Barbey-Seroux

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Barbey-Seroux
Image illustrative de l'article Barbey-Seroux
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Saint-Dié-des-Vosges
Canton Gérardmer
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Neuné
Maire
Mandat
Fabien Jakuboye
2014-2020
Code postal 88640
Code commune 88035
Démographie
Population
municipale
138 hab. (2012)
Densité 19 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 08′ 33″ N 6° 50′ 24″ E / 48.1425, 6.8448° 08′ 33″ Nord 6° 50′ 24″ Est / 48.1425, 6.84  
Altitude 600 m (min. : 545 m) (max. : 870 m)
Superficie 7,32 km2
Localisation

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Barbey-Seroux

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Barbey-Seroux

Barbey-Seroux est une commune française située dans le département des Vosges en région Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

La scierie

La commune est située à flanc de coteau dans la vallée de la Vologne, à 13 km de Gérardmer et à 13 km de Bruyères. On y accède par la départementale 31 reliant Granges-sur-Vologne à Corcieux par le col des Arrentès (684 m). L'altitude culmine à 870 m et le point le plus bas, à 545 m, voit couler la Corbeline, petit affluent de la Vologne. D'autres cours d'eau traversent le village, comme le Xave, affluent du Neuné, et le Haut-Rein, également affluent de la Vologne.

La forêt occupe 91 hectares et la densité de population n'est que de 16 hab./km². La principale entreprise locale est une scierie. Lieu de tranquillité et de verdure, la commune offre un terrain de camping et deux centres de colonies de vacances. Elle fait partie du Parc naturel régional des Ballons des Vosges.

La commune compte plusieurs hameaux : Au-Delà-de-l'Eau, le Champ-de-l'Épine et la Grande-Roche. Elle possède également un nombre important de censes, dispersées dans tout le territoire communal, dont voici une liste non exhaustive : le Bas-Béninfaing, la Behaie, Chababois, la Cire-au-Soleil, la Creuse, Derrière-Hompont, Devant-l'Aile, l'Étang-d'Oron, Flandimpré, Frémois, Giropaire, le Haut-Béninfaing, le Haut-Bois, Herqueville, Hompont, Maillegoutte, le Pinchesté, le Pré-de-Vologne, le Rond-Pré, les Tronces, la Vieille-Grange, le Vieux-Pré, etc[1]. Ces censes, qui datent pour la plupart des XVIIIe et XIXe siècles, sont classées comme Patrimoine Historique[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

La commune est née de la fusion de deux villages : Barbey et Seroux. Le toponyme de Seroux semble attesté depuis 1457. Certains pensent que le hameau de Barbey, ou Barbay, tire son origine d'une famille de la noblesse lorraine, originaire du village de Barbas, auquel on a ajouté les finales -ey[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime, la seigneurie appartenait au duc de Lorraine et aux seigneurs de Barbay. Seroux constitue le centre du village, encore à ce jour. Deux titres, datant de 1615 et de 1698, établissent les droits d'usages des habitants dans les forêts de Nayemont et de Lenvergoutte[1].

En 1710, la commune ressortissait au bailliage de Bruyères. En 1751, elle dépendait du bailliage de Bruyères et de la maîtrise de Saint-Dié (coutume de Lorraine), avant de dépendre, pendant la Révolution, du district de Bruyères, canton de Granges.

Au spirituel, Barbey-Seroux dépendait de la paroisse de Granges, annexe de Champs, doyenné d'Épinal, diocèse de Toul puis de Saint-Dié.

La mairie

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis 1977
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1977 juin 1995 Paul Carillon (1926-2010)   Ouvrier textile
juin 1995 mars 2001 Jean-Pierre Remy    
mars 2001 en cours
(au 18 février 2015)
Fabien Jakuboye (1969) SE  

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 138 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
396 403 358 400 495 602 628 627 540
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
563 560 501 487 463 447 389 367 388
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
350 265 257 241 208 187 174 138 121
1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2012 -
109 111 115 116 127 131 141 138 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Société[modifier | modifier le code]

L'enseignement était assuré depuis au moins 1845 par une école mixte, pouvant contenir 100 élèves. Elle se situait à Chababois. Celle-ci n'est plus en activité, étant donné que la population a été divisée par deux depuis le début du XXe siècle.

La principale activité du village était l'agriculture, jusqu'à il y a peu. On y cultivait surtout le seigle, l'avoine, la pomme de terre et le lin, mais on produisait également du chanvre, du foin, et de l'huile[1]. Un moulin fournissait la farine et un four communal était disposé à proximité de Béninfaing.

Il ne faut cependant pas oublier l'importance de la carrière de granite de Barbey-Seroux, située à proximité du hameau des Tronces, où un nombre important de carriers venant des villages voisins travaillaient. Cette carrière attirait beaucoup de travailleurs, et à la fin du XIXe siècle, on peut remarquer sur la commune un nombre important d'immigrés belges venus y travailler. On y fabriquait essentiellement des pavés[6].

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Le textile eut aussi son importance au XXe siècle, ainsi que le travail du bois.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Le Champ de Roches de Barbey-Seroux

Outre ses fermes et ses censes, l'intérêt de Barbey-Seroux réside surtout en un extraordinaire Champ de Roches, situé sur les hauteurs de la commune et dont l'origine est encore énigmatique. Des blocs de granite de forte taille, de l'ordre du mètre, sont finement agencés pour former un rectangle de 400 mètres sur 40, légèrement incliné vers le nord-ouest et que la végétation n'a pas réussi à coloniser au fil des millénaires. L'action des glaciers est l'hypothèse la plus partagée quant à la constitution de cette curiosité. Pourtant l’origine du champ de roches suscite des interrogations car les pierres ne présentent pas de traces de frottement ; elles n’ont donc parcouru qu’une faible distance lors de l’avancée des glaciers. De plus, elles ne semblent pas avoir été arrachées aux massifs voisins. La fonte brutale d'un glacier puissant pourrait en être l'explication.

La tradition populaire, quant à elle, donne une autre explication. À l'époque où Barbey et Seroux étaient encore deux villages, ce champ de granite était une clairière où se rendaient les sorcières pour faire leur sabbat. Curés, contre-sorciers et d'autres furent envoyés pour tenter de trouver une solution à cette situation. Un jour le curé de Granges-sur-Vologne invoqua le saint-patron de son église, saint Georges, qui apparut un soir de sabbat dans le ciel et pétrifia les sorcières sur place, donnant ainsi naissance au Champ de Roches[7].

C'est l'un des douze sites ayant bénéficié d'une aide financière du Conseil général pour être protégés et aménagés pour un accueil pédagogique du public. Un circuit de découverte a été balisé.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Terre de conquêtes : la forêt vosgienne sous l'Ancien Régime, Emmanuel Garnier, 2004
  • Le Département des Vosges : statistique historique et administrative, Henri Lepage, 1847
  • Contes, légendes et croyances des Vosges, Roger Maudhuy, 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Villes et villages du département des Vosges, Henri Lepage, 1845
  2. Site Patrimoine de France
  3. Toponymie générale de la France, volume III : Formations dialectales (suite) et françaises, Ernest Nègre, 1998
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2012.
  6. Archives départementales des Vosges
  7. La Lorraine sorcière. Histoire, légendes et croyances, Roger Maudhuy, 2010