Alain Gachet

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Alain Gachet
Naissance [1]
à Madagascar (France)
Domicile ex couvent des Ursilines de Tarascon
Nationalité France Française
Domaines géologie, géophysique, hydrologie.
Institutions Mines, Université d'Orsay & École des Mines de Nancy.
Diplôme Ingénieur civil des mines 1973.
Renommé pour détection radar des aquifères.
Distinctions chevalier de la Légion d'Honneur 2015,
Temple de la renommée des techniques de l'espace 2016.

Compléments

Marié, plusieurs enfants,
directeur de RTI Exploration.

Alain Claude Christian Gachet, né dans la colonie française de Madagascar en 1951, est un physicien français spécialisé en géologie, chef d'entreprise et inventeur d'un algorithme qui permet de détecter désormais avec fiabilité la présence de nappes d'eau d'aquifères, ce à partir d'images radar prises par satellite. Ses inventions en géophysique et son action sont venues au secours de millions de personnes souffrant du manque d'eau potable, victimes des « guerres de l'eau ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Le goût pour l'étude de la nature (1951-1968)[modifier | modifier le code]

Fils d"un botaniste2, officier du Service des eaux et forêts puis de l’ONF qui est confronté à la déforestation3, Alain Gachet grandit dans une région isolée du Nord de Madagascar, où ses seules distractions sont la lecture des livres de la bibliothèque familiale, Victor Hugo, Jules Verne, puis Isaac Newton, Jean Kepler, Blaise Pascal, qui lui offrent une intimité avec la nature et les sciences.

Quand il atteint l'âge de quatorze ans, soit sept ans après l'indépendance de Madagascar, il déménage pour la capitale Tananarive, où son père est nouvellement affecté. Là, l'adolescent bricole dans le jardin des fusées et un cosmodrome miniature et, inspiré par le cosmonaute John Glenn et les Encyclopédistes Denis Diderot et Jean d'Alembert, se lance dans les études de physique et de mathématiques, qui lui semblent être la clé de toutes les autres sciences qui l'attirent tout autant2.

La découverte de la Bible développe en lui un engouement pour l'histoire biblique et l'archéologie et il obtient en 1966 de séjourner durant l'été en Israël dans le kibboutz d'Evron, Israel (en), en Galilée. L'occasion lui est donnée durant ces vacances de faire un stage de géologie et d’hydrogéologie avec des experts de l’Université de Tel Aviv, dans le désert du Sinaï. Deux ans plus tard, il part découvrir le site de Qumran sur les bords de la mer Morte. Ces deux expériences le confrontent concrètement à une guerre de conquête de l'eau, à un bombardement par l'aviation israélienne d'un barrage construit par les Syriens en amont du Jourdain, aux bouleversements sociaux induits par le conflit.

Physicien nucléaire et ingénieur des mines (1969-1975)[modifier | modifier le code]

Alain Gachet a dix huit ans quand en 1969 sa famille s'installe en métropole4. Après des classes préparatoires qui l'enthousiasment2, son classement l'autorise à intégrer l'école des Mines et il suit les cours de Mécanique Quantique, d’astrophysique et de physique nucléaire à l’université Paris VII de Bernard Diu, élève de Richard Feynman et Claude Cohen-Tannoudji.

Insatisfait de recherches purement théoriques2, il se réoriente vers une physique de la terre plus proche des idéaux de son adolescence en rejoignant l'École Nationale Supérieure des Mines de Nancy. Il en sort diplômé en 19754.

Ingénieur pétrolier chez Elf Aquitaine (1978-1996)[modifier | modifier le code]

Alain Gachet entame en 19785 une carrière chez Elf Aquitaine, qui l'affecte à l'équipe de prospection du pétrole de la mer du Nord. Il s'y distingue en inventant une méthode permettant de repérer de nouveaux gisements gaziers inconnus à ce jour, prévenant à temps les foreurs des poches dangereuses2.

Après quatre années d’exploration en mer du Nord sur les plateformes pétrolières, Il est envoyé au Gabon, puis comme négociateur expert en géologie/géophysique en commando au Proche Orient, au Kazakhstan, en Russie3, accède à des fonctions diplomatiques et est finalement nommé Secrétaire Général de la filiale qu'Elf possède au Congo Brazzaville2.

En 19964, quand deux ans après l'éclatement de l'affaire Elf le président du Congo Brazzaville Pascal Lissouba, confronté à une guerre civile, décide de revendre les parts que l'État possède dans la filiale Elf-Congo, il s'oppose aux conditions du rachat de celles-ci à un prix dérisoire. Sur le point d'être débarqué par son employeur à un poste insignifiant, il négocie son départ en 1996.

