La Closerie des Lilas

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La Closerie des Lilas
La Closerie des Lilas en 1909

La Closerie des Lilas est un café, restaurant, brasserie, situé au no  171 boulevard du Montparnasse, dans le quartier Notre-Dame-des-Champs du 6e arrondissement de Paris.

La Closerie dans le Montparnasse historique[modifier | modifier le code]

Avec Le Dôme, La Rotonde, Le Select, et La Coupole, la Closerie des Lilas est l'un des cafés d'artistes et d'intellectuels qui ont animé la vie de Montparnasse, autour notamment du carrefour Vavin, l’actuelle place Pablo-Picasso.

Histoire de la Closerie[modifier | modifier le code]

La première closerie des lilas fut construite par François Bullier en 1847. Le nom fut emprunté à une pièce à succès de l'époque : La Closerie des Genets écrite par Frédéric Soulié et joué à l'Ambiguë comique. François Bullier planta des lilas et créa son fameux bal qui devient par la suite « le bal Bullier » (à son emplacement il y a maintenant le Centre Bullier, dépendant du CROUS[1] et comportant divers services pour les étudiants, notamment une résidence et un restaurant[2]).

Une estampe de Charles Vernier (1831-1887) appelée « closerie des lilas » montre ce fameux bal.

D'après la légende, la closerie serait construite sur le domaine du château de Vauvert (ou Val vert) château appartenant au fils de Hugues Capet, Robert le Pieux. Abandonné à la mort de ce dernier, le château aurait été hanté par le diable - d'où l'expression « aller au diable vauvert ». Deux siècles plus tard saint Louis donna le domaine aux Chartreux afin qu'ils exorcisent le lieu.

Voisin immédiat du bal Bullier, un relais de poste devient le lieu de rassemblement des gens qui venaient au bal. En 1883, ce relais s'entendit avec les héritiers de M. Bullier et l'établissement fut rebaptisé « la closerie des lilas » [3] devenu le rendez-vous des artistes de tous horizons. On y rencontre Zola, Cézanne, Théophile Gautier, Charles Baudelaire et les frères Jules et Edmond de Goncourt.

Au début du XXe siècle, succédant à Paul Verlaine, autre habitué du lieu, Paul Fort vient y disputer des parties d'échecs avec Lénine et se réunir avec ses amis hommes de lettres, Guillaume Apollinaire ou Alfred Jarry. Le critique dramatique Paul Gordeaux accompagné de son épouse Amable, en sortant du théâtre écrivait sa critique sur un coin de table avant de rejoindre le marbre de France-Soir. Les peintres du Bateau-Lavoir comme Edmond-Marie Poullain fréquentent également le célèbre établissement. Les « Mardis de la Closerie » deviennent un fameux rendez-vous intellectuel.

La Closerie dont la vie nocturne est passée dans la légende devient un des hauts lieux de l'intelligentsia américaine : Hemingway, Fitzgerald, Miller… font la réputation de Montparnasse. C'est à la terrasse de la Closerie que Fitzgerald fait lire le manuscrit de Gatsby le Magnifique à Hemingway.

Amedeo Modigliani, Germaine Tailleferre, Paul Fort, André Breton, Louis Aragon, Kees van Dongen, Pablo Picasso, Jean-Paul Sartre, André Gide, Paul Éluard, Oscar Wilde, Samuel Beckett, Man Ray, Ezra Pound ou plus récemment Jean-Edern Hallier ont également fréquenté La Closerie des Lilas.

Depuis 1980 une toile hyper-réaliste de Jean-Claude Meynard intitulée Closing Time surplombe le bar de La Closerie des Lilas. Elle représente des noctambules accoudés au bar.

Depuis 2006, le jury du prix du livre incorrect se réunit, au début de chaque année, à La Closerie des Lilas, perpétuant la tradition artistique et littéraire du fameux restaurant.

Renaud fait l'éloge de ce célèbre bar parisien dans sa chanson À la Close, tirée de son album Rouge Sang, café qu'il fréquenta pendant sa dépression et où il rencontra sa future épouse Romane Serda.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Vavin. et la gare de Port-Royal de la ligne B du RER.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Centre régional des œuvres universitaires et scolaires.
  2. Son adresse actuelle est 39, avenue Georges-Bernanos, (une voie qui est une partie rebaptisée en 1967 de l'avenue de l'Observatoire), et le nom officiel du centre est aujourd’hui Jean-Sarrailh.
  3. « curieuses histoires de l'histoire » - Guy Breton - collection Omnibus

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bal Bullier

Lien externe[modifier | modifier le code]

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