Art écossais au XIXe siècle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

L'art écossais du XIXe siècle désigne l'ensemble des œuvres d'art visuel réalisées pendant ce siècle en Écosse ou par des Écossais, ou encore qui traitent de sujets écossais. Au fil du siècle, le milieu artistique écossais s'organise et se professionnalise. Plusieurs institutions importantes sont fondées à cette époque pour accompagner ce mouvement, comme la Royal Scottish Academy of Art, la Galerie nationale d'Écosse, la Scottish National Portrait Gallery ou encore le Glasgow Institute. La formation des jeunes artistes est assurée dans de grandes académies comme la Trustees Drawing Academy à Édimbourg, mais aussi la Glasgow School of Art fondée en 1845 et la Gray's School of Art à Aberdeen en 1885.

Dans le domaine de la peinture, de nombreux artistes écossais mènent une carrière remarquable au cours du XIXe siècle, et exercent une influence notable sur leurs successeurs. Henry Raeburn, surtout connu pour ses portraits intimes de personnalités écossaises, est le premier artiste de renom à mener l'intégralité de sa carrière en Écosse. Il compte parmi ses élèves les frères Robertson qui développeront plus tard d'importantes écoles d'art aux États-Unis. La génération suivante de portraitistes voit l'émergence d'artistes tels que John Watson Gordon. À Glasgow, John Graham-Gilbert et Daniel Macnee développent une œuvre remarquable. Alexander Nasmyth, pour sa part, joue un rôle clé dans la création d'une véritable école écossaise de peinture de paysage, qui se concentre au milieu du siècle sur la région des Highlands, et qui est ensuite représentée par des artistes tels que Horatio McCulloch, Joseph Farquharson et William McTaggart. Vers la fin du siècle, un certain nombre de communautés d'artistes sont fondées, en particulier dans des villages côtiers comme Pittenweem et Kirkudbright. À l'échelle nationale, David Wilkie devient l'un des artistes britanniques les plus influents du siècle. Il joue un rôle déterminant en Écosse dans le développement de la peinture de genre, qu'explorent également des artistes tels que John Burnet, Alexander George Fraser et Walter Geikie. Wilkie contribue également à susciter l'intérêt pour la peinture espagnole et orientale, suivi en cela par William Allan, David Roberts et John Phillip.

Le développement de l'art sculptural en Écosse est d'abord porté par Lawrence Macdonald et George Combe. John Steell est le premier sculpteur notable à mener toute sa carrière en Écosse. Des commandes importantes sont passées à l'occasion de la création du monument William Wallace ainsi que pour célébrer le centenaire de la mort de Robert Burns en 1896, ce qui renforce la tradition d'une statuaire propre à l'Écosse.

L'art photographique est surtout lancé en Écosse par Robert Adamson et David Octavius Hill : ils fondent le premier studio photographique d'Écosse en 1843 et y produisent des œuvres qui comptent parmi les premières et les meilleures utilisations artistiques de la photographie. La voie qu'ils ouvrent est ensuite suivie par Thomas Annan, George Washington Wilson et Clementina Hawarden.

Dans la seconde moitié du siècle, le mouvement britannique de renouveau des arts décoratifs connu sous le nom de « Arts and Crafts » se concrétise en Écosse surtout dans le domaine du vitrail, sous l'impulsion de James Ballantine à Édimbourg et de Daniel Cottier à Glasgow. Un autre glaswégien, le designer Christopher Dresser, marque son époque par son emploi du style anglo-japonais, caractéristique du courant dit de l'esthétisme. Un mouvement de renouveau celtique, s'inspirant de mythes et d'histoire ancienne dans une réinterprétation moderne, est porté par des artistes tels que Anna Traquair ou John Duncan.

À la fin du XIXe siècle, une large partie des mouvements artistiques notables en Écosse se rattachent à ce qui est couramment désigné sous le nom d'école de Glasgow. On y associe des personnalités et des groupes divers comme les Glasgow Boys, James Guthrie, Joseph Crawhall, George Henry et EA Walton, qui bénéficient de l'influence de l'impressionnisme et du réalisme français. Dans les années 1890, le groupe de Spook School, alias « The Four », rassemble quatre artistes importants : le célèbre architecte Charles Rennie Mackintosh, Margaret MacDonald, Frances et Herbert MacNair. Ils combinent à eux quatre un ensemble d'influences qui contribue à définir le style Art Nouveau.

Lieux d'exposition et de formation[modifier | modifier le code]

En 1819, une Académie d'« encouragement des Beaux-Arts » est fondée à Édimbourg pour permettre aux artistes d'exposer leurs travaux. Comme elle est rapidement prise en main par une élite aristocratique qui décide d'exclure certains artistes de son comité directeur, une seconde académie est mise en place en 1826 par un petit groupe de onze artistes, la Scottish Academy of Arts, qui s'installe en 1835 sur Princess Street, au cœur d'Édimbourg, et obtient le statut d'institution royale en 1838[1]. Elle est connue depuis lors sous le nom de Royal Scottish Academy, et devient ainsi la principale Académie d'art du pays. Sous l'impulsion de cette Académie, un grand musée national ouvre en 1859, la National Gallery of Scotland, suivi de la Scottish National Portrait Gallery en 1882 pour exposer les portraits — toujours dans le ville d'Édimbourg. Cependant, alors que Glasgow prend à son tour une importance croissante dans la vie économique du pays, un institut des Beaux-Arts y est fondé en 1861 afin de lancer un mouvement de soutien à l'activité artistique locale ; un premier lieu d'exposition y est ouvert en 1879, puis l'institut reçoit l'onction officielle en 1896 en prenant le titre d'institut « royal » : il est désormais connu sous le nom de Royal Glasgow Institute of the Fine Arts, c'est-à-dire l'Institut Royal des Beaux-Arts de Glasgow.

La formation des jeunes artistes écossais est assurée dans des écoles d'art dès le XVIIIe siècle. Une Académie de dessin (The Trustees Drawing Academy of Edinburgh) est créée à Édimbourg en 1760, puis prend le nom de Trustees' School of Art et se voit progressivement prise en main par les instances éducatives nationales. À Glasgow, l'école d'artisanat d'art fondée en 1845 prend de l'ampleur et devient la Glasgow School of Art, tandis qu'à Aberdeen la Gray's School of Art se développe à partir de 1885.

La peinture de portrait[modifier | modifier le code]

La peinture de paysage[modifier | modifier le code]

La peinture de genre et l'orientalisme[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]