Olaudah Equiano

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Olaudah Equiano, tableau longtemps attribué à Joshua Reynolds.

Olaudah Equiano, né vers 1745 à Isseke au Biafra dans l'actuel Nigeria et décédé dans le Cambridgeshire le 31 mars 1797, plus connu en son temps sous le nom de Gustavus Vassa[1], fut un esclave, affranchi, marin et écrivain britannique calviniste[1] d'origine africaine, qui vécut principalement dans les colonies britanniques d'Amérique et au Royaume-Uni.

Biographie

Page de garde de The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa the African, written by himself (1789).

Selon son autobiographie[2], Equiano, fils d'une famille igbo aisée, fut enlevé et devint esclave à l'âge de dix ans[1]. Transféré à la Barbade, il y fut acquis par un officier britannique qu'il accompagna en Virginie puis en Angleterre. Baptisé, on lui donna le nom européen de « Gustavus Vassa ». Equiano devint marin et servit son maître pendant la guerre de Sept Ans[3]. Vendu à un commerçant, il lui racheta, le 11 juillet 1766, sa liberté pour quarante livres[1]. Il exerça la fonction de barbier à Londres en 1767, avant de s'embarquer à nouveau pour rejoindre successivement la Nouvelle-Angleterre, le Nicaragua et les régions arctiques au sein de l'expédition menée par le naturaliste britannique Constantine John Phipps en 1773[1].

Il devint une figure influente de l'abolition de l'esclavage et accompagna l'installation des premiers anciens esclaves noirs jusqu'à Freetown au Sierra Leone[3]. La lutte n'était pas toujours couronnée de succès. Ainsi, en 1783, avec Granville Sharp, il chercha à faire avancer la cause abolitionniste en faisant valoir le fait qu'un esclave n'était pas, sur un navire, une « marchandise » comme les autres[4]. En effet, le propriétaire du navire négrier Zong, dont le capitaine avait été « contraint » en 1781 de jeter à la mer sa cargaison de 132 esclaves touchée par une épidémie[5] afin d'éviter la contagion, s'adressait aux tribunaux britanniques pour déterminer s'il était légitime qu'il soit indemnisé par son assurance comme on pouvait l'être en pareil cas quand il s'agissait d'animaux. Malgré les efforts d'Equiano et de Sharp, le Lord Chief Justice, Mansfield, conclut que, « si choquant que ce fût, le cas des esclaves était exactement assimilable à celui des chevaux »[4].

À la demande des abolitionnistes, Olaudah Equiano publia en 1789 son autobiographie, sous le titre The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa the African, written by himself, l'un des très rares témoignages direct des traites négrières par un de ceux à l'avoir vécu en tant qu'esclave[5]. Il y raconte le déchirement qu'a été la séparation d'avec sa famille, sa peur d'enfant, les conditions de sa vie d'esclave. Ce témoignage largement utilisé par les mouvements abolitionnistes britanniques et dont la diffusion contribua fortement à la célébrité de l'ancien esclave. Ainsi, on connaît d'Equiano un portrait qu'il fit exécuter vers 1780[6]. Il y est représenté encore jeune homme, en habit rouge et perruque. Le fait que ce portrait ait longtemps été attribué à un peintre de la haute société anglaise du XVIIIe siècle, Joshua Reynolds, est un indice de sa célébrité à la fin de sa vie[3].

Notes et références

  1. a, b, c, d et e Nelly Schmidt, L'abolition de l'esclavage : cinq siècles de combats XVIe-XXe siècle, Fayard, Paris, 2005, p. 137
  2. Les origines d'Olaudah Equiano sont controversées. Vincent Carretta avance ainsi qu'il serait né en Amérique du Nord de parents esclaves. Vincent Carretta, Equiano the African. Biography of a Self-Made Man, Athens, Georgia, University of Georgia Press, p. XIV-XV, cité dans Edmond Dziembowski et Michel Rapoport, Le débat sur l'abolition de l'esclavage, Grande-Bretagne 1787-1840, Atlande, 2009, p. 248,
  3. a, b et c Olivier Pétré-Grenouilleau, « Les traites négrières », Documentation photographique, n° 8032, mars-avril 2003, p. 46.
  4. a et b Olivier Pétré-Grenouilleau, les traites négrières : essai d'histoire globale, Gallimard, 2004, p. 235n2
  5. a et b Nelly Schmidt, L'abolition de l'esclavage : cinq siècles de combats XVIe-XXe siècle, Fayard, Paris, 2005, p. 138
  6. Olivier Pétré-Grenouilleau, « Les traites négrières », Documentation photographique, n° 8032, mars-avril 2003, p. 47.

Annexes

Bibliographie

  • Ann Cameron, Le prince esclave, Évreux, Rageot, coll. « Cascade »,‎ mai 2002, 170 p. (ISBN 2-7002-2780-8)
    Adaptation de la biographie de Olaudah Equiano par Ann Cameron
  • (en) Angelo Costanzo, Surprising Narrative: Olaudah Equiano and the Beginnings of Black Autobiography, Greenwood Pub Group, 1987.
  • Arlette Frund, Écritures d'esclaves : Phillis Wheatley & Olaudah Equiano, figures pionnières de la diaspora africaine américaine, Michel Houdiard Éditeur,‎ 2007, 116 p. (ISBN 2-912673-48-8)
  • (en) James Walvin, An African's life: the life and times of Olaudah Equiano, 1745-1797, Continuum International Publishing Group, 2000.

Article connexe

Lien externe