Mouche de l'olive

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La mouche de l’olive (Bactrocera oleae) est un ravageur de l'olive qui est responsable de dégâts substantiels dans le bassin méditerranéen et dans les zones du monde à climat méditerranéen où cette culture a été introduite.

Description[modifier | modifier le code]

Accouplement et ponte[modifier | modifier le code]

Les femelles nouvellement écloses émettent des phéromones qui attirent les mâles. Dès la fécondation, la femelle se met à la recherche d'olives. Elle incise la peau d'une olive de taille convenable avec l'extrémité de sa trompe, aspire le jus de l'olive puis, en se retournant, introduit l'œuf sous la peau avec son ovipositeur.

Elle marque l'olive avec le dépôt d'une substance odorante. Ce marquage a pour but d'empêcher la mouche de piquer la même olive deux fois mais n'empêche pas d'autres mouches de piquer.

De l’œuf à la pupe[modifier | modifier le code]

À température moyenne de 25°, la larve éclot au bout de 2 jours. Cette larve est blanche dans les olives jeunes (vertes) et acquiert une teinte vineuse dans les olives mûres (noires). Elle creuse une galerie dans la pulpe de l'olive en restant à l'intérieur. L'olive attaquée vire au noir et peut tomber au sol.

Au bout de 9 jours, la larve se nymphose en une pupe. Au bout de 10 jours d'immobilité, la mouche adulte s'extirpe de la coque de la pupe, fore l'épiderme de l'olive avec un trou de 1 mm de diamètre, sort de l'olive, se sèche et s'envole. Le cycle aura duré 21 jours depuis la ponte.

En automne, quand les températures commencent à baisser, les olives piquées tombent. Les asticots s'enterrent à 10-15 cm dans le sol où ils se transforment en pupes. Ils passent l'hiver jusqu'à ce que la montée de température provoque le réveil et la sortie des mouches du sol, quand celui-ci atteint 25 °C (mi-juin).

L'adulte[modifier | modifier le code]

À l'état adulte, les mouches mesurent 4 à 5 mm de long. L'abdomen est de couleur orangé avec deux striures noires. Les ailes sont transparentes, sauf une tache noire à chaque extrémité.

La femelle se distingue du mâle par son abdomen muni d'un ovipositeur. Elle perce la peau des olives pour déposer son œuf lorsque l'olive mesure 9 mm. Le trou est invisible à l'œil nu mais la mouche marque l'olive où elle ne pond qu'un œuf. Elle peut ainsi piquer jusqu'à 400 olives. Plusieurs femelles peuvent piquer la même olive en cas de pullulation de l'insecte.

Un adulte peut vivre jusqu'à 6 mois, se nourrissant de jus sucrés, de nectars, de rosée, de miellats de cochenilles ou de jus de décomposition de fruits et de fumiers. L'adulte est inhibé par les températures trop basses (moins de 25 °C). Sous toutes ses formes (œuf, asticot ou imago) la mouche est tuée à 0 °C ou par les fortes chaleurs (supérieures à 42 °C). L'adulte a besoin d'ombre pour s'abriter. Jusqu'à 5 générations peuvent se succéder entre juin et octobre voire novembre (une génération = un "vol").

Cycle[modifier | modifier le code]

Le cycle annuel peut recommencer dès que les jeunes olives peuvent nourrir une larve. Dans les pays du Sud de la Méditerranée, on soupçonne que des adultes du dernier vol se réfugient au plus profond des creux de souches et se mettent en stase pour passer l'hiver. Le réchauffement climatique pourrait permettre ce phénomène au Nord de la Méditerranée.

La lutte contre le ravageur[modifier | modifier le code]

Les variétés d'olives les plus sensibles sont la Lucques (olive précoce, Hérault)[1], la Bouteillan[2], la Verdale de l'Hérault[3]...

On distingue deux sortes de lutte :

  • la lutte préventive qui consiste à empêcher le parasite de se développer et d'attaquer les olives en le détruisant avant qu'il ne puisse pondre, par des moyens chimiques ou non chimiques (pièges);
  • la lutte curative qui consiste à tuer les vers dans l'olive, dès leur éclosion et ceux qui ont commencé à se développer.

La lutte non-chimique se fait par des pièges constitués par des bouteilles d'eau minérale récupérées percées de petits trous de 5 mm sur la collerette sous le bouchon (piège Olipe espagnol©®). Remplir la bouteille à demi d'une solution de phosphate d'ammoniaque à 50 g/L (le phosphate sert d'engrais pour jeunes oliviers). On peut ajouter par bouteille une grosse cuillerée de mélasse ou de miel et une cuillerée de vinaigre. Suspendre la bouteille dans l'arbre, vers le sud-ouest (vers la mer). Attention, en cas de fortes chaleurs, les mouches arrivent du côté nord de l'arbre (côté abrité du soleil). Pensez à changer les pièges de place ou à en rajouter. Pour la lutte chimique par produits phytosanitaires, consulter les législations nationales et/ou régionales (en France, un appât empoisonné commence à donner de bons résultats : homologué en 2006).

