Bustanico

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Bustanico
Bustanico
Vue de Bustanico.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité territoriale unique Corse
Circonscription départementale Haute-Corse
Arrondissement Corte
Canton Golo-Morosaglia
Intercommunalité Communauté de communes Pasquale Paoli
Maire
Mandat
Pierre Taddei
2014-2020
Code postal 20212
Code commune 2B045
Démographie
Gentilé Bustanicais
Population
municipale
63 hab. (2016 en augmentation de 5 % par rapport à 2011)
Densité 5,5 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 19′ 24″ nord, 9° 18′ 03″ est
Altitude 800 m
Min. 617 m
Max. 1 727 m
Superficie 11,52 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Corse

Voir sur la carte administrative de Corse
City locator 14.svg
Bustanico

Géolocalisation sur la carte : Corse

Voir sur la carte topographique de Corse
City locator 14.svg
Bustanico

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Bustanico

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Bustanico

Bustanico est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Bustanico est située dans la pieve du Bozio.

Géographie[modifier | modifier le code]

Panorama du village avec au loin Monte d'Oru (2 389 m à gauche) et Monte Cardu (2 453 m à droite).

Situation[modifier | modifier le code]

Bustanico est une commune de 11,52 km2 située à une vingtaine de kilomètres de la cité de Corte, au cœur des montagnes corses. Il est à l'orée de la forêt de la Castagniccia (« châtaigneraie » en français) et en fait partie en s'ouvrant sur un panorama et une vue sur les montagnes corses.

Communes limitrophes
Rose des vents Sermano, Carticasi Carticasi Carcheto-Brustico Rose des vents
Sermano N Piobetta
O    Bustanico    E
S
Sermano Alando, Alzi Mazzola, Pianello

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le terrain y est escarpé car le village se trouve à la charnière entre la Corse schisteuse et granitique, l'une laissant place à des paysages décharnés et l'autre à une forêt dense.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

C'est sur la commune de Bustanico que peuvent être observés, en grand nombre, les plus vieux châtaigniers de toute la Castagniccia.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Bustanico se compose de deux hameaux : Paese Supranu et Paese Suttanu.

Toponyme[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Bustanicu eut une importance majeure dans l'Histoire de l'île de beauté tout entière puisque ce fut de ce village que partit et dans lequel se déclencha l'insurrection corse de 1729, contre la république de Gênes et qui mena 50 ans plus tard à la vente de l'île à la France par les Génois.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Le 30 octobre 1729[1], c'est le village de Bustanico qui est le berceau de la guerre qui déboucha sur la proclamation de l'indépendance de la Corse menée par Pascal Paoli. Alors sous domination génoise, la Corse durement malmenée par la République italienne se voit obligée de verser un nouvel impôt, dit des dui seini. À Bustanico, le lieutenant génois Giovanbattista Gallo, chargé de la récolte de cet impôt, se montre partial avec un vieillard du nom de Cardone (cf. Personnalités). Les villageois prennent alors sa défense et chassent les officiers génois, obligés de rebrousser chemin et de regagner Corte. Les cloches de l'église sonnent à la volée et la révolte gagne peu à peu les villages puis les pievi voisines. Oppressées et exaspérées par une administration génoise très dure, les populations des villages de l'intérieur entrent alors en guerre contre la présence génoise en Corse. Cet événement est reconnu comme l'élément déclencheur de la révolte de la Corse qui débouchera sur l'indépendance de l'île.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le 24 septembre 1976, deux bergers de Bustanico, Xavier et Pasquin Ruggeri sont assassinés par un légionnaire déserteur dans leur bergerie sur les hauteurs du village, entraînant des attentats visant la légion ainsi qu'une vive émotion dans toute l'île (20 000 personnes assisteront à l'enterrement des deux enfants du pays). Leur souvenir est immortalisé en 1978 par la chanson "A strage di Bustànicu" de Canta U Populu Corsu, interprétée par Petru Guelfucci, enfant du Bozio.

En 2009, le politonyme « Bustanico » est également porté par le nouveau canton qui résulte de la fusion de l'ancien canton de San-Lorenzo, de l'ancien canton de Sermano et de l'ancien canton de Piedicorte-di-Gaggio. Le nouveau canton couvrant les pieves des Vallerustie, du Bozio et d'une partie de la Rogna, s'appelle canton de Bustanico (Bustanicu étant réputé au centre du nouveau canton qui est très étendu).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2008 Antoine PERINETTI DVD Conseiller général
mars 2008 En cours Pierre TADDEI DVG Fonctionnaire
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[3].

