Place de la Nation
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Place de la Nation
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| Arrondissements | 11e et 12e |
| Quartiers | Sainte-Marguerite Picpus |
| Début | rue du Faubourg Saint-Antoine |
| Fin | avenue du Trône |
| Longueur | 252 mètres de diamètre |
| Création | déjà présente sur le plan de Delagrive (1728) |
| Dénomination | 2 juillet 1880 |
| Anciens noms | Place du Trône Place du Trône Renversé (sous la Révolution) |
| Géocodification | Ville de Paris : 6625 DGI : 6685 |
| Nomenclature officielle | |
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Le Triomphe de la République
de Jules Dalou |
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La place de la Nation, ancienne place du Trône puis place du Trône-Renversé est une place de Paris située à cheval sur les 11e et 12e arrondissements.
Sommaire |
[modifier] Historique
[modifier] Naissance de la place du Trône
Quand le tracé du mur des Fermiers généraux fut porté au-delà de la ville construite, qui n'était en fait qu'une campagne s'étirant de maisons en jardins, de cloîtres en lieux de prières, on laissa un vaste espace herbeux et raboteux. Ce vaste espace qui se prolongeait en vignes et jardins maraîchers jusqu'à l'enceinte et aux murs des jardins de l'ancien village de Picpus occupé par des couvents, des maisons d'éducation ou de retraitene est à l'origine de la place.
Sur cet espace avait été installé un trône le 26 juillet 1660 pour l'entrée solennelle dans Paris de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche, revenant de Saint-Jean-de-Luz après leur mariage, d'où son premier nom de place du Trône.
[modifier] Les projets d'arcs de triomphe de Claude Perrault et Charles Le Brun
Colbert, pour commémorer cet événement, ordonna d’élever en ces lieux un arc de triomphe. Il y eut donc un concours en 1669 auquel participèrent Charles Le Brun et Claude Perrault. C’est le second qui l’emporta. Les deux projets se ressemblaient beaucoup, sans doute en raison du programme imposé aux deux artistes.
La statue équestre du roi eût dominé à cinquante mètres de hauteur les trois ouvertures flanquées de couples de colonnes corinthiennes.
Le 4 août 1670, fut posée la première pierre de l’arc de triomphe de la place du Trône. Cependant, les travaux s’arrêtèrent rapidement et ce qui avait été construit fut démoli en 1716[1].
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Projet de Claude Perrault pour un arc de triomphe sur la place du Trône.
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Projet de Charles Le Brun pour un arc de triomphe sur la place du Trône.
[modifier] Les colonnes de Ledoux
En 1784, Ledoux réalisa deux colonnes pour encadrer la barrière d'octroi (Mur des Fermiers généraux) et l'entrée du cours de Vincennes. Elles n'étaient pas encore surmontées des statues de Philippe Auguste et Saint Louis qui furent ajoutées en 1845.
[modifier] La place du Trône-Renversé
Après le 10 août 1792, la place fut rebaptisée place du Trône-Renversé. Ce n'était encore qu'un terrain vague. C'est dans la partie sud, la plus ombragée, près du pavillon de droite construit par Ledoux, qu'avait été installée la guillotine (à l'emplacement actuel du magasin Damart).
La guillotine y fut dressée le 14 juin 1794 ; 1306 condamnés politiques y furent exécutés jusqu’au 9 thermidor an II (27 juillet 1794) et jetés dans deux fosses communes du cimetière de Picpus.
Les personnes guillotinées furent entre autres :
- André-Marie Chénier, le 25 juillet 1794 ;
- Cécile Renault, le 17 juin 1794 ;
- Henri Admirat, le 17 juin 1794 ;
- Jean-Baptiste Michonis, le 17 juin 1794 ;
- Josse-François-Joseph Benaut, compositeur, le 13 juillet 1794.
Par ailleurs, le 12 juillet 1794, seize carmélites furent transférées de Compiègne à Paris, où elles furent jugées le 17 juillet sous l'accusation de « machiner contre la Révolution ». L'acte d'accusation était rédigé par Fouquier-Tinville. Elles furent condamnées à mort et exécutées le jour même comme « fanatiques et séditieuses. Elles furent béatifiées le 27 mai 1906 par le pape saint Pie X.
• Sœur Constance de Jésus - Marie-Geneviève Meunier, 29 ans, novice • Sœur Saint Louis - Marie-Anne Brideau, 42 ans • Sœur Euphrasie de l’Immaculée Conception - Marie Claude Cyprienne Brard, 58 ans • Sœur Julie-Louise de Jésus - Rose Chrétien de Neuville, 53 ans • Sœur Sainte Marthe - Marie Dufour, 51 ans • Sœur de Jésus Crucifié - Marie-Anne Piedcourt, 78 ans • Sœur Marie du Saint Esprit - Angélique Roussel, 52 ans, sœur converse • Sœur Saint François-Xavier - Juliette Verolot, 33 ans, sœur converse • Sœur Thérèse de Saint Ignace - Marie Gabrielle Trézel, 51 ans • Sœur Charlotte de la Résurrection - Anne Marie Madeleine Françoise Thouret, 78 ans • Sœur Thérèse du Cœur de Marie - Marie-Anne Hanisset, 52 ans • Sœur Catherine - Catherine Soiron, 52 ans, tourière, n'était pas religieuse mais « femme gagée » • Sœur Thérèse - Thérèse Soiron, 49 ans, tourière, même statut que sa sœur Catherine • Mère Henriette de Jésus - Marie Françoise Gabrielle de Croissy, 49 ans• • Sœur Marie-Henriette de la Providence - Marie-Anne Pelras, 30 ans • Mère Thérèse de St. Augustin - Marie-Madeleine-Claudine Lidoine, 41 ans
[modifier] Projets d'aménagement au XIXe siècle
En 1841, le conseil municipal imagine d'ériger l'éléphant initialement prévu pour la place de la Bastille au centre du rond-point de la barrière du Trône[2]. Faute de fonds suffisants, le projet fut abandonné en 1843[3].
