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Braxton Bragg

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Braxton Bragg
Braxton Bragg
Portrait de Braxton Bragg.

Naissance
Warrenton (Caroline du Nord)
Décès (à 59 ans)
Galveston (Texas)
Origine Américain
Allégeance Drapeau des États-Unis États-Unis (1837-1856)
Drapeau des États confédérés d'Amérique États confédérés (1861-1865)
Grade Lieutenant colonel brevet (USA)
Général (CSA)
Années de service 1837 – 1865
Commandement Armée du Mississippi et Armée du Tennessee
Conflits Seconde Guerre séminole
Guerre américano-mexicaine
Guerre de Sécession
Faits d'armes Siège de Fort Texas
Bataille de Monterrey
Bataille de Buena Vista
Guerre de Sécession
Bataille de Shiloh
Bataille de Perryville
Bataille de la Stones River
Campagne de Tullahoma
Bataille de Chickamauga
Bataille de Chattanooga
Seconde bataille de Fort Fisher
Bataille de Bentonville
Signature de Braxton Bragg

Braxton Bragg ( - ) est un soldat, officier de l'US Army puis général de l'Armée des États confédérés d'Amérique lors de la guerre de Sécession. C'était aussi un important planteur esclavagiste du Sud des États-Unis.

Il est né à Warrenton, en Caroline du Nord. Son frère, Thomas Bragg, est ministre de la Justice de la Confédération en 1861-1862.

Carrière militaire

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Diplômé de West Point en 1837[note 1], il est nommé second lieutenant. Il sert en Floride dans les guerres contre les Séminoles et prend part à l'occupation du Texas. Il se distingue lors de la guerre américano-mexicaine, où il est promu major pour sa bravoure et sa conduite exemplaire lors de la bataille de Monterrey () puis lieutenant-colonel lors de la bataille de Buena Vista (). Il y gagne le respect de son supérieur, le général Zachary Taylor et l'amitié du colonel Jefferson Davis.

En , il quitte l'US Army pour devenir planteur en Louisiane, faisant travailler 105 esclaves dans son exploitation[1].

Guerre de Sécession

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Colonel dans la milice de Louisiane, il est ensuite nommé brigadier général (brigadier general) le , puis général de division (major general) le . Ses troupes sont bientôt connues comme les plus disciplinées des armées de la Confédération. Il commande à la bataille de Shiloh.

Promu général, l'un des sept que la Confédération ait connus, le , il commande l'armée du Mississippi, à la tête de laquelle il succède à Pierre Gustave Toutant de Beauregard. L'armée du Mississippi, rebaptisée armée du Tennessee en , est le principal corps d'armée de la Confédération qui opère entre les Appalaches et le Mississippi. À la tête de ses troupes, il envahit le Kentucky. Après quelques succès, il donne l'ordre de se retirer, ce qui lui vaut de sévères critiques de la presse et de certains de ses subordonnés. En décembre, il participe à la bataille de Stones River où il est tout près de défaire le général William S. Rosecrans, mais il ordonne une nouvelle fois la retraite le .

Dès lors les dissension internes se manifestent au grand jour : tous les commandants de corps d'armée et de division expriment leur manque de confiance à l'égard de leur chef. Le général Leonidas Polk fait jouer ses relations politiques pour relever Bragg de son commandement. Plusieurs de ses subordonnés refusent d'obéir à ses ordres. Mais Jefferson Davis le maintient malgré tout à son poste.

Grâce à l'appui du général James Longstreet, il remporte une victoire, coûteuse, à la bataille de Chickamauga. Il fait ensuite le siège de la ville de Chattanooga où l'armée de l'Union s'est réfugiée. Renforcée par l'arrivée du général Ulysses S. Grant, l'armée de l'Union lève le siège de Chattanooga et les confédérés refluent vers la Georgie ().

"Général irascible et querelleur"[2], peu apprécié par ses hommes auxquels il impose une discipline de fer, son attitude est une nouvelle fois dénoncée par Longstreet et Nathan Bedford Forrest. Pour finir, le président Jefferson Davis accepte la démission de Bragg et le remplace par le général Joseph E. Johnston.

