Subdivision administrative autonome tibétaine de la République populaire de Chine

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Les entités administratives autonomes tibétaines de la République populaire de Chine, en jaune sur la carte.

La République populaire de Chine a créé des subdivisions autonomes tibétaines dans les provinces de l'Ü-Tsang, du Qinghai (qui avait succédé en 1928 à l'ancienne province tibétaine de l'Amdo) et du Xikang (qui avait succédé en 1939 à l'ancienne province tibétaine du Kham). Ces subdivisions sont au nombre de 13 avec une région autonome, 10 préfectures et 2 comtés[1].

Divisions administratives chinoises[modifier | modifier le code]

La chine est constituée de 22 provinces, 5 régions autonomes, 30 préfectures autonomes (assimilable à des «départements») et 124 districts autonomes. Par ailleurs, plus de 1200 comtés ethniques ont été créés dans les régions multiethniques. Ainsi cette division administrative présente quatre «échelons» :

  • La province, la région autonome et la municipalité relevant de l'autorité centrale;
  • La préfecture, la ligue et la municipalité ayant rang de préfecture;
  • Le district (bannière), le district autonome et la bannière autonome et municipalité ayant rang de district;
  • Enfin le comté (assimilable au canton).

La division en provinces, régions autonomes et municipalités relève de l'autorité centrale et couvre tout le territoire[2].

Entités tibétaines autonomes[modifier | modifier le code]

Ces subdivisions sont au nombre de 13 avec une région autonome, 10 préfectures et 2 comtés:

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2000, 2,4 millions de Tibétains habitent dans la Région autonome du Tibet, un million de Tibétains vivent dans la province du Qinghai, 455 000 sont dans la province du Sichuan, 643 000 dans la province du Gansu et 353 000 dans la province du Yunnan[3].

Dans l'ensemble des trois provinces revendiquées par le gouvernement tibétain en exil, le recensement de 2000 chiffre à 3 630 000 le nombre de Han et à 1 650 000 les membres d'autres ethnies.

Par ailleurs, d'après le recensement effectué en 2009 par le gouvernement tibétain en exil, 128 000 Tibétains font partie de la diaspora tibétaine[4].

Le tableau ci-après présente la population tibétaine dans les entités autonomes tibétaines de la République populaire de Chine en y intégrant Xining la capitale du Qinghai et la préfecture de Haidong [5]. La raison d'inclure ces deux derniers est de compléter les chiffres pour la province du Qinghai, et aussi parce qu'ils sont revendiqués comme faisant partie du « Tibet historique », par le gouvernement tibétain en exil. Ces statistiques ne comprennent pas les membres de l'armée populaire de libération en service actif.