Sous le Second Empire, Napoléon III décida, pour faire pendant à l’arc de triomphe de l’Etoile, d’élever un édifice du même ordre place du trône. Il devait être dédié aux armées victorieuses de Crimée, d’Italie, de Chine, de Cochinchine, d’Algérie. Le projet retenu fut celui de Victor Baltard[4].
Lors de l’inauguration du boulevard du Prince-Eugène (actuel boulevard Voltaire), le 7 décembre 1862, les Parisiens furent enchanté de découvrir une maquette en grandeur réelle de l’arc de triomphe de trente mètres de hauteur, percé d’une seule ouverture, décoré de colonnes que surmontaient des statues symbolisant les divers corps de troupe[5]. Au-dessus de l’attique, se trouvait un quadrige entouré de quatre Renommées.
Deux autres éléments devaient compléter la décoration de la place :
- autour de la place devait être édifié un portique circulaire pourvu de piliers toscans ;
- au centre de la place, devait être installée une immense fontaine peuplée de chevaux marins et dominée par une victoire distribuant des couronnes.
Hector Horeau proposa lui de dresser sur la place du Trône une porte triomphale. Appuyée sur des massifs quadrangulaires, où des proues de navires, des statues et des trophées accompagnaient des couples de colonnes, une arche unique de très grande portée, au tracé brisé, était couronnée d’un fronton triangulaire, orné des armoiries de l’Empire français. Un groupe sculpté était juché au sommet de la plus haute des trois pyramides incurvées qui coiffaient le tout. Hector Horeau proposait également de multiplier les colonnes sur la place, en répliquant les colonnes de Ledoux[6].
[modifier] La place de la Nation
La place prit le nom actuel de place de la Nation à l'occasion de la fête nationale du 14 juillet 1880.
Le monument central, «Le Triomphe de la République» est un groupe en bronze commandé en 1879 par la Ville de Paris au sculpteur Jules Dalou. Il a fait l'objet de deux inaugurations : en 1889 pour le centenaire de la Révolution française dans une version en plâtre peint, puis en 1899 pour sa version définitive en bronze. La République, au sommet d'un char tiré par deux lions et encadrée par diverses figures allégoriques : le Génie de la Liberté qui guide le char, le Travail symbolisé par un forgeron qui pousse le char, aidé par l'allégorie de la Justice, enfin l'Abondance qui clôt le cortège en semant des fruits symboles de prospérité. Des enfants accompagnent ou assistent les figures principales. À l'origine, le groupe était entouré d'un bassin qui a été supprimé lors des travaux du RER durant les années 1960.
La statue est tournée vers la place de la Bastille, créant ainsi un axe républicain fréquemment utilisé pour des manifestations populaires.
[modifier] Voies partant de la place de la Nation
Dans le sens des aiguilles d'une montre en commençant par l'avenue du Trône entre les deux colonnes :
- l'avenue du Trône continuant jusque la porte de Vincennes en passant par le cours de Vincennes ;
- l'avenue du Bel-Air ;
- la rue Fabre-d'Églantine ;
- la rue Jaucourt ;
- l'avenue Dorian ;
- la boulevard Diderot ;
- la rue du Faubourg-Saint-Antoine, menant à la place de la Bastille ;
- le Boulevard Voltaire menant à la place de la République en passant par la mairie du 11e arrondissement ;
- l'avenue Philippe-Auguste ;
- la rue de Tunis ;
- l'avenue de Bouvines ;
- l'avenue de Taillebourg.
[modifier] Accès
La place de la Nation est desservie par les lignes
à la station Nation, par la gare RER Nation
, ainsi que par les lignes de bus RATP 26 56 86 351.
[modifier] Références
- Yvan Christ, Paris des Utopies, éd. Balland, Paris 1977, p. 200.
- Littérature et Beaux-arts, juillet 1841, col. 373.
- Bulletin de l'Alliance des arts, 2e année, n° 4, Paris, 10 août 1843, p. 6, et Journal des artistes, 17e année, n°8, 20 août 1843.
- Yvan Christ, Paris des Utopies, éd. Balland, Paris 1977, p. 201.
- Yvan Christ, Paris des Utopies, éd. Balland, Paris 1977, p. 202.
- Yvan Christ, Paris des Utopies, éd. Balland, Paris 1977, p. 203.
