Gudule (auteur)

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Gudule
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Gudule en .

Nom de naissance Anne Liger-Belair
Alias
Gudule
Anne Guduël
Anne Carali
Anne Karali
Naissance
Ixelles, Drapeau de la Belgique Belgique
Décès (à 69 ans)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

  • Entre chien et louve
  • La Bibliothécaire
  • La Vie à reculons

Gudule, nom de plume d'Anne Liger-Belair, née le à Ixelles en Belgique et morte le (à 69 ans)[1],[2],[3], est une femme de lettres belge francophone. Elle écrit pour les enfants et pour les adultes et signe aussi sous les noms d'Anne Duguël, Anne Guduël, Anne Carali ou Anne Karali.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anne Liger-Belair découvre Jean Ray et Michel de Ghelderode qui lui confèrent le goût de l’étrange et de l’irrationnel. Après des études d’Arts-déco en Belgique, elle passe cinq ans comme journaliste au Moyen-Orient.

À son retour, elle se rend en France en 1971, où elle collabore à divers magazines, associant dessin, écriture et journalisme : Hara-Kiri, Pomme d’api, Fluide glacial, Charlie Hebdo, L'Écho des savanes, Pif poche… et anime une émission consacrée à la bande dessinée sur Radio Libertaire.

En 1987, elle publie son premier livre, Prince charmant poil aux dents, un album pour tout petits (Syros). Elle est auteur de récits fantastiques sous son nom et écrivain pour enfants sous le nom de Gudule. À titre d'exemple, elle a abordé des thèmes aussi variés que l’enfance maltraitée (Agence Torgnole, frappez fort, 1991), la séropositivité en milieu scolaire (La Vie à reculons), le SDF (L’Envers du décor) ou le racisme (L’Immigré et Crime City).

Sur son œuvre à destination des adultes[modifier | modifier le code]

Elle a écrit beaucoup de livres relevant du fantastique.

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Relevant d’un fantastique minimaliste, voire quasi inexistant, les romans pour adultes d'Anne Duguël n’en ont pas moins des accointances avec le policier. L’auteur rappelle Marc Agapit par son humour macabre. Son fantastique plonge ses racines dans l’enfance, ses peurs et ses angoisses et dans les dysfonctionnements psychiques de l’être humain. Ses histoires de possession, de jalousie, d’envoûtement, de transferts de personnalité, et de schizophrénie acquièrent en effet une structure solide, propre à porter, sans dérive externe, l’émotion fantastique. Pour elle, il n’y a pas de plus grande peur que celle que nous portons en nous, en permanence, à l’état endémique. Toute son œuvre semble affirmer que les ferments de l’épouvante se trouvent dans notre quotidien : cauchemars, traumatismes, vertiges intérieurs, pièges de la mémoire, impuissance devant le temps qui passe, la maladie, la dégradation, la mort…

Premier roman de ce genre, Le Corridor (1991) retrace la quête d’une femme prête à tout pour percer le secret de jeunesse de son mari. Ce qui inaugure ce roman, c’est la thématique de l’enfance brisée, une thématique qui, couplée avec celle de la folie, va devenir l’objet précis des développements romanesques futurs d’Anne Duguël.

En 1994, elle entame une collaboration avec le Fleuve noir et la collection « Frayeur » dirigée par Jean Rollin. Asylum (1994) raconte la vengeance d’un petit garçon surdoué qui découvre qu’il fait l’objet d’expériences génétiques à son insu et que les savants qu’il prenait pour ses parents ont tué ses vrais parents. Raconté du point de vue de l’enfant, le roman fait preuve d’une richesse de sensibilité et d’émotion rares.

La même atmosphère sombre pèse sur Gargouille (1995), consacré à la revanche d’une orpheline disgracieuse qui, autrefois, a été le souffre-douleur de ses camarades dans un pensionnat religieux. La Baby-sitter (1995) met en scène une gouvernante qui, traumatisée dans sa prime enfance, se laisse dominer peu à peu par la violence que contient les contes de fées qu’elle lit le soir à deux enfants. Par un renversement des situations, ces derniers deviennent, comme dans un jeu, les bourreaux de celle qui, tout d’un coup, se prenait pour l’ogre et les traquait. Chez Duguël, le climat fantastique peut provenir du non-dit, de pensées secrètes et des mystères de l’inconscient.

