Aubepierre-sur-Aube

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Aubepierre-sur-Aube
Carte postale ancienne du centre du village
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Haute-Marne
Arrondissement Chaumont
Canton Arc-en-Barrois
Intercommunalité Communauté de communes des Trois Forêts
Maire
Mandat
Jean-Michel Cavin
2014-2020
Code postal 52210
Code commune 52022
Démographie
Population
municipale
187 hab. (2012)
Densité 4,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 54′ 56″ N 4° 56′ 09″ E / 47.9155555556, 4.9358333333347° 54′ 56″ Nord 4° 56′ 09″ Est / 47.9155555556, 4.93583333333  
Superficie 43,1 km2
Localisation

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Aubepierre-sur-Aube est une commune française, située dans le département de la Haute-Marne en région Champagne-Ardenne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village d'Aubepierre-sur-Aube est situé dans un vallon assez resserré où coule la rivière l'Aube. Il est situé à 32 kilomètres, au sud-ouest de Chaumont et à 8 kilomètres à l’Ouest d'Arc-en-Barrois, son chef lieu de canton. Le nom provient très certainement de carrières de pierre blanche (alba petra) situées sur la rive droite de la rivière.

Les constructions, bien ordonnées, présentent un aspect assez régulier. À la fin du XIXe, de nombreuses fontaines distribuaient l'eau aux habitants. Le vallon fertile occupé par le village est entouré de collines boisées.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les habitants d'Aubepierre furent affranchis à la fin du XVe siècle. Pendant longtemps domina sur le village une famille aux origines bretonnes dont un représentant fut le comte de Vertu et de Chellane, baron d'Angour, seigneur de Clisson, de Champton, d'Ingrande et de Hudde.

Grâce aux revenus venant de ses forêts, la commune fit construire une église dont la flèche fut détruite par le fameux ouragan du 28 décembre 1688, relaté par le curé Lecharny dans un registre paroissial. L'église actuelle contient douze tableaux restaurés et un maître-autel en marbre, sauvés de l'abbaye de Longuay pendant la tourmente révolutionnaire de 1793.

L'abondance de bois favorisa la création de forges et de hauts-fourneaux en amont de la commune, sur un canal creusé par les moines, dérivé de l'Aube, traversant la zone habitée, pour rejoindre la rivière en aval de Longuay. Jadis, ce canal permettait d'assurer le fonctionnement de deux moulins et l'alimentation en eau des lavoirs et abreuvoirs communaux. Les établissements métallurgiques furent abandonnés depuis les années 1850, et avec eux, disparut une importante population "flottante".

Dans les débuts du XIXe siècle, Aubepierre-sur-Aube comptait 1000 habitants. Avec le départ des ouvriers travaillant à la forge, avec l'épidémie de choléra de 1854 qui fut responsable de 130 décès, avec le départ des jeunes vers les villes, le nombre d'habitant chuta à 580 vers 1895 (voir statistiques plus récentes ci-dessous).

Les principales ressources de la commune sont la forêt et l'agriculture. Les quatre foires annuelles de jadis se tenaient sous les halles, détruites par l'ouragan du 30 avril 1866.

Les écarts d'Aubepierre-sur-Aube, répertoriés vers 1895, sont :

  • Longuay (voir ci-dessous), sur l'ancienne route de Langres à Châtillon-sur-Seine, près de la voie romaine allant de Langres à Sens.
  • La Roche, maison isolée au pied des carrières.
  • La Forge, restes de forges et hauts-fourneaux à 1 kilomètre en direction de Rouvres.
  • Chemin Bœuf, ferme située à 3 kilomètres en amont du village, ancienne "grange" de Longuay.
  • Champlain, maison forestière à 6 kilomètres au Sud-Est du village, appartenant à Monsieur le Prince de Joinville (chasse).
  • La Champagne, ferme à 3 kilomètres au Nord du village, à proximité de deux voies romaines.