Répartition ethnique des zones tibétaines de la RPC, recensement de 2000.
Total Tibétains Chinois Han autres
Région autonome du Tibet: 2 616 329 2 427 168 92,8 % 158 570 6,1 % 30 591 1,2 %
- Préfecture de Lhassa 474 499 387 124 81,6 % 80 584 17,0 % 6 791 1,4 %
- Préfecture de Qamdo 586 152 563 831 96,2 % 19 673 3,4 % 2,648 0,5 %
- Préfecture de Shannan 318 106 305 709 96,1 % 10 968 3,4 % 1 429 0,4 %
- Préfecture de Xigazê 634 962 618 270 97,4 % 12 500 2,0 % 4 192 0,7 %
- Préfecture de Nagchu 366 710 357 673 97,5 % 7 510 2,0 % 1 527 0,4 %
- Préfecture de Ngari 77 253 73 111 94,6 % 3 543 4,6 % 599 0,8 %
- Préfecture de Nyingchi 158 647 121 450 76,6 % 23 792 15,0 % 13,405 8,4 %
Province du Qinghai: 4 822 963 1 086 592 22,5 % 2 606 050 54,0 % 1 130 321 23,4 %
- Préfecture de Xining 1 849 713 96 091 5,2 % 1 375 013 74,3 % 378 609 20,5 %
- Préfecture de Haidong 1 391 565 128 025 9,2 % 783 893 56,3 % 479 647 34,5 %
- Préfecture autonome tibétaine de Haibei 258 922 62 520 24,1 % 94 841 36,6 % 101 561 39,2 %
- Préfecture autonome tibétaine de Huangnan 214 642 142 360 66,3 % 16 194 7,5 % 56 088 26,1 %
- Préfecture autonome tibétaine de Hainan 375 426 235 663 62,8 % 105 337 28,1 % 34 426 9,2 %
- Préfecture autonome tibétaine de Golog 137 940 126 395 91,6 % 9 096 6,6 % 2 449 1,8 %
- Préfecture autonome tibétaine de Gyêgu 262 661 255 167 97,1 % 5 970 2,3 % 1 524 0,6 %
- Préfecture autonome mongole et tibétaine de Haixi 332 094 40 371 12,2 % 215 706 65,0 % 76 017 22,9 %
Zones tibétaines de la province du Sichuan
- Préfecture autonome tibétaine et qiang d'Aba 847 468 455 238 53,7 % 209 270 24,7 % 182 960 21,6 %
- Préfecture autonome tibétaine de Garzê 897 239 703 168 78,4 % 163 648 18,2 % 30 423 3,4 %
- Xian autonome tibétain de Muli 124 462 60 679 48,8 % 27 199 21,9 % 36 584 29,4 %
Zones tibétaines de la province du Yunnan
- Préfecture autonome tibétaine de Dêqên 353 518 117 099 33,1 % 57 928 16,4 % 178 491 50,5 %
Zones tibétaines dans la provinse du Gansu
- Préfecture autonome tibétaine de Gannan 640 106 329 278 51,4 % 267 260 41,8 % 43 568 6,8 %
- Xian autonome tibétain de Tianzhu 221 347 66 125 29,9 % 139 190 62,9 % 16 032 7,2 %
Total pour le Tibet historique:
En intégrant la Préfecture de Xining et la préfecture de Haidong 10 523 432 5 245 347 49,8 % 3 629 115 34,5 % 1 648 970 15,7 %
Sans intégrer la Préfecture de Xining et la préfecture de Haidong 7 282 154 5 021 231 69,0 % 1 470 209 20,2 % 790 714 10,9 %

Création des zones autonomes tibétaines[modifier | modifier le code]

Répartition géographique des anciennes provinces tibétaines[modifier | modifier le code]

Kham[modifier | modifier le code]

La plus grande partie de la région du Kham est distribuée sur l'est de la région autonome du Tibet (préfecture de Qamdo) et l'ouest de la province du Sichuan (préfecture autonome tibétaine de Garzê et de la préfecture autonome tibétaine et qiang d'Aba, district du Xian autonome tibétain de Muli), complétée par des parties plus petites dans les provinces du Qinghai (sud-est de la préfecture autonome tibétaine de Yushu) et du Yunnan (préfecture autonome tibétaine de Dêqên)[6].

Création des nouvelles zones tibétaines[modifier | modifier le code]

Ancienne province du Xikang[modifier | modifier le code]

En 1905, alors que l'empire mandchou était dans son déclin, les frères Zhao Erfeng et Zhao Erxun, seigneurs de guerre chinois, se partagèrent la tâche de découper le Tibet en différentes régions administratives. L'Amdo et le Kham devinrent les provinces du Qinghai et du Xikang[7]. D'abord « district administratif spécial », le Xikang devint officiellement une province en 1939. Jusqu'en 1950, sa capitale fut la ville de Kangding, et son gouverneur le seigneur de la guerre Liu Wenhui.

Dans la réalité, le contrôle chinois ne portait que sur le Kham oriental, les Tibétains contrôlant le Kham occidental (région de Qamdo), le fleuve Yangzi constituant alors la frontière de fait entre Chine et Tibet[8]. Pendant cette période, la région contrôlée par Liu Wenhui devint un centre important de production d'opium[9]. Entre 1940 et 1949, Phuntsok Wangyal, créateur du Parti communiste tibétain, y organisa une rébellion.

Province du Qinghai[modifier | modifier le code]

Dans l'encyclopédie Universalis, les universitaires Guy Mennessier, Thierry Sanjuan et Pierre Trolliet indiquent que le Qinghai est une « province détachée du Tibet »[10]. Créée en 1928, elle était à l'époque sous le contrôle du seigneur de la guerre Ma Bufang[11],[12], qui appartenait à la minorité chinoise musulmane Hui.

