Bassem Braïki

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Bassem Braïki
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Biographie
Naissance
(39 ans)
Lyon, France
Période d'activité
Depuis 2015
Nationalité
Activités
Autres informations
Site web

Bassem Braïki, né le à Lyon, est un blogueur et ancien rappeur franco-tunisien ayant grandi et résidant à Vénissieux.

Actif sur les réseaux sociaux, anciennement sous le pseudonyme « Chronic 2 Bass », il publie de courtes vidéos où il commente l'actualité tout en prenant position sur divers sujets de société. Il bénéficie, en 2015, d'une certaine exposition médiatique en raison de sa dénonciation farouche des attentats du 13 novembre perpétrés par l'État islamique.

Il devient ensuite controversé en raison de propos jugés racistes envers les Noirs et opposés au métissage entre les Noirs et les Arabes. Il est également condamné pour une affaire d'agression d'un handicapé et pour des propos racistes et il reçoit un rappel à la loi pour des propos homophobes. Il est ensuite incarcéré d'avril à décembre 2019. En février 2020, il est victime d'une agression de la part du rappeur Sadek.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Bassem Braïki est le fils d'un électricien tunisien, arrivé à Lyon en 1967[1]. Il fait sa scolarité dans la ville de Vénissieux, à l'école Léo Lagrange, au collège Paul Éluard, puis au lycée Jacques-Brel[2]. Il est le frère de Bayrem Braïki, adjoint PCF à la mairie de Vénissieux[3].

Carrière dans le rap[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, il fonde au côté de son ami d'enfance Oumse Dia, un groupe de rap appelé « La Mannschaft » (en hommage à l'équipe d'Allemagne de football). Le duo se produit sur de nombreuses scènes de région lyonnaise et en vient même à effectuer les premières parties de Gravediggaz, Wu-Tang Clan, IAM[4],[5]...

En 2014, Bassem Braïki est, sous l'alias Transporteur RS, l'artiste vedette du morceau « 6-9 à l’ancienne » qui figure dans l'EP solo d'Oumse Dia, intitulé « Ma Terre musicale »[4],[5].

Il est aussi nationalement reconnu pour son single shalom havemi mikhari mikhouri

Attentats du 13 novembre 2015[modifier | modifier le code]

Le 18 novembre 2015, jour de l'assaut du Raid à Saint Denis contre les terroristes du 13 novembre, Bassem Braïki publie une courte vidéo sur le réseau social Facebook incitant la communauté musulmane de France à se mobiliser contre l'embrigadement islamiste. Sa vidéo sera vue plus de 5 millions de fois en moins de 24 heures. Ainsi, il explique sur la chaîne de télévision BFM TV : « Protégeons notre belle religion (...) allons traquer ces imposteurs qui se font passer pour des musulmans en tuant des gens »[6],[7]. La vidéo est également diffusée sur la chaîne américaine Fox News[8].

Militantisme, racisme et polémiques[modifier | modifier le code]

Le 25 mars 2016, Bassem Braïki fait annuler le concert du rappeur Booba à Lyon via un trouble à l'ordre public en organisant un rassemblement devant la discothèque. Il accuse celui-ci de dénigrer l'image des femmes maghrébines dans ses paroles telles que « Ma pute prépare le couscous »[9].

Suite à cette polémique, Gregory Chelli, un hackeur franco-israélien qui apprécie Booba lance plusieurs attaques contre Bassem Braïki et contre les membres de sa famille, notamment via des techniques de swatting. Suite à ce bras de fer, le blogueur est accusé d'antisémitisme après avoir dit « on va refaire une Ilan Halimi, appelez moi Youssouf Fofana » en référence à l'affaire criminelle lors de laquelle un jeune juif a été enlevé et assassiné en 2006[10],[11]. Il est par la suite entendu dans le cadre de violences volontaires sur personne handicapée après une vidéo diffusée sur Periscope, dans plusieurs affaires d'escroqueries, de violence sur de faux pédophiles, de menaces de mort notamment contre l'ancienne gendarme Seaad Besbiss[12],[13],[14],[15]. Il est finalement condamné en 2016 à cinq mois de prison ferme pour « insulte à caractère raciste » sur une affaire remontant à août 2015[16].

Durant les années 2016 et 2017, Bassem Braïki appelle à faire interdire les spectacles de plusieurs autres rappeurs tel que La Fouine, Rohff, Gradur, Maître Gims pour les mêmes raisons que Booba.

Fin janvier 2018, suite à l'occupation par des Roms de la maison d'une personne âgée dans le Val-d'Oise, il organise leur expulsion à l'aide de plusieurs jeunes de la région. Le propriétaire s'était plaint sur une vidéo du Parisien de l'inaction des autorités face à l'occupation de sa résidence[17].

En août 2018, il est visé par des plaintes pour incitation au meurtre et à la haine après avoir affirmé dans une vidéo : « Les homosexuels, il faut vous soigner. (...) Tu prends un Efferalgan, tu mélanges avec du cyanure puis ça va vous soigner, je pense que c’est ça. Faut éradiquer ce phénomène »[18]. En décembre, il reçoit de la justice un rappel à la loi.

Prison et sortie (2019)[modifier | modifier le code]

En 2019, il annonce par l'intermédiaire d'une vidéo postée sur son compte Snapchat, qu'il est incarcéré pour des faits (qui ne sont pas précisés) remontant à plusieurs années[19].

