Émile Loubon

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Émile Loubon
Emile-Loubon-portrait.jpg

Portrait d'Émile Loubon

Naissance
Décès
Nom de naissance
Émile Charles Joseph Loubon
Nationalité
Drapeau de la France France
Activités
Autres activités
Formation
Maître
Élève
Distinction
Émile Loubon, par Jean Joseph Hippolyte Romain Ferrat au Musée Granet d'Aix (1852)

Émile Charles Joseph Loubon, né le 12 janvier 1809 à Aix-en-Provence, mort le 3 mai 1863 à Marseille, est un peintre français, réputé pour ses paysages provençaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Fils de Noël Augustin François Loubon, négociant aisé, et d'Anne-Thérèse Michel[1], il étudie le dessin sous la direction de Jean-Antoine Constantin, de François Marius Granet et de Louis Mathurin Clérian. C'est ce dernier, directeur de l'école de dessin d'Aix, qui a la plus forte influence sur lui[2].

Études et carrière parisienne[modifier | modifier le code]

En 1829, Granet l'invite à l'accompagner pour un voyage d'études à Rome, où il parfait ses connaissances d'architecture[2]. Mais c'est dans le dessin de plein air qu'il excelle. Granet trouve bons ses premiers paysages italiens. Loubon décide de se consacrer exclusivement à la peinture et de rester deux années à Rome. Il rentre en France en 1831 et part pour Paris. Il y rencontre les peintres Alexandre-Gabriel Decamps, Constant Troyon et Thomas Couture[2]. Ce dernier collaborera avec lui en peignant un torse de lépreux sur un tableau que Loubon préparait pour l'église Saint-Jean-de-Malte d'Aix-en-Provence[2].

Mais c'est au peintre provençal Camille Roqueplan, rencontré aussi à Paris, qu'il vouera une admiration majeure, n'hésitant pas à s'en désigner l'élève. Son atelier de la capitale est fréquenté par des peintres de qualité et Loubon obtient la médaille de troisième classe au Salon de 1833[2].

École de dessin de Marseille[modifier | modifier le code]

La ruine de son père le rappelle brusquement à Aix en 1845. Son oncle, adjoint à l'École des beaux-arts de Marseille, parvient à le faire nommer à la direction de l'école pratique de dessin de Marseille en 1845, fonction qu'occupait Augustin Aubert depuis 1810[2]. Il marque l'école par sa volonté d'instruire ses élèves à une recherche plus naturelle des modèles vivants et suscite l'admiration.

Dans le même temps, Loubon fonde la Société des Amis des Arts de Marseille[2].

En 1849, il part quelque temps en Orient, où il puisera des sujets d'œuvres d'inspiration orientaliste[2]. Il en rapportera notamment une Vue de Nazareth.

Malgré l'usage qu'il faisait du bleu, Loubon détestait cette couleur. Sur la fin de sa vie, ses bleus tourneront d'ailleurs au gris-bleu et au brun[3].

Sa femme ne joua pas un rôle positif sur lui. Selon Brahic-Guiral, « très belle, très gâtée par celui qui lui passait tous ses caprices d'enfant ingrate, l'ancien modèle ne sut pas donner à l'artiste un intérieur reposant »[4]. Les dernières années de Loubon sont marquées par une certaine aigreur face à ses contemporains. Il dira un jour : « J'ai toujours été exploité par la société et il n'est forme que l'on n'ait employé pour me soutirer quelques-unes de mes œuvres ou quelques-uns de mes dessins, me mettant à contribution pour un décor ou pour composer un travestissement. »[4]

Malade de longues années, il finit par succomber à un cancer des intestins le 3 mai 1863[2].

Il repose au cimetière Saint-Pierre de Marseille. Sur sa tombe s'élève une colonne au pied de laquelle est placée une sculpture en bronze représentant une palette de peintre avec des pinceaux. Le sommet de la colonne est coiffé d'une niche abritant un buste représentant le peintre, sculpté dans un bloc de marbre offert par Jules Cantini et réalisé par un de ses élèves, Marius Guindon.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Élèves[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives des Bouches-du-Rhône.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i La Peinture en Provence, André Alauzen, Éditions Jeanne Laffitte, Marseille, 1987, p. 181-2.
  3. Bouillon-Landais, Le Peintre Émile Loubon, Paris, Plon, 1897.
  4. a et b Loubon, Paule Brahic-Guiral, « La Savoisienne », 1973.
  5. « Vue d'un aqueduc », base Joconde, ministère français de la Culture
  6. « Jésus et la Samaritaine », base Joconde, ministère français de la Culture
  7. « La chaumière », base Joconde, ministère français de la Culture
  8. « La visite à la fiancée », base Joconde, ministère français de la Culture
  9. « Marseille, vue des Aygalades », base Joconde, ministère français de la Culture
  10. « Route d'Antibes à Nice », base Joconde, ministère français de la Culture
  11. « En route pour le marché », base Joconde, ministère français de la Culture
  12. « Le charretier », base Joconde, ministère français de la Culture
  13. « La porteuse d'eau », base Joconde, ministère français de la Culture
  14. « Alpage et chalets », base Joconde, ministère français de la Culture
  15. « Étude de personnage oriental », base Joconde, ministère français de la Culture
  16. « Étude de personnages vus de dos », base Joconde, ministère français de la Culture
  17. « Étude de visage féminin », base Joconde, ministère français de la Culture
  18. « L'écurie », base Joconde, ministère français de la Culture
  19. « Le pont sur la rivière », base Joconde, ministère français de la Culture
  20. « Paysage de haute montagne », base Joconde, ministère français de la Culture
  21. « Razzia par les chasseurs d'Afrique », base Joconde, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Tombe d'Émile Loubon au cimetière Saint-Pierre à Marseille.
  • Paule Brahic-Guiral, Loubon, Musée Longchamp, Marseille, Imprimerie municipale, , 63 p..
  • Paule Brahic-Guiral, Loubon : Sa vie, son œuvre, Marseille, La Savoisienne, , 192 p..
  • Paule Guiral, « Un maître du paysage provençale : Émile Loubon », in Revue Marseille no 70, janvier-février 1968, p. 47-53.
  • Régis Bertrand, « Le tombeau d'Émile Loubon », in Revue Marseille no 136, 1984, p. 90-97.
  • André Alauzen et Laurent Noet, Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marseille, Jeanne Laffitte, (1re éd. 1986), 473 p. (ISBN 9782862764412), p. 293.
  • Ferdinand Servian, Remarques sur la technique de quelques peintres provençaux : J.A. Constantin, Marius Granet, Camille Roqueplan, Honoré Daumier, Émile Loubon, Gustave Ricard, Adolphe Monticelli, Stanislas Torrents, Marseille, Imprimerie Barlatier, , 101 p..
  • Paul Bouillon-Landais, Le peintre Émile Loubon, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, , 15 p..
  • André Alauzen, La Peinture en Provence, Éditions Jeanne Laffitte, Marseille, 1987, p. 181-2.
  • Jean-Roger Soubiran, Le Paysage provençal et l'école de marseille avant l'impressionnisme, Éditions de la RMN, 1992, p. 188 à 243.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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