Vincent Ier de Mantoue

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Vincent Gonzague, duc de Mantoue par Frans Pourbus le Jeune (1600-1601) collection privée à Rome.
Vincent Ier, duc de Mantoue et Montferrat, 1597
Mantua progenies, antiquae ab origine gentis
Lunatis peltis fulme et horor erat
Race de Mantoue, descendant d'une antique famille, ses boucliers en lune portaient foudre et effroi

Vincent Ier de Gonzague, duc de Mantoue et de Montferrat, (en italien Vincenzo I Gonzaga ), était un prince italien né le 21 septembre 1562 à Mantoue et mort le 18 février 1612 à Mantoue. Il fut le quatrième duc de Mantoue (région de Lombardie en Italie) et deuxième duc de Montferrat (région du Piémont).

Fils aîné de Guillaume Ier de Mantoue et d'Éléonore d'Autriche, il succède à son père qui meurt en 1587. Il est âgé de 25 ans.

Un prince "baroque"[modifier | modifier le code]

À l'opposé de son père, sévère conservateur, Vincent est d'un naturel pour le moins exubérant voire mégalomane. Il raffole du luxe, des femmes, de l'art. Autant son père a pu être précautionneux, discret et économe, autant Vincent va être irréfléchi, démonstratif et dispendieux. Rien de ce qui est excessif ne lui est étranger. Le luxe, l'élégance, le plaisir, les femmes, le spectacle offert, la collection effrénée d'œuvres d'art, les fêtes « pharaoniques », les voyages où l'important est de faire étalage de ses biens devant les cours européennes visitées.

Vincent restera dans la mémoire de ceux qui le côtoient et pour la postérité, le plus spectaculaire de tous les princes de la famille Gonzague. Il est aussi primesautier ; dans sa quête perpétuelle d'aventures nouvelles, il passe d'un objectif à l'autre, quitte un endroit pour un autre, une cour pour une autre, sur un coup de tête, il abandonne un but qu'il s'était fixé la veille pour un autre et mieux en changer le jour suivant.

Un prince collectionneur et mécène[modifier | modifier le code]

Une seule passion le tiendra constamment en haleine, c'est ce qu'on appellerait aujourd'hui sa « collectionite » : la chasse aux œuvres d'art est sa marotte, une passion viscérale pour le beau et le précieux, quasiment légendaire, qui le fait courir aux quatre coins de l'Europe et rencontrer les plus grands artistes de cette seconde partie du Cinquecento. C'est à lui qu'est dû le séjour à Mantoue, vers 1601, de Rubens sans doute rencontré à Venise et qui peindra pour lui plusieurs œuvres dont La famille Gonzague.

L'architecture l'intéresse également. C'est ce qui l'amènera à faire effectuer d'importantes interventions architecturales sur le Palais ducal : comme son père Guillaume et comme le fera ultérieurement son fils Ferdinand, il mettra un point d'honneur à embellir la résidence principale de la famille. Par contre, l'étonnement du visiteur sera l'unique ligne de conduite de Vincent et son palais devra dépasser en luxe et en beauté n'importe quel autre lieu.

Autre domaine artistique, la musique l'intéresse. Cela l'amènera à être le protecteur de Claudio Monteverdi qui commença à travailler à la cour de Mantoue en 1590 comme chanteur et violoniste, puis, à partir de 1602, comme maître de la musique du prince. Ses principales créations seront l’Orfeo en 1607, un des premiers opéras de l'histoire de la musique, et le non moins célèbre Lamento, extrait de son second opéra, L'Arianna, créé en 1608 (le reste de cet opéra brûla avec douze autres, au cours d'une guerre, du vivant même de Monteverdi). C'est à Mantoue également que seront chantées pour la première fois les Vêpres de la Vierge (1610), du même.

Un prince reconnu par ses pairs[modifier | modifier le code]

L'empereur l'adoubera chevalier de l'Ordre de la Toison d'or en 1589 puis le fera comte de Rodigo et Rivalta en 1591 et, en 1593, il sera élevé au rang de Prince du Saint-Empire romain germanique.

Mariages et postérité[modifier | modifier le code]

Le 2 mars 1581 à Plaisance, à l'âge de 18 ans, Vincent, alors prince héritier, épousa Marguerite Farnèse (1567-1643), fille d'Alexandre Farnèse, duc de Parme et de Plaisance et de Marie de Portugal, âgée de 14 ans. Le mariage, sans postérité, fut annulé dès 1583.

Le 29 avril 1584 à Mantoue, Vincent épousa en secondes noces, Éléonore de Médicis (1566-1611), fille de François Ier de Médicis, grand-duc de Toscane et de Jeanne d'Autriche.

Ils eurent six enfants :

  • François (1586-1612) qui sera le 5e duc de Mantoue, titré François IV, et le 3e duc de Montferrat, titré François II ; épouse en 1608 Marguerite de Savoie (1589-1655)
  • Ferdinand (1587-1626) qui sera le 6e duc de Mantoue, et le 4e duc de Montferrat ; épouse en 1617 Catherine de Toscane (1593-1629)
  • Guillaume (Guglielmo Dominico Lungaspada) (1589-1591) ;
  • Marguerite (1591-1632) qui épousera, en 1606, Henri II, duc de Lorraine et de Bar (1563-1624),  ;
  • Vincent (1594-1627) qui sera le 7e duc de Mantoue, titré Vincent II, et le 5e duc de Montferrat, titré Vincent II ; cardinal (1615) (contracte un mariage secret en 1617)
  • Eléonore (1598-1655) qui épousera, en 1622, Ferdinand II empereur germanique (1578-1637),

Vincent Ier est décédé en 1612, à l'âge de 50 ans, léguant à la postérité le souvenir d'un prince représentatif de l'âge baroque.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

nota : les couleurs gueules (rouge) et argent (blanc) sont celles de la ville de Mantoue ainsi que celles du Montferrat.