Popocatepetl

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Popocatepetl
Face nord du Popocatepetl vue depuis Paso de Cortez en 2006.
Face nord du Popocatepetl vue depuis Paso de Cortez en 2006.
Géographie
Altitude 5 426, 5 452 ou 5 465 m, Pico Anáhuac[1],[2],[3]
Massif Cordillère néovolcanique
Coordonnées 19° 01′ 08″ N 98° 37′ 13″ O / 19.018792, -98.620234 ()19° 01′ 08″ Nord 98° 37′ 13″ Ouest / 19.018792, -98.620234 ()  [1]
Administration
Pays Drapeau du Mexique Mexique
États Puebla, Mexico
Ascension
Première 1289 par des Amérindiens tecuanipas
Voie la plus facile Sentier puis neige, glace et roche depuis Tlamacas Lodge (face nord)
Géologie
Âge 23 000 ans
Roches Andésite, dacite
Type Volcan gris
Activité En éruption
Dernière éruption Depuis le
Code 1401-09=
Observatoire Popocatepetl Volcano Observatory

Géolocalisation sur la carte : Mexique

(Voir situation sur carte : Mexique)
Popocatepetl

Le Popocatepetl, en espagnol Popocatépetl, est un volcan du Mexique situé à 70 kilomètres au sud-est de Mexico, dans les États de Puebla et de Mexico. Avec 5 426 mètres d'altitude, il est la deuxième plus haute montagne du pays après le pic d'Orizaba, un autre volcan.

Une puissante éruption s'est produite du au et il est en activité depuis le .

Bien que faiblement explosives et ayant des conséquences localisées, ses éruptions menacent plusieurs dizaines de millions d'habitants vivant à proximité, notamment dans les agglomérations de Mexico et de Puebla.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Popocatepetl est un terme nahuatl[2],[1] qui se décompose en popoca, en français « émettre de la fumée », et tepetl, « montagne ». Le nom signifie donc « montagne qui fume », « montagne fumante »[1],[3],[2],[4]. En espagnol, il est aussi appelé volcán Popocatépetl[5] ou plus simplement Popocatépetl.

Il est également appelé Popocatépec, Popocatzin ou encore Xalliquehuac[6] mais aussi, plus familièrement et principalement par les étrangers, par le diminutif « Popo »[3],[2].

Les habitants de la région le nomment respectueusement Don Gregorio ou plus affectueusement Don Goyo car, selon la tradition locale, il serait né un 12 mars, jusqu'au concile Vatican II jour de la fête de saint Grégoire, 64e pape de l'Église catholique romaine[7].

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue du Popocatepetl depuis l'ouest avec le Ventorrillo sur sa gauche.

Le Popocatepetl est situé dans le centre du Mexique, dans l'est de la cordillère néovolcanique, un alignement de volcans traversant le pays d'est en ouest. Il est entouré à l'est, au sud et à l'ouest par le plateau mexicain et au nord par l'Ixtaccíhuatl, un autre volcan ; les agglomérations de Mexico et de Puebla se trouvent respectivement à environ 70 kilomètres au nord-ouest[1],[8],[2] à 45 kilomètres à l'est[3]. Le Popocatepetl fait partie du parc national Iztaccíhuatl-Popocatépetl dont il constitue l'extrémité méridionale[5]. Administrativement, la limite entre les États de Mexico à l'ouest et de Puebla à l'est passe par le sommet de la montagne, celui de Morelos couvrant une petite partie du flanc sud-est mais n'atteignant pas le sommet.

Couvrant 500 km2 de superficie, il s'agit d'un stratovolcan[8] andésitique et dacitique couronné par un cratère sommital de 400 mètres de largeur pour 600 à 900 mètres de longueur[1],[9] et profond de 150 à 450 mètres[3],[4]. Le rebord occidental de ce cratère, le Pico Anáhuac[5], constitue le point culminant du volcan avec 5 426[1], 5 452[2],[4] ou 5 465[3],[8],[9] mètres d'altitude, faisant de lui le deuxième plus haut sommet du Mexique[2] et le deuxième plus haut volcan d'Amérique du Nord[1]. Ses pentes régulières lui donnent une forme conique[1]. Seul son flanc nord-ouest est interrompu par les restes d'un ancien volcan, le Ventorrillo[1]. Au nord, il est relié au volcan Ixtaccíhuatl par un col situé à environ 2 380 mètres d'altitude[5]. La partie supérieure de la montagne est couverte de neige et de glaciers[3],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire éruptive[modifier | modifier le code]

Image satellite du Popocatepetl en 2009.
Vue du Popocatepetl fumant en 2008.

