Vénétie julienne

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La Vénétie julienne (Italien : Venezia Giulia; Slovène: Julijska Krajina; Allemand : Julisch Venetien), partie orientale du Triveneto, est une ancienne région politique du sud-est de l'Europe située à l'emplacement actuel de l'ouest de la Slovénie, du nord-ouest de la Croatie et du nord-est de l'Italie.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom provient du massif montagneux des Alpes juliennes qui est localisé au nord de la région. Partie orientale de la région dénommée Triveneto en 1863 par le linguiste gorizien Graziadio Isaia Ascoli, celle-ci a aussi été dénommée « Marche julienne », le terme « Marche » désignant le fait que la zone est à la limite entre plusieurs puissances.

Géographie[modifier | modifier le code]

La zone est délimitée au nord par le massif des Alpes, à l'ouest par le fleuve Isonzo et la mer Adriatique, à l'est par la Carniole et au sud par l'Istrie. Elle englobe ainsi toute la région vallonnée du Carso. Parmi les villes importantes de la région se trouvent de nos jours la ville italienne de Trieste, la ville slovène de Koper et la ville croate de Rijeka.

Histoire[modifier | modifier le code]

De 1918 à 1945[modifier | modifier le code]

À la fin de la Première Guerre mondiale qui vit la défaite de l'Empire austro-hongrois, les traités de Saint-Germain-en-Laye et de Rapallo redessinèrent les frontières de l'Europe.

La région littorale de l'empire austro-hongrois fut démantelée et partagée entre les Italiens et le Royaume de Yougoslavie. La ville de Trieste et le comté de Gorizia passèrent ainsi en Italie alors que l'île de Krk passa sous la tutelle du Royaume de Yougoslavie. La ville de Rijeka devint l'État libre de Fiume. En 1924, l'état libre fut supprimé et partagé entre l'Italie et le royaume slave.

Dans les zones passées sous la coupe italienne, les italiens ne vivaient que dans les villes du littoral alors que la population de l'arrière pays était plutôt composée de Slaves qu'ils soient Croates ou Slovènes. Le régime fasciste italien qui arriva au pouvoir persécuta ces populations slaves et près de 100 000 d'entre eux fuirent vers le royaume voisin mais aussi vers l'Argentine. De nombreux italophones vivant dans le royaume slave firent le chemin inverse pour s'établir en Istrie et dans la région de Trieste. La politique fasciste tendait en effet à italianiser les populations locales. L'organisation anti-fasciste TIGR vit le jour en vue de combattre ces agissements et pour que la région soit annexée au royaume voisin qui deviendra après la Seconde Guerre mondiale la Yougoslavie. Durant la Seconde Guerre mondiale, le mouvement de résistance des Partisans yougoslaves s'implanta dans la région et, en 1945, la région fut conquise par l'Armée populaire de Yougoslavie. De nombreux italiens, slaves pro-italiens ou slaves anti-communistes furent massacrés lors des Massacres des foibe par les Communistes yougoslaves.

Région contestée (1945-1954)[modifier | modifier le code]

Entre 1945 et 1947, la région fut contestée par l'Italie et la Yougoslavie. C'est à ce moment que le terme Marche Julienne fut adopté officiellement pour représenter la zone contestée. En juillet 1945, la zone fut divisée en deux zones administratives militaires. La première était gérée par l'armée yougoslave alors que l'autre était gérée par une force américano-anglaise. Cette seconde zone comportait les villes de Pula, Gorizia, Trieste, la vallée de l'Isonzo et le Carso. Les Italiens de la zone sous administration yougoslave commencèrent déjà à fuir à la suite de persécutions. Entre 1945 et 1954, on estime à environ 250 000 italiens qui quittèrent cette région. Ce phénomène se nomme également « Exode des Istriens (it) ». En 1946, le président américain Harry S. Truman ordonna le renforcement des troupes américaines dans le nord de l'Italie à la suite de la destruction d'un avion américain survolant la marche julienne par les forces Yougoslaves.

Un accord sur les frontières fut obtenu lors du Traité de Paris (1947). La Yougoslavie obtint la zone à l'est de la ville de Gorizia ainsi que toute l'Istrie dont la ville Rijeka. Le Territoire libre de Trieste fut également créé. Ce dernier était divisé en deux zones, la première était gérée par les Alliés alors que la seconde l'était par les Yougoslaves. À la suite de tensions continuelles, le territoire fut finalement scindé. La ville de Trieste et ses environs devint italienne alors que le reste du territoire alla à la Yougoslavie.

Aujourd'hui, la zone fait partie de la région italienne Frioul-Vénétie julienne, du Littoral slovène et de l'Istrie croate.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]