Avec La Petite fille aux araignées (1995), l’auteur nous entraîne dans l’univers intérieur d’une petite fille enfermée dans l’autisme à la suite du décès de sa mère et la mort de sa tante dévorée par son chien. Incapable de la comprendre, les adultes la poussent à agir secrètement pour réparer son drame.

Après l’arrêt de la collection « Frayeur », Anne Duguël publie Petite chanson dans la pénombre (1996), un roman d’atmosphère sur le thème du fantôme vengeur, dans la collection « Poche Revolver-fantastique » (Florent Massot). L’âme d’une petite fille, violée et tuée, erre depuis cinquante ans, prisonnière dans le hangar d’une vieille ferme, qu’un couple décide de rénover. En la personne de leur fille, le fantôme tiendra l’instrument de sa vengeance contre celui qui l’a amené là.

Avec Mon âme est une porcherie (1998), autre variation sur l’innocence crue et cruelle des enfants, Duguël livre son roman le plus violent, le plus désespéré et le plus poignant, pourtant écrit comme une farce. Une petite fille, ayant dérobé le cochon en peluche porte-bonheur de sa copine, se persuade que celui-ci possède des attributs magiques. Rêve-t-elle les meurtres abominables qu’elle lui fait accomplir ou sont-ils véritables ?

Moins fantastique et érotique mais tout aussi dérangeant, Dans la bulle de l’ange (1998) raconte, sur fond de trafic d’organes, d’internement abusif et d’émasculation d’un génie créateur, le récit d’une jeune adolescente qui fait évader d’un asile psychiatrique un malade, célèbre auteur de bandes dessinées, persuadée qu’il est enfermé à tort.

Enfin, lorsqu’on exacerbe la paranoïa jusqu'au crime, les conséquences d’une méprise peuvent s’avérer effroyables comme l’illustre La Mort aux yeux de porcelaine (1999), histoire d’un gamin conditionné par ses parents à voir, en tout adulte qui s’intéresse à lui, un pédophile et un bourreau potentiel.

Style épuré et concis, sens de la narration et de la bizarrerie, Duguël se place aux côtés des auteurs du mouvement fantastique érotique, par son humour noir décalé, sa sensibilité féminine. Elle dépeint l'enfance avec véracité et vivacité.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des œuvres de Gudule.

Voir l'article détaillé pour une liste exhaustive des œuvres de Gudule. Ici ne figurent que ses œuvres emblématiques.

Publications pour les adultes[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Gargouille / Anne Duguël (Fleuve Noir, coll. "Frayeur" n° 13, 1995) ;
  • La Baby-Sitter / Anne Duguël (Fleuve Noir, coll. "Frayeur" n° 25, 1995) ;
  • La Petite Fille aux araignées / Anne Duguël (Denoël, coll. "Présence du fantastique" n° 58, 1997) ;
  • Petite Chanson dans la pénombre / Anne Duguël (Florent Massot, coll. "Poche revolver fantastique" no 5003, 1996. Prix Ozone du meilleur roman fantastique francophone 1997) ;
  • Entre chien et louve / Anne Duguël (Denoël, coll. "coll. Présence du fantastique" no 63, 1998. Prix Ozone du meilleur roman fantastique francophone 1999, Prix Bob-Morane 1999) ;
  • Mon âme est une porcherie / Anne Duguël (Sortilèges - les Belles Lettres, coll. "Les Anges du Bizarre" no 2, 1998) ;
  • Petit Théâtre de brouillard / Anne Duguël (Flammarion, coll. "Imagine", 1999) ;
  • La Ménopause des fées 1 : Le Crépuscule des dieux… / Gudule (Bragelonne, 2005) ;
  • La Ménopause des fées 2 le retour : Crimes et chatouillements / Gudule (Bragelonne, 2006) ;
  • La Ménopause des fées 3 : La Nuit des porcs vivants / Gudule (Bragelonne, 2007) ;
  • Le Petit Jardin des Fées / Anne Duguël (Mic-Mac, coll. "Prétexte", 2010).