En , Bragg est envoyé à Richmond, où, privé de poste de commandement, il est un conseiller militaire du président Davis. Il travaille à la réorganisation de l'effort de guerre de la Confédération. Il participe à la défense de Wilmington, Augusta, Savannah et Charleston.

Hommages et critiques

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Lors de sa fondation en 1918, la base Fort Bragg est nommée en son honneur[3].

En 2020, à la suite des nombreuses manifestations déclenchées par le meurtre de George Floyd, l'armée américaine fait l'inventaire de ses équipements et installations qui portent des noms de personnalités esclavagistes et sudistes[4],[5]. Au Congrès, malgré le veto du président Donald Trump, une loi bipartisane soutenue par les Démocrates et les Républicains créé une commission de renommage et ordonne au secrétaire à la Défense de mettre en œuvre ses recommandations[4]. En 2023, sous l'administration Biden, neuf bases militaires changent alors de noms. Fort Bragg devient ainsi « Fort Liberty »[6]. Pour Kori Schake, chercheuse à l'American Enterprise Institute, un think tank conservateur, le nouveau nom rend hommages aux « personnes qui ont fait le sacrifice ultime pour notre pays », « et cela semble beaucoup plus approprié que de le nommer pour un général déshonoré (et médiocre) »[4].

En 2025, au début de la seconde présidence de Donald Trump, le Secrétaire à la Défense renomme la base selon son précédent nom[7], comme annoncé durant la campagne présidentielle. Officiellement, le retour au nom supprimé rend cette fois-ci hommage au soldat Roland L. Bragg de la 17e division aéroportée, un combattant de la Seconde Guerre mondiale qui a été décoré pour ses faits d’armes lors de la bataille des Ardennes, et dont le nom avait été proposé en 2022 par une commission[8].

Notes et références

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  1. Il est de la même promotion que les futurs généraux Lewis Golding Arnold, Henry Washington Benham, Alexander Brydie Dyer, William Henry French, Joseph Hooker, Eliakim Parker Scammon, John Sedgwick (), John Blair Smith Todd, Israel Vogdes, Thomas R. Williams () et Robert Hall Chilton, Jubal Anderson Early, Arnold Elzey (Jones), William Whann Mackall, John Clifford Pemberton, William Henry Talbot Walker () ainsi que Joshua Bates. Les dix premiers ont combattu dans les rangs de l'Union et les six suivants dans ceux de la Confédération et le dernier dans la milice de l'Ohio.

Références

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  1. (en-US) Jonathan P. Baird, « Jonathan P. Baird: Why the Confederacy should not be honored », sur Concord Monitor, (consulté le )
  2. J. MacPherson, La Guerre de Sécession, p. 564.
  3. (en) Tara Copp, Lolita C., « Hegseth renames North Carolina military base Fort Roland L. Bragg and signals more change coming », AP News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. a b et c (en) Joe Gould, Connor O’Brien et Paul McLeary, « Lawmakers vow to fight Trump if he restores Confederate base names », sur Politico, (consulté le )
  5. (en) John Ismay, « The Army Was Open to Replacing Confederate Base Names. Then Trump Said No. », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  6. (en) « Fort Bragg changes name to Fort Liberty, part of U.S. Army plan to rename installations honoring Confederate soldiers », sur PBS NewsHour, (consulté le ).
  7. Ullyot, « Secretary of Defense Pete Hegseth Renames Fort Liberty to Fort Bragg », U.S. Department of Defense, (consulté le )
  8. « The Naming Commission Final Report to Congress », sur U.S. Department of Defense,

Bibliographie

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  • Daniel, Larry J., Soldiering in the Army of Tennessee: A Portrait of Life in a Confederate Army, University of North Carolina Press, 1991, (ISBN 0-8078-5552-9).
  • (en) Earl J. Hess, Braxton Bragg : the most hated man of the Confederacy, Chapel Hill, The University of North Carolina Press, coll. « Civil War America », , 341 p. (ISBN 9781469628752, OCLC 965120937).
  • McPherson, James M., (1991), La Guerre de Sécession (1861-1865), Robert Laffont, 1991.
  • Noe, Kenneth W., (2001). Perryville: This Grand Havoc of Battle. The University Press of Kentucky. (ISBN 0-8131-2209-0)

Liens externes

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