Le Popocatepetl est précédé durant le Pléistocène par trois cônes volcaniques, dont le Ventorrillo constitue l'un des restes et le dernier étant El Fraile situé juste au nord du cône actuel[1]. Ils ont disparu par effondrement et leurs débris recouvrent les environs au sud du volcan[1]. Le cône actuel a commencé à se former suite à la disparition du précédent il y a 23 000 ans[4]. Il s'en est suivi une période de plusieurs milliers d'années marquée par des explosions beaucoup plus puissantes que celles survenues depuis 1 200 ans[4], dont trois éruptions majeures de nature plinienne survenues depuis le milieu de l'Holocène, la dernière s'étant produite vers 800[1]. Ces éruptions se sont traduites par d'importantes nuées ardentes qui ont donné naissance à des lahars ayant comblé les vallées au pied de la montagne[1].

À partir de celle de 1345 à 1347, les éruptions du Popocatepetl sont mentionnées dans les codex des Aztèques[10]. Avec la conquête de l'Amérique centrale par les Espagnols à partir de 1519, les Européens prennent le relais des observations des éruptions du volcan[10]. Ainsi, de 1345 à la dernière, toujours en cours, débutée le , 37 éruptions se sont produites sur le volcan[10]. Elles se traduisent généralement par des explosions d'indice d'explosivité volcanique compris entre 1 et 2 qui émettent des panaches volcaniques[10],[11]. Des nuées ardentes se forment lors de certaines éruptions et peuvent produire des lahars[10]. Des dômes de lave peuvent aussi se mettre en place comme lors de celle de 1919 à 1922[10]. Entre chaque éruption, l'activité fumerollienne est fréquente depuis le cratère[9].

L'éruption la plus puissante des temps historiques s'est produite du au [10]. D'indice d'explosivité volcanique de 3, elle voit la croissance d'un dôme de lave qui explose en produisant des panaches volcaniques et des nuées ardentes[10],[11]. Les dépôts de cendre sont mobilisés pour former des lahars[11] et des coulées de lave sont observées[10]. Au total, plus de 28 106⋅m3 de lave sont émis[10]. Une explosion au sommet du volcan tue cinq alpinistes le [11]. C'est la seule éruption connue de ce volcan ayant entraîné des dégâts et des morts malgré l'évacuation des populations menacées[10], au total 75 000 personnes[11],[3]. Bien que faiblement explosives et ayant des conséquences localisées, ses éruptions menacent plusieurs dizaines de millions d'habitants vivant à proximité, notamment dans les agglomérations de Mexico et de Puebla[9]. Le marque un regain d'activité dans l'éruption en cours depuis le avec une forte sismicité et l'émission, à partir de h 54, d'un panache de cendres de trois kilomètres de haut[12] en direction de l'ouest puis de Puebla[13]. En 2013, on observe un pic d'activité depuis le mois de mai[14], qui a conduit les autorités mexicaines du CENAPRED à augmenter le niveau d'alerte volcanique à « Jaune stade 3 » le 10 mai 2013[15], qui est le dernier avant l'évacuation des populations[16], et à annuler plusieurs vols au départ ou à destination de Mexico depuis le 4 juillet[17].

Histoire humaine[modifier | modifier le code]

La première ascension du Popocatepetl est le fait de Tecuanipas en 1289[2]. Une expédition aztèque envoyée par Moctezuma II entre 1502 et 1519 a pour but l'ascension de la montagne mais avec un résultat limité : seuls deux des dix guerriers survivent[2]. Les premiers Européens à en faire l'ascension sont ceux de l'expédition menée par Diego de Ordás en [5],[8],[2] lors de l'avancée des conquistadors d'Hernán Cortés en direction de Tenochtitlan, capitale de l'empire aztèque. Cette ascension était motivée par l'extraction du soufre dans le cratère du volcan, cet ingrédient étant indispensable pour la fabrication de la poudre à canon.

