Abel Decaux

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Abel Marie Decaux
Description de l'image AMDecaux01.jpg.
Naissance
Auffay, Drapeau de l'Empire français Empire français
Décès (à 74 ans)
Paris, Drapeau de l'État français État français
Activité principale organiste, enseignement, compositeur
Lieux d'activité Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Théodore Dubois, Albert Lavignac, Charles Lenepveu, Jules Massenet, Charles-Marie Widor, Alexandre Guilmant
Enseignement Schola Cantorum de Paris, Eastman School of Music
Élèves Henri Gagnebin, Éliane Lejeune-Bonnier, Omer Létourneau, Pierre Pavie (qui devint son gendre), Paule Piedelièvre, Noëlie Pierront, Adrien Rougier, Maurice Sergent, Édouard Souberbielle
Distinctions honorifiques Chevalier de la Légion d'honneur

Abel Marie Decaux, né à Auffay, Seine-Inférieure, le - mort à Paris, le , est un organiste et compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Abel Decaux est né à Auffay (à l'époque en Seine Inférieure) le 11 février 1869. Il est le second fils de Louis Émile Decaux (1831 - 1926), instituteur alors en poste à Auffay, et directeur de l'école communale, et de Aimée Désirée Picard. Très jeune il manifeste des tendances artistiques, et notamment en musique pour laquelle son frère aîné Alexis lui enseignera les rudiments. Celui-ci est en effet musicien, auteur d'ouvrages musicaux (" Le tour du clavier, gammes et arpèges dans tous les tons Majeurs et mineurs accompagnés de conseils et d'observations" - Paris 1885 éditions E. Mathieu) , et prendra en charge l'harmonie municipale d'Aumale (Seine Maritime) qu'il réorganise en 1886 et pour laquelle il a composé quelques morceaux (dont "Les Rives de la Bresle" suite de valses).

Abel Decaux fait des études à Rouen et poursuit l'étude de la musique et de l'orgue à la Maîtrise Saint-Evode de la cathédrale de Rouen. Il complète ses études musicales par correspondance, et notamment l'harmonie auprès d'un professeur parisien, Garnier-Marchand (dont on retrouve la trace dans " l'Annuaire Général de la Musique " de 1888 de Henry-Abel Simon ) et pour lequel il écrivit sa première œuvre : " Variations Brillantes pour piano sur Ah ! vous dirai-je Maman, dédiées à mon cher Maître Mr Garnier-Marchand".

Puis il quitte sa Normandie natale pour laquelle il éprouvait une profonde affection pour entrer au conservatoire de Paris où, de 1890 à 1895 il travaille le piano avec de Bériot, l'harmonie avec Dubois et Lavignac, le contrepoint et la fugue avec Lenepveu, la composition avec Massenet et l'orgue avec Widor. Il perfectionne son instrument auprès de Guilmant avec lequel il se lia d'amitié. Celui-ci le fait entrer en 1897 comme professeur d'orgue à la Schola Cantorum, école qu'il a fondée en 1895 avec Charles Bordes et Vincent d'Indy. Abel Decaux y retrouve son ami Déodat de Séverac qui vient le remplacer parfois alors qu'il est titulaire à l'église de Bourg-la-Reine (voir correspondance de Déodat de Séverac, dans le livre " La Musique et les Lettres", correspondance rassemblée et annotée par Pierre Guillot, éditions Mardaga, en particulier la lettre n° 82 datée de décembre 1898 dans laquelle Séverac écrit :" Hier je suis allé tenir l'orgue à Bourg-la-Reine pour remplacer l'ami Decaux ; je le remplacerai encore vendredi et dimanche "). Decaux enseignera l'orgue à la schola jusqu'à son départ pour les États-Unis en 1923.

Le 23 juin 1902, il épouse à Paris Jeanne Lescarcelle (1880 - 1961).

De cette union naitra le 23 novembre 1904 leur fille unique : Marguerite. Celle-ci épousera le 15 juillet 1930 Pierre Pavie (1905 - 1972), élève d'Abel Decaux, maître de chapelle et organiste à l'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Colombes (Hauts de Seine).

En 1903 il est nommé, par concours, titulaire à la tribune de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, à l'unanimité et avec les félicitations du jury composé de Guilmant, Widor et Vierne. Il est de ce fait le premier titulaire du grand Cavaillé-Coll qui sera installé à la tribune de la Basilique de 1914 à 1919, et inauguré le 16 octobre 1919 par Decaux, Widor et Dupré.

En 1923, il part aux États-Unis où il prend la succession de Joseph Bonnet pour enseigner et représenter l'école d'orgue française à l'Eastman School of Music de Rochester. En 1926, il renouvelle son contrat aux États-Unis et démissionne de son poste à Montmartre. C'est Ludovic Panel, son suppléant depuis 1923, qui lui succèdera cette année-là et qui sera titulaire jusqu'en 1946.

Le 3 février 1934, Il est fait Chevalier de la Légion d'honneur par André Laboulaye, ambassadeur de France aux Etats-Unis.