Inventeur (1996-2010)[modifier | modifier le code]

L'aventure de l'entrepreneur (1996-2001)[modifier | modifier le code]

Alain Gachet profite des deux ans de salaire obtenus comme indemnité de licenciement pour se former aux États Unis aux techniques d'acquisition radar2. A la suite de la chute du mur de Berlin, les données satellites accumulées par la NASA dans le cadre de la guerre des étoiles ont été déclassifiées et Alain Gachet a l'idée de les exploiter à des fins pacifiques6.

Dès 1999, fort de ses nouveaux outils, il fonde une société de prospection minière, Radar Technologies International Exploration alias RTI Exploration, dans la perspective, à l'âge de quarante cinq ans, de faire fortune en découvrant des gisements d'or et de minerai, interdiction lui étant faite par une clause de non concurrence de travailler pour l'industrie pétrolière durant les quatre années qui suivent son licenciement2. Alain Gachet se lance dans l‘exploration des sous sols aurifères du Congo qu’il connait bien, puis du Mali4 . Il a prospecté les zones aurifères dans les fonds de rivière à la batée durant des mois avec les pygmées d’Afrique Centrale dans la forêt équatoriale, acquérant avant toute interprétation radar une solide connaissance des sous-sols du Congo4 auprès de ses populations pygmée de Bendzoko dans la zone de Mayoko, faisant porter son fils de 5 ans sur leurs épaules.

Les quatre années d’exploration minière en Afrique Centrale, souvent protégé par des gardes du corps, dans un milieu en marge de la loi2 des chercheurs d'or, de diamants, de coltan et autres matériaux précieux, Alain Gachet est consulté par Shell, qui l'envoie à Syrte, en Lybie, prospecter pour un projet pétrolier3.

Prospecter l'eau au radar satellitaire (2002-2003)[modifier | modifier le code]

L'étude d'images satellites radar prises du désert libyen l'amène à repérer en juin 2002 au sud de Syrte7 des échos radars parasites très nets, qui se révéleront être les indices d’une fuite de milliards de mètres cubes de la Grande rivière artificielle, gigantesque aqueduc souterrain de quatre mètre de diamètre construit par le colonel Kadhafi4.Cette découverte fâche le dictateur et l'ingénieur des Mines doit quitter le pays précipitamment7 sous la protection du Président Sassou N’Guesso.

Dès lors, dans le plus grand secret, il se lance dans la recherche d’un algorithme mathématique lui permettant d’isoler les échos radars qui correspondent exclusivement à des signaux d’humidité des sols. Après deux années de travail acharné, Il met au point la solution qui lui permet de gommer les artefacts de la surface terrestre8, tels que les bâtiments, mais aussi les irrégularités naturelles, tels que les rochers3, pour ne repérer que l'humidité résiduelle qui va le conduire à la découverte de nombreux aquifères souterrains.

Essais et mise au point (2004-2007)[modifier | modifier le code]

Une amitié conservée avec l'ambassadeur W. Ramsay2 introduit Alain Gachet au Haut commissariat aux réfugiés. En 2004, RTI est sollicité d'urgence pour mettre en œuvre sa méthode de détection radar et faire forer plus de 350 puits dans les différents camps qui accueillent depuis février dans l'est du Tchad et le nord du Cameroun les réfugiés de la guerre du Darfour4 et sont coûteusement approvisionnés en eau par les camions citerne de l'UNHCR3.

GPS et marteau en main, Alain Gachet, protégé par une compagnie mongole des Casques bleus7, suivi à quelques jours par une équipe de forage, parcourt les six cent cinquante kilomètres de la frontière Est du Tchad3 pour déposer une pierre blanche à l'endroit à forer2. Trois cent cinquante puits3 sont forés dans un délai de quatre mois avec un taux de réussite de plus de 85%, bien au-delà des espérances du Haut commissariat pour les Réfugiés à Genève, et pour les deux cent cinquante mille réfugiés des camps du Ouaddaï Oriental, dont ceux de Touloum et d'Iridimi4.

Le succès de l'opération attire l'attention de Bill Woods, cartographe proche conseiller de Condolezza Rice qui invite Alain Gachet en juin 2005 à la Maison blanche. Le système du savant français est expertisé par le Dr. Saud Amer, responsable au sein de l'Institut d'études géologiques des États-Unis, USGS, qui qualifie son collègue de « génie »2, et est adopté par le Département de l'Intérieur des États-Unis.

