Jules Cantini

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Jules Cantini
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Jules Cantini, né à Marseille le , et mort à Marseille le , est un sculpteur, marbrier et mécène français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père, Gaétan Cantini, est un maçon d’origine italienne qui réalisa la démolition de l’aqueduc de la porte d’Aix en 1823 afin de construire l’arc de triomphe. Avec sa femme, Thérèse Farci, ils s’installent rue Longue des capucins et ont plusieurs enfants, dont Jules qui fut le cadet. Orphelin en 1831, Jules Cantini entre en 1837 à l’école de dessin. Il épouse Rose Lemasle le .

Carrière[modifier | modifier le code]

Cantini débute dans l’atelier de sculpture décorative que Pierre, son frère aîné, a créé rue des Beaux-Arts. Il exploite des carrières de marbre rouge à Vitrolles, puis achète des carrières de marbre en Italie à Carrare et en Algérie. Après la mort de son frère en 1851, Jules Cantini fait prospérer l’entreprise qu'il installe avenue du Prado à Marseille. Il possède une scierie de marbre aux quartiers du Rouet et de Bonneveine. Grâce aux indications de Monseigneur Louis Robert, évêque de Marseille, il découvre et exploite des carrières de marbre de couleur ivoire.

Il réalise lui-même de nombreuses statuettes et des œuvres de plus grande taille en collaboration avec d’autres artistes. Il reçoit des commandes publiques et privées. Il décore les hôtels particuliers de Cyprien Fabre, Victor Régis ou Jules Charles-Roux à Sausset, les escaliers extérieurs du château de la Simone de la famille Rougier à Meyreuil. Il participe aux travaux de Notre Dame de la Garde et de la nouvelle cathédrale de la Major. En 1886, il offre une statue de saint Pierre de sa main pour une chapelle latérale de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde[1]. Il applique la polychromie, très appréciée à l’époque, aux statues, aux autels d’église ou aux cheminées qui doivent être nombreuses si on en juge par le grand nombre de dessins qu’il a effectués.

Lors de l’Exposition universelle de 1900 à Paris, l’État acquiert une statue réalisée en collaboration avec Ernest Barrias : la Nature se dévoilant à la Science qui se trouve au musée d'Orsay avec la mention J. Cantini/Marbres & onyx/Marseille figurant sur la plinthe de la terrasse[2].

Le mécène[modifier | modifier le code]

Sa fortune faite, il devient un grand mécène. Il fait un don de 100 000 francs à la Caisse d’épargne pour la création des livrets. C’est un bienfaiteur de l’école des beaux-arts où sont créés plusieurs prix portant son nom pour récompenser de jeunes sculpteurs.

Par décret du , il est nommé officier de la Légion d’honneur[3].

En 1911, il offre à la ville de Marseille la fontaine de la place Castellane, que son ami André-Joseph Allar a réalisée d'après ses dessins. Lors de son inauguration, le , le maire Bernard Cadenat compare Cantini à Crinas, ce « médecin qui avait légué sa fortune pour la remise en état des fortifications et des remparts de la cité »[4]. On doit à ses ateliers une copie de la Statue de David par Michel-Ange, érigée en 1949 au rond-point de la plage du Prado à Marseille, ainsi qu'une copie de celle du Milon de Crotone par Pierre Puget placée Cours Honoré-d'Estienne-d'Orves.

Disparition et héritage[modifier | modifier le code]

Il meurt le et lègue une trentaine d’immeubles à la ville et aux hôpitaux de Marseille, dont l'hôtel de la rue Grignan acheté à la Compagnie du Cap Nègre. Dans cet hôtel se trouve le musée Cantini actuellement spécialisé dans l’art contemporain. Le maire Eugène Pierre assistait à ses obsèques, ainsi que de nombreuses personnalités.

Une clinique, ainsi qu’une avenue de Marseille partant de la place Castellane en direction de l'ancienne gare du Prado et qui longe le parc du XXVIe centenaire, portent son nom.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Levet, La vierge de la Garde au milieu des bastions, quatre siècles de cohabitation entre l’Église et l’Armée sur une colline de Marseille (1525-1941), Paul Tacussel éditeur, Marseille, 1994, p. 154-155, (ISBN 2-903963-75-4)
  2. Musée d'Orsay
  3. « Cote LH/419/98 », base Léonore, ministère français de la Culture
  4. Pierre Gallocher, Zigzags dans le passé, Tacussel, Marseille, 4 volumes, Marseille, 1984, 1989, 1993, 1995, tome I, p. 148.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Chélini (dir.), Félix Reynaud (dir.) et Madeleine Villard (dir.), Dictionnaire des marseillais, Marseille, Académie de Marseille - Édisud, , 368 p., 24 × 17 cm (ISBN 2-7449-0254-3, OCLC 52159149, notice BnF no FRBNF37715787).
  • Paul Masson (dir.), Encyclopédie des Bouches-du-Rhône, Archives départementales, Marseille, 17 volumes, 1913 à 1937.
  • Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille : Mémoire de Marseille, Marseille, Jeanne Laffitte, , 441 p., 32 × 22 cm (ISBN 2-86276-195-8, OCLC 21443673, notice BnF no FRBNF35056428)
  • Roland Caty, Éliane Richard et Pierre Échinard (préf. Émile Temine), Les patrons du second Empire, Paris, Picard, , 332 p. (ISBN 2-7084-0557-8, notice BnF no FRBNF37074554).
  • Marie-Paule Vial (dir.), Bruno Wuillequiey, Denise Jasmin, Luc Georget, Bénédicte Ottinger, Gilles Milhière, Régis Bertrand et al., Marseille au XIXe, rêves et triomphes : Musées de Marseille (16 novembre 1991-15 février 1992), Marseille, Musées de Marseille, , 441 p. (ISBN 2-7118-2487-X, notice BnF no FRBNF35487106).
  • André Alauzen et Laurent Noet, Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marseille, Jeanne Laffitte, (1re éd. 1986), 473 p. (ISBN 9782862764412, OCLC 920790818, notice BnF no FRBNF40961988), p. 98

Liens externes[modifier | modifier le code]