À la suite d'un voyage entre 1921 et 1924 en Amdo, Alexandra David-Néel affirma que cette région était considérée comme une province tibétaine gouvernée par des chefs locaux, non soumis au gouvernement du dalaï-lama, et qu'elle était vaguement contrôlée par la Chine percevant quelques impôts et n'intervenant que rarement dans les affaires de la population[13].

Préfecture autonome tibétaine de Gannan (1953)[modifier | modifier le code]

La préfecture autonome tibétaine de Gannan a été fondée en 1953. Elle exerce sa juridiction sur huit subdivisions – une ville-district et sept xian[14].

Région autonome du Tibet (1965)[modifier | modifier le code]

En 1956, le maréchal chinois Chen Yi inaugure le Comité préparatoire à l'établissement de la Région autonome du Tibet, ayant pour président le dalaï-lama et pour premier vice-président le panchen lama[15],[16]. La région autonome du Tibet a été officiellement fondée en septembre 1965[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille (sous la direction de), Le Tibet est-il chinois ?, ouvrage collectif, Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002, pages 254 et 255, (ISBN 2226134263).
  2. Jacques Leclerc, université de Laval au Québec : Les divisions administratives chinoises.
  3. Jacques Leclerc, Université de Laval au Québec : les entités autonomes tibétaines.
  4. Résultats du recensement de la communauté tibétaine en exil effectué en avril 2009, Bureau du Tibet, 12 janvier 2011 : « Le chiffre officiel est de 127 935 se répartissant en 70 556 hommes et 57 379 femmes ayant répondu au questionnaire. […] Il convient de savoir que le nombre de réfugiés tibétains en exil est beaucoup plus important, mais ces résultats sont strictement basés sur un questionnaire précis en application des normes internationales de recensement et qui doit être rendu dans un laps de temps bien défini. »
  5. (en) Department of Population, Social, Science and Technology Statistics of the National Bureau of Statistics of China (国家统计局人口和社会科技统计司) and Department of Economic Development of the State Ethnic Affairs Commission of China (国家民族事务委员会经济发展司), eds. Tabulation on Nationalities of 2000 Population Census of China (《2000年人口普查中国民族人口资料》). 2 vols. Beijing: Nationalities Publishing House (民族出版社), 2003, (ISBN 7-105-05425-5).
  6. (en) Dokham, the eastern part of tibetan plateau (extrait de The Cultural Monuments of Tibet’s Outer Provinces: Kham, Andreas Gruschke, cf bibliographie).
  7. Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, Calmann-Lévy, 2000, chap. 11, p. 126.
  8. « On 10th October 1932, Liu and the Tibetan leaders signed a truce in which it was agreed that the Tibetan forces would remain west of the Yangtze river and the Chinese would remain east of it. The river remained the de facto border between Tibet and China until October 1950 (Peissel 1972, Guibaut 1949). » (en) John Studley, « The History of Kham »,‎ 12 octobre 2004 (consulté le 10 décembre 2007)
  9. (en) « Red Poppies: A Novel of Tibet, review by Gang Yue », MCLC Resource Center (consulté le 10 décembre 2007)
  10. Encyclopédie Universalis, Chine : cadre naturel.
  11. (en) Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China ; citation : « creation of Qinghai in 1928 ».
  12. (en) "A-mdo". (2006). In Encyclopædia Britannica. Retrieved December 7, 2006, from Encyclopædia Britannica Online.
  13. Alexandra David-Néel, Aux pays des brigands gentilshommes : « Amdo est considéré comme une province du Tibet bien qu'il ne fasse pas partie du territoire soumis au gouvernement du dalaï-lama. Les autorités chinoises y exercent un vague contrôle et y perçoivent quelques impôts, mais elles n'interviennent dans les affaires de la population que dans des cas exceptionnels. En temps ordinaire, celle-ci est gouvernée par des chefs locaux sans liens entre eux. »
  14. La préfecture autonome tibétaine de Gannan sur le site de Jean Dif.
  15. La politique des nationalités de la République populaire de Chine par Richard Poulin.
  16. (en) White Paper 1998: New Progress in Human Rights in the Tibet Autonomous Region, February 1998, Permanent Mission of the People's Republic of China to the UN : « In April 1956, the Preparatory Committee for the Tibet Autonomous Region was set up in accordance with the Central Government's decision ».
  17. French China ; 1965 : Célébration de la fondation de la Région autonome du Tibet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]