Des monastères construits au début du XVIe siècle et situés sur les flancs du volcan sont classés sur la liste du patrimoine mondial.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Popocatépetl et Ixtaccíhuatl.
Vue de l'Ixtaccíhuatl (à gauche) et du Popocatepetl (à droite) en 2010.

Dans la mythologie aztèque, Popocatepetl était un guerrier amoureux d'une princesse nommée Ixtaccíhuatl[18]. Le père d'Ixtaccíhuatl envoya Popocatepetl tuer un ennemi de leur tribu en lui promettant la main de sa fille s'il revenait victorieux mais en sachant toutefois l'exploit impossible. S'acquittant de sa tâche avec succès, Popocatepetl mourut de chagrin en apprenant qu'Ixtaccíhuatl était elle aussi morte de chagrin en apprenant la fausse nouvelle de sa mort. Ayant pitié de leur sort, les dieux recouvrent leur corps de neige et les changent en montagne. Ixtaccíhuatl est ainsi appelée « femme endormie », en raison de sa ressemblance avec un corps de femme allongé, et Popocatepetl devient le volcan du même nom, faisant pleuvoir de rage le feu sur terre.

Puisque son sommet reste caché aux mortels par les nuages, le Popocatepetl est aussi un lieu de villégiature sur lequel les dieux Mayahuel et Patecatl avaient élu domicile pour passer leur temps à festoyer, leurs boissons favorites étant le pulque, l'agave et le vin (l'agave avec pulque)[19].

Ascension[modifier | modifier le code]

La voie la plus facile pour atteindre le sommet se fait par la face nord[5]. Elle débute au Tlamacas Lodge situé à 3 947 mètres d'altitude et accessible depuis le col séparant le Popocatepetl de l'Ixtaccíhuatl via une route goudronnée[5],[8]. Le sentier, qui passe par Las Cruces et traverse des champs de neige et des glaciers, mesure près de cinq kilomètres de longueur pour un dénivelé de 1 453 mètres[5]. La meilleure période pour son ascension est l'hiver et le début du printemps, notamment les mois de décembre à avril[2]. La première descente à ski de la montagne a été réalisée par Francisco Gonzalez Rul et Eduardo de Maria y Campos en 1947[8].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n (en) « Popocatépetl », Global Volcanism Program (consulté le 14 mars 2011)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l (en) « Popocatepetl », Peakware (consulté le 15 mars 2011)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « Popocatepetl, Mexico » (consulté le 15 mars 2011)
  4. a, b, c, d et e (es) « Historia eruptiva del volcán Popocatépetl  », CENAPRED (consulté le 15 mars 2011)
  5. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « Volcán Popocatépetl, Mexico », Peakbagger (consulté le 15 mars 2011)
  6. (en) « Synonymes et sous-éléments », Global Volcanism Program (consulté le 14 mars 2011)
  7. (es) Don Gregorio ¡Feliz cumpleaños!
  8. a, b, c, d, e et f (en) « Popocatepetl », Skimountaineer (consulté le 15 mars 2011)
  9. a, b, c et d (fr) « Popocatepetl », ACTIV (consulté le 15 mars 2011)
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) « Histoire éruptive », Global Volcanism Program (consulté le 14 mars 2011)
  11. a, b, c, d et e (fr) « Histoire éruptive », ACTIV (consulté le 15 mars 2011)
  12. The Weather Network, info du 3 juin
  13. (fr) Activolcans, dépêche du 5 juin.
  14. En images : Popocatepetl, le réveil du volcan guerrier, Le Nouvel Observateur, 11 juillet 2013 (commentaire de la photo 7).
  15. Rapports quotidiens du CENAPRED pour le mois de mai 2013.
  16. En images : Popocatepetl, le réveil du volcan guerrier, Le Nouvel Observateur, 11 juillet 2013 (commentaire de la photo 2).
  17. En images : Popocatepetl, le réveil du volcan guerrier, Le Nouvel Observateur, 11 juillet 2013 (commentaire de la photo 6).
  18. (es) « Leyenda de los Volcanes », CENAPRED (consulté le 15 mars 2011)
  19. (es) (es) Cecilio Agustín Robelo, Diccionario de Mitología Nahua, México, Biblioteca Porrúa. Imprenta del Museo Nacional de Arqueología, Historia y Etnología,‎ 1905, 334 p. (ISBN 978-9684327955)

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