Nathan Bedford Forrest

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Nathan Bedford Forrest
Nathan Bedford Forrest, général confédéré, 1821-1877
Nathan Bedford Forrest, général confédéré, 1821-1877

Naissance
Tennessee
Décès (à 56 ans)
Memphis (Tennessee)
Origine Américain
Allégeance Drapeau des États confédérés d'Amérique États confédérés
Arme cavalerie
Grade Confederate States of America General-collar.svg Lieutenant général
Années de service 18611865
Conflits Guerre de Sécession
Commandement Forrest's Cavalry Corps
Faits d'armes bataille de Fort Donelson
bataille de Shiloh
Bataille de Chickamauga
bataille de Fort Pillow
bataille de Nashville

Nathan Bedford Forrest ( - ) est un lieutenant général confédéré. Il est un officier confédéré controversé de la guerre de Sécession et est considéré comme l'un des meilleurs tacticiens[1] : les tactiques de mouvement de troupes (cavalerie) qu'il a mises en place à l'époque sont toujours étudiées de nos jours et appliquées par les militaires. Il fut en quelque sorte un précurseur de la doctrine du « Blitzkrieg ». Après la guerre, Forrest devint le premier « Premier Grand Sorcier » du Ku Klux Klan, titre attribué au chef du KKK. Il quittera néanmoins le KKK dont il ordonna en vain la dissolution vers la fin de sa vie en raison des excès de cette organisation et de certaines divergences. En effet, ayant lui-même tenu la promesse de libérer ses propres esclaves juste avant la fin des hostilités, il prit par la suite publiquement position en faveur de la cause des Noirs d'Amérique[2].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

City Directory de Memphis, entrée dans les affaires de la traite des esclaves de Forrest, 1855-1856

« Ma vie a été un combat depuis son commencement ».

Nathan Bedford Forrest est né le à Chapell Hill, dans le comté de Bedford, Tennessee, dans une famille de pionniers. Ses parents se nommaient William Forrest et Myriam Beck. Forrest connait une enfance difficile, au sein d’une famille nombreuse.

En 1834, la famille quitte le Tennessee, et s'installe dans le Mississippi, Marshall County. Il est orphelin de père deux ans plus tard, alors qu'il n'a que 15 ans. Étant l’aîné, il doit subvenir aux besoins de sa mère enceinte et de ses 10 frères et sœurs. Une épidémie de fièvre typhoïde frappe peu après la région et ses trois sœurs, dont sa jumelle, ainsi que deux de ses frères meurent. Forrest, qui est resté moins d'un an à l'école, rêve de devenir riche par contradiction avec son enfance difficile. Travaillant dur depuis quelques années, il décide de devenir marchand d’esclave afin de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Il devient prospère avec le commerce d'esclaves et gagne l'estime de la société sudiste[1].

Il devient ensuite planteur. Entre temps, il rencontre sa femme, Mary-Ann Montgomery, fille d’un pasteur au départ réticent à ce qu’elle épouse un homme peu croyant. Il obtient cependant sa main et l’épouse en 1845. En 1846, naît leur fils William, et en 1848, ils auront une fille Fanny.

Forrest s’installe avec sa famille à Memphis, Tennessee. Il gagne bien sa vie et paie à ses frères les études qu’il n’a pu avoir. Il n’est pas illettré, il est avéré qu’il a continué quelques études informelles, en autodidacte. Cependant il écrira toujours l’anglais avec une orthographe assez approximative. Cela ne l’empêche pas de s’impliquer dans la vie politique locale, il est élu en 1855 au poste d’alderman, une sorte de conseiller municipal de l'époque, et il cogère la ville de Memphis avec quelques pairs[1]. Un raison de son manque d'éducation, il est considéré par certains politiciens locaux comme une « racaille blanche »[1].

Il devient un notable et apparaît sensible aux attaques sur ses origines (très) modestes et ses lacunes scolaires. Il va notamment s’impliquer dans l’assainissement de la ville et l’installation d’un système de drainage des eaux car les épidémies de choléra et de fièvres font des ravages périodiquement. Il y parviendra, se battant d’autant plus que sa fille Fanny va succomber lors d’une épidémie de choléra.

La guerre de sécession[modifier | modifier le code]

Lors du déclenchement de la guerre de Sécession, Forrest va s’engager volontairement sous les couleurs de son État, le Tennessee.

Il tient à s’engager comme simple soldat[note 1], refusant de demander le brevet d'officier[note 2]. Cependant, Forrest lève un régiment de cavalerie[note 3] sur ses propres deniers (il est à présent millionnaire), et sa famille le suit : ses frères et son fils sont présents à ses côtés. Mais ses amis de Memphis font jouer leur influence et lui obtiennent le grade de lieutenant-colonel et le commandement de son régiment. Il va se révéler un bon tacticien. Il va gagner ses galons suivants par ses aptitudes et surtout sa compétence et va être à la fin de la guerre lieutenant général.

Son premier engagement est à Fort Donelson, en février 1862, où il est écœuré par le comportement peu pugnace de ses supérieurs (John B. Floyd, Giddeon Pillow et Simon Buckner) qui, après avoir quasiment brisé l'encerclement nordiste, décident quand même de se rendre. Forrest refuse cette reddition et quitte alors le fort, après avoir appelé tous les volontaires à le joindre, et en traversant avec ses cavaliers les lignes ennemies dans une zone inondée.

À Shiloh, il sera blessé en couvrant la retraite de l'armée du général Beauregard alors commandant depuis le décès d'Albert Johnston.

