Famille de Maupeou

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Famille de Maupeou
Image illustrative de l’article Famille de Maupeou

Blasonnement d'argent au porc-épic de sable.
Branches de Monceau
de Bruyères
de Sablonnières
d'Ableiges
Période XVIe – XXIe siècle
Pays ou province d’origine Blason France moderne.svg Île-de-France
Charges Principal ministre d'État
Chancelier de France
Garde des sceaux de France
Contrôleur général des finances
Fonctions ecclésiastiques Archevêque
Évêques

La famille de Maupeou olim Maupeou[1], est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de l'Île-de-France. Anoblie en 1587, elle s'illustre notamment dans l'administration de la justice avec deux chanceliers, gardes des sceaux de France et dans la carrière des armes avec trois lieutenants-généraux des armées du Roi.

Origine[modifier | modifier le code]

Maupeou est un nom de langue d'oc qu'il faut classer dans la catégorie des sobriquets. Il signifie, en effet, « mauvais poil » et dut qualifier, à l'origine, — selon qu'on l'entendait au propre ou au figuré — des individus soit à la barbe mal plantée soit d'humeur difficile. Le porc-épic, emblème des Maupeou, constitue une allusion évidente à l'étymologie du nom ; les armes de cette famille sont dites « parlantes ».

On trouve dès le XIVe siècle à Montpellier de nombreux porteurs de formes primitives du nom dont la forme moderne se fixe au début du XVIe siècle. À cette époque, les régions où le nom se rencontre le plus fréquemment sont le Languedoc et le centre-ouest. Il semble donc que partis du midi, les Maupeou soient montés vers la Loire qu'ils ne dépassèrent que pour gagner Paris où ils s'établirent.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Maupeou descendent de Vincent Maupeou, notaire au Châtelet de Paris puis secrétaire du Roi, maison et couronne de France (1572), et d'Anne Bastonneau[2]. Ses trois fils Pierre, Michel et Gilles furent anoblis conjointement par lettres patentes du roi Henri III le 12 janvier 1587[3]. Cette famille fut admise aux honneurs de la Cour en 1764, 1771[4] et 1772[5].

Le nom de la famille fut rendu célèbre par René-Charles et René-Nicolas son fils, tous deux gardes des Sceaux et chanceliers de France sous le règne de Louis XV. René-Nicolas est l’auteur de la « réforme Maupeou » : un spectaculaire coup de force pour reprendre en main le pouvoir judiciaire dans l’année 1771. Le Dauphin, futur Louis XVI, avait approuvé chaleureusement les réformes du chancelier. Devenu roi en 1774, il s'empresse de les désavouer. Maupeou est renvoyé et doit rendre les sceaux. Lorsqu'en novembre les anciens parlements sont rappelés, il se contente de dire : « Si le roi veut perdre sa couronne, il en est le maître ». Il vivra assez longtemps pour la lui voir perdre[6].

Branches[modifier | modifier le code]

La famille de Maupeou est composée de quatre grandes branches généalogiques parmi lesquelles deux subsistent aujourd'hui. On désigne généralement ces branches du nom d'une des seigneuries qu'elles possédaient. On distingue ainsi :

  • la branche des seigneurs de Monceau (aujourd'hui « Mousseau » à Évry), éteinte au XVIIIe siècle,
  • la branche des seigneurs de Bruyères (aujourd'hui Bruyères-sur-Oise), éteinte en ligne légitime, prolongée en ligne illégitime par la branche dite d'Alsace,
  • la branche des seigneurs de Sablonnières, éteinte au XIXe siècle,
  • et la branche des seigneurs d'Ableiges, subsistante.

Membres notables[modifier | modifier le code]


Militaires[modifier | modifier le code]

Drapeau d'ordonnance du régiment de Bigorre.

Quoique leurs origines ne les y aient pas poussées, au XVIIe siècle les Maupeou font leur entrée dans les armées du roi. En effet, si les aînés sont « de robe » — héritant des charges parlementaires —, les cadets sont volontiers « d'épée ». Ils servent d'abord exclusivement dans l'infanterie et notamment au régiment des Gardes françaises, où l'on trouve de nombreux capitaines, lieutenants et sous-lieutenants. Sous le règne de Louis XIV, au cours des nombreuses batailles qu'ils livrent, pas moins de sept d'entre eux tombent au champ d'honneur[7].

