Veuves et orphelines

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Une veuve, aggravée par le fait qu'il s'agit de la fin d'un mot coupé : « significa/tives », sur une ligne isolée.

En typographie, une ligne veuve est la dernière ligne d'un paragraphe apparaissant isolée en haut d'une page, et une orpheline est la première ligne d'un paragraphe apparaissant isolée en bas d'une page. On essaye généralement d'éviter l'apparition des veuves et des orphelines dans un texte typographié, sauf bien sûr dans la composition des dialogues ou des vers.

On utilise souvent une formule mnémotechnique pour les différencier : « Une orpheline n'a pas de passé, une veuve n'a pas d'avenir » (l'orpheline est la première ligne d'un paragraphe, et la veuve la dernière). On peut aussi se souvenir que dans l’expression « Veuves et orphelines », la veuve est en premier (donc haut de page), l’orpheline en second (donc bas de page).

Commentaires[modifier | modifier le code]

Une controverse existe sur la question de savoir s'il ne faudrait pas appeler une ligne veuve une orpheline et réciproquement, ou, en d'autres termes, si une ligne isolée en bas de composition ne devrait pas être appelée une veuve, et en haut une orpheline. Il semble toutefois que, les deux expressions étant traduites de l'usage typographique anglais, et les principaux typographes anglo-saxons (notamment Robert Bringhurst[1]) situant la veuve en haut et non en bas de la page, il faille s'en tenir à cet usage[2].

Les logiciels de traitement de texte proposent une fonction « Veuves et orphelines » (Microsoft Word) ou « Lignes solidaires » (Adobe InDesign) qui permet de définir le nombre minimum de lignes d'un paragraphe pouvant être isolées en haut ou en bas de page.

Il est surtout à noter que ces mots traduits de la langue anglaise ne correspondent ni au vocabulaire ni aux pratiques et traditions de la typographie française. La plupart des « codes typographiques » en usage dans le monde francophone ne mentionnent pas les « veuves et orphelines ». S'il a toujours été fortement déconseillé, en typographie française, de laisser une ligne de fin de paragraphe — « ligne creuse » en jargon typographique français — en début de page, il n'a, en revanche, jamais été interdit de laisser seule en bas de page la première ligne d'un paragraphe. En témoignent les pages 102 et 103 du Traité de la Typographie d'Henri Fournier, publié en 1825, qui toutes les deux se terminent par une première ligne isolée. Clin d'œil supplémentaire, la première ligne de la page 103 est celle de la définition typographique du mot « ligne ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Bringhurst, The Elements of Typographic Style, version 2.4, Vancouver, Hartley & Marks, 2001, pp. 43-44.
  2. Voir sur orthotypographie.fr.

Lien externe[modifier | modifier le code]