Place de la Nation

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11e et 12e arrt
Place de la Nation
Le Triomphe de la Républiquede Jules Dalou
Le Triomphe de la République
de Jules Dalou
Situation
Arrondissement 11e et 12e
Quartier Sainte-Marguerite
Picpus
Début Rue du Faubourg-Saint-Antoine
Fin Avenue du Trône
Morphologie
Diamètre 252 m
Historique
Création déjà présente sur le plan de Delagrive (1728)
Dénomination 2 juillet 1880
Ancien(s) nom(s) Place du Trône
Place du Trône Renversé
(sous la Révolution)
Géocodification
Ville de Paris 6625
DGI 6685

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Place de la Nation
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

48° 50′ 50″ N 2° 23′ 45″ E / 48.84733, 2.3957

La place de la Nation, ancienne place du Trône puis place du Trône-Renversé, est une place de Paris située à l'intersection des 11e et 12e arrondissements.

Historique[modifier | modifier le code]

Naissance de la place du Trône[modifier | modifier le code]

Quand le tracé du mur des Fermiers généraux est porté au-delà de la ville construite, qui n'est en fait qu'une campagne s'étirant de maisons en jardins, de cloîtres en lieux de prières, on laisse un vaste espace herbeux et raboteux. Ce vaste espace qui se prolonge en vignes et jardins maraîchers jusqu'à l'enceinte et aux murs des jardins de l'ancien village de Pique-Puce occupé par des couvents, des maisons d'éducation ou de retraite est à l'origine de la place.

Un trône est installé sur cet espace le 26 juillet 1660 pour l'entrée solennelle dans Paris de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche, revenant de leur mariage à Saint-Jean-de-Luz, d'où son premier nom de « place du Trône ».

Les projets d’arcs de triomphe de Claude Perrault et Charles Le Brun[modifier | modifier le code]

Pour commémorer cet événement, Colbert ordonne l'érection d'un arc de triomphe sur les lieux et organise un concours en 1669 auquel participent Charles Le Brun et Claude Perrault. C’est le second qui l’emporte.

Le projet prévoit une statue équestre du roi qui domine à cinquante mètres de hauteur les trois ouvertures flanquées de couples de colonnes corinthiennes.

La première pierre de l’arc de triomphe de la place du Trône est posée le 4 août 1670. Cependant, les travaux s’arrêtent rapidement et ce qui avait été construit est démoli en 1716[1].

Projet inabouti d'arc de triomphe sur la place du Trône par Charles Le Brun.
Projet inabouti d'arc de triomphe sur la place du Trône par Claude Perrault, lauréat du concours.

Les colonnes de Ledoux[modifier | modifier le code]

En 1787, Claude Nicolas Ledoux érige deux colonnes pour encadrer la barrière d'octroi (Mur des Fermiers généraux) et l'entrée du cours de Vincennes. Elles n'étaient pas encore surmontées des statues de Philippe Auguste et Saint Louis qui ne sont ajoutées qu'en 1845.

La place du Trône-Renversé[modifier | modifier le code]

Après le 10 août 1792, la place est rebaptisée « place du Trône-Renversé ». Elle n'est encore qu'un terrain vague. C’est dans la partie Sud, la plus ombragée, près du pavillon de droite construit par Ledoux, que la guillotine est dressée le 14 juin 1794[2] . Mille trois cent six condamnés politiques y sont exécutés jusqu’au 9 thermidor an II (27 juillet 1794) et jetés dans deux fosses communes du cimetière de Picpus.

Parmi les personnalités guillotinées, on compte :

Par ailleurs, le 12 juillet 1794, seize carmélites sont transférées de Compiègne à Paris, où elles sont jugées le 17 juillet sous l'accusation de « machiner contre la Révolution ». L'acte d'accusation est rédigé par Fouquier-Tinville. Elles sont condamnées à mort et exécutées le jour même comme « fanatiques et séditieuses ». Elles furent béatifiées le 27 mai 1906 par le pape Pie X.[réf. nécessaire] [3]

Projets d’aménagement au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Maquette en grandeur réelle pour un arc de triomphe sur la place du Trône par Victor Baltard (1862).

En 1841, le conseil municipal imagine d'ériger l'éléphant initialement prévu pour la place de la Bastille au centre du rond-point de la barrière du Trône[4]. Faute de fonds suffisants, le projet est abandonné en 1843[5].

Sous le Second Empire, Napoléon III décide, pour faire pendant à l’arc de triomphe de l’Étoile, d’élever un édifice du même ordre place du trône. Il doit être dédié aux armées victorieuses de Crimée, d’Italie, de Chine, de Cochinchine, d’Algérie. Le projet retenu est celui de Victor Baltard[6].

Lors de l’inauguration du boulevard du Prince-Eugène (actuel boulevard Voltaire), le 7 décembre 1862, les Parisiens découvrent une maquette en grandeur réelle de l’arc de triomphe de trente mètres de hauteur, percé d’une seule ouverture, décoré de colonnes que surmontent des statues symbolisant les divers corps de troupe[7]. Au-dessus de l’attique, se trouve un quadrige entouré de quatre Renommées.

Deux autres éléments doivent compléter la décoration de la place :

  • Autour de la place : un portique circulaire pourvu de piliers toscans,
  • Au centre de la place : une fontaine peuplée d'hippocampes dominés par une Victoire distribuant des couronnes.