En 2016, la commune comptait 63 habitants[Note 1], en augmentation de 5 % par rapport à 2011 (France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
208256254282300317361398347
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
365360333346338320327319302
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
340319376223257318310327137
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008 2013
1239775667767666459
2016 - - - - - - - -
63--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culte[modifier | modifier le code]

Saint Césaire diacre et martyr de Terracina, Patron de Bustanico.

L'église paroissiale San Cesareu relève du diocèse d'Ajaccio.

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Monument aux morts

Église paroissiale Saint-Césaire[modifier | modifier le code]

Clocher de l'église Saint-Césaire.

L'église paroissiale est dédiée à Saint Césaire diacre et martyr. L'édifice se situe à Sottano. Daté du XVe siècle (?)[6], il est de plan allongé à chevet plat, à nef unique. Il comporte 2 chapelles latérales communicantes et un autel. L'église renferme une statue Christ en Croix du XVIIIe siècle, classée au titre des Monuments historiques[7].

Chapelle Saint-Vincent[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Vinvent

La chapelle Saint-Vincent se situe place François Marie Taddei à Soprano. Elle pourrait dater du VIIe siècle[8]. Elle s'appelait autrefois chapelle de l'Annonciation dite Annunziata. Cet édifice roman, bâti en schiste et enduit à la chaux, est à nef unique, de plan allongé à chevet semi-circulaire, avec un chœur peu profond. L'autel est en maçonnerie. Le clocher-tour appareillé en schiste a été rajouté au XVIIIe siècle.

Sépultures romaines de Chjatru[modifier | modifier le code]

Site des Schippiate dans la haute vallée de la Ghjuvannina. Site de Chjatru (sépultures romaines). Abadia di Sant'Antone

Ces sépultures romaines de Chjatru se trouvent au col au-dessus du village. Les jarres funéraires à col contenaient des crânes de dimensions exceptionnelles qui n’avaient pu être introduits par l’ouverture. Il ne reste plus rien au village.

E Schippiate[modifier | modifier le code]

E Schippiate est un rocher gravé en limite avec la commune de Carticasi. Il se trouve en bordure de la route qui relie Bustanico à Carticasi. Le lieu est mal transcrit sur les diverses cartes qui mentionnent : scribbiate = rayées). Alors que le nom du site (E Schippiate = les écritures) est une exceptionnelle survivance locale du corse médiéval et du toscan médiéval. Au pied du rocher, il y avait un abri sous roche (aujourd’hui presque entièrement détruit par le tracé de la route). Dans les années soixante-dix, l’abri sous roche comportait encore un foyer. Les schippiate (les écritures) ont été, elles aussi, fortement dégradées au cours des deux dernières décennies. Sur ce site exceptionnel d'art rupestre, très aisé d’accès (bordure de la route), il est recommandé de ne pas marcher sur le rocher. Loin de là, d’autres rochers gravés existent sur la commune, mais au cœur du maquis.

Une conservatrice exemplaire du patrimoine

Les Schippiate étaient encore intactes, il y a quelques décennies, parce que, sur ce rocher, veillait sa propriétaire, Paghjuva Bariani.

Précision utile pour les touristes désireux d’admirer les gravures rupestres : la maison de Paghjuva (a Casa di e Schippiate) figure, sur les cartes, avec l’appellation déformée « casa scribbiata » (les « gens de la ville » sont peu attentifs au conservatoire langagier que constitue la toponymie. Cf. infra, les recommandations de Ghjseppu Defranchi). Cette appellation exonyme impropre de la maison (elle-même site préhistorique) permet, toutefois, de situer le rocher proche.

Zia Paghjuva demanda à être enterrée, là, près des Schippiate, et sur la limite des communes, avec, "un pede in Bustanicu, è un pede in Carticasi" (un pied sur Bustanico, et un pied sur Carticasi). Son vœu n’a pu être exaucé ! Puisse donc, la double présentation des Schippiate (dans la page wiki de Bustanico, et dans celle de Carticasi), contribuer à respecter les volontés de cette grande dame qui les protégea. Exemplaire conservatrice, grâce à laquelle, dans les années soixante, le trésor rupestre (situé en bordure du chemin muletier, et bien connu des voyageurs) était encore photographié en parfait état.