En Languedoc, lors des canicules des derniers étés (2005 et 2006), la chaleur extrême a inhibé l'activité des mouches de l'olive. La période critique pour les olives en cours de maturation se situe fin août-début septembre, après les premiers orages qui rafraîchissent et humidifient l'atmosphère. L'activité piqueuse atteint un sommet fin septembre et l'infestation maximale est atteinte début octobre.

Lutte biologique[modifier | modifier le code]

Des hyménoptères parasitoïdes tels que Pnigalio mediterraneus, comme aussi Eupelmus urozonus, Psyttalia (=Opius) concolor, Eurytoma martelli, Cyrtoptix latipes, ont été reconnus comme les parasitoïdes majeurs de la mouche de l'olive.

La lutte biologique se fait par l'entretien d'un environnement végétal adéquat autour des cultures rééquilibrage écologique d'une monoculture). Les oliveraies seront entourées de haies végétales[4]. Pnigalio mediterraneus est cité comme parasitoïde qui s'attaquant à Mouche de l'Olive[5]. Il parasite également Tischeria ekelbladella une teigne(sur Chêne vert, Apion croceifemoratum un coléoptère (sur Anagyris foetida), les mineuses Phyllocnisis citrella (sur Citrus spp.), Phyllonorycter millierella (sur Micocoulier) et Lithocolletis blancardella (sur Malus spp.). Psyttalia (=Opius) concolor parasite également la mouche de la capre (Capparimyia savastani) sur le câprier (Capparis spinosa) et la mouche de la jujube (Carpomyia incompleta) sur le jujubier (Zizyphus vulgaris). Ces espèces sont à introduire dans les haies des oliveraies. Eupelmus urozonus parasite également myopites stylata, une petite mouche qui forme des galles sous les inflorescences de l'inule visqueuse (Inula viscosa).L,inule visqueuse est une fleur vivace de la famille des composées. Cette parasitisme ce fait en hiver ce qui augmente la présence d'Eupelmus urozonus en été pour parasiter très efficacement la mouche d'olive[6]. Des nombres composées présentent des intérêts écologiques, car elles sont parasitées par un petit diptère (Acanthiophilus helianthi)de la même famille que la mouche de l'olive(Ricci, Circiofolo, 1983). Ce qui fait un hôte potentiel pour les auxiliaires de la mouche de l'olive. C'est notamment le cas du carthame (Carthamus oxyacantus, C. glaucus), du chardon cnicaut béni(Cnicus benedictus), de la silybe de Marie (Silybum marianum), du laiteron maraîcher (Sonchus oleaceus), de l'artichaut (Cynara cardunculus), de l'atractyle (Atractylis carduus) ou des centaurées (Centaurea cyanus, C moschata, C. americana, C. iberica, C. calcitrapa) (F. Warlop 2005).

Dans la lutte contre la mouche de l'olive, c'est tout l'écosystème qui doit être pris en considération avec la flore et la faune du sol où hiverne Bactrocera.

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. voir Nathalie Moutier et al., p. 68
  2. voir Nathalie Moutier et al., p. 48
  3. voir Nathalie Moutier et al., p. 88
  4. voir François Warlop (2006) p. 454
  5. voir F. Warlopp (2006) p. 451&454
  6. voir F. Warlop (2005)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Gimilio, « L'inule visqueuse et la lutte biologique en oléiculture », Ann. Sté. Horti. et Hist. Nat. Hérault, vol. 150,‎ 2010, p. 70-76
  • Sol Franco-Mican et al. (trad. Raymond Gimilio), « Observation du complexe parasitaire de l'Inule visqueuse en Espagne et ses méthodes de propagation », Le Nouvel Olivier, vol. 66,‎ 2008, p. 4-7
  • Nathalie Moutier et al., Identification et catactéristiques des variètés d'Olivier cultivées en France, t. I, Naturalia publications,‎ 2004, 248 p. (ISBN 2-909717-43-7)
  • (en) M. Gebiolaa et al., « Pnigalio agraules (Walker) and Pnigalio mediterraneus Ferrière and Delucchi (Hymenoptera: Eulophidae): two closely related valid species », Journal of Natural History, vol. 43, Issue 39-40,‎ 2009, p. 2465-2480
  • François Warlop, « Limitation des populations de ravageurs de l'olivier par le recours à la lutte biologique par conservation », Cahiers Agricultures, vol. 5,‎ septembre-octobre 2006, p. 449-455
  • Bigler, F.; Neuenschwander, P.; Delucchi, V.; Michelakis, S. 1986 (31 Dec 1986), Natural enemies of preimaginal stages of Dacus oleae Gmel. (Diptera: Tephritidae) in western Crete. II. Impact on olive fly populations. Bollettino del Laboratorio di Entomologia Agraria 'Filippo Silvestri', Portici 43:79-96

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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