Herem

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Le herem (hébreu : חרם) ou cherem est la forme la plus sévère d'exclusion de la communauté juive. Il s'agit d'une véritable mise au ban de la société juive, présentant de nombreuses similitudes avec l'anathème des Églises catholique et orthodoxe. Cependant, le herem n'est pas décidé sur la base d'une déviance des idées mais sur un comportement fortement nocif pour la communauté pour lequel l'auteur refuse de s'amender.

Le herem dans les sources juives[modifier | modifier le code]

Le herem dans la Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Le mot herem comporte dans la Thora plusieurs acceptions. C’est ainsi que le mot yo‘horam, signifie que celui qui sacrifie aux dieux sera mis à mort (Rachi)[1]. Il peut également correspondre à l’idée de consécration, soit dans un sens positif[2] champ consacré, soit dans un sens négatif, s’agissant du condamné à mort[3]. Dans Deutéronome, 13, et dans Josué 6, 17 et suivants, il définit ce qui se trouve dans une ville « fourvoyée » et qui est vouée à la destruction par le feu. L’idée d’excommunication, dans le sens habituel du mot, est absente des textes bibliques.

Le herem dans la littérature rabbinique classique[modifier | modifier le code]

Applications du herem dans l'histoire[modifier | modifier le code]

Le cas d'un herem célèbre est celui de Spinoza[4], le philosophe du XVIIe siècle excommunié à cause de son attitude méprisante à l'égard des sages de la communauté et non en raison de ses idées. Il n'a alors en effet encore rien publié[5].

Il faut différencier le nidouy du cherem :

  • L'exclusion (nidouy) est a priori prononcée pour trente jours.

S'il ne fait pas repentance, on prolonge de trente jours. Une mise au ban de la communauté a pour but de rendre sa vie difficile jusqu'au retour à de meilleurs sentiments. On ne le compte pas pour le minyane ou le zimoune, il n'est pas appelé à la Thora. On ne s'assied pas à côté de lui, etc.[6]

  • S'il ne réagit toujours pas, on prononce l'excommunication (le herem).

L'excommunication (herem) est plus grave.

Elle interdit de surcroît tout commerce, toute transaction, l'employer ou être employé par lui, étudier avec lui ou lui enseigner, et on limite toute relation de sorte à ne lui laisser que la possibilité minimale de subvenir à ses besoins vitaux[7].

L'exclusion et l'excommunication sont personnelles.

De nos jours, en dehors de certains milieux haredi ou hassidiques, l’excommunication n'est pas pratiquée, les communautés juives ayant perdu leur autonomie, leurs membres fondus dans la population des pays dont ils sont devenus citoyens.

Cependant, le 15 septembre 2004, la Haute Cour d’Afrique du Sud a confirme un cherem prononcé par un Tribunal rabbinique de ce pays contre un père divorcé qui refusait de payer la pension due.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Exode 22, 19.
  2. Lévitique 27, 21.
  3. Lévitique 27, 29.
  4. Steven Nadler, Spinoza, Cambridge University Press, 2001. Traduit par Jean-François Sené. Bayard, Paris 2003.
  5. Jacob Gordin, le renouveau de la pensée juive en France, Albin Michel, 1995, « Benedictus ou Maledictus : Le cas Spinoza », p. 145 et suivantes.
  6. Maïmonide, Hilkhoth Sanhédrin 26:6.
  7. Maïmonide, Hilkhoth Sanhédrin 24:7.

Voir aussi[modifier | modifier le code]