Rentré en France en 1935, il succède à Louis Vierne à la classe supérieure d'orgue de l'École César-Franck (école fondée par Guy de Lioncourt après la fermeture de la Schola) et enseigne également à l'Institut grégorien de Paris. Il est titulaire à l'église Saint-Joseph-des-Carmes à Paris de 1936 jusqu'à sa mort en 1943.

Un cours à la Schola Cantorum vers 1900. Decaux est le troisième en partant de la gauche.

Pris par son enseignement, il compose peu. Une suite de Clairs de Lune pour piano qu'il écrit entre 1900 et 1907 lui valurent néanmoins les suffrages de la "Société Nationale" et des différents salons annuels où ils furent exécutés. Ses contemporains l'avaient surnommé le « Schönberg français », ses Clairs de lune pour piano annoncent en effet le langage atonal de l'auteur du Pierrot lunaire. Norman Demuth (en) rappelle que "l'expérience sérielle est née sur le sol français. Ni Hauer, ni Schönberg ne connurent les Clairs de Lune d' Abel Decaux composés dès 1900. C'est lui pourtant le véritable ancêtre des jeunes sériels français qui l'ignorent, mais ont réinventé, à partir de Debussy, son impressionnisme sériel" (Norman Demuth in French piano music, London, Museum Press Limited, 1959).

Il est inhumé en Normandie, (à Aumale, où une rue porte son nom), la région où il est né et où il a grandi et qu'il affectionnait tant, (" ...toutes ces plaines du Pays de Caux d'où, peut-être, par mon père et ma mère, je tiens l'amour des étendues qui m'est resté ?" - A.M. Decaux, journal, sept. 1923).

Parmi ses élèves, citons : Marguerite Béclard d'Harcourt, Henri Gagnebin, Jesús Guridi, Jeanne Joulain, Éliane Lejeune-Bonnier, Omer Létourneau, Auguste Le Guennant, Pierre Pavie (qui devint son gendre), Marc de Ranse, Félix Raugel Paule Piedelièvre, Noëlie Pierront, Adrien Rougier, Maurice Sergent, Édouard Souberbielle, etc.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Clairs de lune, pour piano : Minuit passe (1900), La Ruelle (1902), Le Cimetière (1907), La Mer (1903), éditions Philippo
  • Variations Brillantes sur Ah! vous dirai-je, Maman, pour piano
  • La Lune Blanche, mélodie pour piano et chant, sur une poésie de Paul Verlaine (1899), éditions Maurice Sénart
  • Fuguette sur l'Ave Maris Stella pour orgue, éditions Maurice Sénart

Transcriptions[modifier | modifier le code]

  • Prélude, fugue et variations de César Franck pour piano à quatre mains, éditions Durand
  • Barcarolle de Saint-Saëns pour violon et piano, éditions Durand
  • Marche de Lohengrin de Wagner, pour piano et harmonium, éditions Durand
  • Iberia (Evocation, El Puerto, Fête-Dieu à Séville) d'Albeniz pour piano à quatre mains, éditions Breitkopf

Références[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire de la Musique française, Larousse, 1988
  • Dictionnaire de la Musique, Marc Honegger, Bordas
  • Dictionnaire de la musique contemporaine, Claude Rostand, Larousse
  • Dictionnaire des organistes Français des XIX ème et XX ème siècles, Pierre Guillot, éditions Mardaga
  • Déodat de Séverac : La Musique et les Lettres, correspondance rassemblée et annotée par Pierre Guillot, éditions Mardaga
  • The new Grove Dictionary of Music and Musicians, Edited by Stanley Sadie, vol. 5
  • Baker's Biographical Dictionary of Musicians, 7th edition
  • Guide de la musique de piano, Fayard
  • Guide de la musique d'orgue, Fayard
  • Un "Schönberg français": Abel Decaux, par Gisèle Brelet, RMS mai-juin 1961
  • L'Orgue, revue n° 210, 1989, Abel Decaux, par E. Lejeune-Bonnier
  • L'Orgue, revue n° 129, 1969, Grands Organistes que j'ai connus : A. Decaux, un professeur admirable, par Henri Gagnebin
  • Le Grand Orgue du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris, par Daniel Roth, La flûte harmonique, Numéro Spécial 1985
  • Abel Decaux, un Schönberg français ?, Michel Fleury, La Lettre du Musicien, supplément piano hors série n° 4, août 1990
  • Annuaire Général de la Musique , par Henry-Abel Simon 1888

Pour découvrir les Clairs de Lune[modifier | modifier le code]

Piano : Marie-Catherine Girod. Label 3D réf 8005, distribution Harmonie

  • "Reflections" Decaux : Clairs de Lune ; Ravel : Miroirs ; Schönberg : 3 Klavierstücke op. 11.

Piano : Frederic Chiu. Label Harmonia Mundi HMU 907 166

Piano : Marc-André Hamelin. Label Hypérion CDA67513 (Récompenses : 5 de Diapason, 4 étoiles du Monde de la Musique, ffff de Télérama, 10 de Classica-Répertoire)

Piano : Natacha Kudritskaya. Label Deutsche Grammophon

Liens externes[modifier | modifier le code]