Récits[modifier | modifier le code]

  • Et Rose elle a vécu / Gudule (Denoël, coll. "Périphérique", 1990)

Compilations[modifier | modifier le code]

  • Le Club des petites filles mortes : intégrale des romans fantastiques, vol. 1 / Gudule (Bragelonne, coll. "L'Ombre", 2008) ;
  • Les Filles mortes se ramassent au scalpel : intégrale des romans fantastiques, vol. 2 / Gudule (Bragelonne, coll. "L'Ombre", 2009).

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Le Chien qui rit (Denoël, coll. Présence du fantastique ; no 39, 1995, Prix du Jury littéraire Gerardmer-Fantastica 1995).
  • Mémoires d'une aveugle (Rivière Blanche, coll. "Noire" n° 37, 2012).
  • Contes à vomir debout, ill. de Philippe Caza (Armada, 2015)

Publications pour la jeunesse[modifier | modifier le code]

sous le pseudonyme de Gudule

Albums illustrés[modifier | modifier le code]

  • Prince charmant, poil aux dents (Syros, 1987) ;
  • Le Petit Prince Pissenlit / illustrations de Claude K. Dubois (Mijade, 2013) ;
  • Pas facile d'être un chevalier / illustrations de Claude K. Dubois (Mijade, 2014) ;

Contes et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Contes et Légendes de la peur (Nathan, coll. "Contes et Légendes" n° 31, 2000)
  • Contes et légendes des fées et princesses (Nathan, coll. "Contes et légendes" n° 39, 2001, 2012)
  • Contes et Légendes des Mille et une nuits (Nathan, coll. "Contes et légendes" n° 51, 2004 ; reprise partielle : Nathan, coll. "Contes et légendes" (grand format), 2012)
  • Contes et Légendes de l'amour (Nathan, coll. "Contes et légendes" n° 55, 2005) ; rééd. sous le titre Contes et Légendes les amoureux légendaires (Nathan, coll. "Contes et légendes" n° 55, 2011)
  • Contes et Légendes des Elfes et des Lutins (Nathan, coll. "Contes et légendes" n° 55, 2006, 2012)
  • Contes et Légendes Ogres et Géants (Nathan, coll. "Contes et légendes" n° 63, 2008, 2010, 2012)
  • Sagesses et Malices de Tchantchès, tête de bois (Albin Michel, coll. "Sagesses et malices", 2008)
  • 40 contes pour les tout-petits (Lito, coll. "J'aime les histoires", 2009, 2011, 2012 ; rééd. sous le titre 40 contes pour les petits : Andersen, Grimm, Perrault..., Lito, coll. "Mes petites histoires du soir", 2014)
  • Mythologie grecque (Milan, coll. "Mille ans de contes", 2011, 2015)
  • 40 contes des mille et une nuits (Lito, coll. "J'aime les histoires", 2013)
  • Comment Pauvre Jean roula le malin et autres fabliaux (Nathan, coll. "Nathan poche : dès 11 ans" n° 251, 2014)