Les seigneurs de Sablonnières constituent la branche plus spécifiquement militaire de la famille. Au XVIIIe siècle, deux d'entre eux atteignent le grade de lieutenant-général des armées et trois sont faits chevaliers de l'ordre de Saint-Louis. En 1719, cette branche de la famille achète le régiment d'infanterie de Bigorre, composé d'un bataillon de 500 hommes, qu'elle commande avec la branche de Bruyères jusqu'à la fin de la guerre de Sept Ans.

D'abord peu représentés dans la cavalerie, la famille compte un premier colonel, René VI de Maupeou, nommé le 30 octobre 1771 par le roi au régiment de Bourgogne cavalerie où il sera fait maréchal de camp et décoré commandeur de l'ordre de Saint-Louis. Mais c'est la branche d'Ableiges qui s'illustre la mieux dans cette arme avec plusieurs colonels et lieutenants-colonels, dont certains ont également participé à des épreuves d'équitation olympique et remporté des concours internationaux de saut d'obstacles[8].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Armes Notes
Blason famille fr de Maupeou.png
Le blason des Maupeou s'énonce :
  • d'argent au porc-épic de sable.

On trouve aussi :

  • d'argent au porc-épic de sable passant.
  • d'argent au porc-épic de sable miraillé d'argent.
Blason famille fr de Maupeou d'Ableiges (old).png
La brisure la plus ancienne est celle de la branche d'Ableiges qui, dans ses premières générations, ajouta aux armes pleines un chef :
  • d'argent au porc-épic de sable, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or.

Peu à peu ces armes furent abandonnées[9], mais elles restent toujours actuellement les armes de la ville d'Ableiges[10].

Blason famille fr de Maupeou de Sablonnières.png
En 1661, Louis de Maupeou épouse Antoinette de Catelan[11]. Leur fils René de Maupeou, hérite de la seigneurie de Sablonnières en 1721 de son oncle Catelan. Pour distinguer son blason de celui des autres blanches de la famille, il le brise par changement d'émaux et portrait :
  • d'azur au porc-épic d'or[12].

Ces armes furent ensuite abandonnées. Les armes de la ville de Sablonnières conservent dans leur blasonnement un porc-épic d'or[13].

Châteaux & hôtels[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom se prononce « mau-pou »
  2. Bibliothèque nationale de Malte, cote AOM 3072 : Preuves de noble Louis de Maupeou de Bruyère
  3. Henri Gourdon de Genouillac, Dictionnaire des anoblissements, (notice BnF no FRBNF30528808, lire en ligne), p. 267
  4. Gazette de France, (lire en ligne)
  5. Gazette de France, (lire en ligne)
  6. Jean de Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des Lumières, (notice BnF no FRBNF36684998)
  7. Bataille de Lens (1648) : 1 — Siège de Valenciennes (1656) : 2 — Bataille des Dunes (1658) : 1 — Bataille de Saint-Denis (1678) : 3 — Source : [1]
  8. Fornel de La Laurencie, L'École de Saumur, (lire en ligne), p. 127-133
  9. Charles d'Hozier, Armorial général de France, vol. 23 (notice BnF no FRBNF30621509, lire en ligne), p. 297
  10. Ableiges dans l'Armorial des villes et des villages de France
  11. « Généalogie de Louis de Maupeou », sur geneanet.org
  12. Denis Lochouarn, « La seigneurie de Sablonnières »,
  13. Denis Lochouarn, « Armoiries de Sablonnières »,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques de Maupeou, Histoire des Maupeou, (notice BnF no FRBNF32431990)
  • Jean-François Bascans, "Les héritiers du Chancelier de Maupeou", tapuscrit, 2014.
  • Jean-François Bascans, "Le porc-épic, emblème des Maupeou", tapuscrit, 2015.

Liens externes[modifier | modifier le code]