Renée Vivien

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Renée Vivien

Description de l'image  Renee-Vivien.png.
Nom de naissance Pauline Mary Tarn
Alias
Sapho 1900, Renée Vivien
Naissance 11 juin 1877
Londres
Décès (à 32 ans)
Paris
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Profession Poétesse

Renée Vivien, née Pauline Mary Tarn le à Londres et morte le à Paris, surnommée « Sapho 1900 », est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Renée Vivien vers 1905.

Pauline Mary Tarn dont le pseudonyme est Renée Vivien était la fille d’une américaine et d’un britannique fortuné (John Tarn) qui mourut en 1886, lui laissant un héritage qui la mettait à l’abri du besoin. Après sa scolarité – au cours de laquelle elle se fait remarquer par son attachement (amical et « sororal ») pour son amie Violet (ou Violette) Shillito (qui décèdera en 1901) — effectuée d’abord à Paris, ensuite à Londres (cet « exil » lui permet d'avoir une belle correspondance littéraire avec Amédée Moullé en 1893 alors qu'elle a seize ans et lui cinquante), elle retourne, à sa majorité en 1899, s’établir à Paris dans un luxueux appartement situé au rez-de-chaussée du 23, avenue du Bois de Boulogne donnant sur un jardin japonais. Elle voyagea beaucoup à travers le monde. Ainsi, le Japon, Mytilène et Constantinople figuraient au nombre de ses destinations préférées. Elle eut une relation orageuse avec Natalie Barney, qu’elle quitta, trouvant ses infidélités trop stressantes, refusant même, à son retour des États-Unis de la revoir. Natalie, qui ne se résigna jamais à cette séparation, devait faire des efforts acharnés jusqu’à la mort de Renée pour tenter de la reconquérir, y compris en lui envoyant des amis communs (Pierre Louÿs notamment) plaider en son nom, ainsi que des lettres et des fleurs lui demandant de revenir sur sa décision.

Elle eut, en revanche, une liaison plus stable avec la richissime baronne Hélène de Zuylen, mariée et mère de deux fils. En effet, Hélène lui apporta un équilibre émotif et une stabilité bénéfiques à sa création littéraire, rédigeant même quatre ouvrages en collaboration avec elle sous le pseudonyme collectif de Paule Riversdale. L’attribution réelle de ces ouvrages est incertaine, mais les chercheurs pensent qu’ils ont été écrits uniquement par Renée Vivien. Même les livres publiés sous le nom d’Hélène de Zuylen seraient, en réalité, dus à sa plume[1]. Bien que la position sociale la baronne de Zuylen fasse obstacle à une relation publiquement affichée, toutes deux voyagèrent souvent ensemble et elles poursuivirent une liaison discrète de 1902 jusqu’à 1907. Les lettres de Renée à son confident, le journaliste et érudit Jean Charles-Brun (qu'elle appelait « Suzanne »), révèlent que celle-ci se considérait comme mariée à la baronne.

Alors qu’elle était toujours avec Zuylen, Vivien reçut une lettre d’une mystérieuse admiratrice stambouliote, Kérimé Turkhan Pacha, l’épouse d’un diplomate turc (probablement Turhan Hüsnî Pacha), d’où s’ensuivit, quatre ans durant, une correspondance intense, passionnée, suivie de brèves rencontres clandestines. Bien qu’éduquée à la française, Kérimé vivait selon la tradition islamique (cf. Lettres à Kérimé parues en 1998). En 1907, la baronne la quitta brusquement pour une autre femme, donnant lieu à toutes sortes de commérages dans la coterie lesbienne de Paris. Profondément choquée et humiliée, Vivien s’enfuit avec sa mère au Japon et à Hawaï, tombant sérieusement malade au cours du voyage. Le départ en 1908 de Kérimé pour Saint-Pétersbourg, pour suivre son mari en poste, mettant un terme à leur liaison, fut un nouveau coup dur pour Renée. Terriblement affectée par les pertes qu’elle avait subies, la spirale psychologique dans laquelle elle se trouvait déjà ne fit que s’accélérer. Elle se tourna de plus en plus vers l’alcool, la drogue. Des auteurs d'ouvrages critiques tels que Martin-Mamy, Le Dantec, Kyriac et Brissac firent de Renée Vivien une femme du mal et de la damnation, perverse et libertine à la fin de sa vie, allant jusqu'à lui inventer une vie de débauches et d'orgies auxquelles se marièrent la consommation de cocaïne. Rien de tout ceci ne fut jamais avéré. Et il est important de comprendre que les travaux sur sa vie et ses vers ont été influencés par les différentes idéologies des époques, idéologies qui considéraient encore l'homosexualité comme une grave névrose, une maladie mentale.

