Régime amaigrissant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Une alimentation riche en fruits et en légumes est à la base de la prise en charge.
Mesure de son poids sur un pèse-personne

Un régime alimentaire amaigrissant est une pratique alimentaire destiné à perdre du poids. Le plus souvent, les régimes se basent sur une diminution de la quantité d'énergie ingérée en contrôlant les principales familles d'apports alimentaires (calories) et en nutriments (protéines, lipides, glucides). En pratique, les conseils diététiques sans accompagnement sont d'une efficacité modérée et limitée dans le temps (forte probabilité de reprise de poids)[1].

La pratique d'un sport, d'intensité moyenne (pouls de 160 diminué de l'âge) mais continue, et durant plus d'une demi heure (par exemple sports d'endurance comme la marche à pied ou la natation), est recommandée en complément de changements alimentaires, et permet d'améliorer la perte de masse corporelle[2].

Principe général[modifier | modifier le code]

Quand la quantité d'énergie ingérée est inférieure à la quantité d'énergie dépensée, le corps utilise l'énergie stockée sous forme de graisses. Inversement, si l'énergie ingérée est supérieure à la quantité d'énergie dépensée, le corps stocke le surplus sous forme de graisses. Les régimes visent donc à augmenter les dépenses grâce à l'exercice, et à diminuer la quantité d'énergie ingérée.

Les modifications de comportement ne sont généralement que temporaires. Les personnes qui ont perdu du poids, voient leur métabolisme diminuer. La reprise des anciens comportements s'accompagne donc d'une reprise de poids très rapide car l'énergie dépensée est plus faible (moins d'exercice et métabolisme de base plus faible).

Besoin énergétique[modifier | modifier le code]

Besoinenergetique.jpg

Il est souvent recommandé lors des régimes amaigrissants de calculer son besoin énergétique quotidien. Il existe des formules complexes pour le calculer en fonction de l'âge, du poids, de la fréquence des exercices physiques, etc. En général, il se situe aux alentours de 2 000 kcal pour les femmes et 2 500 kcal pour les hommes. Ce besoin énergétique (BEN) est le nombre de calories nécessaires pour conserver son poids. Pour perdre un kilogramme de graisse, le corps doit être en déficit de 9 000 kcal par rapport à son besoin énergétique. Cela signifie qu'en consommant 500 kcal de moins que son BEN chaque jour, il faudra 18 jours pour perdre un kilogramme. Ce raisonnement doit être relativisé car le poids perdu en début de régime correspond souvent à de l'eau, à la consommation de glycogène disponible dans le foie et les muscles, ainsi qu'à la mobilisation de protéines musculaires (catabolisme musculaire), parallèlement à la mobilisation de graisses (néoglucogenèse), pour compenser le déficit en énergie et maintenir la glycémie.

Évaluation de l'efficacité[modifier | modifier le code]

L'évaluation de l'efficacité de ces différents régimes est délicate, car les études publiées tentant de le faire sont « ouvertes » (le patient sait à quel type de régime il est soumis) et leur interprétation est donc susceptible de certains biais. De plus, elles sont de courte durée.

L'efficacité de ces régimes semble être comparable à deux ans[3]. Une autre étude signale un taux de succès moyen à long terme des régimes de 15%[4], avec un meilleur taux de succès pour des régimes accompagnés de support collectif (type WeightWatchers), de modifications de comportements et un suivi actif pendant plusieurs années (par exemple par un coach, un nutritionniste ou un diététicien).

Un rapport[5] de l'Ansés publié en novembre 2010 recense les déséquilibres nutritionnels engendrés par 15 régimes (dont les régimes Atkins, californien, citron détox, chrononutrition, Cohen, Dukan, Fricker, Mayo, Montignac, régime de la soupe au chou, Zone diet (en) et Weight Watchers) : apports en protéines supérieurs aux apports nutritionnels conseillés (ANC) pour 80 % des régimes, apports en lipides supérieur aux ANC (notamment les régimes Zone, Chrononut et Atkins), apports en fibres inférieurs aux ANC dans 3 régimes sur 4, ANC en fer insuffisants, de même en vitamine C (régimes Dukan et Fricker) ou en calcium (régimes Mayo, Montignac en phase 2, Fricker en phase 3). L'agence recense aussi la diminution de la masse minérale osseuse (risques de fracture), la réduction en acides gras poly-insaturés essentiels, le risque de calculs biliaires avec les régimes hypocaloriques ou le risque de cancer colorectal avec les régimes pauvres en glucides complexes et en fibres[6].