Abbaye de Saint-Antoine[modifier | modifier le code]

L’humble chapelle, bien entretenue, est le vestige de ce qui fut l'abbaye Abbadia di Sant’Antone dont le patrimoine (vendu comme bien national, en 1791) s’étendait sur le Bozio et sur Vallerustie. L’Abbadia di Sant’Antone était, en 1789, l’un des huit monastères ou ermitages corses à porter le titre d’Abbaye[9]. Avant la Seconde Guerre mondiale, l’Abbadia di Sant’Antone était encore entourée des champs de blé qui, au début du XXe siècle, grimpaient jusqu'aux pentes du San Cervone. Elle se situe à un carrefour de chemins muletiers. Autrefois, le 13 juin, les populations des deux pièves de Bozio et Vallerustie s’y réunissaient. Un chemin carrossable partant de Chjatru (Chiatra), col que franchit la route D 39, permet d’accéder à la chapelle, où la fête est toujours célébrée avec dévotion.

A Marza[modifier | modifier le code]

L'oppidum A Marza ( /amæ: rtza/ ) est un promontoire qui commande A Bocca di Marza ( /ao: ka imæ: rtza/ ), col d’altitude où passait A Strava Maestra, véritable antique « autoroute des cimes » qui traverse la Castagniccia. À Marza a toujours été occupée depuis des millénaires. Au pied de l’oppidum, la bergerie de Marza était encore habitée jusqu’au drame qui l’endeuilla. Du haut du promontoire, sont visibles tous les oppida du Bozio et des Vallerustie.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Cardone, alias Antonefrancescu Defranchi
Son patronyme fut souvent écrit par erreur Lanfranchi. L’identité du vieillard qui entra dans l'histoire le 30 octobre 1729, a été rétablie par son descendant direct, Ghjseppu Defranchi. Celui-ci, dans un long poème[10].), faisait le point sur le nom de son aïeul :
In Bustanicu, l’accertu (Je certifie qu’à Bustanicu)
Lanfranchi un ci ne hè mai statu. (des Lanfranchi, il n’y en a jamais eu)
Li registri parruchjali (Dans les registres paroissiaux)
Un’ ne anu mai parlatu. (il n'en figure aucun).
Un’esiste Anton Francescu (il n’y eut jamais aucun Antone Francescu)
Chi Defranchi un sia natu. (en dehors de Defranchi)
  • Ghjseppu Defranchi, poète du village, leader syndicaliste français, généalogiste, historien.
Le grand érudit fulminait contre les erreurs qui émaillent les essais historiques. Et dans le long poème (déjà cité à propos de son aïeul Cardone) qu'il déclamait volontiers à ceux qu'il rencontrait[Note 2] lors de sa quotidienne promenade, entre les deux villages ou jusqu'à Chjatru), il fustigeait les historiens (furesteri, i.e. étrangers au village) qui s’évertuent en vaines spéculations, alors qu’il leur suffirait de s’adresser aux vieux des villages, pour connaître tant de vérités :
A’ chi scrive storia corsa (à ceux qui écrivent l’histoire de la Corse)
Stu cunsigliu vogliu dà (je donne ce conseil)
prima di fà stampà libri, (avant d’écrire des livres)
megliu facenu d’andà (ils feraient mieux d’aller)
in paesi di muntagna (dans les villages de montagne)
Per sapè a verità. (pour apprendre la vérité).
Duverebbenu parlà (Ils devraient consulter)
Cun ghjente di quelli lochi (les gens du crû)
Chi cunservanu in memoria (qui conservent en mémoire)
I fatti conti à li fochi (les faits, qu'à la veillée)
Da li vechji à li zitelli (les vieux transmettent aux enfants)
E’ piu sapienti ch’è elli. (tous bien plus savants que les historiens qui veulent écrire des livres).
Recommandation que Fernand Ettori commente malicieusement : "conseil judicieux de ne pas négliger la tradition orale." [11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.
  2. Mettre l'information en poésie à la manière ancestrale et la déclamer, c'était faute des veillées d'autrefois, sa manière de transmettre son immense savoir

Références[modifier | modifier le code]

  1. Don Gaï, La tragique histoire des Corses", SAPRA, Paris, 1951
  2. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  6. [1] Jean-François Bernardi, Marie-Dominique Roy, “église paroissiale Saint-Césaire,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, consulté le 9 juin 2017
  7. Notice no PM2B000190, base Palissy, ministère français de la Culture
  8. [2] Jean-François Bernardi, Marie-Dominique Roy, “église paroissiale Saint-Césaire,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, consulté le 9 juin 2017
  9. Chanoine Casanova, Histoire de l'Église Corse, Tome IV, Imprimerie Moderne, Bastia, 1939
  10. Un extrait figure dans Le Mémorial : Pomponi & alt., "Le Mémorial des Corses", Tome II, lmdc, Ajaccio, 1981
  11. Fernand Ettori, "Le Mémorial des Corses", Tome II, lmdc, Ajaccio, 1981