L'Agence des États-Unis pour le développement international, USAID, confie à RTI une seconde campagne d'ouverture au Darfour Soudanais. Sur les indications précises d'Alain Gachet, mille sept cent puits sont forés par l'UNICEF7 au cours de cette seconde campagne4, qui dure deux ans3. Les trois millions de réfugiés de la zone sont sauvés de la déshydratation et des épidémies générées par le manque et la pollution de l'eau.

Prospecter les aquifères profonds (2008-2010)[modifier | modifier le code]

Alain Gachet perfectionne son outil et se donne la capacité de prospecter l'eau au-delà des quatre-vingt mètres de profondeur. Des aquifères sont découverts grâce à son procédé en Afghanistan, en Angola, au Gabon, au Togo, en Oman4, où des terres agricoles sont découvertes sous les graviers étincelants de chaleur du désert du Dhofar, au milieu des roches3 du désert aride8.

Tout en continuant de prospecter les gisements miniers d'Afrique2, RTI participe aux recherches archéologiques de la Mission Hébraïque de Jérusalem, sur le présumé tombeau du roi Hérode4 qui a été découvert en 2007.

En 2010, au cours d’une prospection aurifère en forêt vierge, il tombe dans un piège à antilopes près de la frontière de Guinée équatoriale. Bassin fracturé, il est rapatrié après une difficile extraction de la forêt, puis est évacué sur l’hôpital de Nîmes. Il reste immobilisé près de cinq mois, perd tous ses contrats, vend sa résidence secondaire : il est virtuellement ruiné lorsqu’on le rappelle en Angola pour les problèmes de reconstruction post-conflits : il finit sa convalescence dans les champs de mines anti personnelles au sud de Lobito, sur le champ de bataille de Catumbela et trouve de l’eau pour la reconstruction de 150 écoles et deux hôpitaux.

Semi retraite humanitaire (2011-2017)[modifier | modifier le code]

L'indépendance hydrogéologique de l'Iraq[modifier | modifier le code]

En 2011, à la suite d’une terrible sécheresse qui atteint le nord du Kurdistan Irakien, Alain Gachet débarque à Erbil à l’appel du Ministre de l’eau du Kurdistan. l'Union européenne et l’UNESCO confient à Alain Gachet la tâche de recenser toutes les réserves d'eau souterraine du sous sol de l'Irak3. Il découvre y découvre plusieurs dizaines d’aquifères géants capables d'affranchir l'Irak des menaces de l’assèchement des barrages exercées en amont3 par la Turquie. Après la reprise de Falloujah par l'armée irakienne victorieuse face à l'État islamique en Iraq et au Levant, Alain Gachet reste l’expert privilégié du gouvernement irakien2.

Promesse d'un Kenya verdoyant[modifier | modifier le code]

Missionné par l'UNESCO à la suite de la même sécheresse qui tue en 2011 des centaines de milliers de têtes de bétail dans les zones pastorales de la corne de l'Afrique7, Alain Gachet découvre en septembre 20134 dans la région aride que borde à l'est le lac Turkana, au nord du Kenya, cinq aquifères2, dont l’un contient deux cents milliards de mètres cubes d'eau6, soit deux fois le lac Léman. Étendu sur quatre mille cent soixante quatre kilomètres carrés en trois nappes superposées jusqu'à trois cent trente mètres de profondeur, l'aquifère du Lotikipi est l’un des plus grands aquifères connus à ce jour du continent africain6.

Accueillie avec enthousiasme par le gouvernement kenyan2, la découverte donnera lieu à l'ouverture, financée par le Japon6, de quelques puits mais, la mise en valeur de ressources pour cent soixante mille nomades isolés présentant un moindre intérêt politique et le coût d'un forage profond atteignant deux cent mille dollars, son exploitation s'avère décevante au regard du potentiel de développement agricole et sanitaire qu'elle porte4.

En décembre 2013, Alain Gachet fait une autre découverte semblable de l'autre côté de la frontière, le long du rift en Région Somalie d’Éthiopie6.

Plaider la cause de l'eau[modifier | modifier le code]

En janvier 2015, sur proposition du ministre de l'écologie Ségolène Royal, Alain Gachet est accueilli par Yves Coppens2 dans le rang des chevaliers de la Légion d'Honneur5. En 2016, il est nommé par la NASA et la Fondation de l'espace au Temple de la renommée des techniques de l'espace pour avoir sauvé avec des données satellitaires un nombre de personnes que l'institut évalue alors à trente millions7.

En 2017, soutenu par les organismes qui l'ont jusqu'alors accompagné mais aussi par l'université George Washington, l'université de Turin, l'agence spatiale canadienne, il mène campagne pour une démultiplication des forages des aquifères et une régulation d'un développement agricole rapide en se faisant connaître à la télévision, en donnant des conférences et en publiant un livre autobiographique « Le sourcier qui fait jaillir l’eau du désert » aux Editions Lattès.