On observe fréquemment un effet « yo-yo » : le patient suit un régime puis regagne rapidement son poids d'origine puis le dépasse. Prenons par exemple une personne de 1,75m, 40 ans et 85kg son métabolisme de base peut être estimé à 1789 kcal. En suivant un régime avec une alimentation lui fournissant 220kcal de moins par jour (soit une part de gâteau de moins par jour) cette personne devrait atteindre un poids de 73kg vers 41 ans. Si elle persiste le poids se stabilisera vers 65kg (sans modification de l'activité physique). Si elle revient à son alimentation précédente son poids se stabilisera à 86kg à 42 ans car le métabolisme de base diminue avec l'âge (selon la formule de Black et al. (1996)). Des actions pour modifier le métabolisme de base, comme une activité physique régulière[7], l'augmentation de la masse musculaire, le fractionnement des repas[8] peuvent être entreprises. La principale explication à la diminution du métabolisme de base avec l'âge est la diminution de la masse musculaire. Il semble que beaucoup d'autres facteurs intrinsèques à la vie moderne influencent le métabolisme[9].

Quelques exemples de régimes amaigrissants[modifier | modifier le code]

PLG.jpg

Les régimes amaigrissants sont de plusieurs sortes :

  • la restriction calorique « équilibrée » (par exemple : 50 à 55 % glucides, 30 à 35 % lipides, et 10 à 20 % protéines) et modérée, qui consiste en une diminution (par exemple, de 600 kcal par jour) par rapport à la ration habituelle.
  • les modifications alimentaires induisant réduction calorique via augmentation de la satiété, sans restriction calorique imposée : réduction des graisses, augmentation des fruits, céréales et légumes.
  • les régimes très basses calories : moins de 800 à moins de 600 kcal/j. Ils peuvent être sources de carences s'ils sont prolongés. Des morts subites ont même été rapportées.[réf. nécessaire]
  • les régimes pauvres en graisses où les lipides ne représentent plus que 10 à 15 % des apports (régime Dukan par exemple). Son efficacité est controversée[10].
  • les régimes hyperprotéinés, pauvres en glucides (régime Atkins), mais riches en graisses et en protéines, n'imposant aucune restriction calorique, mais qui permettent d'augmenter la satiété. Ils ont une certaine efficacité[11] et seraient même, à court terme, légèrement supérieurs à d'autres régimes[12]. Cet avantage ne se retrouve plus à moyen terme[13].
  • le jeûne intermittent qui fait alterner des périodes de jeûne courtes (16 ou 24 heures) avec des périodes d'alimentation normale.[14] (il existe plusieurs variantes)
  • le jeûne thérapeutique en cliniques spécialisées est de plus en plus pratiqué, en particulier en Russie, en Ukraine, en Allemagne[15], en Espagne[16], au Japon, aux États-Unis, au Canada, en Thaïlande, en Inde et aux Philippines. Aucune étude n'a démontré l'intérêt à long terme sur le maintien de la réduction pondérale du jeûne, et il n'est donc pas raisonnable de le recommander<La Revue Prescrire avril 2007/Tome27N°282>.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dansinger ML, Tatsioni A, Wong JB, Chung M, Balk EM, Meta-analysis: the effect of dietary counseling for weight loss, Ann Int Med, 2007;147:41-50
  2. Olivier Barteck « Fitness - À vous la forme » Éditions Könenmann» 1998, ISBN 3-8290-0439-7
  3. Sacks FM, Bray GA, Carey VJ, Comparison of weight-loss diets with different compositions of fat, protein, and carbohydrates, N Eng J Med, 2009;360:859-873
  4. Long-term efficacy of dietary treatment of obesity
  5. « Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement »
  6. « Les régimes amaigrissants sont mauvais pour la santé », sur Le Monde,‎ 25 novembre 2010 (consulté le 25 novembre 2010)
  7. (en) Etude de l'Université de l'Illinois
  8. Métabolisme de base: comment l'augmenter
  9. Mécanismes métaboliques et surpoids
  10. (en) Willett WC, Dietary fat plays a major role in obesity: no, Obes Rev, 2002;3:59-68
  11. (en) Due A, Toubro S, Skov AR, Astrup A, Effect of normal-fat diets, either medium or high in protein, on body weight in overweight subjects: a randomised 1-year trial
  12. (en) Gardner CD, Kiazand A, Alhassan S et al. Comparison of the Atkins, Zone, Ornish, and LEARN diets for change in weight and related risk factors among overweight premenopausal women: the A TO Z Weight Loss Study: a randomized trial, JAMA, 2007;297:969-977
  13. (en) Truby H, Baic S, deLooy A et al. Randomised controlled trial of four commercial weight loss programmes in the UK: initial findings from the BBC "diet trials.", BMJ, 2006;332:1309-1314
  14. Intermittent fasting
  15. La première clinique du fameux Dr Buchinger a été fondée en 1920. De nombreuses cliniques existent aujourd'hui dans tout le pays.
  16. Le jeûne thérapeutique est enseigné en 3e cycle à la Faculté de médecine de Saragosse.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]