Sources historiques[modifier | modifier le code]

  • Registres paroissiaux d'Aubepierre -sur-Aube.
  • Document manuscrit, écrit par Monsieur Legros, instituteur, destiné à Monsieur Piètremont, Inspecteur d'Académie, en janvier 1895.Histoire et archéologie de la commune d'Aubepierre .

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Aubepierre-sur-Aube Blason De gueules au chevron d'or accompagné de trois roses d'argent.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Michel Defraire    
mars 2008   Jean-Michel Cavin    
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 187 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
750 684 738 830 920 948 950 896 890
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
708 705 686 670 641 623 590 581 527
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
517 476 483 497 471 463 438 383 376
1962 1968 1990 1999 2004 2006 2009 2012 -
346 296 195 215 213 208 190 187 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Non loin de la route conduisant à Dancevoir, existent encore de nos jours quelques restes de l'abbaye cistercienne de Notre Dame de Longuay. De 1102 à 1126, Longuay fut une Maison Hospitalière, fondée par trois pieux personnages : Chrétien de Leuglay et ses deux neveux Guy et Hugues en un lieu nommé "Long-Vé", vaste marais entretenu par la rivière l'Aube. Robert de Bourgogne occupant le siège épiscopal de Langres accueillit avec une "paternelle tendresse" les pieux cénobites.

De 1126 à 1149, les Frères Hospitaliers devinrent des Chanoines Réguliers. Willenc, évêque, mit la vie des frères en conformité avec la règle de Saint-Augustin. De 1149 à 1532, se succédèrent 24 abbés Réguliers.

Un ancien moine de Clairvaux, devenu pape sous le nom de Eugène III, constatant quelques abus et relâchements à Longuay, demanda à Saint-Bernard de "pourvoir au plus tôt aux nécessités de l'Église". Longuay devint alors une nouvelle fille de Clairvaux. L'agrégation des Chanoines Réguliers de Longuay à l'Ordre Cistercien se consomma le 4 mars 1149, quatrième année du pontificat d'Eugène III et dura jusqu'en 1532, date à laquelle apparurent les abbés commendataires.

En 1790, les religieux quittèrent Longuay suite à l'application du décret ordonnant la vente des biens nationaux. Cette dernière commença en 1791, et s'acheva en 1793.

L'abbaye, fondée sous le pontificat de Pascal II et sous le règne de Philippe Ier, roi de France vit 107 papes s'asseoir sur la chaire de Saint-Pierre, et trente trois rois se succéder sur le trône de France. En deux ans, disparut une œuvre qui en dura 689.

Le plan visible grâce au lien référencé ci-dessous, est extrait d'un travail réalisé par Joachim Meusy en 1753 (avec ajout d'une légende) géomètre et agent des affaires de Messire Geoffroy Dominique Charles de Bragelongne, prêtre licencié en théologie de la Faculté de Paris, doyen de la cathédrale de Beauvais, et avant-dernier abbé commendataire de l'abbaye Notre Dame de Longuay, nommé par le roi en 1749, et décédé à Paris en 1764, sa résidence habituelle.

Pour entrer dans les détails, voir des images, consulter le site www.rigollot.com

Ce qu'il reste de l'abbaye aujourd'hui :

  • Le château construit vers 1830 par la famille Bouchu (Maîtres de Forges) incluant une petite partie du cloître.
  • Le bâtiment des frères convers édifié dans la partie Ouest du cloître XIIe siècle.
  • Les arcades de la salle du deuxième niveau. Bâtiment des frères convers.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste François Bulliard dit Pierre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pierre Bulliard.

Naturaliste français de la fin du XVIIIe siècle, né le 24 novembre 1752 à Aubepierre-sur-Aube, quinzième enfant de François, notaire au bailliage de Chateauvillain (né le 6 février 1703 à Fayl Billot, décédé le 28 juin 1753 à Aubepierre-sur-Aube) et de Élizabeth Tripier (née le 9 septembre 1707 à Aubepierre-sur-Aube et décédée le 12 décembre 1754 à Aubepierre-sur-Aube.