Le projet d'Hector Horeau prévoit de dresser une porte triomphale sur la place du Trône. Appuyée sur des massifs quadrangulaires, où des proues de navires, des statues et des trophées accompagnent des couples de colonnes, une arche unique de très grande portée, au tracé brisé, est couronnée d’un fronton triangulaire, orné des armoiries de l’Empire français. Un groupe sculpté est juché au sommet de la plus haute des trois pyramides incurvées qui coiffent le tout. Hector Horeau propose également de multiplier les colonnes sur la place, en répliquant les colonnes de Ledoux[8].

La place de la Nation[modifier | modifier le code]

La place prend le nom actuel de « place de la Nation » à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet 1880.

Le monument central, Le Triomphe de la République est un groupe en bronze commandé en 1879 par la Ville de Paris au sculpteur Jules Dalou. Il a fait l’objet de deux inaugurations : en 1889 pour le centenaire de la Révolution française dans une version en plâtre peint, puis en 1899 pour sa version définitive en bronze. La République, au sommet d'un char tiré par deux lions et encadrée par diverses figures allégoriques : le Génie de la Liberté qui guide le char, le Travail symbolisé par un forgeron qui pousse le char, aidé par l'allégorie de la Justice, enfin l'Abondance qui clôt le cortège en semant des fruits symboles de prospérité. Des enfants accompagnent ou assistent les figures principales.

La statue centrale préservée est tournée vers la place de la Bastille, créant ainsi un axe républicain fréquemment utilisé pour des manifestations populaires.

Les alligators de la place de la Nation[modifier | modifier le code]

Le groupe sculpté de la place de la Nation se trouvait jusqu'en 1941 au centre d'un bassin agrémenté de monumentaux alligators en bronze crachant de l'eau.

Ces statues furent détruites avec quantité d'autres, sur ordre du gouvernement de Vichy, pour fournir du métal à l'occupant.

Peu avant leur fonte elles ont été photographiées par Pierre Jahan. Ces photos sont visibles sur Internet[9].

Voies partant de la place de la Nation[modifier | modifier le code]

Place de la Nation en direction de l'avenue du Trône et du cours de Vincennes
Triomphe de la République au milieu du square central (le square de la place de la Nation)

Dans le sens des aiguilles d’une montre en commençant par l'avenue du Trône entre les deux colonnes :

Vue panoramique de la place de la Nation

Accès[modifier | modifier le code]

La place de la Nation est desservie par les lignes (M)(1)(2)(6)(9) à la station Nation, par la gare RER Nation (RER)(A), ainsi que par les lignes de bus RATP 26 56 86 351.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Yvan Christ, Paris des Utopies, éd. Balland, Paris 1977, p. 200.
  2. À l’emplacement actuel du magasin Damart, 79, boulevard de Picpus.
    • la citoyenne Marie-Geneviève Meunier, 29 ans, novice (Sœur Constance de Jésus)
    • la citoyenne Marie-Anne Brideau, 42 ans (Sœur Saint-Louis)
    • la citoyenne Marie Claude Cyprienne Brard, 58 ans (Sœur Euphrasie de l’Immaculée-Conception)
    • la citoyenne Rose Chrétien de Neuville, 53 ans (Sœur Julie-Louise de Jésus)
    • la citoyenne Marie Dufour, 51 ans (Sœur Sainte-Marthe)
    • la citoyenne Marie-Anne Piedcourt, 78 ans (Sœur de Jésus-Crucifié)
    • la citoyenne Angélique Roussel, 52 ans, (Sœur Marie du Saint-Esprit, sœur converse)
    • la citoyenne Juliette Verolot, 33 ans (Sœur Saint-François-Xavier, sœur converse)
    • la citoyenne Marie Gabrielle Trézel, 51 ans (Sœur Thérèse de Saint-Ignace)
    • la citoyenne Anne Marie Madeleine Françoise Thouret, 78 ans (Sœur Charlotte de la Résurrection)
    • la citoyenne Marie-Anne Hanisset, 52 ans (Sœur Thérèse du Cœur de Marie)
    • la citoyenne Catherine Soiron, 52 ans, tourière, n'était pas religieuse mais « femme gagée » (« Sœur » Catherine)
    • la citoyenne Thérèse Soiron, 49 ans, tourière, même statut que la précédente (« Sœur » Thérèse)
    • la citoyenne Marie Françoise Gabrielle de Croissy, 49 ans (Mère Henriette de Jésus)
    • la citoyenne Marie-Anne Pelras, 30 ans (Sœur Marie-Henriette de la Providence)
    • la citoyenne Marie-Madeleine-Claudine Lidoine, 41 ans (Mère Thérèse de Saint-Augustin)
  3. Littérature et Beaux-arts, juillet 1841, col. 373.
  4. Bulletin de l'Alliance des arts, 2e année, n° 4, Paris, 10 août 1843, p. 6, et Journal des artistes, 17e année, n°8, 20 août 1843.
  5. Yvan Christ, Paris des Utopies, éd. Balland, Paris 1977, p. 201.
  6. Yvan Christ, Paris des Utopies, éd. Balland, Paris 1977, p. 202.
  7. Yvan Christ, Paris des Utopies, éd. Balland, Paris 1977, p. 203.
  8. Voir une photo des alligators de la place de la Nation faite par Pierre Jahan en 1941. Voir d'autres photos de Pierre Jahan montrant les alligators voués à la fonte, prises clandestinement à Paris en 1941.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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