Plongée dans une dépression suicidaire, elle refusa de se nourrir convenablement, facteur qui devait finir par contribuer à sa mort dont elle avait une image romantique. Lors de son séjour à Londres en 1908, dans un moment de découragement extrême et profondément endettée, elle tente de se suicider au laudanum après s’être allongée sur son canapé en tenant un bouquet de violettes sur son cœur. Après ce suicide raté, elle contracte une pleurésie qui la laissera affaiblie après son retour à Paris. Souffrant de gastrite chronique, due à des années d’abus d’alcool et d’hydrate de chloral, elle avait également commencé à refuser de s’alimenter. Au moment de sa mort, elle pesait à peine plus de 30 kilos. De multiples névrites lui paralysant les membres, elle se déplaçait, dès l’été 1909, à l’aide d’une canne. Morte au matin du 18 novembre, âgée de 32 ans, le décès fut attribué, à l’époque, à une « congestion pulmonaire », mais sans doute attribuable à une pneumonie compliquée par l’alcoolisme, la toxicomanie et l’anorexie. Enterrée dans le même quartier que celui où elle avait vécu, au cimetière de Passy, sa tombe, située non loin de celle de Natalie Barney, est constamment fleurie, preuve que sa figure et son œuvre continuent de susciter une intense ferveur.

Il est possible de lire cette fin de vie difficile dans Le pur et l'impur au travers des yeux de son amie Colette, paru en 1932 ou dans Souvenirs indiscrets de Natalie Clifford Barney paru en 1960.

« Sapho 1900 »[modifier | modifier le code]

Le surnom de « Sapho 1900, Sapho cent pour cent » a été donné à Renée Vivien par André Billy, dans L'Époque 1900. Les alentours de l'année 1900 connaissent une floraison d'œuvres écrites par des femmes (Renée Vivien, Colette, Anna de Noailles, Lucie Delarue-Mardrus…), dont plusieurs affichent leurs relations homosexuelles. Ce phénomène met au goût du jour l'œuvre et le personnage de la poétesse Sappho. Renée Vivien en particulier fait construire une maison à Mytilène, sur l'île de Lesbos. Mais elle fait surtout paraître en 1903 un Sapho, dans lequel le texte grec est suivi d'une traduction en prose et des propres vers de Renée Vivien, vers dont l'atmosphère est davantage celle des Fleurs du mal de Baudelaire que celle de la Grèce archaïque. Ses vers ont toutefois une qualité poétique proche de l'original : Vivien utilise la strophe saphique avec une grande aisance. L'ouvrage de Vivien a contribué à ancrer dans le public la réputation d'une Sappho avant tout lesbienne[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Au cours de sa brève vie, Renée, qui publia son premier recueil sous le nom de « R. Vivien », nom de plume qui deviendra, au fil de ses publications « René Vivien » pour enfin rester Renée Vivien, fut une poétesse très prolifique qui vint à être connue sous le nom « Muse des violettes », dérivé de son amour pour cette fleur, dont l’obsession (ainsi que pour la couleur violette) est un rappel de Violet Shillito, son amie d'enfance. Son premier recueil de poèmes, Études et préludes, parut en 1901. D’autres vers suivront qui rappellent ceux où Baudelaire et Verlaine avaient chanté les amours lesbiennes. Renée Vivien cependant, les avait vécues. Presque intégralement de nature autobiographique à peine voilée, sa poésie suscite, tout comme les œuvres de Natalie Barney, un intérêt croissant au sein d’un public grandissant.