En novembre 1863, après la victoire de l'Union à Chattanooga, Forrest fait éclater sa colère contre le général Bragg, refusant de servir de nouveau sous ses ordres : « si vous essayer encore d'interférer avec moi ou croisez mon chemin, ce sera au péril de votre vie ! »[1].

Ses qualités de soldat et de meneur d'hommes le conduiront à des exploits militaires durant la bataille de Brices Crossroads (), la Seconde bataille de Memphis (), il capturera la ville quelques heures obligeant les troupes de l'union à reculer), ou encore son sauvetage de l'armée de John Bell Hood lors de la campagne de Franklin-Nashville.

Fort Pillow[modifier | modifier le code]

Le fort Pillow est construit par les confédérés en 1861 sur la rive est du fleuve Mississippi. Il est été évacué par les confédérés après la chute de Corinth en mai 1862. En avril 1864, le fort est alors occupé par 600 fédéraux dont la moitié sont d'anciens esclaves. Le , Forrest encercle le fort et ouvre le feu sur les fédéraux. Sous la conduite d'un drapeau blanc, il demande la reddition inconditionnelle des feu, promettant aux officiers d'être traités comme des prisonniers de guerre. Le commandant de l'Union W. F. Bradford refuse de se rendre. Sans attendre, Forrest lance l'assaut du fort ; les hommes de Forrest ouvrent un brèche et une fois le contrôle du fort pris, la tuerie ne s'arrête pas[1]. Forrest est alors la cible d'accusations après la prise du Fort Pillow (). En effet, l'Union lui reproche d'avoir fait massacrer la garnison composée de soldats Noirs défendant ce fort.

Il est blessé de plusieurs coups de sabre (notamment à la tête) lors d'un combat le mais est présent le lendemain durant la bataille de Selma (en Alabama), l'une des dernières grandes batailles de la guerre.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Il entre au Ku Klux Klan en 1867 et combat pour rendre le Sud à ses « propres mains »[1]. Jouant de l'intimidation, il prône l'emploi de la violence lorsque c'est nécessaire[1]. En public, il conseille la paix et l'obéissance à l'ordre fédéral alors qu'en privé il subventionne la guerre contre le nouvel ordre du Sud[1]. Il est le Premier Grand sorcier du Ku Klux Klan. En 1867, il devient président de le Planters' Insurance Company qui fait faillite un an plus tard[1].

En 1868, il retrouve sa citoyenneté américaine et obtient le pardon présidentiel de Johnson. Il prend ensuite la présidence de la compagnie de chemin de fer de Selma, Marion, et Memphis[1].

Ses propos selon lesquels il n'aurait aucun lien avec le Klan semblent peu probable. En 1871, il est convoqué devant un comité du Congrès à propos des affaires du Ku Klux Klan : devant ce comité, Forrest nie toute implication active dans les activité du Klan, qu'il sait que c'est une association de citoyens organisée pour son auto-protection. Il déclare qu'il a mis en garde contre leur implication dans la violence et les a pressés de de dissoudre. Il déclare ultérieurement des « mensonges de gentleman »[1].

En 1875, sous l'influence de sa femme il se fait baptiser et rejoint l'église presbytérienne[1]. Sa santé décline à partir de cette époque. Il meurt à Memphis.

Un article du New York Times précise qu'alors que Lee est un exemple de « soldat courageux et de gentleman digne », Forrest personnifie le « voyou irréfléchi et l'assassin audacieux » du sud-ouest[1]. Il précise aussi qu'il était « notoirement assoiffé de sang et rempli de vengeance ».

Mémoire[modifier | modifier le code]

Statue de Forrest à Memphis

En 1905, la ville de Memphis fait ériger une statue équestre dans un parc éponyme[1]. Forrest et sa femme sont ré-inhumés à son pied. Un groupe d'afro-américains demande le démantèlement de la statue en raison son passé de marchand d'esclave, de boucher de fort Pillow et de son implication dans le Klu Klux Klan[1].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Au début du film Forrest Gump (1994), de Robert Zemekis avec Tom Hanks, le héros éponyme dit que sa mère l'a prénommé Forrest en référence à Nathan Bedford Forrest car, dit-il, Mme Gump disait que « parfois, dans la vie, on fait des choses qui n'ont pas beaucoup de sens ». Il raconte cette anecdote à une jeune femme qui attend l'autobus à côté de lui et qui, comble de l'ironie, est noire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans la compagnie « E » des « Tennessee Mounted Rifles », c'est-à-dire dans un régiment de cavaliers mais combattant à pied.
  2. Ce brevet, qui vaut nomination a un grade donné, est accordé par les autorités du territoire concerné. Celles-ci les accordent plus pour des motifs politiques (clientélisme) que militaires. Le même système fonctionne chez les nordistes. Dans le cas de Forrest, son éducation scolaire limitée aurait sans doute été un obstacle à l'octroi d'un brevet d'officier. Mais la levée de son propre régiment montre qu'il n'entendait pas rester simple soldat.
  3. Le 7e régiment de cavalerie du Tennessee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Wilmer L. Jones
  2. Nathan Bedford Forrest : A Biography, Jack Hurst

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Nathan Bedford Forrest » (voir la liste des auteurs).
  • (en) Mark M Boatner III, The Civil War Dictionary, Vintage Books, 1959, réédition 1987, (ISBN 0-679-73392-2), pages 288-289.
  • The Commanders of the Civil war - Ed. Salamander
  • (en) Wilmer L. Jones, Generals in Blue and Gray: Davis's generals, Greenwood Publishing Group, , 850 p. (ISBN 9780275983246)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jack HURST, Nathan Bedford Forrest, a biography, 1993