Nikolaï Medtner

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Nikolaï MedtnerНиколай Карлович Метнер

alt=Description de l'image Metner N.K. Postcard-1910.jpg.
Naissance 5 janvier 1880
Moscou
Romanov Flag.svg  Empire russe
Décès 13 novembre 1951 (à 71 ans)
Golders Green, Londres
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Activité principale Compositeur et pianiste

Nikolaï Karlovitch Medtner (en russe : Николай Карлович Метнер) est un compositeur et pianiste russe, né le 24 décembre 1879 du calendrier julien/5 janvier 1880 à Moscou et mort le 13 novembre 1951 à Londres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cadet d'une famille de cinq enfants (dont Alexandre, qui deviendra chef d'orchestre), il est l'un des jeunes contemporains de Serge Rachmaninov et Alexandre Scriabine qui, à l'exception d'un Quintette, de cinq œuvres pour violon et 108 mélodies, a entièrement privilégié le piano. Il est, par le nombre de ses compositions pour cet instrument, le compositeur russe la plus prolifique de l'ère romantique et post-romantique..

Medtner entre au Conservatoire de Moscou dès l'âge de dix ans. Diplômé en 1900, il reçoit le prix Anton Rubinstein alors qu'il a travaillé avec des professeurs comme Paul Pabst, Vassili Sapelnikov, Vassili Safonov et Sergueï Taneïev. C'est sur les conseils de ce dernier qu'il se consacre à la composition au détriment d'une carrière de virtuose du piano. Il restera toutefois un excellent pianiste qui s'adonnera, dans la même lignée que Rachmaninov, Busoni ou Godowsky, à faire une carrière de concertiste en parallèle à sa carrière de compositeur.

Il se marie avec Anna Mikhaïlovna Bratenskaïa en 1918. Il quitte en 1921 la Russie dont l'instabilité politique lui déplaît, à l'instar de son ami Rachmaninov. En 1924, l'un et l'autre se rendent aux États-Unis, puis au Canada, pour se produire en tournée. Il peut ainsi faire entendre son concerto pour piano no 1, dirigé par des baguettes prestigieuses comme Fritz Reiner ou Leopold Stokowski. Peu enclin au rythme des tournées, il retourne en Russie en 1927 puis se rend en France où il rencontre l'avant-garde musicale. Il finit par s'établir à Londres en 1936, où il enseigne, joue et compose sereinement jusqu'à sa mort, à sa maison, à Golders Green en Londres.

Fidèle défenseur des « Lois sacrées de l'Art éternel » à une époque où le langage musical est en pleine mutation, défenseur de la tonalité, de l'harmonie et du contrepoint issu des grands maîtres du passé, il défend ses opinions très conservatrices dans un essai publié en 1935 avec le soutien de Rachmaninov intitulé La muse et la Mode. Il sera très critique, toute sa vie durant, du travail de l'avant-garde musicale (qui, pour lui, ne commence ni par Stravinsky, Debussy ou Prokofiev, mais bien avec Strauss ou Reger !) qu'il qualifiera d’« hérésie ». Son œuvre entier, gigantesque, suit cette trajectoire : du premier au dernier opus, jamais le compositeur ne quittera les formes, le langage et les techniques musicales hérités de ses maîtres tels que Bach, Beethoven ou Brahms.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Concertos pour piano[modifier | modifier le code]

  • Concerto pour piano n° 1, op. 33 (1914-1918)
  • Concerto pour piano n° 2, op. 50 en ut mineur (1920-1927). Dédié à Rachmaninov (qui lui a dédié son quatrième concerto pour piano)
  • Concerto pour piano n° 3 "Ballade", op. 60 en mi mineur (1943)

Autres œuvres pour piano[modifier | modifier le code]

  • 14 sonates pour piano, dont la Sonate Reminiscenza, Op. 38 n°1, la Sonate-Ballade opus 27, la Sonate Tragique opus 39 no 5 ou la monumentale Sonate en mi mineur opus 25 no 2 ( Le vent nocturne, d'après Tioutchev)
  • 3 sonates pour piano et violon
  • Quintette pour piano en ut majeur, opus posthume
  • Deux œuvres pour deux pianos
  • Deux cycles de variations pour piano ( La colossale Seconde Improvisation op 47, et le Thème et Variations op. 59)
  • 38 skazki ( en français conte de fées , genre propre au compositeur, comparables en dimensions aux Études-Tableaux de Rachmaninov)
  • Trois grands cycles de Mélodies Oubliées (Op. 38, 39 et 40)
  • Une centaine de pièces brèves pour piano ( Dithyrambes, Arabesques, Élégies, Hymnes, Novelettes, Fragments lyriques, etc.)

Autre[modifier | modifier le code]

  • 108 mélodies

Discographie[modifier | modifier le code]

Geoffrey Tozer et Hamish Milne ont enregistré l'intégrale de l'œuvre pour piano de Medtner. D'autres pianistes ont brillamment défendu son œuvre : Vladimir Horowitz, Earl Wild, Benno Moiseiwitsch, Eugene Istomin, Emil Gilels, Boris Berezovsky, Ievgueni Svetlanov, Malcolm Binns, Paul Stewart, Marc-André Hamelin, Ádám Fellegi, Nikolaï Demidenko et Ievgueni Kissine.

Existent également des enregistrements des deux derniers concertos pour piano, avec Medtner lui-même au piano (enregistré avec l'Orchestre Philharmonia en 1947).

Liens externes[modifier | modifier le code]