L’œuvre complète de Renée Vivien consiste en :

  • 1 Journal intime écrit dès 1893 ;
  • 12 recueils de poésie, soit plus de cinq cents poèmes ;
  • 2 ouvrages de traductions de poétesses grecques dont Sappho ;
  • 7 volumes de prose ;
  • environ une dizaine de romans, signés sous ses différents pseudonymes ;
  • des nouvelles ;
  • ses correspondances avec Colette, Natalie Clifford Barney, Kerime Turhan, Amédée Moullé et Jean Charles-Brun.


Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

  • Études et préludes (1901), recueil de poèmes ; Lire en ligne
  • Cendres et poussières (1902), recueil de poèmes ;
  • Brumes de Fjords, (1902), prose poétique, les critiques la saluent comme le « grand poète de l’année » ;
  • 1903
    • Évocations, recueil de poèmes ;
    • Sapho, recueil de traductions et d’adaptations des textes de la poétesse grecque Sappho.Lire en ligne ;
    • Du vert au violet, prose poétique, première signature Renée Vivien ; Lemerre 1903.Lire en ligne
  • Une femme m’apparut (1904), roman autobiographique ;
  • La Dame à la louve (1904), nouvelles, réédité aux éditions Gallimard en 2007 ;
  • Les Kitharèdes (1904), traductions modernes de huit poétesses grecques ;
  • La Vénus des aveugles (1904), recueil de poèmes ;
  • Une femme m’apparut (1905), nouvelle version de son roman autobiographique ;
  • À l’heure des mains jointes (1906), recueil de poèmes ;
  • Flambeaux éteints (1907), recueil de poèmes ; Lire en ligne
  • Chansons pour mon ombre (1907), anthologie poétique publiée sous la nom de Pauline M. Tarn ;
  • Plusieurs proses ironiques et satiriques (1907) ;
  • L’Album de Sylvestre (1908), volume d’aphorismes ;
  • Sillages (1908), recueil de poèmes et de prose poétique ;
  • Anne Boleyn (1909), biographie ;
  • Anthologie de ses poèmes en prose après remaniement (1909) ;
  • Œuvres intimes inédites : Le papillon de l'âme, publication posthume en 2011.
  • Dans un coin de violettes recueil posthume de poèmes ;
  • Le Vent des vaisseaux recueil posthume de poèmes ;
  • Haillons recueil posthume de poèmes.

Renée Vivien a également écrit plus de dix ouvrages sous le pseudonyme de Paule Riversdale ou en collaboration avec Hélène de Zuylen de Nyevelt de Haar.

L'œuvre poétique de Renée Vivien a été republiée dans sa quasi intégralité chez ErosOnyx en 4 volumes :

  • Études et Préludes, Cendres et Poussières, Sapho (2007)
  • Les Kitharèdes avec le texte grec (2008), avant-propos de Marie-Jo Bonnet
  • Sapho avec le texte grec (2009), avant-propos de Yvan Quintin
  • Poèmes : 1901-1910 (2009), avant-propos de Nicole G. Albert

Autres rééditions :

  • Œuvres poétiques, 1901-1903, 2007, aux éditions Paléo (Études et préludes, Cendres et poussières)
  • Du vert au violet, 2009 ; Brumes de Fjords, 2010 ; Chansons pour mon ombre, 2010, aux éditions du Livre unique avec un appareil critique de Victor Flori ;

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. revue À l'écart, 1980, article de Jean-Paul Goujon
  2. Édith Mora, Sappho, Flammarion, 1966, p. 197-200.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notice par Alphonse Séché, suivie de quelques poèmes