Fin avril 2019, Bassem Braïki devait être incarcéré pour 17 mois de prison mais y est libéré sept mois plus tard, le 3 décembre 2019[20].

Agression (2020)[modifier | modifier le code]

Le 11 février 2020, vers 4 ou 5 heures du matin, alors qu'il rentrait du travail, Bassem se fait violemment agresser au domicile de ses parents par quatre personnes dont le rappeur Sadek[21],[22],[23],[24].

Cette agression survient après l'annulation le 8 février d'un showcase de Sadek à Saint-Priest que Bassem appelait à perturber. Après des échanges de messages et l'envoi d'une adresse, le rappeur et son équipe se sont rendus au domicile du blogueur et l'ont roué de coups au sol à l'aide de matraques et à coups de pieds. Des vidéos de l'agression prises par Sadek lui-même ont été diffusées sur Snapchat et Twitter.

Ses blessures lui ont valu une incapacité temporaire de travail de 5 jours. Sadek se fait arrêter le 12 février à Bagnolet par des agents de la DCSP[25].

Le 15 février, il s'exprime pour la première fois depuis son agression dans une vidéo d'environ 10 minutes, qui se caractérise par une démarche de réconciliation. Il reconnaît également ses torts et déclare : « Émile Zola avait dit J'accuse… !, moi je dis Je m'excuse »[26].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hatem Bourial, « Bassem, blogueur tunisien : Un million de vues pour sa réaction aux attentats de Paris », sur Tunis Webdo, (consulté le 3 septembre 2018).
  2. « Bassem BRAIKI », sur Copains d'avant (consulté le 3 août 2018).
  3. « Lyon : un rappeur revendique le passage à tabac d'un blogueur », Le Point,‎ (lire en ligne)
  4. a et b Mohamed Braïki, « Oumse Dia, l'international du rap lyonnais », sur LyonBondyBlog.fr, (consulté le 14 février 2020)
  5. a et b François Toulat-Brisson, « Oumse Dia, le flow de Monmousseau », sur Expressions-Venissieux.fr, (consulté le 14 février 2020)
  6. « Attentats: "J'appelle au rassemblement de tous les citoyens français de confession musulmane, c'est à nous de jouer", Bassem Braiki », sur BFM TV, (consulté le 3 septembre 2018).
  7. Natacha Tatu, « ATTENTATS. À Vénissieux, sur les traces du Youtubeur Chronic 2 Bass », sur L'Obs, (consulté le 3 septembre 2018).
  8. (en) « French Muslim: 'It's Up to Us' to Save Islam and Everyone Else From Radical Terrorists », sur Fox News Insider, (consulté le 3 septembre 2018).
  9. « À Lyon, le conflit dégénère entre Booba et Bassem Braiki », sur Le Figaro, (consulté le 3 septembre 2018).
  10. « Bassem Braiki : « On va refaire une Ilan Halimi, appelez-moi Youssouf Fofana » », sur The Times of Israel, (consulté le 3 septembre 2018).
  11. Justin Boche, « Vénissieux : le blogueur Bassem à nouveau condamné par la justice », sur Lyon Capitale, (consulté le 3 septembre 2018).
  12. L.L.R., « Lyon : le blogueur «anti-daech» mis en examen pour incitation à la violence sur de faux pédophiles », sur Le Parisien, (consulté le 3 septembre 2018).
  13. William Molinié, « "Chronic 2 Bass" visé par une plainte pour "menaces de mort" sur une ex-égérie de la gendarmerie », sur LCI, (consulté le 3 septembre 2018).
  14. Isabelle Gonzalez, « Vénissieux : un blogueur audacieux mais pourtant contestable... », sur France Info, (consulté le 3 septembre 2018).
  15. Richard Schittly, « Bassem Braiki, le blogueur aux deux visages », sur Le Monde, (consulté le 3 septembre 2018).
  16. Y. T., « Le blogueur de Vénissieux condamné », sur Le Progrès, (consulté le 3 septembre 2018).
  17. Robin Korda, « Qui est Bassem, le Lyonnais qui a provoqué l’expulsion des squatteurs du Val-d’Oise ? », sur Le Parisien, (consulté le 3 septembre 2018).
  18. A.R., « Plainte contre un blogueur qui conseille aux homos de "prendre un Efferalgan avec du cyanure" », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le 7 octobre 2018).
  19. « Bassem Braiki annonce son incarcération sur Snapchat », sur RAPRNB, (consulté le 20 avril 2019).
  20. https://www.raprnb.com/2019/12/03/bassem-braiki-le-blogeur-lyonnais-a-ete-libere-de-prison-video/
  21. « Un rappeur agresse un blogueur : qui sont Sadek et Bassem Braïki », sur LeProgrès.fr, (consulté le 14 février 2020)
  22. C.P et A.T, « Agression de Bassem Braïki : Sadek et son complice présumé mis en examen et écroués », sur LeParisien.fr, (consulté le 14 février 2020)
  23. « Affaire Sadek/Bassem : ce que l'on sait du passage à tabac d'un blogueur controversé », sur LADEPECHE.fr (consulté le 14 mars 2020)
  24. Views France, « Sadek et son équipe ont tabassé Bassem cette nuit »,
  25. Jean-Michel Décugis et Caroline Piquet, « Agression de Bassem Braiki : le rappeur Sadek arrêté à Bagnolet », sur leparisien.fr,
  26. « Vénissieux : après son agression, Bassem Braïki s'exprime et fait son mea culpa », sur LeProgrès.fr, (consulté le 16 février 2020)