Élizabeth, baptisée le 10 septembre 1707 à Aubepierre-sur-Aube par le curé Lecharny, eut comme parrain Maître Nicolas Louis de la Ruelle, maitre de forges au fourneau de Chevrolley, et comme marraine Elisabeth Miet, veuve de Louis Rigollot de Laube, vivant capitaine d'artillerie.

Les enfants d'Élisabeth et François, tous nés à Aubepierre-sur-Aube sont, chronologiquement : Élisabeth (1728-), Alexandre (1729-), Thérèse (1731-), Anne (1732-1780), Élisabeth (1734-), Claude (1736-), Louis-Alexandre (1738-), Thomas (1740-), Blandine Placide Thérèse (1742-), Anne Élisabeth (1743-), Simone Marie-Madeleine (1744-), Gabriel (1746-), Marie-Anne (1748-), Thérèse-Élisabeth (1749-), Jean-Baptiste François dit Pierre (1752-1793) (à son baptême, il eut comme parrain Jean-Baptiste Mailfert, commis de la forge d'Aubepierre, et comme marraine, Anne Bertrand, fille de Claude Bertrand, laboureur).

Jean-Baptiste François se maria une première fois avec Angélique Marie Gabrielle de Voulges (sans postérité connue), puis une seconde fois, le 3 février 1787 à Paris, avec Marie-Adélaïde Le Mercier, fille d'un avocat au Parlement, qui lui donna au moins deux filles, Anne Adélaïde Joséphine et Marie Lucile, respectivement nées en 1788 et 1790.

Jean-Baptiste François avait moins d'un an lorsqu'il perdit son père, et à peine deux lorsque sa mère mourut. Il fut recueilli à Langres par des tantes qui assurèrent son éducation. Il fit ses études au collège de Langres, où se développa sa passion pour l'Histoire Naturelle (en particulier les oiseaux et les plantes). Vers 1771, après sa rhétorique, grâce à des personnes qui lui portaient de l'intérêt, il entra au service de l'abbé de Clairvaux, bénéficiant d'un logement à l'abbaye et d'un modeste salaire jugé suffisant. Une bonne partie de son temps y fut consacrée à l'étude de l'anatomie et de la botanique dans les meilleurs ouvrages, ainsi que la pratique du dessin. Une grande partie de la forêt de Clairvaux fut explorée à la recherche de l'oiseau, de la plante, du champignon. C'est très probablement à Clairvaux (vers 1773) que fut écrit et illustré le traité d'Aviceptologie (l'art de capturer des oiseaux) et que furent peintes les 300 aquarelles de plantes médicinales. Après Clairvaux, Bulliard monta à Paris (vers 1775), afin de poursuivre ses études médicales et chirurgicales auprès des plus grands maîtres.

Là, plusieurs ouvrages furent écrits et illustrés, dont l'Histoire des plantes vénéneuses et suspectes de la France, la Flore parisienne contenant des planches peintes révélant son talent. Vers 1780, commença la publication de planches de son Histoire des champignons.

La mort surprit le naturaliste le 29 septembre 1793 (8 vendémiaire an II) à cinq heures du soir. Les circonstances de cette mort restent encore aujourd'hui auréolées de mystère. La version rapportée par F-V Raspail en 1840 nous révèle que Bulliard fut assassiné "par un coup de poignard dirigé contre lui par la plus déplorable des méprises".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Registres paroissiaux d'Aubepierre-sur-Aube
  • Article de E-J Gilbert (docteur en pharmacie, ancien Président de la Société mycologique de France), Bulliard Jean-Baptiste-François, dit Pierre (1752-1793) publié dans le périodique "Les Cahiers Haut-Marnais" N°26, troisième trimestre 1951. Dépôt légal 4e trimestre 1951.
  • Pierre Bulliard, 1780, Paris, Chez l'auteur, Didot le Jeune, Debure et Belin, Herbier de la France ou collection complète des plantes indigènes de ce royaume, avec leurs détails anatomiques, leurs propriétés et leurs usages en médecine. Volume 1.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2012