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Bethsabée au bain tenant la lettre de David

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Bethsabée au bain tenant la lettre de David
Artiste
Date
Type
Technique
huile sur toile
Dimensions (H × L × l)
142 × 142 × 11 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Propriétaire
No d’inventaire
MI 957
Localisation

Bethsabée au bain tenant la lettre de David est une peinture à l'huile réalisée par Rembrandt en 1654. Conservée au musée du Louvre, elle représente Bethsabée sous les traits de la concubine de l'artiste, Hendrickje Stoffels.

Description

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La scène représente une femme sortant du bain. Une servante lui essuie les pieds. La femme est Bethsabée, épouse du soldat Urie. Son regard est songeur et indécis, car elle vient de lire la lettre qu'elle tient dans sa main droite et qui provient du roi David. Ce dernier, l'ayant observée durant son bain, l'invite à son palais. La jeune femme est face à un ultimatum : commettre l'adultère - pire action qu'une femme puisse commettre selon la morale du XVIIe siècle - ou désobéir à son roi - acte de trahison. Bethsabée est plongée dans une douce lumière qui souligne son isolement et sa réflexion sur cette invitation qu'elle finit par accepter et qui a de graves répercussions.

Willem Drost, Bethsabée recevant la lettre de David, 1654.


Ce tableau peut être rapproché d'une œuvre de l'élève de Rembrandt Willem Drost réalisée la même année et conservée également au Louvre, Bethsabée recevant la lettre de David. Toutefois, le même sujet est représenté de façon différente par les deux peintres : Drost peint une femme idéale et séductrice[1] ; Rembrandt rompt avec cette tradition pour montrer une Bethsabée victime de sa beauté, une femme préoccupée et non plus aguicheuse.

Rembrandt a représenté un nu féminin naturaliste. Le corps n'est pas idéalisé : la peau du ventre est souple, les cuisses et les hanches sont larges. Au lieu de voir des muscles, l'artiste peint une masse de chair. L'effet de réel est accentué par des coups de pinceau qui imitent la texture de la peau. Au XVIIe siècle, le nu conventionnel est un nu dans le style classique, un idéal esthétique que Rembrandt rejette. L'œuvre est tellement individualisée que certains y ont vu le portrait de Hendrickje Stoffels alors enceinte[2] (elle donne naissance à une fille en ). L'état de son sein gauche laisse croire que Hendrickje avait un abcès résultant de la complication d’une mastite causée par l’absence d’allaitement, qui se serait développée à la suite d'une fausse couche ou d'un accouchement prématuré[3].

Rembrandt s'est confronté à la représentation de Bethsabée à plusieurs reprises. La copie d'après Rembrandt de Bethsabée à sa toilette, vue par David, montre une scène inscrite dans un paysage avec le palais du roi dans le fond. Vers 1632-1633, l'artiste peint Femme à sa toilette conservée à Ottawa où la jeune femme est placée dans un intérieur. En 1643, La toilette de Bethsabée, présente une Bethsabée complètement nue et regardant le spectateur. Rembrandt ne conserve de ses travaux antérieurs que la chemise blanche et la vieille servante agenouillée à ses pieds. Son œuvre est le résultat d'une réflexion et d'une émulation permanente.

Copie d’après Rembrandt, La toilette de Bethsabée, vers 1632, huile sur bois, Musée des Beaux-Arts de Rennes
Rembrandt, La toilette de Bethsabée, 1643, huile sur bois de chêne, 57,2 x 76,2 cm, New York, Metropolitan Museum
Rembrandt, Femme à sa toilette, 1632-1633, huile sur toile, 109,2 x 94,4 cm, Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada

La peinture est conservée au musée du Louvre, c'est l'une des 583 œuvres données par le Dr Louis La Caze en 1869.

Le musée du Louvre en a terminé une restauration d'une durée de 8 mois en 2014[4].

Notes et références

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  1. Berys Nigel Gaut, Art, emotion and ethics, Oxford Univ. Press, (ISBN 978-0-19-926321-9 et 978-0-19-957152-9), p. 20-22
  2. Ann Jensen Adams, Rembrandt's Bathsheba reading king David's letter, Cambridge University press, coll. « Masterpieces of western painting », (ISBN 978-0-521-45391-2)
  3. «Diagnostiquer à partir d'une peinture...»
  4. « Restauration de la Bethsabée de Rembrandt | Musée du Louvre | Paris », (consulté le )

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Bibliographie

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  • Adams, Ann Jensen, et al., Rembrandt's Bathsheba Reading King David's Letter, Cambridge, Cambridge University Press, 1998
  • Ducos, Blaise, Rembrandt, Bethsabée tenant la lettre du roi David, Paris, Réunion des musées nationaux, 2006
  • Ruiz-Maugis, Marie-Laure, Tainturier, Cécile (préfacier), Rembrandt et Bethsabée, Paris, Editions Macenta, 2016
  • Sluijter, Eric Jan, Rembrandt and the Female Nude, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2006
  • Sluijter, Eric Jan, Rembrandt's rivals: history painting in Amsterdam 1630-1650, Amsterdam, John Benjamins Publishing Company, 2015
  • Tümpel, Christian, Rembrandt, Paris, Albin Michel, 1986
  • Wetering, Ernst van de, et al., Rembrandt. Quest of a genius, Amsterdam, Zwolle, 2006
  • Ducos, Blaise, « Bethsabée, les secrets d'un chef-d'œuvre », Grande Galerie, Le Journal du Louvre, vol. n°29, sept./oct./nov. 2014, p.76-79
  • Sluijter, Eric Jan, « 'Horrible nature, incomparable art': Rembrandt and the depiction of the female nude », in Julia Lloyd Williams (ed), Rembrandt's Women, Edimbourg / Londres, National Gallery of Scotland / Royal Academy, 2001, p. 36-45
  • Sluijter, Eric Jan, « Rembrandt's portrayal of the passions and Vondel's 'straetveranderinge' », in Stephanie S. Dickey and Herman Roodenburg (eds.), The Passions in the Arts of the Early Modern Netherlands, Nederlands Kunsthistorisch Jaarboek 60, 2010, p. 283-301
  • Sluijter, Eric Jan, « The Nude, the Artist and the Model: The case of Rembrandt », in Karolien De Clippel, Katharina Van Cauteren et Katlijne Van der Stighelen (eds.), The Nude and the Norm in the Early Modern Low Countries, Turnhout, Brepols, 2011, p.11-34

Liens externes

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