Siku

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Siku (malta siku)

Le siku, taika, sanga, bordon, toyo, malta, liku, chulli, connu aussi sous le nom espagnol de zampoña, sont des instrument à vent polycalame andin de l'ethnie Aimara connu depuis le XVIe siècle. C'est une flûte de pan répandue dans les autres populations notamment les Quechuas, les Chipayas et les Chiriguanos vivant au Pérou, en Bolivie, en Argentine et au Paraguay.


Facture[modifier | modifier le code]

Il est composé de deux rangées interdépendantes de tuyaux de roseaux aux notes diatoniques alternantes en sol (ira celle qui mène, de caractère mâle, et arka celle qui suit, de caractère femelle). Les segments de roseau viennent d'une graminée appelée arundo sp., chusquea sp. ou phragmites sp. dont le nœud naturel est utilisé pour obtenir des tubes bouchés à une extrémité. Les tubes sont solidarisés entre eux par un long éclat de roseau attaché avec du fil de coton. Il existe diverses tailles de siku:

  • taika (« mère »), sanga (« bâton »), bordon (« basse »), qui est le plus grand (120 cm), ou toyo (200 cm), plus rare,
  • malta, de taille moyenne,
  • liku, plus petit,
  • chulli, le plus petit.

Jeu[modifier | modifier le code]

Zampoña

Le siku peut être joué de deux façons, toujours par des hommes, avec la technique du hoquet :

  • la façon citadine par un seul musicien autonome qui se déplace en zigzag, alternativement sur la rangée du haut et du bas. Cette technique nécessite plus de souffle.
  • la façon campagnarde avec deux musiciens interdépendants n'ayant chacun que la moitié des notes et qui se répondent. Cette technique demande moins de souffle (très utile en haute altitude), plus de synchronisation entre les deux interprètes et provoque un effet stéréophonique. Ces paires (sanja sikus ou taipi sikus) portent divers noms : ira (masculin, à 7 trous de jeu) et arca (féminin, à 6 ou 8 trous de jeu) ou lutaqa et mataqa.

Accompagnés de tambours (bombos), ces instruments sont joués la plupart du temps en groupes de 50 à 100 musiciens, des tropas, jouant une musique amérindienne appelée sikuriada, sikutsaty ou zampoñada dont les différents rythmes sont les k'anthus, les haillis, les huaynos, les harawis et les carchapayas. Les sikuris, musiciens jouant du siku, s'encouragent la plupart du temps aux cris de fuerza sikuris !. Certaines tropas, appelées pandillo marimacho, ont leurs rangées doublées à l'octave qui servent de caisse de résonance supplémentaire.

Autour du lac Titicaca, le tabla-siku n'a pas la forme scalaire (en escalier) usuelle aux autres flûtes de pan, il est de forme rectangulaire : après le nœud naturel du végétal pour obtenir les différentes notes, la suite du roseau a été gardée pour que les tubes soient tous à la même longueur.

Sources[modifier | modifier le code]

Les notes du siku (IRA et ARKA).

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