Romans jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Mort d'un chien (Hachette Jeunesse, « Verte Aventure », 1992). Réédition sous le L'Immigré, « Le Livre de poche Jeunesse », Hachette Jeunesse, 2000).
  • L'École qui n'existait pas (série "Mickette") (« Pleine Lune », Nathan, 1994) Réédition Pocket Jeunesse, 2003 ;
  • La Vie à reculons (« Le Livre de poche Jeunesse », Hachette Jeunesse, 1994). Réédition « Le Livre de poche Jeunesse », Hachette Jeunesse, 2001 ;
  • La Bibliothécaire (Hachette Jeunesse, « Le Livre de poche Jeunesse »1995. Nombreuses rééditions ;
  • L'Envers du décor (« Le Livre de poche Jeunesse », Hachette Jeunesse, 1996) ;
  • Ne vous disputez jamais avec un spectre (Hachette Jeunesse « Vertige Cauchemar » no 1300, 1997) ; Réédition « Le Livre de poche Jeunesse » ;
  • La Fille au chien noir (« Vertige Fantastique », Hachette Jeunesse, 1998) Réédition « Le Livre de poche Jeunesse », Hachette Jeunesse, 2004 et 2010 ;
  • Destination cauchemar (« Lune Noire Fantastique », Nathan, 1998) Réédition « Milan Poche Cadet », Milan, 2005. ;
  • On a un monstre dans la classe (« Pleine Lune », Nathan, 1994); Réédition « Nathan Poche », 2005 et 2015.
  • La Poupée aux yeux vivants (« Lune Noire Fantastique, Nathan, 1999) (Réédition Éditions MiC_MaC, Collection Même pas peur, 2008) ;
  • J’irai dormir au fond du puits (« Lampe de poche » Grasset Jeunesse no 30, 1999, Prix de la SGDL 1999, Prix des Incorruptibles 2000) ;
  • L'Amour en chaussettes, (Éditions Thierry Magnier, 1999) ;
  • J'ai 14 ans et je suis détestable, (« Tribal », Flammarion, 2000) ;
  • Villa des dunes (« Lampe de poche », Grasset Jeunesse, 2000);
  • T'es une sorcière, maman ? (« Le Livre de poche Jeunesse », Hachette Jeunesse, 2000) ;
  • Regardez-moi ! (« Tribal », Flammarion, 2001) ;
  • Notre secret à nous (« Lampe de poche », Grasset Jeunesse, 2001);
  • Kaïra (« Tribal » Flammarion, 2001) ;
  • Crime City (« Le Cadran bleu Fantastique », Degliame, 2001. Réédition Mijade ) ;
  • L'Immigré (« Le Livre de poche Jeunesse », Hachette Jeunesse, 2002) ;
  • Étrangère au Paradis (« Lampe de poche », Grasset, 2004);
  • Gare à la poupée Zarbie (Éditions MiC_MaC, Collection Même pas peur, 2008) ;
  • Un studio sous les toits (« Tribal », Flammarion, 2005);
  • T'es une sorcière, maman ? (« Le Livre de poche Jeunesse », Hachette Jeunesse, 2009) Réédition ;

Séries[modifier | modifier le code]

  • Mickette (Nathan)
  • Les Frousses de Zoé (Hachette) = Zoé-la-trouille (Hachette jeunesse, coll. "Le Livre de poche jeunesse)
  • Ma petite sœur a des super pouvoirs (Romans-BD, Magnard)
  • Arthur (Nathan)
  • Floppy-Flop (Lire c'est partir)

Récits[modifier | modifier le code]

  • Mordre le ciel (« Tribal », Flammarion, 2003) ;
  • La série autobiographique Rose (3 tomes publiés) :
    • La Vie en rose (« Lampe de poche », Grasset Jeunesse, 2003);
    • Soleil rose (« Lampe de poche », Grasset Jeunesse, 2004);
    • La Rose et l'Olivier (« Lampe de poche », Grasset Jeunesse, 2005);

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Un bout de chemin ensemble et autres récits (Hachette Jeunesse, coll. "Le Livre de poche Jeunesse", 1999);
  • Bunker Café (Flammarion, coll. "Tribal", 2005);
  • Le Chant des Lunes (Thierry Magnier, 2008).

Novélisations[modifier | modifier le code]

  • L'Instit de Pierre Grimblat d'après une personnage de Didier Cohen, (« Bibliothèque verte », Hachette Jeunesse)
  • L'Île à Lili (Nathan)


La Vie à reculons et La Bibliothécaire sont recommandés par l'Éducation nationale. La Bibliothécaire a fait l'objet d'une étude complète destinée aux classes de 6e dans la revue l'École des lettres.

Adaptation[modifier | modifier le code]

La petite fille qui mordait ses poupées (nouvelle) a été adaptée sous forme de court-métrage par Jonathan Rio. Le film est visible ici.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Gudule est décédée... », sur Actualitté,‎ (consulté le 21 mai 2015)
  2. « Carnet noir : disparition de Gudule », sur Bulle d'Encre,‎ (consulté le 21 mai 2015)
  3. « L’auteure Gudule nous a quitté (21/05/2015) », ActuSF,‎ (consulté le 22 mai 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]