegnu dans la correspondance de Saint Grégoire 1er, Registri Epistolarum de SS Gregorius I Magnus : Nigeuno in Liber sextus, Epistola XXII ; Negeugno monte in Liber octavus, Epistola I.
  2. Geneviève Moracchini-Mazel, Les Eglises romanes de Corse, Librairie C.Klincksieck, Paris, 1967, vol.2, p.323. .
  3. "Schippiate", participe du verbe "Schippià" (corse médiéval) signifie écrire. Le verbe est dûment documenté par les corsissismes des textes rédigés en toscan médiéval.
  4. L’Arcu di l’Ursini fut identifié et photographié dès 1945, par Antone Tomasi et son oncle Ghjuvan’Ursinu. Il est à préciser que ce monument, et tous les sites préhistoriques de la région, ont toujours été connus et protégés, voire, si nécessaire, cachés, par la population (au demeurant, cachés certains devront même le rester –hélas- tant que ne pourra être assurée leur protection). En ce qui concerne l’Arcu di l’Ursini et les sites proches, tous avaient été entièrement vidés, sans doute par un chercheur de trésor connu qui au début du XXe siècle, ratissa entièrement cette zone. En ce qui concerne l’Arcu, il ne reste même pas de déblais.
  5. Mégalithe : le terme dolmen (stazzona, en corse) est réservé aux monuments dont «les montants sont plantés». François de Lanfranchi, Le fait mégalithique en Balagne, in Les temps anciens du peuplement de la Corse, la Balagne II, Université de Corse, 1988. Or, à Carticasi, tout comme à Loriani (Cambia, mégalithe fouillé par J-C. Weiss), au moins l’un des montants est constitué par le rocher en place.
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.