Méthode Watex[modifier | modifier le code]

La méthode mise au point par Alain Gachet et baptisée Groundwater Exploration pour la prospection d'eau souterraine, fusionne, dans un système expert plusieurs types de mesures, géologiques, géophysiques, climatiques, et télédétections spatiales6. Du croisement de ces données, le savant tire une grille de probabilités permettant d'orienter les explorations physiques tant à la surface que dans la profondeur du sous-sol6.

Les résultats sont exprimés sur des cartes en couleur d'un type dit Watex1, pour Water Exploration, qui est breveté. Si les images radars ne permettent pas de lire dans la profondeur du sol au delà de vingt mètres3, le système Watex permet d'inférer à partir de celles-ci un nombre suffisant de paramètres pour révéler certains aspects géologiques jusqu'à quatre cent mètres sous la surface et plus si le programme est complété par des échographies sismiques en complément des échographies radar.

La campagne du Dafour soudanais, menée entre 2005 et 2008 sur mille sept cent puits4, a montré un taux de réussite de 98 %2, mais il s'agissait de prospection à faible profondeur, quatre vingt mètres3. Dans d'autres circonstances ce taux est tombé jusqu'à seulement 85 %, ce qui reste toutefois très supérieur à l'échec d'un forage sur deux que connaissent les méthodes employées habituellement pour prospecter l'eau8, si ce n'est de deux sur trois3.

L'enjeu de la ressource des aquifères[modifier | modifier le code]

Plus d'eau qu'il n'en faut[modifier | modifier le code]

Les aquifères sont des réservoirs souterrains et naturels d'eau, salée ou potable selon les cas, alimentés par les écoulements séculaires à travers des roches poreuses et les fissures entre strates géologiques. Contrairement aux nappes phréatiques et aux eaux de surface qui servent habituellement à l'alimentation en eau des populations et à l'agriculture, ils retiennent à des profondeurs beaucoup plus importante une eau qui a commencé de s'infiltrer il y a des centaines et plus souvent des milliers d'années. Ils sont pour cette raison vierges de toute pollution. L'eau qui y est puisée n'a en général pas besoin de traitement. Ces réserves d'eau sont en outre maintenues à l'abri de la pollution des sols par des couches d'argile hermétiques.

Seuls les aquifères qui se renouvellent sont raisonnablement exploitables, l'eau fossile devant être conservée pour les générations futures8. Ils représentent ensemble cependant de très loin le plus important gisement d'eau douce de la planète. Il y plus d'eau douce cachée sous terre que visible dessus, dans les lacs, les cours d'eau, les glaciers, trente fois plus selon les estimations de la NASA3. Or plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et, chaque jour, trente mille meurent à cause d'une eau impropre4 alors que l'eau se trouve sous leurs pieds7 entre cinquante et quatre cent mètres de profondeur. « Il y a assez d'eau en Afrique pour transfigurer le visage tout entier du continent, assez d'eau pour arrêter nombre de guerres, reconstruire l'agriculture et redonner dignité et espoir à des millions d'hommes9. »

Freins[modifier | modifier le code]

Malheureusement, le coût d'un forage profond est trente fois supérieur à celui d'un puits classique4. Si la solution technique existe, sa mise en œuvre se heurte à la corruption, au désintérêt des pouvoirs politiques locaux, à l'indécision internationale, à la faible coopération des organismes humanitaires quand il s'agit d'une action qui guérit plutôt qu'elle ne soigne4. Elle permet de prévenir de nombreux conflits qui s’accumulent comme l’orage à l’orée du changement climatique qui va accroître les tensions sur les ressources naturelles dans les années à venir.

La crise migratoire[modifier | modifier le code]

Alain Gachet lie directement la crise migratoire européenne du XXIème siècle à l'impéritie face à la désertification du Sahel et le sous-développement agricole qu'elle entraîne, pour lequel il y a pourtant une solution technique3.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • H. Staub & A. Gachet, Terra[2], Galerie Omnius, Arles, du 2 avril au 30 mai 2016,
images Watex illustrant le « côté merveilleux de la nature et celui, épouvantable, de l’homme.[2] »
  • H. Staub & A. Gachet, Terra II[3], Galerie Omnius, Arles, Terra II, Exposition du 4 juillet au 15 septembre 2016.

Sources de l'article[modifier | modifier le code]

  1. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées RTI.
  2. a et b « Terra », Galerie Omnius, Arles, 20 mars 2016.
  3. « Terra II », Galerie Omnius, Arles, 20 mars 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]